Soignants suspendus, un risque réel sur l’offre de santé

Par JULIEN G. - Selon le ministère de la Santé, les suspensions prononcées depuis quinze jours n'ont eu aucune répercussion, majeures, sur le fonctionnement des services. Dans les faits, ce constat apparait trompeur. En effet, entre agences d’intérims débordées et plan blanc activé dans certains hôpitaux, certaines structures sont en manque de soignants. Enfin, ces chiffres, non exhaustifs, annoncés par O.Veran demeurent fragiles et surtout incomplets, car beaucoup de professions concernées par cette obligation n’y sont pas inclus.

1.Des agences d’intérim au bord de la rupture

Contrairement au discours rassurant du ministre de la santé, des directeurs d’établissements se rapprochent d’agences d’intérim, car la mise à l’écart des soignants non vaccinés met certains de leurs services en grande tension.

Ces agences spécialisées débordent de demandes de remplacement depuis la mise en place de l’obligation vaccinale pour les professionnels de santé.

Le directeur développement de “Vitalis Médical” ayant notamment expliqué à LCI craindre de ne plus pouvoir répondre aux besoins en cas de cinquième vague.

Notons, également, que la réticence à la vaccination concerne aussi certains intérimaires, baissant, de facto, l’offre de ces agences.

En résumé, il y a beaucoup plus de demandes en provenance des établissements hospitaliers que de personnel disponible pour travailler.

 

2.Plan blanc réactivé à l’hôpital de Mulhouse

Le groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace (GHRMSA), qui comprend dix établissements dans le Haut-Rhin, a annoncé ce mardi avoir déclenché le Plan blanc.

Le groupe hospitalier a expliqué dans un communiqué être confronté à « une situation critique marquée par la poursuite de la gestion de la crise sanitaire, le besoin en renforts de ressources humaines, la réduction du nombre de lits liée à un absentéisme conséquent »

Pour rappel, le plan blanc, inscrit dans la loi depuis 2004, est un dispositif de crise qui permet aux hôpitaux de mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont ils disposent en cas d’afflux de patients, ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle.

En clair, il prévoit notamment les modalités selon lesquelles le personnel nécessaire peut-être maintenu sur place ou, le cas échéant, rappelé lorsque la situation le justifie.

Dans ce groupe hospitalier, plus de 170 salariés ont été suspendus car non-vaccinés, le plan blanc permettrai, théoriquement, de les réquisitionner.

Pour l’instant, délégué territorial de l’ARS assure que les personnes non vaccinées ne vont pas réintégrer leur poste.

Combien de temps l’ARS va tenir cette position dogmatique au détriment des malades, sachant qu’un tiers des opérations non urgentes, hors cancer, a été déprogrammé.

La vague épidémique diminuant depuis des semaines, la coercition de l’obligation vaccinale entraine, aujourd’hui, des situations préoccupantes.

 

3.Des chiffres en trompe l’œil

Le 15 septembre au soir, le ministère de la Santé indiquait que le chiffre de 300.000 correspondait aux professionnels de santé devant encore se soumettre à l’obligation vaccinale.

D’autre part, les 3.000 agents mentionnés par Olivier Véran correspondaient « aux suspensions d’activité relevées chez les personnels hospitaliers ».

Or, l’obligation vaccinale issue de l’article 12 de la loi du 5 aout 2021, ne contraint pas que ces personnels.

Les professionnels libéraux (psychologues, kiné, etc…), les pompiers et autres ambulanciers ne sont donc pas inclus dans le chiffre mentionné par le ministre de la Santé. Pas plus que les agents de certains territoires d’outre-mer, où l’obligation vaccinale a été reportée en raison de la flambée des cas de Covid-19.

Enfin, ne sont pas non plus comptabilisées les personnes en arrêt maladie et en congés.

De plus en plus cités depuis le début de la crise, les pourcentages, taux et moyennes ne sont pas toujours utilisés à bon escient et travestissent, trop souvent, la réalité.

Deux semaines après son instauration, l’obligation vaccinale commence à paralyser certains secteurs. Comment l’offre de santé va-t-elle faire face aux absences ?

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4 commentaires
  1. L’excellente et marrante chaîne YT “Draw my economy” synthétise la chose en 6′ – expliquant ce que je pressentais, à savoir que la ventilation normale du personnel médical tourmenté à l’envi par l’hôpital (mais pas que, il y a aussi les femmes de ménage, qui ont un rôle déterminant dans une telle structure, vu les connaissances nécessaires pour accomplir un dur et très important labeur) fait que tous les services sont impactés d’une façon égale et assez handicapante, malgré que les ségrégés ne représentent que 2.833 % du total (170/6000) : https://www.youtube.com/watch?v=9eEkpqAXVbQ
     
    C’est rafraîchissant et ça augure assez bien de la suite, quand les piqués vont se voir prescrire massivement des arrêts maladie justifiés par des burn-out en pagaille – c’est précisément à ce moment (et ça commence déjà) que les abrutis qui tapaient dans les gamelles (déjà ! ;-p) en plein premier semestre 2020 pour louer le personnel hospitalier et trouvent maintenant tout à fait normal de les forcer à se faire injecter des thérapies géniques expérimentales pour lesquelles ils sont les mieux placés pour jauger des effets délétères, vont découvrir qu’ils sont également impactés et de plein fouet (opérations remises à plus tard, urgences fermées, attentes de plusieurs heures dans n’importe quel service, etc) ; ne reste plus qu’à espérer que ça en dessille certains, mais rien n’est moins sûr avec des gens qui croient dur comme fer que persister dans l’erreur est le plus sûr moyen de la circonvenir… (toute ressemblance avec la mouche qui pète, c’est à dire l’ue, est évidente et se passe de développement).

  2. Depuis des années les personnels hospitaliers quand ils faisaient grève assuraient pleinement leur service. Aujourd’hui Véran pour casser l’hôpital public et une bonne part des autres composantes a mis en place un lock-out sine die.

  3. Pas difficile, comme la fermeture de lits a continué en 2020 et augmenté en 2021, bientôt il n’y aura plus de lits et plus de services. Donc, pour le personnel soignant, plus de besoin. Et le personnel administratif restera pour garder le bâti en état, entretenir le matériel, gérer les dossiers de carrière et finir de payer les ardoises accumulées avec les entreprises ayant oeuvré dans le cadre de marchés publics. Comme on sait le faire avec les réserves des musées. Où est le problème?

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