[PAYANT] Grande Sécu : Olivier Véran enfonce le clou

Hier, la Sécurité sociale fêtait ses 76 ans et, afin de célébrer comme il se doit cet évènement, les caisses nationales de Sécurité sociale, ainsi que l’UCANSS, l’organisation professionnelle qui fédère les employeurs des caisses de Sécurité sociale, ont organisé une “journée de la Sécurité sociale”, qui a en l’occurrence consisté en “une matinée d’échanges et de débats animée par Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction du journal Les Echos“.

Invité à prendre la parole à cette occasion, Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, en a profité pour enfoncer le clou sur l’opportunité d’une réforme de l’articulation entre assurance maladie obligatoire et assurance maladie complémentaire qui aille dans le sens d’une “Grande Sécu”.

L’ère de l’expansion de l’Etat social

C’est à la fin de son intervention – voir ici à partir de 2h13 – qu’Olivier Véran en vient à développer sa vision des défis et perspectives de la Sécurité sociale. On note en premier lieu que s’il n’apparaît guère évident que l’heure soit aux lendemains qui chantent dans le domaine économique, toujours est-il que, du point de vue du ministre, l’heure est à l’expansion de la sphère sociale de l’Etat.

Faisant état des projections financières très dégradées des “administrations de Sécurité sociale” – on notera, au passage, l’étatisation verbale de la Sécurité sociale – Olivier Véran affirme qu’elles “pourraient enregistrer un déficit record de 72 milliards d’euros [en 2021], c’est-à-dire quand même 3,3 % du PIB”. Les vannes sont ouvertes ! Surtout, le ministre précise quelque peu le périmètre de cette estimation déficitaire et l’on apprend alors qu’il y intègre “l’assurance chômage”. Dans l’esprit des responsables politico-administratifs de l’Etat social, les “administrations de Sécurité sociale” paraissent avoir vocation à prendre en charge des pans bien plus larges de la protection sociale que ceux qu’elles prennent actuellement en charge.

Evoquant en une phrase les modalités de remise à flot de la Sécurité sociale, le ministre des Solidarités et de la Santé reconnaît qu’il est nécessaire de “réfléchir sur la trajectoire des comptes courants à venir”, afin d’éviter la survenue d’une “nouvelle dette sociale”. Il ne dit toutefois rien des mesures qu’il entend mettre en œuvre afin d’obtenir un retour à l’équilibre comptable. L’heure étant aux grandes manœuvres de l’Etat social, des hausses des recettes sont ici envisageables.

Olivier Véran pour la “grande Sécurité sociale”

Cette hypothèse est à prendre d’autant plus au sérieux que la fin du propos d’Olivier Véran s’apparente à un plaidoyer en faveur de la “grande Sécurité sociale”. C’est lors de son développement sur les nécessaires “transformations” à venir de la Sécurité sociale qu’il s’arrête quelque peu sur ce débat.

Dans un premier temps, il le présente de manière relativement neutre. “La crise nous a amenés à repenser l’assurance maladie obligatoire et interroge l’articulation la plus efficiente avec les complémentaires santé, au bénéfice des assurés” explique-t-il, poursuivant : “C’est pourquoi j’ai demandé au haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie de creuser les enjeux opérationnels et financiers de différents scenarios de l’articulation entre l’assurance maladie obligatoire et complémentaire, dont celui de la grande Sécurité sociale”.

Après ces quelques propos factuels, Olivier Véran insiste pourtant lourdement sur la nécessité, d’après lui, de renforcer la Sécurité sociale. “Les Français sont particulièrement attachés, je l’ai dit, à leur système de protection sociale et, plus que jamais, ils ont été conscients de leur chance de vivre dans un pays où les solidarités veulent dire quelque chose” se félicite-t-il, ne reculant pas devant l’emphase : “La Sécurité sociale à la française représente bien plus qu’un système de protection sociale, c’est une vraie conception de la vie”. Formulé dans le cadre d’une réflexion sur l’avenir des rapports entre assurance maladie et complémentaires santé, un tel appui à la Sécurité sociale est tout sauf anodin.

SOURCE: Grande Sécu : Olivier Véran enfonce le clou – Tripalio

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