[PAYANT] Véran prépare-t-il consciemment la faillite de la sécurité sociale ?

Olivier Véran a présenté le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 avec des accents triomphants. De fait, le gouvernement met en avant les différentes hausses de dépenses, notamment salariales, qu'il entend déployer l'an prochain. Mais personne ne peut imaginer que ce régime dépensier peut durer très longtemps... sauf à organiser la faillite du système social. Mais à quelle fin ? Les différentes hypothèses sont ouvertes, nous les passons en revue.

Les chiffres ci-dessus montrent clairement l’ampleur des dégâts sur les comptes de la sécurité sociale, et interrogent sur la finalité stratégique d’Olivier Véran dans une gestion aussi ruineuse de la protection sociale. Comme on le voit, après un déficit de près de 40 milliards € en 2020, puis de près de 35 milliards € en 2021, le gouvernement envisage un autre cataclysme financier en 2022, avec plus de 22 milliards de déficit. D’ici à 2025, la situation devrait rester très inquiétante, avec un déficit annuel tournant autour de 15 milliards. 

Mais quel assureur social peut se permettre de tels déficits ?

L’inquiétante dérive de l’assurance-vieillesse

Dans ces chiffres apocalyptiques, la palme revient à l’assurance vieillesse qui voit son déficit exploser de façon constante et grandissante à partir de 2022 : de 2,5 milliards l’an prochain, à 7,6 milliards de déficit en 2025. On comprend bien entendu l’intérêt d’afficher cette dégradation. Il n’y a pas meilleure façon de justifier l’inévitable report de l’âge de départ à la retraite. 

On comprend, dans cet affichage politique, qu’il s’agit de déblayer et de déminer un terrain difficile. Mais, même en imaginant qu’une brutale mesure d’âge rétablirait les comptes du régime d’ici à 2025, il resterait encore 6 bons milliards de déficit… au minimum

L’implosion de l’assurance-maladie

Dans le temps où le déficit des retraites explose, en effet, Olivier Véran prévoit de maintenir l’assurance-maladie à des niveaux de déficit qui paraissent peu réalistes. Avec près de 15 milliards de besoin de financement chaque année, on ne peut comprendre le projet de loi de financement autrement que comme le début de la fin pour notre système de financement de la santé. 

Dans les mois qui viennent, on imagine mal que l’Allemagne ne s’offusque pas de ces déficits records qui mettent en péril l’équilibre de la zone euro. Deux solutions s’imposeront donc d’elle-même : soit une réforme systémique comportant une forme de privatisation du système de soins, soit une forte augmentation des cotisations, faute de pouvoir défaire les mesures salariales et “d’investissement” annoncées en ce moment. 

L’impasse sur la bureaucratie sanitaire

On notera au passage que le projet de loi de financement de la sécurité sociale fait une totale impasse sur le bureaucratie sanitaire et sur son poids démesuré, largement critiqué durant la crise du COVID. Alors que le Ségur de la Santé avait donné l’occasion d’une critique en règle contre la prise de pouvoir des administratifs dans les hôpitaux, ce sujet est complètement évacué aujourd’hui. 

La caste a donc fait ce qu’il fallait pour préserver son outil de domination et de contrôle de la société française à travers les innombrables circulaires et tableaux Excel que les bureaucrates exigent des médecins et des soignants, lorsqu’ils ne sont pas suspendus de leurs fonctions. 

L’immoral gain sur les familles et les travailleurs

Pour achever ce paysage inquiétant, on constatera que le déficit est atténué par les excédents de deux branches : celle des familles, et celle des accidents du travail. Est-il normal que ces branches dégagent 8 milliards d’excédents pour atténuer le déficit des autres branches ?

Le bon sens devrait plutôt consister ici à baisser les cotisations des branches bénéficiaires, ou à augmenter leurs prestations. Mais on suppose que cet esprit d’équité ne fait plus partie du monde d’après et que, pour un Olivier Véran, tous les moyens sont désormais acceptables pour acheter les vaccins que l’industrie pharmaceutique lui refourgue, et pour nourrir les innombrables ronds-de-cuir qui font régner la terreur dans les hôpitaux. 

L’hypothèse d’une augmentation massive des cotisations

Toute la question est désormais de savoir pourquoi le gouvernement laisse entendre qu’il va ainsi laisser filer les déficits. Une première explication (non exclusive des autres) est celle d’un projet d’augmentation massive des cotisations, déjà avouée à demi-mot par le MEDEF lors de ses universités d’été. 

On connaît par avance les arguments qui seront utilisés : après tout ce qu’on a fait pour les salariés et les entreprises, après autant d’efforts des hôpitaux, il faut bien payer pour la santé. Cette position est très vraisemblable, et très crédible dans l’esprit d’Olivier Véran. 

L’hypothèse moins plausible d’une privatisation

Un autre scénario pourrait consister à s’appuyer à l’avenir sur un système à deux vitesses. Il s’agit en partie de l’objectif avoué du gouvernement dans le cadre de son projet de “Grande Sécu” déjà évoqué dans nos colonnes. Dans ce nouveau schéma, les organismes complémentaires prendront en charge les frais optiques, dentaires et prothétiques, ainsi que la plupart des médicaments. La Sécurité Sociale s’occupera du reste. 

Mais on doute qu’en l’état, Olivier Véran ne projette des dépenses nouvelles pour la sécurité sociale. On suivra attentivement les avancées du texte pour le comprendre, néanmoins. 

La tentation d’un défaut et d’un Great Reset monétaire ?

Des augmentations massives de cotisations, un report de l’âge de la retraite, une privatisation partielle du système de santé, garantissent-ils une baisse suffisante des déficits pour éviter une banqueroute de notre système de protection sociale ? Cela n’est pas sûr, et ici il ne faut pas sous-estimer l’espoir de mieux en mieux formalisé dans les milieux autorisés d’un défaut sur la dette qui donnerait le prétexte à un Great Reset monétaire. 

Dans ce dispositif, les Etats industrialisés procèderaient au “jubilé de la dette” et imposeraient une monnaie numérique parfaitement contrôlable qui permettrait de financer les dépenses publiques sans effort. Rappelons que la BCE a prévu la mise en place de l’euro numérique en 2025… Précisément l’année où se terminent les prévisions budgétaires de Véran. 

116 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer