[PAYANT] Denis Payre écarté du Congrès LR: les droites françaises ont-elles un problème avec l’entreprise?

30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Cette semaine dans "Les Droites de Husson": Denis Payre ne peut pas se présenter au Congrès faute d'avoir pu faire campagne plus de quinze jours - Les droites françaises ont-elles un sérieux problème avec l'entreprise? - Trump: un an après le vol de sa victoire dans les urnes - Le début de mise en place d'un psychodrame électoral pour Emmanuel Macron

Denis Payre ne pourra pas se présenter au Congrès LR

Nous l’avions interviewé la semaine dernière. Denis Payre nous avait donné une magnifique interview. Il nous l’avait expliqué: “Ma candidature a été bloquée pendant un mois et demi sans raisons valable par la direction de LR“. Confirmation le 2 novembre à 17h: après quinze jours de campagne, Denis Payre n’avait qu’une bonne trentaine de signatures d’élus LR quand il en aurait fallu 250. S’il avait pu faire campagne dès la fin août, il y serait donc arrivé ! Mais cela nous en dit long sur le fonctionnement du système politique. Le Général de Gaulle, quand il avait instauré l’élection du Président de la République au suffrage universel, avait prévu 100 signatures de maires; après son départ, le régime des partis a fait monter le nombre de signatures nécessaires à 500 rendues publiques.  Evidemment, la qualité de l’offre s’est réduite d’autant et les partis ont songé à faire des primaires – en imitant les Etats-Unis. Mais les partis n’aiment pas les primaires: même si un électorat réduit vote, cela bouscule les pronostics. En 2007, les “éléphants” du PS n’ont eu de cesse de mettre des bâtons dans les roues de Ségolène Royal, candidate issue des primaires; pourtant la candidate a fait un excellent score au premier tour, à 26% – comme François Mitterrand en 1981! Qu’aurait-elle réussi si son parti avait été derrière elle?  En 2016, les votants aux primaires de la droite ont fait le choix inattendu de François Fillon. Les deux perdants, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, n’ont eu de cesse de dézinguer Fillon, qui a raté de peu le second tour.  Les Républicains, cette fois, s’en remettent à un Congrès. Mais le fait d’écarter Denis Payre relève, de la part de Christian Jacob, de la peur de l’inattendu: on aurait très bien pu imaginer que les adhérents LR mettent un peu de piment dans le vote !  Imaginez Xavier Bertrand empêché d’arriver au second tour par la faute d’un entrepreneur ! Quelle horreur ! 

Les droites françaises ont-elles un problème avec l'entreprise?

Le constat dressé par Denis Payre, durant ses quelques semaines de campagne est implacable. Il l’a résumé pour les lecteurs du Courrier des Stratèges: “Je pense que faire reculer l’Etat est une absolue nécessité, une urgence vitale même pour le pays. Nous assistons à l’effondrement du mode de gouvernement français avec un Etat tellement coûteux qu’il écrase le pouvoir d’achat des Français comme jamais. Le gouvernement doit faire dans l’urgence un chèque de 100 Euros à 38 millions de personnes suite à une hausse du prix de l’essence pour éviter une crise sociale majeure. Notre pays est devenu un pays extrêmement pauvre. Nous étions le 5° pays au monde en création de richesse par habitant en 1975, nous avons dégringolé à la 26° place. Et entretemps, la population de fonctionnaires a augmenté deux fois plus vite que la population. Avec un salaire de 2.000 Euro net par mois, l’entreprise paye 1.500 Euro de charge. Si le salarié vivait en Espagne, aux Pays-Bas ou en Allemagne, il toucherait entre 500 et 1.000 Euro de plus en net par mois. Nous avons les services publics les plus coûteux au monde, et pour autant l’Etat n’est plus capable de fournir le plus élémentaire, un service régalien de qualité avec une justice et une lutte contre l’islam radical peu efficaces, et une politique migratoire largement hors de contrôle, malgré la qualité incontestable de nos fonctionnaires. Notre système éducatif est dans un état avancé de délabrement avec un système parmi les derniers de tous les classements internationaux et terriblement inégalitaire. La question légitime est de savoir où va l’argent ?” 

L’éviction de Denis Payre du Congrès LR souligne cruellement l’absence de connaisseurs des entreprises et de leurs besoins  dans l’ensemble des droites. Ici on aura en tête, bien entendu, les Entreprises de Taille Intermédiaire et les Petites et Moyennes Entreprises. Les grandes entreprises ont, elles, un accès facile aux partis et négocient ce qu’elles veulent puisqu’elles peuvent toujours faire le chantage à la délocalisation d’emplois. La question est celles des entreprises qui créent des emplois et de la richesses en France et qui sont accablées par un système où les prélèvements obligatoires sont d’au moins une dizaine de points supérieurs aux taux de nos concurrents. 

La question de l’immigration est inséparable de celle de l’étatisme dans notre pays.  Jean-Marie Le Pen avait le premier dénoncé la machine infernale qui se mettait en place: la montée des charges pesant sur les entreprises obligeait à comprimer les salaires et la solution de facilité d’une main d’oeuvre étrangère s’imposait. Avant que la gauche se développe son argumentaire “anti-extrême droite”, Le Pen avait été qualifié de “Reagan français” car il proposait des baisses d’impôt conséquentes et voulait libérer les forces entrepreneuriales et mettre un coût d’arrêt à l’étatisation giscardienne. En fait, l’hostilité au Front National a toujours eu une face exprimée, celle de “l’antiracisme”; et une face cachée: la coalition d’intérêts de tous les étatistes convaincus que l’on peut avoir à la fois “la mondialisation libérale”, “l’Etat-nounou” et la société multiculturelle, alimentés par un endettement indolore à l’abri des taux d’intérêts allemands. En l’occurrence, je viens de définir un système interchangeable qui s’appelle “giscardisme”, “mitterrandisme”, “chiraquisme”, “hollandisme”, “macronisme”. Le sarkozysme a failli être autre chose. 

Lorsque Marine Le Pen a écouté Florian Philippot, elle s’est “normalisée” en abandonnant le programme “thatchérien” de son père. Et le Rassemblement National, depuis lors, n’a pas fondamentalement retrouvé ses racines. Quant à Eric Zemmour, il annonce un programme favorable aux entreprises mais il promet aussi toute une série de “contrôles” (investissements étrangers en France, obligation pour les collectivités locales de choisir des prestataires français) et un “puissant ministère de l’industrie”. Alors qu’il faudrait libérer les forces entrepreneuriales du pays, tout simplement, peser sur la politique commerciale de l’Union Européenne et, effectivement, tarir la source de main d’oeuvre immigrée. Faire du trumpisme !  

Trump: un an après le vol de la victoire électorale

Puisque nous parlons de Donald Trump, c’est l’occasion de se souvenir que cela fait un an qu’ une élection présidentielle américaine donna lieu à la plus grande fraude organisée de l’histoire dans un système démocratique.  J’avais analysé et décrit ce processus dans les semaines qui avaient suivi. Depuis lors, de nombreux faits sont venus confirmer les éléments assemblés. Je recommande, d’une part, de se reporter aux recherches de Patrick Byrne, publiées sous formes de livre ou de film. Et d’autre part de regarder de près le rapport d’audit qui a établi, pour le comté de Maricopa dans l’Arizona, l’existence de 60000 bulletins non valides alors que Joe Biden y a prétendument gagné avec 10 000 vois d’avance.  Depuis l’installation de Joe Biden à la Maison Blanche, le magazine Time s’est vanté d’une campagne organisée unissant la Big Tech, les grandes entreprises, les syndicats et les médias pour mobiliser une coalition anti-Trump. Je recommande de lire attentivement cet article car il montre comment la classe politique américaine n’a pas supporté d’être confrontée à un homme qui n’était pas là pour vivre des problèmes du pays mais pour les résoudre. 

Ce qu’on comprend de mieux en mieux avec le recul, c’est que Donald Trump  a été viscéralement rejeté par un establishment dont il ne dépendait pas pour financer sa campagne et dont il n’a respecté aucun des usages puisqu’il considérait n’avoir de comptes à rendre qu’au peuple américain. Les Américains l’ont tellement bien compris qu’il est arrivé au président sortant quelque chose qui ne s’est – à ma connaissance – que rarement produit dans l’histoire américaine : une augmentation du nombre de voix pour un président sortant: puisque le 45è président des Etats-Unis est passé entre 2016 et 2020 de 62 à 74 millions de voix. Tant son bilan parlait pour lui!

Nous avons donné  ci-dessus une traduction de la liste des engagements tenus affichée par Donald Trump sur le site de la Maison-Blanche quand il se représentait.  Le Rassemblement National, qui n’ jamais vilipendé Trump, ferait bien de regarder ce que signifie un programme de baisses d’impôts plus marquées encore que sous Reagan. Eric Zemmour, qui dit vouloir faire “une campagne à la Trump” ferait bien de se demander s’il a pris la mesure d’un mandat que le président élu en 2016 avait placé sous le signe d’une obligation de résultats.

Pourtant, en exploitant la crise du COVID-19, l’establishment américain avait compté sur le vote par correspondance et le décompte électronique des votes pour frauder massivement. Donald Trump avait d’ailleurs averti ses partisans dès le mois d’avril 2020 de ce qui se tramait avec le vote à distance. Il ne pouvait pas faire plus puisque les Etats-Unis sont un Etat fédéral et ce sont les Etats qui organisent l’élection présidentielle. 

Ce qui s’est passé ensuite est tout à fait inouï: malgré la planification de la fraude, le peuple américain a massivement plébiscité le Président sortant. En particulier, Trump avait gagné l’Ohio, qui désigne toujours le gagnant depuis des décennies.  Vers minuit heure de la côte Est le 4 novembre 2020, il restait moins de dix Etats à dépouiller et Trump était en avance en terme de Grands Electeurs. Les ordinateurs n’avaient pas été programmés pour faire basculer le vote en faveur de Biden avec une telle poussée de Trump. C’est à partir de ce moment que les Démocrates ont, en Arizona, Michigan, Wisconsin, Pennsylvanie, Géorgie suspendu le décompte des voix pour organiser une bonne vieille fraude à l’ancienne – du genre de celle qui avait fait gagner Kennedy contre Nixon en 1960. 

Cette histoire est bien documentée et elle sera un jour totalement exposée. Mais elle a surtout un intérêt pour la France de 2022.  Une partie de la droite française n’a pas été plus lucide que les droites d’autres pays du monde, concernant Donald Trump,  croyant qu’il fallait à tout prix se démarquer de lui. Et sans voir que derrière la violence du combat “antifasciste” contre le conservateur Trump se jouait, beaucoup plus profondément, un affrontement entre tous ceux qui souhaitent l’expansion d’un capitalisme de connivence et de surveillance et ceux qui, soutenant Trump, veulent une économie libre défendue par des institutions démocratiques – selon le vieil idéal conservateur depuis Edmund Burke.  Mais, après tout, un parti qui n’accepte pas que l’entrepreneur Denis Payre se présente au suffrage de son Congrès tient en partie de la même logique que ces RINOs (Republicans In Name Only) qui n’ont rien fait pour serrer les rangs autour de Trump quand la fraude est devenue évidente, dans la nuit du 3 au 4 novembre. Les droites françaises ont-elles bien tiré les leçons du coup d’Etat qui a privé les Américains de leur vote? Se rendent-ils compte de la manière dont Emmanuel Macron pourrait utiliser la crise sanitaire pour pousser, sinon le passe sanitaire afin d’aller voter, du moins la réintroduction du vote par correspondance? Une proposition de loi a été déposée en ce sens en septembre 2021 à l’Assemblée

Les conditions d'un psychodrame électoral pour Emmanuel Macron se mettent en place

Poser la question d’un possible changement en pleine partie  des règles du jeu par un Emmanuel Macron sentant le sol se dérober sous ses pieds n’est pas seulement une vue de l’esprit. En effet, des signaux faibles apparaissent: on semble s’acheminer vers une autre configuration que celle d’un affrontement entre Emmanuel Macron et ce que le monde des médias subventionnés  s’obstine à appeler “l’extrême-droite”. Si l’on en croit le baromètre de l’opinion Elabe/Les Echos, trois tendances sont discernables: 1. La cote de confiance d’Emmanuel Macron  continue de s’effriter. Le Président perd encore un point, se trouvant à 34% d’opinions favorables sur son action (37% début septembre). 2. La popularité d’Eric Zemmour recule: il était monté à 25% d’opinions favorables; il retombe à 20%. Il perd 9 points (à 40%) chez les sympathisants de droite hors Rassemblement National et 10 pointds (à 48%) au RN.  3. La tendance de fond chez LR se poursuit: Michel Barnier progresse chez l’ensemble des Français et se retrouve ex aequo avec Valérie Pécresse à 24% tandis que Xavier Bertrand maintient une petite avance à 28%.  Les trois candidats LR ont donc une image plus favorable qu’Eric Zemmour chez l’ensemble des Français. Chez les sympathisants de la droite LR, Michel Barnier progresse de 8 points (56%) tandis que Valérie Pécresse baisse de 9 points (62%). Xavier Bertrand reste certes en tête à 72% mais il est frappant de constater que lorsqu’il est testé contre Emmanuel Macron il est désormais toujours donné perdant au second tour (46/54).  

Je ne vois pas de raison, pour l’instant, de renoncer à mon scénario d’anticipation d’un Michel Barnier désigné par le Congrès et disposant, grâce à une montée en puissance méthodique, d’une légitimité suffisante pour dépasser un Eric Zemmour qui aura lassé l’opinion et affronter soit Emmanuel Macron soit Marine Le Pen au second tour. 

Il faut cependant avoir bien conscience qu’Emmanuel Macron n’acceptera pas sans drame sa décrue dans l’opinion et le risque de devoir affronter un candidat de centre-droit neuf pour l’opinion française et capable de lui disputer sa compétence en matière européenne. On peut penser que le chef de l’Etat usera de toutes les ficelles: insuffler la peur d’une cinquième vague de COVID-19 et pression à la vaccination pour se laisser la possibilité d’introduire le passe sanitaire dans les bureaux de votes – les anti-passe ne sont certainement pas des électeurs d’Emmanuel Macron – ; introduction du vote par correspondance avec tous les risques de fraudes qu’il implique. 

Candidats de droite, même si vous n’aimez ni ne comprenez Donald Trump, prenez au sérieux la manière dont il a été privé de sa victoire dans les urnes.  Certes, le système électoral américain avec ses innombrables règlements locaux, se prêtait aux manipulations comme aucun autre au monde. Mais aucune démocratie n’est à l’abri de la fraude électronique à partir de l’enregistrement des votes; ni des manipulations du vote par correspondance (en 1975, il avait été supprimé en France suite à plusieurs fraudes électorales). 

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