Comment la présidence de l’UE par Macron va faire un terrible pschitt !

Comment la présidence de l’UE par Macron va faire un terrible pschitt !


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Hier, Emmanuel Macron, dans une conférence de presse quasiment passée inaperçue, a égrené des propositions sans souffle pour la présidence française de l’Union Européenne. On attendait une proposition de réforme des traités, on a juste une dilution des critères de Maastricht et un pensum bureaucratique sans âme. Pire, la Commission a décidé d’imposer à la France des mesures sensibles sur le statut des travailleurs de plate-forme. On est bien loin des annonces de début de mandat pour une renforcement de l’Union… Au moment des présidentielles, aucun Français n’aura probablement retenu le moindre enseignement de cet épisode.

La présidence française de l’Union Européenne aurait pu s’annoncer comme un moment de régénérescence pour Emmanuel Macron, dans une passe où il paraît usé et privé du souffle quasi-mystique qui l’avait porté au pouvoir en 2017. La conférence de presse qu’il a donnée hier pour égrener son programme a de quoi l’inquiéter, lui et son entourage. Non seulement très peu de Français se sont intéressés au sujet et ont « imprimé » la fastidieuse liste de propositions qu’il a dressées, mais ses ambitions paraissent très en retrait par rapport à ce que beaucoup d’eurolâtres pouvaient attendre.

Quelles propositions retenir de Macron hier ?

Le moins que l’on puisse dire est que le timing de la conférence de presse donnée par Emmanuel Macron sur l’Europe et la présidence française de l’Union, hier, était particulièrement mal choisi, voire désastreux. Donnée à une heure impossible, cette rencontre entrait en collision avec le débat entre Bruno Le Maire et Eric Zemmour qui a beaucoup plus passionné les medias (dans leur chasse au Zemmour particulièrement divertissante).

Mais la bouderie dont le Président fait l’objet, et qui devrait l’interroger sur ses propres chances au mois d’avril, tient aussi à la pauvreté de ses annonces dont on retiendra deux points essentiels.

Le premier point tient à la défense européenne, sur laquelle Emmanuel Macron a appelé à des avancées concrètes : « nous devons passer d’une Europe de coopération à l’intérieur de nos frontières à une Europe puissante dans le monde, pleinement souveraine, libre de ses choix et maître de son destin ».

Tout le problème, dans ce genre de domaine, consiste à passer des intentions aux actes. On se souvient que, en 2018, Macron avait déjà lancé les mêmes incantations, arrêtées nettes par la crise des Gilets Jaunes. Personne n’a jamais prouvé, depuis cette époque, qu’il n’y avait aucun lien entre les deux événements. L’année suivante, Macron avait remis le couvert avec que les syndicats de salariés, précédés par FO, ne lancent une grève historique.

On verra bien si la défense européenne échappe à sa fatalité en France…

Le deuxième point tient à la dilution de l’ordo-libéralisme agencé par le traité de Maastricht. Compte tenu du fort endettement de la France, Macron imagine pouvoir renégocier les contraintes budgétaires qui s’exercent : « nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé« . On connaît tous l’argument : au lieu de baisser la température, on préfère casser le thermomètre. Là aussi, reste à savoir si les partenaires de la France seront prêts à agir pour desserrer la contrainte des 3% de déficit et des 60% de dettes publiques. On a un doute.

Des propositions en retrait pour Macron

Ces deux points montrent comment, au fil du temps, Macron en a progressivement rabattu sur ses ambitions européennes. Il suffit de se référer à ses propositions de 2019 (elles-mêmes en retrait par rapport à son volontarisme initial), pour comprendre que l’eurolatrie macronienne n’est plus que l’ombre d’elle-même, refroidie, voire glacée, par une fréquentation trop assidue d’Angela Merkel.

Par exemple, en 2019, Macron proposait une « renaissance européenne », expression qui exprimait une ambition autrement plus utopiste qu’une simple révision des critères de gestion publique. À cette occasion, il proposait aussi l’instauration d’une « préférence européenne » en économie, la création d’une « banque européenne pour le climat » ou une « police des frontières européennes ».

Les ambitions d’aujourd’hui paraissent étonnamment plus modestes. Et l’on ne parlera même pas du discours de septembre 2017 où Macron parlait de refonder l’Europe.

En cinq ans, l’européisme flamboyant du Président aura donc très très fortement pâlit et mollit.

La Commission tâcle déjà la France

Pas de chance pour Macron, le jour de la conférence de presse consacrée à la Présidence française, la Commission Européenne a décidé de lancer une communication tonitruante pour ses ambitions à venir. On relèvera l’intention d’instaurer un salaire minimum européen, et la volonté de réglementer le travail sur les plate-formes.

Les nouvelles règles permettront de faire en sort que les personnes qui travaillent par l’intermédiaire des plateformes numériques puissent jouir des droits du travail et des prestations sociales auxquels elles ont droit.

Précisément, les mauvaises langues communautaires laissent entendre qu’Emmanuel Macron s’est toujours opposé, durant son mandat, à toute réglementation limitant le droit des plate-formes. Ce peut être ici l’occasion de rappeler tout le poids des Uber et compagnie dans les couloirs de la macronie.

Donc, si l’on résume, Emmanuel Macron affiche désormais des ambitions au rabais pour la « renaissance européenne ». Et la Commission est bien décidée à lui faire boire le calice jusqu’à la lie, en le forçant à présenter des propositions « sociales » contraires aux intérêts de ses amis. Tout cela devrait se dérouler dans l’indifférence suprême des Français.

Une présidence qui fera pschitt…


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