Israël, vendu à Pfizer ?

Israël, vendu à Pfizer ?


Partager cet article

Par Avi Morris – La presse française et internationale s’est faite l’écho de l’annonce d’hier par le premier ministre israélien : Israël autorise l’injection de la quatrième dose du vaccin Pfizer. Seul problème : les journaux ne tiennent pas compte du contexte dans lequel cette décision a été prise. Or, ce contexte est loin d’être anodin.

En Israël, bien évidemment, les contrats que le gouvernement a passé avec Pfizer n’ont pas été publiés. Il n’est donc pas possible de connaître exactement ce qui a été stipulé. Nous rappellerons seulement que la vente aux autres pays du vaccin Pfizer a été considérablement aidée par le fait qu’une grande majorité de la population israélienne a adhéré aux consignes vaccinales et que le pays pendant 2-3 mois a connu une période durant laquelle il n’y avait quasiment plus de cas de Covid. Ainsi, le professeur Cyrille Cohen bien connu des médias français avait pu affirmer qu’Israël avait atteint l’immunité collective.

La fin de l’exemple israëlien

Pas de chance, dès que le pays a ouvert ses frontières en juin 2021 après quasiment 9 mois d’interdiction d’entrée des touristes, il les a 3 semaines plus tard refermées. Nous rappellerons que l’exemple israélien ne fonctionne qu’en économie fermée au grand dam des opérateurs touristiques. Plus personne n’ose parler en Israël d’immunité collective.

Et donc pour lutter contre la quatrième vague, Israël a été le premier pays à autoriser l’injection d’une 3ème dose, 3ème dose qualifiée de booster. Pour montrer aux yeux du monde que cette politique vaccinale fonctionnait, le ministère de la santé israélien n’a pas hésité à trafiquer les chiffres tant sur les effets secondaires que sur l’efficacité de cette nouvelle injection.

A la suite de cela, le pays a réouvert ses frontières en novembre 2021 uniquement aux personnes ayant également pris 3 doses Pfizer ou aux personnes ayant subi un parcours vaccinal complet mais avec des conditions plus strictes. Là encore, l’histoire s’est répétée avec une nuance importante : 3 semaines plus tard, le pays a de nouveau fermé ses frontières aux étrangers même vaccinés et a soumis quasiment aux mêmes règles d’isolement les vaccinés et les non-vaccinés israéliens s’ils reviennent de l’étranger. Bref, pas étonnant que les gens doutent sérieusement de l’efficacité du vaccin.

Pour pallier cela, le gouvernement israélien a décidé de lancer une campagne de vaccination des enfants de 5-11 ans après avoir été le premier à autoriser l’injection de 3 doses au 12-18 ans. Cette campagne est un échec :

  • les parents dans leur grande majorité n’amènent pas leurs enfants se faire vacciner ;
  • la télévision israélienne a rapporté que 30 % des parents qui avaient entamé le parcours vaccinal de leur enfant l’ont interrompu après la première dose en raison des effets secondaires constatés.

Et pourtant, le gouvernement continue à prôner ad nauseum la vaccination des enfants. Un membre du gouvernement a proposé que les parents reçoivent 1000 shekels par enfant – soit 320 euros – s’ils amènent leurs enfants se faire vacciner. Le premier ministre a souhaité que les instituteurs et institutrices amènent les enfants dans les centres de vaccination pendant les heures de cours. Des centres de vaccination vont ouvrir dans les centres commerciaux avec à la clé des bons d’achat pour les parents. Cela est profondément malsain alors même que de nombreux professeurs de médecine en Israël dénoncent cette politique et estiment, comme beaucoup en France, que la vaccination des enfants contre le Covid est une hérésie.

C’est dans ce contexte qu’est intervenue la décision du premier ministre israélien d’autoriser la 4ème dose. Or, lors des discussions qui ont été rapportées, il a bien été précisé qu’il n’y avait eu aucune expérimentation sur les effets de cette 4ème dose ! Pratiquement, le groupe d’experts dont se prévaut le premier ministre israélien n’a disposé d’aucune donnée !!! Même chez Pfizer, la presse a rapporté que les dirigeants avaient des doutes sur l’efficacité de la multiplication des présentes doses sur le nouveau variant.

Il est dommage que les médias français comme les scientifiques qui hantent les plateaux télé français ignorent singulièrement et peut-être même volontairement les méandres de la politique israélienne. Le conseil scientifique en France a également parlé de 4ème dose indépendamment de toute donnée sur le sujet !!!

Pour le moment, le gouvernement ne parle que d’une ouverture de cette campagne de vaccination aux personnes de plus de 60 ans. Il n’a pas encore précisé si le refus de prendre cette 4ème dose suspendrait le passeport vert. Bref, de là à en déduire qu’il faut continuer à tout prix l’expérience pour Pfizer envers et contre tout, il n’y a qu’un pas que beaucoup d’Israéliens franchissent aisément.

Quelques lueurs d’espoir dans ce contexte :

  • près de 2 millions de personnes n’ont toujours pas été se faire injecter la 3ème dose ;
  • le prix Nobel de physique Michael Levitt vient de rejoindre l’équipe scientifique d’opposants à la politique de vaccination israélienne – cela devient de plus en plus difficile d’accuser les opposants à la politique actuelle d’être des complotistes ou de leur dénier des compétences scientifiques lorsqu’ils critiquent les données du ministère de la santé israélien ;
  • les discussions violentes qui ont eu lieu après la décision du premier ministre israélien montrent que nous assistons peut-être à la fin du passeport sanitaire.

Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
SAS, SASU, EURL, SARL, micro-entreprise... quel est le meilleur statut ?

SAS, SASU, EURL, SARL, micro-entreprise... quel est le meilleur statut ?

Je continue aujourd'hui notre série consacrée à la création d'entreprise comme solution de sécession et de souveraineté individuelle. Je propose aujourd'hui un panorama des formes juridiques d'entreprise "disponibles sur le marché". Lorsqu'on crée une entreprise, choisir la forme juridique de sa structure constitue toujours un passage un peu effrayant. Pour vous aider, je vous propose un rapide panorama des formes existantes. À partir de dimanche prochain, je m'appesantirai sur les avantages et


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Mirage à Ormuz et piège à ours — Pourquoi le rallye boursier d'avril est une illusion d'optique, par Vincent Clairmont

Mirage à Ormuz et piège à ours — Pourquoi le rallye boursier d'avril est une illusion d'optique, par Vincent Clairmont

La semaine qui s'achève restera sans doute dans les annales comme l'une des plus spectaculaires démonstrations de la "mémoire courte" des marchés financiers. Entre le soulagement euphorique du vendredi 17 avril et le retour brutal à la réalité ce samedi 18 avril, les investisseurs ont été ballottés par une volatilité que même la crise de 2022 n'avait pas égalée. Alors, faut-il vraiment chercher à "profiter" de cette remontée de la bourse? Ma réponse est claire : prudence. Nous ne sommes pas face


Rédaction

Rédaction

Les pourparlers de paix en Iran vus d'Iran, par Thibault de Varenne

Les pourparlers de paix en Iran vus d'Iran, par Thibault de Varenne

Selon son habitude bien ancrée désormais, Thibault de Varenne a passé en revue les sources non-occidentales pour décrypter la perception de la guerre d'Iran et de sa résolution vue d'Iran. Selon les sources iraniennes, arabes, turques, chinoises et russes, la perception des discussions de paix actuelles ne se limite pas à un simple désir de cessation des hostilités ; elle reflète une lutte pour la définition d'un nouvel ordre sécuritaire où l'influence américaine est contestée et où la souverai


Rédaction

Rédaction

Pas plus de 5% de chance qu'une paix durable soit conclue en Iran, par Thibault de Varenne

Pas plus de 5% de chance qu'une paix durable soit conclue en Iran, par Thibault de Varenne

Les medias mainstream répercutent sans nuance les déclarations optimistes de Donald Trump sur un accord de paix avec l'Iran. Thibault de Varenne fait le point sur le sérieux de ces déclarations. Alors que le président Donald Trump multiplie les déclarations publiques affirmant qu'un accord avec l'Iran est imminent, la situation sur le terrain à Téhéran et dans les couloirs du pouvoir à Islamabad suggère une impasse structurelle qui remet en question la viabilité d'un règlement durable et effica


Rédaction

Rédaction