Djokovic et la crise de l’état de droit dans le monde anglo-saxon

L'annulation du visa de Djokovic et son expulsion d'Australie sont une illustration de l'effondrement de l'état de droit dans une partie du monde de culture anglo-saxonne. Non seulement le pouvoir exécutif australien s'est assis sur l'autonomie de décision de la Fédération Australienne de Tennis mais, désavoué par un tribunal, le Ministre a inventé un pouvoir personnel du Ministre de défaire une décision de justice où son Ministère avait été condamné. Au moment où un sondage révèle qu'une majorité d'électeurs démocrates américains souhaiteraient une ségrégation des non-vaccinés, il n'y a pas de doute: le rule of law est bien maltraité par une partie du monde anglo-saxon

Novak Djokovic a donc perdu la cinquième manche de son match avec le gouvernement australien. Le Ministre de l’Immigration Alex Hawke, qui avait failli être rendu inéligible il y a quelques années parce qu’on ne savait pas s’il avait une double nationalité (sa mère est grecque), laquelle rend impossible l’exercice de la politique en Australie, a bombé le torse et prouvé qu’il était intransigeant face au numéro un du tennis mondial.

Le ministre avait, jeudi 13 janvier 2022, invoqué un très douteux droit du Ministre, intuitu personae, à confirmer une décision, même quand un tribunal a désavoué les services de son Ministère. 

Ajoutons que l’argumentation invoquée, et qui l’a emporté devant les juges au niveau fédéral,  consistait à mettre en avant le mauvais exemple donné par Novak Djokovic puisqu’il serait devenu l’idole des “antivax”. Peu importe que d’autres joueurs que lui aient le droit de participer aux Internationaux d’Australie sans être vaccinés, la notoriété de Djokovic le rendait dangereux. Imaginez qu’il ait gagné le tournoi….

La fin de l'état de droit?

En 2005, alors qu’il se lançait en politique, Alex Hawke expliquait fièrement (voir l’image ci-dessus): “Les deux plus grandes forces dans l’histoire de l’humanité sont le capitalisme et le christianisme. Et quand ils sont combinés, ils forment un duo très puissants”. 

Le problème, c’est que les deux sont inséparables de l’état de droit ! Avant d’intervenir dans l’affaire Djokovic, il aurait été utile que le ministre relise la Bible: “Tu ne feras pas acception de personne!” (Deutéronome XVI, 19). Autrement dit, tu ne jugeras pas à la tête du client. C’est l’habeas corpus, le droit de toute personne arrêtée à être jugée équitablement, voté en 1679, qui a permis l’essor d’un système bancaire sécurisé en Angleterre (un pouvoir ne pouvait plus faire arrêter arbitrairement ses créanciers pour effacer sa dette – comme Philippe le Bel avec les Templiers) et donc l’essor un siècle plus tard, du capitalisme moderne. 

Sur tout cela, on lira les extraordinaires travaux de Rodney Stark

Et force est de constater que notre brave Alex Hawke agit à l’inverse de ce qu’il recommande. Le Ministère de l’Immigration a arbitrairement annulé, pour le seul Djokovic (d’autres joueurs ont le droit de jouer non vaccinés) une autorisation qui lui avait été donnée après consultation de comités médicaux indépendants. Et après que le Ministère a été désavoué par un juge, le ministre lui-même réitère la décision et fait en sorte d’obtenir gain de cause devant un autre tribunal. 

Non seulement Alex Hawke s’assied sur les principes éthiques universels que l’Occident judéo-chrétien a donné au monde – le code de Nuremberg a interdit l’administration de traitements expérimentés sans libre consentement du patient – mais, en pratiquant l’arbitraire gouvernemental, il sape toute la confiance sur laquelle repose une société prospère. Le monde est, du fait de l’arbitraire des législation “anti-COVID” au bord d’un effondrement économique sans précédent. 

Pendant ce temps-là aux Etats-Unis conservateurs et liberticides s'affrontent

Une partie de notre liberté se joue en ce moment dans le monde anglo-saxon. L’immense élan de liberté du Brexit a été en partie neutralisé par la mise en place, en Grande-Bretagne, d’une politique sanitaire liberticide. Et Boris Johnson pourrait finir de manière piteuse un mandat qu’il avait brillamment commencé. 

Aux Etats-Unis, un sondage Rasmussen révèle à quel point le Parti démocrate est devenu un parti liberticide

– 58% des électeurs s’opposeraient à une proposition visant à ce que le gouvernement fédéral ou les gouvernements des Etats imposent une amende aux Américains qui choisissent de ne pas se faire vacciner contre le COVID-19. Cependant, 55% des électeurs démocrates soutiendraient une telle proposition, contre seulement 19% des républicains et 25% des électeurs non affiliés.

59% des électeurs démocrates seraient favorables à une politique gouvernementale exigeant que les citoyens restent confinés chez eux à tout moment, sauf en cas d’urgence, s’ils refusent de se faire vacciner contre le COVID-19. 61% de l’ensemble des électeurs probables, dont 79% des républicains et 71% des électeurs non affiliés, s’opposent à une telle proposition.

Près de la moitié (48%) des électeurs démocrates pensent que le gouvernement fédéral et les gouvernements des Etats devraient pouvoir infliger des amendes ou emprisonner les personnes qui remettent publiquement en question l’efficacité des vaccins COVID-19 existants sur les médias sociaux, à la télévision, à la radio ou dans des publications en ligne ou numériques. Seuls 27% de l’ensemble des électeurs – dont seulement 14% des républicains et 18% des électeurs non affiliés – sont favorables à une sanction pénale des détracteurs des vaccins.

45% des démocrates seraient favorables à ce que les gouvernements exigent des citoyens qu’ils vivent temporairement dans des installations ou des lieux désignés s’ils refusent de se faire vacciner contre le COVID-19. Une forte majorité (71%) de l’ensemble des électeurs s’opposerait à une telle politique, 78% des républicains et 64% des électeurs non affiliés se déclarant fortement opposés à l’idée de placer les personnes non vaccinées dans des “installations désignées”.

– Alors qu’environ deux tiers (66 %) des électeurs probables s’opposeraient à ce que les gouvernements utilisent des dispositifs numériques pour suivre les personnes non vaccinées afin de s’assurer qu’elles sont mises en quarantaine ou qu’elles s’éloignent socialement des autres, 47 % des démocrates sont favorables à un programme gouvernemental de suivi des personnes qui refusent de recevoir le vaccin COVID-19.

Jusqu’où les démocrates sont-ils prêts à aller pour punir les non-vaccinés ? 29% des électeurs démocrates seraient favorables à ce que les parents se voient retirer temporairement la garde de leurs enfants s’ils refusent de se faire vacciner contre le COVID-19. C’est plus de deux fois le niveau de soutien du reste de l’électorat – 7% des républicains et 11% des électeurs non affiliés – pour une telle politique.

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4 commentaires
  1. Excellente démonstration de la future claque que les gauchos vont se prendre dans le museau en novembre . 58% de démocrates, les très mal nommés, il suffit de regarder d’un peu plus près les pourcentages pour comprendre qu’ils ne représentent plus grand chose aujourd’hui .

  2. Le chef de cabinet du Premier ministre australien Morrison, qui a interdit à Djokovic d’entrer en Australie, était le principal conseiller de Rio Tinto pour les relations avec le gouvernement Serbe, quand Djokovic a soutenu les manifestations contre Rio Tinto pour s’opposer à un projet minier de la ayant pour but d’extraire du Lithium en Serbie…ceci expliques donc celà…on fait taire les rebels et on punit les opposants

  3. On se rend compte de plus en plus que les “principes éthiques universels que l’Occident” sont une arme vis-à-vis d’adversaires afin que leurs populations restent dans la bonne conscience. Combien de guerres menées pour la “démocratie”?
    On a appris depuis des années aux populations occidentales que l’égalité en droit est un principe à géométrie variable. L’essentiel étant de justifier l’atteinte aux principes par un sentimentalisme mièvre qui tient lieu de morale. On voit le résultat aujourd’hui.
    Reste que décision contre Djokovic est une décision politique. Peut-être faut-il aussi chercher l’explication du côté de Rio Tinto?

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