[PAYANT] Les assureurs privés plaident pour un co-pilotage de la santé avec la Sécu

Les assureurs privés ne peuvent rester sourds aux menaces d'une "Grande Sécu" qui les ruinerait. Cette menace, agitée par le gouvernement, s'inscrit dans la logique autoritaire latente depuis plusieurs années, et accélérée par le COVID. Face au risque d'une étatisation du secteur, Thomas Saunier, directeur général de Malakoff-Humanis, propose de mettre en place une structure de co-pilotage de la santé rassemblant l'Etat et les assureurs privés.

Ce matin, une fois n’est pas coutume, j’ai participé à une conférence de presse ! En l’espèce, je suis allé écouter le très agréable Thomas Saunier, directeur général du groupe Malakoff-Humanis, qui pèse, bon an mal an, 2% de l’assurance santé en France (si l’on a enfin le courage de dire que le roi est nu, et que l’assurance-maladie n’est rien d’autre qu’une compagnie d’assurance santé, mais publique). 

Je me permets une petite confidence ici : cette participation saugrenue m’a fait goûter aux joies du “Next Normal” de Mc Kinsey, c’est-à-dire un monde du travail où tout le monde est masqué et où plus personne ne se serre la main. Miam ! voilà qui fait envie… Et pourtant, Vladimir Poutine a pulvérisé le virus la semaine dernière ! Mes amitiés à tous les salariés qui doivent désormais passer entre huit et dix heures par jjour dans des laboratoires aseptisés : ils n’avaient pas signé pour ça ! 

Bref… c’était l’occasion de faire le point sur la santé, l’assurance santé, l’assurance maladie, ses comptes et ses dysfonctionnements. 

Malakoff-Humanis, une sorte d’optimum indépassable

En soi, l’existence, et l’on pourrait même dire la survie, de Malakoff-Humanis est une sorte de miracle qu’il ne faudrait pas sous-estimer. 

Lorsque, en 2019, Malakoff a dû absorber Humanis et ses pertes abyssales, on pouvait en effet craindre le pire pour l’avenir et les comptes du groupe. Trois ans plus tard, la santé financière de Malakoff est encore bonne, même si Thomas Saunier confesse que son activité en assurance collective (santé et prévoyance) impose une purge dans les contrats déficitaires. 

Surtout, alors que les comptes de l’assurance maladie ne sont plus dans le rouge mais dans le violet, Malakoff dégage des bénéfices et maintient son niveau de solvabilité. 

Ce parcours prouve la résilience des assureurs privés et la sécurité qu’ils offrent à leurs cotisants, quand la sécurité sociale vit en permanence au bord du gouffre, voire dans le gouffre lui-même. 

Compte tenu du passif “Humanis” imposé à Malakoff en son temps pour éviter une faillite retentissante, le gouvernement devrait se féliciter de pouvoir compter sur des assureurs privés qui ne l’amènent pas tous au même naufrage que la compagnie publique appelée “Sécu”. 

La logique autoritaire de la caste continue son travail de sape

Ce bon sens de récompenser ceux qui tiennent la barre quand tout fout le camp est une vertu qui fait terriblement défaut à la caste mondialisée, dont l’objet principal qui se dévoile jour après jour, est de mener notre pays à grands pas vers le chaos. 

Donc, au lieu de s’allier avec ceux qui savent faire, Olivier Véran et son brillant entourage, préfèrent leur faire la guerre. Thomas Saunier n’a par exemple pas manqué de souligner que le ministère de la Santé avait pondu un arrêté sur le remboursement des consultations de psychologues de façon totalement unilatérale et sans aucune concertation avec les assureurs privés… qui ont mis en place un dispositif autonome à leurs frais en octobre sur ce poste de dépense. 

Pourquoi l’État dépense-t-il autant d’énergie à empêcher le secteur privé de fonctionner ? Cette énergie ne serait-elle pas mieux employée à faire fonctionner correctement la sécurité sociale et les hôpitaux ?

Nos lecteurs savent l’interprétation politique que nous donnons à ce harcèlement institutionnel constant : la santé et la protection sont des domaines où l’étatisation complète est indispensable pour assurer le contrôle des masses. 

La menace de la “Grande Sécu”

On n’interprétera pas autrement les délires de la comitologie étatique, largement nourrie par les “Kouchner Boys” comme Martin Hirsch ou Didier Tabuteau, sur la “Grande Sécu” qui taillerait la part du lion à une assurance-maladie au bord de la banqueroute, et qui exclurait les assureurs privés, tous en bonne santé financière. 

Ravivée par le récent rapport du Haut Conseil à l’Avenir de l’Assurance-Maladie (HCAAM), cette idée de “Grande Sécu” ne semble pas inquiéter outre mesure Thomas Saunier, qui nous paraît bien crédule et bien imprudent sur ce point. Sous prétexte qu’Emmanuel Macron ne l’a pas annoncée dans sa lettre de candidature envoyée à tous les Français, la Grande Sécu s’éloignerait.

Nous le répétons : pour des raisons politiques systémiques, nous sommes convaincus qu’elle reviendra au prochain projet de loi de financement de la sécurité sociale, dès Macron réélu (et à moins qu’un incident imprévu n’empêche Macron réélu de gouverner réellement, bien entendu). 

Thomas Saunier mise sur la collaboration

Face à un péril imminent, il existe toujours deux façons de réagir. 

Nos lecteurs le savent, nous sommes partisans des solutions radicales, qui consistent à changer un système lorsque ceui-ci dysfonctionne et se montre incapable de se réformer. 

Dysfonctionnement et sclérose sont bien les deux mots qui caractérisent le mieux l’assurance-maladie française, en déficit constant depuis vingt ans, sans perspective réelle d’amélioration. C’est pour cette raison que nous sommes favorables à l’extinction de cet outil politique dont les capacités liberticides ont pris tout leur sens à l’occasion du COVID. 

Mais il est vrai que les hiérarques tributaires du système préfèrent, de notre point de vue à tort, les solutions réformistes. 

C’est la position de Thomas Saunier, et probablement de nombreux autres assureurs privés, qui prônent une énième réforme du “pilotage” du système. La proposition consisterait à transformer l’organe consultatif existant, l’UNOCAM, en véritable structure de co-pilotage investie d’un pouvoir régulateur. 

La pulsion est bien connue : on négocie la longueur de la chaîne plutôt que de se battre pour la liberté. Ce faisant, on appelle de ses voeux le maître à s’asseoir à la table des domestiques. Comme si l’État avait un seul jour pu se comporter en partenaire digne de foi !

Nous avons en tout cas compris que, à demi-mots, les familles de l’assurance privée pourraient prochainement se retrouver sur cette proposition. Et un comité de pilotage de plus, un !

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