[PAYANT] Nicolas Sarkozy prépare le “grand remplacement politique” de LR

30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Les droites de Husson n°41: (1) Pourquoi Zemmour a baissé dans les sondages (2) Quand Valérie la présidente de région trahit en 2022 ce pour quoi Pécresse ministre de l'Enseignement Supérieur se battait en 2009 (3)Quand Nicolas Sarkozy planifie le grand remplacement de LR

Pourquoi Eric Zemmour baisse dans les sondages

La baisse d’Eric Zemmour dans les sondages est-elle plus mystérieuse encore que les perspectives de second tout qu’il avait il y a quelques semaines? L’agrégation de sondages de notre ami Jean-Poll dans Datapolitics montre effectivement un impressionnant recul de 15 à 11% en un mois. 

On a d’abord pensé que cela était dû à la guerre en Ukraine. Il y a une part de vrai. Non pas parce qu’Eric Zemmour aurait été jugé, a posteriori, trop indulgent avec Vladimir Poutine par le passé. Mais parce qu’il a manqué complètement l’occasion que lui offraient les réfugiés ukrainiens: en expliquant qu’il ne voulait pas les accueillir en France, le candidat s’est mis en contradiction flagrante avec l’opinion des Français, légitimement émus par la détresse d’innocents frappés par une guerre sur le continent européen. On remarquera cependant que Marine Le Pen n’a pas été plus loquace sur la question et que les mêmes reproches de “sympathie” pour Poutine lui ont été adressés. Et pourtant, les sondages la donnent en hausse modérée.  

Il faut donc chercher ailleurs les raisons de la baisse. Eric Zemmour est-il finalement le candidat d’un seul sujet, la perte d’identité de la France? Certains regretteront, en effet, que le candidat n’ait pas réussi à accoler son com au thème du “pouvoir d’achat”. D’autres regretteront – c’est mon cas – qu’il n’ait pas écouté les conseils de ceux qui lui conseillaient de parler dès la mi-juillet 2021 aux opposants au passe sanitaire. 

Il y a un peu de vrai dans toutes ces raisons. Mais ce n’est pas suffisant comme explication ! 

Je viens de l’écouter attentivement pendant le très beau discours qu’il a prononcé au Trocadéro. Il y était à son meilleur…sauf sur un point. Il y manque un personnage essentiel: le président sortant, Emmanuel Macron. 

Quand on observe bien on remarque qu’Eric Zemmour n’a pas assez développé ce qu’il avait amorcé lors de son meeting de Villepinte le 5 décembre 2021: se poser comme le premier opposant à Emmanuel Macron. Il n’est pas le seul candidat à avoir négligé le fait que rien ne pourrait se faire sans commencer par écarter le président sortant. 

Bien entendu, il reste deux semaines jusqu’au premier tour. Le candidat a marqué les esprits en se rendant hier sur la “colline du crack” à Paris, porte de la Villette. L’opinion lui donne raison, quoi qu’en disent les bien pensants sur la nécessité de la “remigration”. Et le meeting du Trocadéro a confirmé sa puissance de mobilisation. 

Et puis, n’oublions pas que les électeurs se décident souvent tard. La grande décision, en cette année 2022 sera: aller voter ou non? Actuellement les projections d’abstention sont à 30% au premier tour. (En 2017, la participation avait été de 77%). 

Mais Eric Zemmour s’est compliqué la tâche. S’il s’était imposé comme le seul adversaire cohérent d’Emmanuel Macron, il aurait, lors de sa percée, réussi à se hisser aux alentours de 18 au lieu de 15%. Et le recul actuel  aurait été plus maîtrisable. 

Il y avait, par exemple, beaucoup à critiquer chez Emmanuel Macron sur ses erreurs diplomatiques avant l’éclatement de la crise en Ukraine. Pourquoi ne pas l’avoir fait? Pourquoi avoir respecté la fausse “unanimité nationale” alors que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie? 

Mais on pourrait dire la même chose sur l’ensemble des sujets. Le candidat finit chacun de ses meetings en proposant à son public de s’identifier: au redressement, à l’amour de la patrie, à la réindustrialisation (C’est nous!….). Pourquoi ne pas faire dire à son public que  “le Grand Remplacement”, le “Grand Déclassement”, l’insécurité, ke déclin diplomatique etc…, “c’est lui!’. 

Quand Valérie présidente de région renie Pécresse ministre de l'enseignement supérieur

Valérie Pécresse  n’a pas voulu répondre à Marion Maréchal qui lui demandait de s’engager à ne jamais voter Emmanuel Macron.  Puis, dans le débat qu’elles ont eu au début de “Face à Baba”, la présidente de la région Ile-de-France n’a cessé de proclamer les vertus du “cordon sanitaire” chiraquien entre “droite” et “extrême droite”. Elle s’est même ridiculisée, il faut bien le dire, en appelant Marion Maréchal “Madame Le Pen”; puis elle s’est enfoncée en demandant à son interlocutrice si elle était plutôt “Le Pen” ou “Maréchal” désormais. 

Mais on aurait tort de ne pas prendre au sérieux la volonté forcenée, dans la galaxie LR, de maintenir coûte que coûte le mur conçu par François Mitterrand et construit consciencieusement par Jacques Chirac entre la droite patriote et la droite dite “de gouvernement”. 

Le lendemain du débat avec Marion Maréchal, on apprenait en effet que le Conseil Régional d’Ile-de-France avait refusé à l’Université du Saint-Esprit de Beyrouth(USEK) une subvention de 35 000 euros sous le prétexte que cette université a un partenariat avec l’ISSEP, l’école fondée par Marion Maréchal – et dont elle a abandonné la direction générale il y a quelques semaines pour apporter son soutien à Eric Zemmour. 

Le 15 juin 2009, j’avais rencontré Valérie Pécresse, qui avait besoin de renfort, à son cabinet, pour imaginer les moyens de contrer l’hostilité de beaucoup de départements de sciences humaines et sociales à l’égard de la réforme des universités. Ils voulaient encore moins de sa réforme d’autonomisation des universités que les autres départements universitaires.

Je lui avais proposé de mettre en avant la dépolitisation des universités. Là où règne la discussion scientifique et le débat philosophique, aucune influence politique ne devrait être admise. Enthousiaste, le Ministre m’avait demandé de travailler avec elle. 

Treize ans plus tard, tout cela semble bien oublié. Il suffit que des élus de gauche brandissent l’épouvantail à gogos de “l’extrême droite” pour que la majorité qui gouverne l’Ile-de-France se couche ? Et Madame Pécresse voudrait nous faire croire qu’elle mènerait une politique de droite?  

Au fait, une question, Madame Pécresse est à 30% dans les sondages pour se permettre de mépriser et maltraiter à ce point un électorat d’une droite qui n’est pas la sienne? 

Nicolas Sarkozy prévoit le Grand Remplacement de LR

L’information a filtré. Nicolas Sarkozy a déjeuné jeudi 24 mars avec Bruno Le Maire au ministère des Finances. Dans ce cas, on se demande toujours lequel des deux convives a laisser fuiter l’information. Lequel des deux avait le plus intérêt à ce qu’on raconte que l’ancien président et son ancien ministre auraient parlé élections législatives et possible ralliement de 60% des députés LR à un Emmanuel Macron réélu président? 

Le fait est là. Nicolas Sarkozy ne soutient pas Valérie Pécresse. Il ne joue pas non plus le rôle qu’il aurait dû jouer, celui de rassembleur des droites. Au contraire, il continue le mouvement qui a fini par annuler totalement sa magnifique campagne de 2007. Rappelons-nous, le candidat avait été largement élu en ayant rallié 800 000 électeurs du Front National. La suite était, politiquement parlant, de finir le mouvement pour mettre fin au chiraquisme: pratiquer “l’ouverture à droite”, débaucher des cadres du FN pour définitivement fixer ces électeurs et prendre les moyens d’une majorité solide et durable, qui rassemble toutes les droites. Au lieu de cela, l’ancien président fit l’ouverture à gauche, à la Giscard. On attendait le kärcher et on a eu Kouchner, selon la célèbre formule. lorsqu’il s’aperçut, durant la troisième année de son mandat qu’il fallait donner un coup de barre à droite sur l’immigration, le mal était fait. Maxime Tandonnet, conseiller du président, a raconté les retards pris par la politique de contrôle de l’immigration puis son échec. 

Au fond, on pourrait faire une théorie du “grand remplacement politique”. Vous vous faites élire à droite – et si possible bien à droite. Puis vous installez des gens de gauche dans votre gouvernement. Et à la fin c’est une politique de gauche qui s’est substituée à la politique de droite qu’attendaient vos électeurs. Giscard, Chirac, Sarkozy l’ont tous pratiqué. 

Nicolas Sarkozy a perdu le pouvoir à cause de cela en 2012 mais il n’a jamais voulu le comprendre. Et, aujourd’hui, il joue avec l’idée de soutenir Emmanuel Macron au lieu de soutenir son parti et d’amener Les Républicains à préparer un second tour où il y aurait besoin de voix du Rassemblement National et de Reconquête!   

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Les droites de Husson

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9 commentaires
  1. Bonsoir Mr Husson ! En lisant la conclusion de votre article j’en déduis une chose, vous n’avez pas compris que Sarkozy est un représentant de la caste, il n’a aucun intérêt à s’allier à d’autres candidats que ceux qui sont déjà bien intégré dans la caste bourgeoise mondialisée.
    Cdlt

  2. Je ne sais comment faire parvenir ce message au courrier des stratège que j’apprécie beaucoup par ailleurs:
    Bonjour, je suis abonné mais je ne peux plus accéder aux articles [payant]. Quand je fais le login, mail+mot de passe, je tombe sur une page message: “Il y a eu une erreur critique sur ce site. En apprendre plus sur le débogage de WordPress.” Puis le navigateur se plante sur tous les onglets ouverts.
    Le disfonctionnement a commencé pour moi le 20 mars. Merci de votre répons. Cdlt.

  3. Cher Monsieur Husson
    Sarkozy s’est réjouit dans un discours à l’Elysée de l’avènement du NOM. Zemmour a un boulevard avec le MacKinsey Gate, il n’en fait rien
    Rien ne sert de complexifier des choses simples. Il faut voir ce que l’on voit.

    1. Z utilisera sans doute cette ou ces informations dans les derniers jours de campagne de façon à ne pas se mettre à dos les juges “rouges” qui protègent la pensée complexe. Ce sera sans doute un coup de Jarnac à l’avantage des droites nationalistes et conservatrices et populistes. Voir le président de l’Europe, mis en examen par des juges non corrompus avant le 2ème tour, ce serait un peu la revange de Fillon.

      1. POur avoir diné hier soir avec un juge “rouge à la pensée complexe”, ayant travaillé sur des dossiers financiers, il est manifeste qu’il faut exploiter cette carte du MacKinsey gate. Ce juge- jusqu’ici très macro-compatible- était déçu de l’attitude du PNF et tout à fait scandalisé par le fait que le gouvernement délègue ses compétences à des cabinets privés.
        C’est maintenant qu’il faut pilonner pour être au second tour, après il sera trop tard. Mais Z veut-il être au second tour ?

  4. Bonjour,

    @ Boule:
    Je rencontre aussi parfois des problemes de connexion au CdS, avec le meme message d’erreur.
    Dans ce cas je supprime mon historique du navigateur, me connecte alors via mon VPN, puis me reconnecte au CdS et accede alors aux articles payants apres m’etre de nouveau identifie.
    Cordialement,

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