Crise de régime à J+4 : l’entrée en scène de Macron fait monter les paris

Après le très prévisible résultat des législatives donnant une simple majorité relative au Président, la crise de régime a commencé plus vite que prévu. Alors que Macron pouvait facilement anticiper ce résultat en demi-teinte, il semble sous le choc et improvise manifestement une riposte... qui risque de décomposer le régime beaucoup plus vite que nous le pensions. Personnellement, j'adore...

Dans un monde normal avec un Président de la République qui contrôle la situation et dirige raisonnablement le pays, la semaine ne se serait certainement pas déroulée comme elle s’est déroulée. 

Dès le lundi, peut-être à 20 heures, peut-être avant 20 heures, le Président aurait parlé au pays, après avoir accepté la démission de la Première Ministre. Il aurait dit aux Français ce qu’il pense du résultat, si attendu que nous l’avions annoncé dix jours avant, et il aurait pris une position claire. Soit il aurait demandé à Elisabeth Borne d’expédier les affaires courantes le temps de former un nouveau gouvernement, soit, comme en Belgique, il aurait nommé un “informateur” chargé d’explorer les possibilités d’une coalition pour gouverner. 

L’autoritarisme est consubstantiel à Macron

Mais ce scénario-là se déroulerait dans une démocratie normale. Emmanuel Macron n’appartient pas à ce monde-là. Il appartient à la caste mondialisée, comme Aymeric Caron de la France Insoumise d’ailleurs, ou comme Eric Zemmour, qui considère que le suffrage universel revient à faire voter des “cons”, des “abrutis” ou des “analphabètes”. 

Donc, le suffrage universel n’est audible que quand il vous donne raison. Il est disqualifié lorsqu’il vous donne tort. 

Ce blocage culturel, d’aucuns diront politique, exlique largement pourquoi Emmanuel Macron va, sans s’en rendre compte, aggraver et accélérer la crise de régime au lieu de la retarder. 

Le refus de reconnaître l’autre et sa liberté

De ce refus d’entendre ce que l’autre pense s’il ne pense pas comme vous (procédé largement promu par la propagande sur le vaccin dénonçant les “complotistes”), Macron n’a cessé de donner des démonstrations cette semaine. Jusqu’à ce mercredi soir, il s’est étonnamment tu, refusant la légitime démission de la Première Ministre. Puis il a reçu sans intention claire les leaders de sa toute nouvelle opposition. On ne sait si c’était pour les écouter ou les intimider.

Enfin, il a pris la parole à la télévision pour expliquer qu’il avait été élu sur un mandat clair (en l’espèce, la retraite à 65 ans et le rejet du RN), et que l’opposition devait désormais dire si elle se ralliait à lui ou pas. 

Bref, voilà un Président qui est tétanisé par des événements pourtant d’autant plus prévisibles qu’il n’a pas fait campagne… et qui demande désormais une allégeance à des groupes forts de leur légitimité populaire pour lui dire non. C’est comme si il n’avait absolument rien compris à la démocratie. 

Comme s’il était un enfant qui pigne pour avoir son jouet. 

Un dangereux calendrier pour les institutions

La logique institutionnelle aurait voulu qu’il laisse Elisabeth Borne gérer la crise puisqu’elle est, constitutionnellement, la cheffe de la majorité. Bousculant l’Etat de droit comme à son habitude, Macron gère la situation en direct, avec son habituelle incapacité à décider, privant Elisabeth Borne de la possibilité d’affirmer son autorité, et subordonnant l’ensemble du débat public à ses caprices d’enfant. 

Petit problème : Macron se prive ainsi d’un coupe-circuit, puisque, une fois de plus, il se place au premier rang de la salle pour gérer un scénario qui lui échappe. 

Deuxième autre petit problème : Macron n’aura pas le temps de s’occuper de la politique intérieure, y compris de ce problème accessoire qui consiste à disposer d’un gouvernement. Il doit en effet empiler un sommet de l’Union, puis un G7, puis une réunion de l’OTAN. Bref, nous sommes trop petits pour lui, et le règlement des affaires attendra au mieux la semaine prochaine.

Pendant ce temps-là… le siège de Président est vacant. 

La porte est ouverte à toutes les révolutions, du fait de l’incurie présidentielle. On mesure ici le risque de Macron prend en ne déléguant pas la gestion des affaires qu’il n’est plus en mesure de suivre…

Une crise de régime accélérée

Bref, Macron le brillant, Macron le génie, est visiblement cornérisé lorsqu’il s’agit de gérer une crise où le peuple lui dit son désamour sans échappatoire et sans manipulation possible. Comme un enfant boudeur qui retient sa respiration jusqu’à ce que ses parents cèdent, il expose tout un pays à une crise de régime accélérée. 

La France, en 2017, a cru se sauver avec un Jupiter. Las ! c’était un imposteur, et le pays est désormais aux abois. 

Rien n’exclut que la mort de la Vè République ne survienne beaucoup plus vite qu’on ne le pense faute d’un Président à la hauteur des enjeux. 

Rejoignez la sécession !

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Encore + de confidentiels et d'impertinence ?

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8 commentaires
  1. Ou avez vous trouvé que “Eric Zemmour… considère que le suffrage universel revient à faire voter des “cons”, des “abrutis” ou des “analphabètes”?
    Le propos est plutôt outrancier…Je n’ai pas ce souvenir des mots de Zemmour…
    Instruisez moi, j’ai peut être raté quelque chose…
    Cordialement

    1. Comme vous j’ai halluciné à la lecture de ces propos délirants… EV aurait peut-être pu écouter Eric Zemmour hier soit sur CNews soit sur Paris Première, ça lui aurait évité d’écrire n’importe quoi aujourd’hui …

    2. pendant la campagne présidentielle il lui a en effet été reproché d’avoir tenu ces propos dans une émission de télé il y a quelques années, où il expliquait pourquoi la démocratie fonctionnait mal. pendant la campagne on a rapproché ces propos de ceux de macron sur les analphabètes. je n’ai jamais vu l’émission en question, mais j’ai vu zemmour pendant la campagne s’expliquer sur ces propos anciens. personnellement ça ne m’étonne pas de zemmour, il a toujours pris marine le pen et son électorat populaire de haut… Son attitude ressemble beaucoup à celle des “philosophes des lumières” voulant éclairer le peuple et croyant bien plus à une aristocratie dirigeant le peuple qu’à une démocratie à la Rousseau (que Voltaire a assez moqué sur ce point d’ailleurs…)

    3. Je partage votre point de vue. J’aimerai savoir à quel moment Zemmour a dit cela, et par quel média Eric a eu ce genre d’info. Ce n’est pas du tout le style d’Eric Zemmour. Mais j’avais bien compris que Eric n’était pas un fan de Zemmour.

  2. et bien que cette “crise de régime” lui explose à la gueule à ce mini micron satanique ! si seulement il pouvait en crever de cette crise, ça nous éviterait peut être une réelle 3ème guerre mondiale…..
    s’il était remplacé par un homme avec une cervelle qui rectifierait le tire avec les russes, ça nous arrangerait….
    que cette crise de régime nous soit bénéfique à tous…
    et que DIEU LE PERE nous entende dans nos prières et nos supplications :
    DEHORS MACRON

  3. Je trouve qu’on en fait beaucoup sur la crise de régime, 🙄🙄 comme si le régime ou le président cabotin étaient le sujet. Non le fond du sujet est économique. On y sera au milieu de l’été, en octobre au plus tard, au moment où la stagflation sera installée par, au choix, un krach violent ou rampant de type Ursus Magnus; i.e. bear market durable à –50 des plus hauts. On s’en reparle à ce moment là.

  4. La démocratie est un régime transitoire, qui va inéluctablement vers la décadence.

    On assiste à sa fin en Occident. Cela peut prendre encore un moment.

    Ce qui va la remplacer peut être mieux ou pire.

    Ce qui importe, c’est un état de droit robuste, qui garantie des droits essentiels à tout homme.

    Il va falloir être pragmatique.

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