[PAYANT] Les 5 points essentiels pour convaincre votre femme de déménager en province

Tout le monde a bien compris que les grandes villes, et en particulier Paris, se trouvaient désormais en situation d'exposition maximale aux risques en tous genres : pénuries, guerre civile, guerre nucléaire, confinement massif et invivable. Mais où partir ? Choisir une destination refuge pose des problèmes psychologiques, à commencer par celui de convaincre l'autre membre du couple (statistiquement, l'épouse...) de lacher la proie pour l'ombre. Nous vous pointons ici les 5 critères qui vont faire toute la différence.

Je vais faire preuve de machisme aujourd’hui en partant du principe que la majorité des blocages pour réaliser son exode urbain et quitter les grandes villes, à commencer Paris, vient de la difficulté… à convaincre sa femme de lâcher la proie pour l’ombre. 

Les difficultés rhétoriques, psychiques et morales sont bien connues : il faut rassurer sur le fait qu’une aventure qui n’est pas entièrement sous contrôle n’est pas forcément la chronique d’un naufrage annoncé, que l’on peut vivre heureux en dehors de sa zone de confort, et que le pire n’est jamais sûr. Je sais que ces arguments ressemblent par avance à un morceau de bravoure, mais… il est possible de convaincre, à condition de ne pas se focaliser sur les arguments rationnels (et bim, nouvelle attaque machiste). 

Oubliez (en apparence) la question du prix au mètre carré

Pour information, je vous propose ci-dessus la carte du prix de l’immobilier au mètre carré en France, que vous avez forcément en tête si vous nourrissez un projet d’exode urbain. Pas de chance pour vous, si vous vouliez faire rêver votre femme en lui annonçant qu’elle allait s’installer sur la plage de ses rêves… dès que vous passez le Cotentin, vous dépassez aussi le prix moyen du mètre carré. 

Pour être clair, si vous voulez tomber sous les 1.500€ du mètre carré, parce que vous voulez vous payer un 200 mètres carrés pour 300.000€, vous allez devoir plaider pour une installation dans les Ardennes, en Haute-Marne ou dans le Cantal, ce qui ne va guère vous faciliter la tâche. Pour Saint-Tropez, va falloir trouver de bons arguments pour expliquer que vous vous entassez à 4 dans un studio…

Je vous conseille donc de ne pas parler du prix du mètre carré en famille, et d’appliquer un grand principe machiavélique : y penser toujours, n’en parler jamais. 

Annoncez-lui plutôt qu’il y a un Monoprix à côté de la mairie

Je vous donne donc un premier conseil pour aborder le sujet au calme, et en retardant le plus possible le moment de la crise existentielle et conjugale. Faites votre analyse du marché immobilier, et repérer les villes moyennes dotées d’un Monoprix (je vous en ferai la liste cette semaine). 

Pourquoi un Monoprix ? parce qu’il est l’indicateur social, sociologique, économique, que votre femme comprend immédiatement et intuitivement. Il y a les villes avec un Monoprix (c’est-à-dire avec un standing suffisant pour que l’enseigne s’y installe) et les villes sans Monoprix (c’est-à-dire celle où votre femme ne pourra pas se rendre le samedi à 18 heures pour acheter des bas ou un antiseptique en urgence après une piqûre de guêpe. Monoprix, c’est un peu la mode parisienne basique qui s’exporte, une sorte de fil consumériste qui ramène à Paris. 

Donc, si vous avez épousé une Parisienne dans l’âme, rentrez triomphal, l’air dégagé, à la maison, en clamant à la cantonade : “Moi, mon rêve, ce serait de déménager dans un superbe six pièces au calme en province,  mais à côté d’un Monoprix pour tout avoir sous la main”. Et vérifiez l’effet produit…

La facilité d’accès, un élément indispensable

Outre le Monoprix, un autre argument doit vous guide : la facilité d’accès, surtout si votre femme est bien décidée à garder son emploi durement décroché dans l’état-major d’une grande entreprise internationale installée à la Défense. Il faut donc que vous lui vendiez la facilité qu’elle aura à se rendre “au siège” deux ou trois jours par semaine, pendant qu’elle effectuera le reste en télétravail. 

Ainsi, ne lui expliquez pas qu’elle pourrait démissionner pour aller garder des chèvres ou élever des cochons dans le Larzac, déclamez plutôt (puisque vous avez compris que vous “ferez votre vente” en rentrant du travail quand elle a encore l’esprit disponible et pas trop chagrin) : “Mon rêve est d’habiter en province à côté d’un Monoprix dans un très bel appartement non loin d’une gare SNCF à moins de deux heures de Paris”. Certes, c’est encore un morceau de bravoure, mais là aussi, vérifiez l’effet sur son visage. 

Dans la pratique, il faut que vous puissez prouver que la gare SNCF qui dessert la ville où va se dérouler votre nouvelle vie est effectivement desservie au moins une fois par jour par un train de voyageurs, et de préférence qui a des retards inférieurs à une heure pendant plus de 50% de l’année. 

Je sais, là, je place la barre très haut. Mais ça se trouve encore. 

Si, en plus, cette ville inestimable est desservie par la route et se trouve à moins d’une heure d’une plage de sable baignée d’une eau de plus de dix degrés, ne boudez pas votre plaisir. 

Faites-lui le coup du jardin en hyper centre ville

Si, à ce stade, votre épouse n’a pas demandé le divorce, vous avez encore une chance de la convaincre d’avancer. Donc, je serais vous, j’aurais prévu d’avance le moment où il faut ajouter : “J’ai même repéré une baraque de caractère avec quatre chambres et un jardin à deux pas de l’hôtel de ville”. Alors là, si vous avez l’argument dans la manche, vous risquez même de devenir le roi du pétrole. 

Car votre femme imaginera jusque-là que vous êtes en train de lui vendre un déménagement au Havre, près d’Edouard Philippe ou pire, à Creil, près de l’usine Montataire. Si vous expliquez que vous avez (très rapidement bien sûr, par simple curiosité) jeté un oeil sur les possibilités et qu’il y a une vraie maison de poupée à acheter (on ne s’occupe pas du prix, officiellement) avec un jardin juste ce qu’il faut pour ne pas s’épuiser à tondre, les enfants seront heureux, et la maison a vraiment du caractère dans un quartier historique bien conservé, là, vous serez lavé de tout soupçon. 

Je vous donnerai cette semaine la liste de quelques villes moyennes à deux heures de Paris où ce genre d’affaires est possible. 

D’ici là, n’attaquez pas l’Himalaya par la face Nord. Prenez la pointe la moins abrupte : faites rêver votre femme d’une vie meilleure, et gardez les arguments financiers pour la fin. 

Il y a même un théâtre municipal où se produit Francis Cabrel

Une fois le premier émerveillement passé, votre femme va essayer de se projeter dans sa nouvelle vie, pour se rassurer, en se demandant ce qu’elle va gagner et ce qu’elle va perdre. Evidemment, la perte, dans son esprit, c’est la culture. Fini, le cinoche du dimanche soir, la pièce de boulevard avec des vedettes et les plans de pseudo-intellos qui veulent sauver la planète. 

Il faut donc lui offrir une compensation. 

Je vous conseille donc d’identifier la scène la plus proche du lieu que vous avez repéré, et de vous plonger dans la programmation de la scène en question depuis 2019 (aant le COVID). Faites la liste des événements les plus marquants, par exemple le concert de Francis Cabrel qui ne la fera peut-être pas rêver, mais qui lui garantira qu’elle échappera au récital de la kermesse municipale qui tourne en boucle depuis 10 ans. 

L’équipement public : l’estocade

Si vous parvenez à ce stade de la conversation, c’est que vous avez marqué de nombreux points qui seront à mettre à votre crédit. Mais il vous appartient maintenant de répondre aux questions diffuses qui vont prouver que votre femme se pose sérieusement la question de son exode urbain. 

Pêle-mêle, je vous les résume : et si le grand se casse une jambe dans un combat de judo, y aura-t-il un hôpital de proximité ? et si je fais du télétravail, y aura-t-il la fibre ? et si notre petite dernière est une enfant gâtée, y aura-t-il une fac à proximité ? quel est le niveau des collèges locaux ?

Si vous en êtes là, c’est vraiment bon signe. Vous ne pourrez pas répondre à tout. Proposez à votre femme d’approfondir ensemble. En revanche, si vous avez de premiers tuyaux (du genre : c’est une sous-préfecture de deuxième catégorie, l’hôpital régional à un excellent service de gynécologie, et autres), ne vous en privez surtout pas. 

Toute personne exposée au risque de la nouveauté a besoin d’être rassurée, et plus vous aurez d’arguments montrant que vous avez anticipé les difficultés, mieux ce sera. 

Sur tous ces points, ne manquez pas notre article de la semaine vous proposant quelques destinations à deux heures de Paris qui pourraient convaincre tout le monde dans votre entourage. 

Encore + de confidentiels et d'impertinence ?

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5 commentaires
  1. Très intéressante carte que vous pourriez accoler à la carte des députés élus RN. Il y aurait des éléments de différence et de convergence. J’espère que vous n’oubliez pas le micro-marché de l’immobilier parisien et ses potentielles plus-values à long terme : du béton en or. Un investisseur russe désabusé connaît le nom de Paris mais pas celui de Vesoul, ville valorisée par Brel et restée dans l’ombre.

  2. Très drôle et parfaitement opérationnel. Ça marchera quelque soit la métropole en question. J’ajouterai quand même un repoussoir. Celui des villes universitaires islamogôchisses comme Nantes, Rennes, Lille, Grenoble, Montpellier, Toulouse… à éviter comme au jeu du démineur.

  3. Trop
    drôle ! Mais l’immobilier risque-t-il sérieusement de s’effondrer à Paris ? Une italienne qui a eu des apparitions de la Vièrge, a dit que la Russie allait déferler sur l’Europe… Qu’en pensez-vous ? Cette italienne se faisait d’ailleurs traiter de complotiste dans les colonnes de La Croix ! 🤭.

  4. C’est très dur la province, la campagne. La solitude, d’un coup. On se retrouve au cul du loup. L’homme moderne n’est pas fait forcément pour ça. Ou alors il faut beaucoup d’amis , des projets, et être un excellent bricoleur, voire ingénieur

  5. Bonsoir,
    Vous auriez quelques conseils à me donner parce que chez nous c’est mon mari qui ne veut pas partir. J’essaie de le décider depuis plusieurs mois. J’ai besoin d’aide.
    Merci.

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