De l’effondrement allemand et des conséquences à en tirer pour la France – par Edouard Husson

Un gamin qui vous indique les parties du corps à laver lors de douches économiques. Voilà à quoi ressemble la propagande officielle du gouvernement et des médias au service de l'establishment transatlantique en Allemagne! C'est l'un des symptômes les plus évidents de l'effondrement allemand. Comme toujours dans l'histoire allemande, l'effondrement est spirituel et moral avant d'être matériel. L'effondrement économique va suivre. Mais autant le dire tout de suite à nos amis allemands: d'une Union Européenne guidée par une Allemagne tombée à un tel niveau de décivilisation nous ne voulons plus. Pour nous l'Europe était jusqu'à récemment la plus grande culture de l'histoire, berceau des libertés personnelles et de la justice universelle. Pour nous, la France doit, comme le disait fièrement Clemenceau le 11 novembre 1918, reprendre "sa place dans le monde pour poursuivre sa course magnifique dans l'infini du progrès humain, autrefois soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité, toujours soldat de l'idéal."

C’est d’une bêtise confondante. L’Allemagne fait la guerre à la Russie avec ses petits poings. L’affiche reproduite ci-dessus est intitulée: “Ne lavez que ces quatre parties du corps si vous voulez mettre Poutine en colère. L’eau aussi doit être économisée pour la liberté”. 

L’arme miracle – je n’ose pas dire le terme allemand, la “Wunderwaffe”, on croirait que j’ai mauvais esprit puisque c’est ainsi que les nazis appelaient les V1 et les V2 qui devaient renverser le cours de la guerre – c’est donc la douche ciblée: aisselles, aine (quelle pudeur! mais au moins on nous évite la Freie Körperkuktur, le nudisme, cette invention allemande – il vaut mieux au moment où les photos trouvées sur les disques durs de Hunter Biden circulent), raie des fesses et pieds! 

Robert Habeck est un adepte de ces douches  à l’économie, dont il est ministre. 

Pendant des décennies, la bourgeoisie française nous a cassé les oreilles avec le “modèle allemand”. Pour finir devant une affiche qui n’a même pas la drôlerie de la Guerre des boutons

Göttingen, c'est fini!

Nous avons grandi dans le respect de la réconciliation franco-allemande.  C’était Schuman et Jean Monnet; surtout, c’était Pie XII et le Général de Gaulle qui l’avaient voulue. Il y avait tous ces jumelages, l’Office Franco-allemand de la jeunesse et puis, la voix fragile et soyeuse de Barbara, qui chantait “Göttingen“. 

Tout cela, c’est le mythe du “couple franco-allemand” répété à satiété. Au point d’en devenir ridicule. 

Après le sale coup (manigancé par Jean Monnet) du préambule au Traité de l’Elysée mentionnant la priorité absolue de l’OTAN sur toute autre alliance de l’Allemagne, de Gaulle en avait tiré les conclusions qui s’imposaient: les Allemands de l’ouest ne pouvaient pas être ces alliés privilégiés qu’il avait un temps espérés.

Et pourtant, à l’exception de Georges Pompidou, les successeurs du Général sont régulièrement tombés dans le sentimentalisme larmoyant. On nous a servi le “couple franco-allemand” jusqu’à l’écœurement. Rien n’a pu ramener la lucidité de nos dirigeants: ni le revanchisme monétaire de Franz Josef Strauss en 1968, refusant de soutenir le franc secoué par le carnaval parisien du mois de mai; ni la brutalité d’Helmut Kohl poussant la réunification sans consultation préalable avec François Mitterrand; ou bâclant la reconnaissance de l’indépendance de la Croatie contre les conseils de prudence du Président français de l’époque. Ai-je besoin de mentionner les années Merkel et la série d’affronts infligés par Angela Merkel aux quatre présidents qu’elle a connus: 

+ la baisse de la TVA non concertée avec Jacques Chirac. 

+le refus de l’Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy. 

+ la sortie allemande unilatérale du nucléaire civil en 2011

+ le rôle actif dans la déstabilisation de l’Ukraine et le sabotage de fait des accords de Minsk mis en place sous initiative franco-russe.

+ la décision unilatérale d’ouvrir les frontières aux migrants en septembre 2015 

+ le refus du budget de la zone euro à Emmanuel Macron. 

Bien entendu, les présidents français ont été faibles face à l’Allemagne, depuis Mitterrand. 

Et puis il y a eu la paresse de la bourgeoisie française chantant les louanges des Allemands qui ne faisaient pas la grève, qui géraient bien leur monnaie, qui fabriquaient de meilleures voitures etc… C’est tellement confortable de se comporter en rentier de la mondialisation, d’acheter la paix sociale en laissant filer le déficit public à l’abri des taux d’intérêt allemands. Tout en n’arrêtant pas de maugréer contre la France. 

On raconte qu’à l’Elysée, du temps de François Hollande, la question récurrente des réunions était “Qu’en pense l’Allemagne?”. C’est digne du “Et Tartuffe? ” d’Orgon, dans la comédie de Molière, qui ne veut rien entendre des soucis de sa famille et ne se préoccupe que des humeurs du pique-assiette (qui cherche à le cocufier et à voler l’héritage des enfants d’Orgon). 

A force de nous demander ce que pensait l’Allemagne, nous ne nous sommes plus demandés, si elle pensait, tout simplement. 

Qui avait raison sur les mauvaises intentions monétaires des Américains, dans les années 1960: Les Allemands ou bien Jacques Rueff, conseiller du Général de Gaulle, qu’à la Bundesbank on traitait de “fondamentaliste”? 

Qui avait vu juste sur la Yougoslavie: Helmut Kohl, qui précipita l’éclatement du pays et porte une lourde responsabilité dans le bain de sang qui a suivi ou François Mitterrand, qui recommandait de ne pas reconnaître la Croatie tant que les droits des Serbes de la Krajina (finalement victimes d’un nettoyage ethnique en 1995) n’auraient pas été reconnus? 

Les Français n’auraient-ils pas le droit d’éprouver une certaine “Schadenfreude” (terme allemand qui désigne spécifiquement la joie éprouvée devant le malheur des autres) à voir l’Allemagne victime de son arrogance sur la question du nucléaire civil. Ah, vous n’en aviez pas besoin? Et vous voilà à devoir non seulement polluer la planète avec vos centrales à charbon mais surtout devoir choisir entre geler de froid l’hiver prochain et faire la paix avec la Russie. 

L'Europe, ce n'est pas cela, Olaf!

Tu paies pour le manque d’anticipation de tes prédécesseurs à la Chancellerie (sauf Schröder), cher Olaf. Mais qu’est-ce qui t’empêche d’être courageux? L’épée de Damoclès des possibles scandales financiers que tu n’arrives pas à étouffer et que les dirigeants américains, avec leur respect des alliés, bien connu, agitent peut-être contre toi dans les coulisses?

Cela explique-t-il tout? Ne paies-tu pas aussi pour cette surestimation de vous-mêmes (Selbstüberschätzung) qui vous caractérise alors que par bien des aspects vous autres Allemands êtes des Européens ordinaires, très ordinaires, même? 

Vous avez rétabli la discipline budgétaire, en Grèce, mais à quel coût humain? Vous en avez fait à votre tête en Ukraine, au côté des Américains, depuis la révolution orange de 2004, mais assumez-vous le désastre? Vous auriez pu retenir la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne mais vous avez été sourds à tous les signaux faibles – puis de plus en plus forts – qui étaient émis à Londres depuis le Traité de Lisbonne (2008) ? Vous avez étalé votre bien-pensance humanitaire en accueillant sans contrôle des centaines de milliers de migrants à l’automne 2015 mais du coup des dizaines de mes compatriotes sont morts  au Bataclan sous les balles de terroristes  qui s’étaient dissimulés dans la masse des migrants passants par l’Allemagne. 

Mais peut-être le pire de tout cher Olaf, est-il la vulgarité et la médiocrité de vos affiches de propagande pour se doucher a minima. Je sais bien que la “civilisation des mœurs” dont parle Norbert Elias ne s’est pas arrêtée durablement chez vous: la société de cour, c’était plutôt Vienne, Florence, Rome, Naples, Madrid, Paris, Londres…et saint-Pétersbourg. La cour de Frédéric II de Prusse relevait plutôt du corps de garde. Vous en avez gardé ce style direct dans les négociations, ce manque de courtoisie, cette capacité aussi à parler de votre anatomie sans pudeur,  qui surprennent toujours celui qui découvre l’Allemagne. Je sais bien aussi que dans l’américanisation du monde, cela se remarque de moins en moins. Mais une affiche comme celle de “Toto à la douche”, ça reste tout de même incongru. 

Et puis enfin, Olaf, vous prétendez vraiment faire de la grande politique face à Poutine, être les héritiers de Bismarck avec de telles niaiseries? 

En tout cas, laisse-moi te dire, Olaf, que l’Europe ce n’est pas cela. L’Europe c’est une culture qui a donné les cathédrales, la peinture de la Renaissance, la musique classique, une littérature qui s’exprime dans des langues diversifiées – y compris le russe; l’Europe ce sont les révolutions scientifiques et industrielles, l’exploration de toute la planète et l’invention des droits de la personne. 

A tout cela  vous avez participé, plus qu’à votre tour, vous autres Allemands. Jusqu’à récemment. Et votre histoire révèle un secret de l’Europe, presqu’à votre insu. Les grandes révolutions matérielles se sont enracinées dans un solide sens spirituel, éthique. Les grands siècles allemands, comme le XIXè siècle, sont le fruit de jaillissements spirituels, artistiques, éthiques préalables. Il n’y a pas de Bismarck sans Goethe avant lui. Et Peter Watson a décrit ce squ’il appelle le génie allemand (The German Genius) au XIXè siècle, qu’il qualifie de “troisième renaissance”. Pas d’épanouissement des ouvriers allemands à la fin du XIXè siècle, sans la pensée sociale de Monseigneur von Ketteler.  Mais l’inverse est vrai aussi: vos plus grands malheurs sont venus d’un effondrement culturel et moral. Peut-on imaginer Hitler sans les éructations antisémites de Wagner, cet artiste dévoyé, et sans le cynisme d’un Heidegger encourageant en sous-main la nazification de l’université allemande? 

Dans le cas qui nous occupe,celui de la “douche à Toto”, on n’aura pas le retour des Walkyries ni le culte de Siegfried. Non, c’est plutôt le degré zéro de la culture, de la pensée. Le gâtisme, peut-être, d’une société vieillissante. Mais, face à Poutine, à Xi Jinping, à Erdogan; face face aussi aux défis du transhumanisme, cet individualisme exacerbé et nazifiant, la question de savoir si Toto se lave bien les fesses ne va pas vraiment nous aider. 

Vous payez, d’une autre manière que nous, mais non moins profondément, pour l’effondrement du christianisme – pensons au rejet par les évêques allemands de l’occasion historique que fournissait l’accession du Cardinal Ratzinger au trône de Pierre; pour votre réel déclin éducatif; pour votre incapacité à retrouver, après 1990, une souveraineté complète (maintien des bases américaines); pour la financiarisation exagérée de l’économie. 

Voilà pourquoi, cher Olaf, tu dois comprendre que nous autres Français, nous allons bientôt reprendre notre liberté. Et te laisser avec Toto, Robert, Analena, Uschi (comme tu appelles Ursula, la fille qui griffe et qui te tirerait les cheveux si tu en avais encore) et le reste du Kindergarten, dans votre bac à sable. 

Nous non plus, cela ne va pas très fort. Nos dirigeants sont soit veules soit corrompus et ont eu le cerveau lavé par le régressisme individualiste. Notre industrie est en lambeaux; notre Ecole est au fond du trou; le chômage réel est tu par les statistiques officielles; nos évêques sont, sauf exception, ce qu’un de tes compatriotes, Drewermann, appelait “des fonctionnaires de Dieu”; notre capacité d’assimilation et notre idéal républicains sont piétinés.  Mais il nous reste suffisamment de lucidité; une partie de notre jeunesse est suffisamment patriote pour que nous nous rappelions avec émotion les mots de Clemenceau le 11 novembre 1918, qui affirmait que “la France retrouverait sa place dans le monde pour poursuivre sa course magnifique dans l’infini du progrès humain, autrefois soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, toujours soldat de l’idéal”. 

Depuis des décennies, le Spiegel et d’autres de vos médias se sont gaussés du patriotisme du Général de Gaulle et de ce qu’ils appellent – d’une expression jamais utilisée par les Français – “la grande nation”. Je ne sais pas si nous redeviendrons grands un jour. Mais libres nous en avons bien l’intention, cher Olaf. Et l’affiche de la “douche à Toto” nous incite à accélérer notre libération. 

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43 commentaires
    1. Edouard Husson découvre l’eau chaude après 20 ans de “Oui mais non, l’Allemagne est formidable!”
      Mieux vaut tard que jamais pour changer d’avis…
      Les français germanophiles sont tous les mêmes : ils veulent se réconcilier avec ce “grand” pays qui à fait 90 000 000 de morts.
      Les boches sont un puits d’emmerdement depuis Bismarck au moins !.
      Il est vraiment très tard pour la petite bourgeoisie intellectuelle qui n’a rien fait pendant plus de 20 ans de dire :
      “Ho, mon Dieu ! Les fritz sont dingues

      Comment sucer à tous les étages quand le vent tourne?

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      1. Zut !

        L’Union Européen sanctifié par le menu fretin libérale conservateur comme Bonnal, Husson ou Verhaegh et bien d’autres pendant 2 décennies , viennent de se souvenir…. que mince, depuis quelques années ça ne fonctionne plus !
        OH L’Europe est en panne, je ne peux plus faire de pognon. Faut retourner a des vieux truc nul ! La France ça peut encore marcher car l’Allemagne ça a l’air has been.
        Les libéraux de gauche son a deux doigts de penser comme nous !

        Et si on sucé maintenant la Russie?
        Y a du pognon a ce faire !

        Pendants 3 décennies la droite dite nationale (de mon cul) a trouver ce modèle de libre échangisme libertariens lobbyen européen merveilleux

        30 ans après Maastricht, la “droite radicale ” commence un peut chouiner !
        Il faudrait peut de chose pour les rendre Marxiste si le Présidant POUTINE leur demandé !

  1. Excellent article
    Poutine, Lavrov & Co doivent être morts de rire devant l’affiche !!
    Par ailleurs : combien de millions d’euro coûtent cette campagne sur la douche ? Pour avoir étudié et travaillé en Allemagne, j’en avais retenu un pays avec de bons ingénieurs factuels. C’est fini ! Prendre des douches minimalistes permet de diminuer la consommation de gaz à partir de la …. 3ème décimale.
    C’est ma grand-mère maternelle, – 19 ans en 1940 lorsque la Moselle est réannexée -, qui résumerait le mieux la situation. Parlant sans accent le Français et l’Allemand, elle m’avait lancé quand j’étais gamin : “Deutschland ist eine Mischung von Hass und Fascinierung ! / L’Allemagne est un mélange de haîne et de fascination !”.

  2. Oui, Monsieur Husson, le Kaiser est nu, lui aussi ! Ça méritait d’être souligné… Et ce ne sera pas comme en 1945, où Américains et Britanniques se sont précipités dans la Ruhr pour faire redémarrer l’industrie lourde allemande* : ils n’en ont plus les moyens…

    * voir Georges Starr (agent du SOE britannique), affecté au commandement d’un bataillon de la Résistance dans le Sud-Ouest en 44, contre la Das Reich,… et réaffecté à l’industrie minière allemande en 1945, sans transition !…

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  3. très bon article que j’ai bien apprécié
    V. POUTINE doit être mort de rire
    le pire c’est que macron et son sinistre lemaire pourraient bien à eux deux nous balancer une loi qui rendrait OBLIGATOIRE ce format de douche…
    quelques chose me dit que ns n’en sommes pas loin…. connaissant les deux lascards

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  4. Cet article traduit parfaitement ce que je pense moi même. Merci pour cet article excellent.
    Il faut dire que la France est un pays millénaire, avec ses éclipse ses drames et ses fautes. Mais je suis confiant. Avec une telle histoire, elle ne peut qu’aspirer à renaitre. Dans la douleur sans aucun doute après cette catastrophique UE. Oui nous aspirons nombreux à cette renaissance, voire à cette résurrection de notre âme française si chargée de culture…

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  5. Il ne faut pas oublier que c’est à cause des décisions de ces guignols qui nous gouvernent que nous en sommes arrivés là. Se priver de douche pour pouvoir continuer à sanctionner la russie !. C’est d’un ridicule !. Les états unis ont déclenché des dizaines de guerre dans leur histoire et n’ont jamais été sanctionnés de cette façon. C’est maintenant l’OTAN qui nous dit ce qui est bien et ce que nous devons faire. A croire que nos politiques n’ont plus de cerveau pour penser.

  6. Le schadenfreude c’est bien beau mais la France est elle-meme desinsutrialisée, fabrique les genies bac-5 de l’education nationale ou les importe, ne possede pas d’energie fossile sur son sol. Sa richesse est bien sur ses brillants technocrates et enarques comme Mr Lemaire.
    Par ailleurs la France importe aussi du gaz et diesel russe meme si pas beaucoup

  7. On pourrait faire autant de reproches à la France, qui s’est infligée son propre déclin — assez impressionnant et sur tous les niveaux — toute seule (voulez-vous que je vous rappelle de quelques belles affiches collées par votre gouvernement, des beaux reflets des « valeurs de la république » ??)
    Les ennemis communs des allemands et des français éveillés sont les « élites » mondialistes. Mais nous pouvons, bien sûr, aussi nous focaliser sur l’égo blessé de certains français et nous déchirer entre nous. Cela plaira bien à Manu & Klaus

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    1. Absolument Willi, les dirigeants français depuis 40 ans ont fait pire que les allemands. Du moins jusqu’à Mutti merkel et ses délires progressistes. C’est l’époque qui veut ça et nous amorçons notre descente.

  8. Merci pour votre article. Derrière les dirigeants, il y a aussi des gens qui se battent pour sortir de cette impasse créée par le clan de Davos. Je pense notamment à Christine Anderson mais il y en a d’autres.

  9. Moui. Pas convaincu. En quoi Olaf Scholz est il responsable du parcours lamentable des classes dirigeantes françaises depuis 40 ans? En rien. La classe dirigeante allemande rectifiera d’elle même sa trajectoire, selon ses intérêts. Comme dhab nous suivrons comme des toutous car nous n’avons plus d’intérêts, plus de socle, plus rien. Nous voilà bons derniers à pouvoir vendre des leçons de maintien. Cette tirade à la bruno le maire, un peu forcée —ridicule?— ne nous ramènera pas 40 ans en arrière. Le fiasco c’est bruno.

  10. Très peu de gens savent aujourd’hui qu’entre 1934 et 1961, l’historien britannique Arnold Toynbee a écrit A Study of History décrivant l’ascension et la chute des 23 civilisations qu’il avait identifiées dans l’histoire humaine. Contrairement à Oswald Spengler, qui pensait que l’ascension et la chute des civilisations étaient inévitables, Toynbee a soutenu que le sort des civilisations est déterminé par leur réponse aux défis auxquels elles sont confrontées. En fait, le thème unificateur tout au long du livre est le défi et la réponse.

    L’une des découvertes révolutionnaires de Toynbee est le fait qu’il y a eu tant de civilisations hautement développées. Naturellement, en Occident, nos leçons d’histoire se concentrent sur notre propre civilisation avec ses racines dans les cultures grecque et romaine, mais en plus il y a eu des civilisations chinoise, indienne, maya, islamique, sumérienne et orthodoxe, pour n’en citer que quelques-unes.

    Selon Toynbee, les civilisations commencent à décliner lorsqu’elles perdent leur fibre morale et que l’élite culturelle devient parasitaire, exploitant les masses et créant un prolétariat interne et externe. Il a été critiqué pour avoir exagéré le rôle des systèmes de valeurs religieuses et culturelles tout en sous-estimant l’importance des facteurs économiques dans la formation des civilisations. Il semble qu’avec l’âge, Toynbee est devenu encore plus convaincu de l’importance de la dimension spirituelle.

    Tout au long de son épopée en 12 volumes, Toynbee décrit comment les civilisations se développent en réponse à des défis environnementaux d’une difficulté particulière. Les défis ne doivent être ni trop sévères pour étouffer le progrès, ni trop favorables pour inhiber la créativité. De tels défis trouvent une réponse parmi la minorité créative qui assure le leadership d’une majorité passive.

    Toynbee a découvert à travers son étude que la minorité créative avait tendance à être généralement d’inspiration mystique. En outre, il a souligné que l’effondrement des civilisations résulte de la commission inévitable des péchés d’arrogance, d’orgueil, de fierté excessive et de confiance en soi, qui se manifestent par des choses telles que le nationalisme, le militarisme et la tyrannie d’une minorité dominante. Cet effondrement moral apporte avec lui sa propre justice rétributive (némésis). Les créatifs devenus réactionnaires ne constituent plus une « élite créative minoritaire » mais simplement une « élite dominante minoritaire ».

    « Nous ne sommes pas condamnés à faire que l’histoire se répète ; il nous est loisible, par nos propres efforts, de donner à l’histoire, dans notre cas, un tournant nouveau et sans précédent. En tant qu’êtres humains, nous sommes dotés de cette liberté de choix, et nous ne pouvons pas rejeter notre responsabilité sur les épaules de Dieu ou de la nature. Nous devons l’assumer nous-mêmes. C’est à nous, c’est à nous de répondre avec créativité aux défis de notre temps.

    Essentiellement, Toynbee propose que lorsqu’une civilisation répond avec succès aux défis, elle se développe. Lorsqu’il ne parvient pas à répondre à un défi, il entre dans sa période de déclin. Toynbee a soutenu que “les civilisations meurent par suicide, pas par meurtre”. Pour Toynbee, les civilisations n’étaient pas des machines immatérielles ou inaltérables, mais un réseau de relations sociales à l’intérieur de ses frontières et donc soumises à la fois à des décisions sages et imprudentes.

    Je crois que la sagesse exposée dans les pages de A Study of History devrait être redécouverte par nos dirigeants occidentaux car il me semblerait que l’Occident ne répond plus de manière créative aux défis extérieurs et que sa “minorité créative” est devenue “parasite” . Ainsi, selon Toynbee, l’Occident déclinera définitivement à moins qu’une nouvelle minorité spirituellement motivée n’émerge offrant un nouveau leadership créatif, amenant la société à un nouveau niveau de conscience et de développement.

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    1. Cher Monsieur,
      Je pense que l’on peut rapprocher votre excellente réflexion reprenant Toynbee de la phrase de Chateaubriand citant les 3 âges de l’aristocratie : l’âge des supériorités, l’âge des privilèges, puis l’âge des vanités. Comme vous le faites très bien remarquer, si la solidité d’une civilisation vient du peuple, sa croissance vient de la créativité des élites. Dans une telle configuration, et si ces élites contribuent positivement, avec la création économique, technologique, mais aussi politique, sociale ou intellectuelle, on leur permet assez facilement les privilèges correspondant à leurs supériorités. Le problème vient du fait qu’à un certain moment, elles considèrent ces privilèges comme un dû, et non comme le résultat d’une supériorité apportée au bien commun. L’élite s’endort alors sur ses lauriers et se fossilise. Elle défend ses privilèges becs et ongles, alors qu’ils ne correspondent plus à une supériorité véritable. On est alors dans l’ère des vanités, et dans celui du déclin. Dans ce cas, soit le pouvoir politique parvient à donner la primauté à de nouvelles élites, puisque les anciennes, bien évidemment, interdisent à d’autres de percer socialement (ça s’appelle, sous une forme ou une autre, une révolution), soit la civilisation coule sous le poids de son injustice sociale, de ses mauvais choix politiques, de ses blocages administratifs, de son conformisme, de sa tyrannie ou de ses trahisons (les élites compradores ayant facilement tendance, pour tenter de pérenniser leurs privilèges, à s’allier avec les nouveaux pouvoirs extérieurs qui menacent la civilisation dans laquelle ils vivent). Je pense que c’est d’une certaine façon ce que dit Toynbee, et c’est précisément la situation dans laquelle nous sommes.
      Cordialement,
      François Martin

      1. G. Friedman “..c’est cynique, immoral, mais ça marche ». Extraits du discours.
        Stratfor: comment Washington peut conserver sa domination sur la planète. Extraits du discours de George Friedman, directeur de la société de renseignement et d’analyse Stratfor, dite la « CIA de l’ombre », au Council on Foreign Relations de Chicago.
        Dans son discours au Council il explique comment Washington peut conserver sa domination sur la planète. Il identifie également les ennemis potentiels des USA.

        Friedman voudrait que le monde actuel soit exclusivement sous le contrôle direct ou indirect des USA
        Le président de Stratfor déclare que les USA n’ont pas de relations avec l’Europe. « Nous avons des relations avec la Roumanie, la France et ainsi de suite. Il n’y a pas d’Europe avec laquelle les USA ont des relations quelconques”. Cela rappelle forcément la conversation de la sous-secrétaire d’Etat Victoria Nuland avec l’ambassadeur des USA à Kiev en 2014. Nuland avait alors expliqué à son interlocuteur en des termes très crus ce qu’elle pensait de l’Europe unie et de ses dirigeants: https://www.youtube.com/watch?v=2-kbw… 33] Plus tard, elle a présenté ses excuses pour la forme de ses propos, mais pas sur le fond. Il faut savoir que Mme Nuland est une lectrice des notes analytiques de Stratfor.
        « Les USA contrôlent tous les océans de la terre. Personne n’avait encore réussi à le faire. Par conséquent, nous pouvons nous ingérer partout sur la planète, mais personne ne peut nous attaquer. Le contrôle des océans et de l’espace est la base de notre pouvoir”, a déclaré Friedman à Chicago,
        Selon lui, “la priorité des USA est d’empêcher que le capital allemand et les technologies allemandes s’unissent avec les ressources naturelles et la main d’œuvre russes pour former une combinaison invincible”. Créer un “cordon sanitaire” autour de la Russie permettra à terme aux USA de tenir en laisse l’Allemagne et toute l’Union européenne https://youtu.be/emCEfEYom4A

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      2. Tout à fait d’accord avec votre commentaire François Martin et celui de Francois-Xavier Robert. Je vous écoutais hier dans ma voiture sur Radio Courtoisie dans l’émission de Paul-Marie. Passionnant, j’avais envie à chaque saillie de interlocuteurs présents en studio d’intervenir… Pour revenir à vos commentaires et à l’aspect « les civilisations ne meurent pas par attaque de l’extérieur mais par suicide », je fais mien ce propos dont j’ai fait un chapitre dans mon livre Bien faire et laisser braire, 2015. En effet, vous parlez des apports de chaque génération comme nécessités vitales pour entretenir ladite civilisation. De formation économique, je ne peux m’empêcher de rapprocher votre réflexion du constat alarmant de la baisse continuelle de la Valeur Ajoutée en France (ou indice de croissance du PIB) depuis 1970. On voit bien que la baisse continuelle de cette croissance du PIB (politiques socialistes de stagnation et de régression) ont entraîné automatiquement une baisse de la morale, du dynamisme civilisationnel et éducatif, qui sont les racines du mal, et la cause ddd et l’exportation des cerveaux. Tout est là. Reindustrialiser la France est donc un préalable urgent, par l’arrêt des politiques fiscales punitives. Sinon c’est clair que c’est un suicide, qu’on constate ici dans le cerveau de Nicolas Bonnal, déjà gravement dhimmisé.

  11. Pour avoir beaucoup œuvré des 2 cotés du Rhin … on retrouve bien là, les caractéristiques des 2 pays. Refaire le monde avec des trémollo dans le texte pour une simple affiche avec un gout douteux … de quel ordre est sa diffusion ? La plupart des Allemands que j’ai connu n’ont pas besoin de ce genre d’affiche pour décider de ce qui convient … nous on a “Bruno” … pas de quoi frimer.

    Du vécu, tout ce que je peux dire c’est que le pragmatisme allemande, même décalé parfois, a toujours permis de réaliser des projets en temps et en heure et en qualité avec une exigence difficilement imaginable en France.
    Revenu en France c’était beaucoup de palabres, d’états d’âme, des projets jamais fini dans les délais, des retouches sans fin … bref …le bordel.
    A chacun de voir ce qui est le plus approprié pour les éventuelles douches du futur. Ils ont eu le tort de trop axer leur essor sur le gaz russe, mais rien ne dit que notre uranium sera toujours disponible, une crise en Afrique ou ailleurs est vite arrivé. Refaisons le point dans quelques années … sous une douche chaude ? 🙂 …

  12. Magnifique article Édouard Husson. Pendant toute sa lecture je maudissais cette éternelle capacité française à analyser froidement les effets (Boileau), à préférer le verbe au sens, sans jamais aller à reconnaître les causes. Certes il y avait dans cette recension admirable le panache qu’on reconnaît au Cyrano vilipendant la péninsule. Puis on oubliait l’essentiel «  le spirituel » bien qu’il était mentionné en en-tête. Musiciens, peintres, philosophes, on pensait aux incomparables et sublimes moments passés en compagnie de la structurelle supériorité d’esprit dite « allemande ». Et enfin arrivés dans notre lecture aux plus des trois quarts de celle-ci, on se disait « mouais, factuel, et alors ! On sait tout de la faiblesse française toujours enterrée par sa ploutocratie affairiste à courte vue depuis des siècles, quand les allemands préparent les générations futures par leurs machines outils, leurs brevets et leur génie, quand en France on exporte en containers des générations de cerveaux formés ici et on importe des QI d’huîtres par ferry-boats ! »Puis vient le miracle littéraire qu’on n’espérait plus, je vous cite : « Les grandes révolutions matérielles se sont enracinées dans un solide sens spirituel, éthique. Les grands siècles allemands, comme le XIXè siècle, sont le fruit de jaillissements spirituels, artistiques, éthiques préalables. » Ouf Édouard Husson, ouf ! J’ai eu peur d’une énième analyse à côté de la plaque, utile historiquement certes, géopolitiquement inattaquable, mais faible au niveau des grands mouvements historiques, ce qu’on nomme les plaques tectoniques chères à Charles Gave (dont personne n’écoute en France l’intelligence supérieure et nettement supérieure à la celle de la cohorte des 6 à 7.000 énarques réunis). Oui l’art et le spirituel (la Hollande de Spinoza) sont le ferment futur des sociétés : l’engrais. Et quand on voit ce que l’Allemagne nihiliste a produit comme génies artistiques depuis 50 ans (Darmstadt et Stockhausen comme chefs de file, quelle horreur, quelle insipidité, quel vide intellectuel et amoureux !), on constatait bien que le matérialisme nazi (post marxiste-léniniste) avait imprimé le caractère profond du peuple toujours en phase post traumatique, rempli de culpabilité après son affreux XXIème siècle, bien au-delà des 15 années terribles de la phase politique. Il y a encore beaucoup de grands artistes en Allemagne, des orchestres et interprètes fabuleux, mais tel que vous le reprochez aux bourgeois français, ce sont des rentiers de l’époque classique et romantique, qui répètent à l’infini leurs gammes de leurs trois génies Bach, Mozart, Beethoven (Schumann). Mais après ? À cet égard la Russie et la France artistiques des XXème et XXème siècles fourmillent de génie – je n’ai pas écrit « génies ». En Allemagne on a beau chercher…

      1. Mais méfions-nous, Français arrogants toujours certains de leur victoire finale, l’esprit boulezien chez nous (sous la protection de l’improbable attelage bicéphale de Madame Pompidou et Jack Lang – Ministères de la Culture et de l’Éducation nationale) a stérilisé plus qu’un hectare de terrain ! Qu’a-t-on entendu à cet égard dans les alcôves de l’entre soi parisien ? « Quand le ver est dans le fruit… » En gros il n’est pas certain que l’engrais répandu sur nos terres (philosophique, artistique, éducationnel) depuis 40 ans soit de la meilleure qualité. Bien qu’on ait dit que cet homme ne votait pas à gauche, sa disparition n’a pas soldé son héritage matérialiste authentiquement marxiste-léniniste-nihiliste à la pratique politique stalinienne la plus pure. On en constate encore les effets dans notre société française en proie à toutes les violences et vilénies qui ont parachevé la fin du modèle bolchevique à l’Est.

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  13. bof, quel parti pris! la haine des boches n’est pas mort 😟
    oui, cette affiche est odieux et stupide, mais pourquoi McKinsey Germany sera plus malin qu’en France? La France a eu sa dose d’affiches stupides lors de la covidémense;
    – et une tel affiche est totalement inutile pour la France puisque c’est comme ça que les Français se lavent depuis long temps jusqu’à nos jour; comme disait mon grand-père “ce n’est pas pour rien que la France à inventé le parfum” 😜
    – le nudisme? la pudibonderie de la France catholique n’est que verni superficiel , les Français sont connu partout comme des chaude-lapins, re-😜
    -passons au chose sérieuse: prendre l’exemple sur l’Allemagne, oui au moins sur l’Allemagne avant Merkel
    C’est en France que l’on dénombre le plus de journées de grève pour 1 000 employés dans l’OCDE, soit en moyenne 114 jours par an.
    la France a inventé et imposé la semaine de 35H
    la France a une dette public en mars 2022, 2 901,8 milliards d’euros, soit 114,5 % du PIB.
    la France a un deficit de commerce exterieur de 13 millards
    la France , le pays le plus taxé de L’OCDE, qui fait fuir ses cerveaux et son industrie
    la France a pléthore de fonctionnaires et ou les haut-fonctionnaires ont pris le pouvoir
    la France qui vend ses quelques fleurons industriels restants à la découpe aux US
    la Secu que le monde entier nous envie mais personne ne copie
    etc.
    oui il y avait quelques leçons à prendre, enfin jusqu’à l’arrivée de Merkel; depuis Merkel l’Allemagne file du mauvais coton comme la France de micron, tous soumis à Davos
    – concernant l’escrologie, la France n’est pas en reste:
    implantation d’éolienne sur des terres agricoles fertiles
    implantation éoliennes en mer dans des eaux de pèche
    destruction des forêts pour les champs photovoltaïques
    destruction de notre agriculture par interdiction des intrants chimiques et agribashing en veux tu en voilà
    entretient des centrales nucléaires négligé, la moitié en arrêté actuellement et une fermée
    interdiction des voitures thermiques à courte échéance; savez vous que rien que pour permettre aux franciliens de partir en vacance à la Côte d’Azur il faudra construire une centrale nucléaire tous les 100 Km pour leur recharges ?
    et pire la France n’a plus personne qui sait les construire
    et j’en oublie
    Non la Schadenfreude n’est pas de mise!

    “pourquoi le coq est l’emblème de la France, parce qu’il est le seul animal à chanter les pieds dans le fumier” c’est toujours d’actualité

  14. Merci pour la qualité et la pertinence de vos analyses. Nous traversons une époque sombre avec des lueurs d’espoir : ces effondrements concomittents annoncent la fin de quelque chose, la fin de cette Union Européenne qui nous a amené à la destruction des économies réelles des pays membres, en particulier sur le plan industriel. L’Allemagne a dominé cette Europe de la dérégulation et de la paupérisation des peuples pendant des décennies, un peu comme les Chinois dominent l’économie mondiale, mais son règne s’achève. En effet, une affiche comme celle que vous présentez dans votre article en dit plus long que des tableaux ou des graphiques et cela me rappelle les propos de Yannick Jadot, candidat EELV malheureux à l’élection présidentielle, au début de la guerre d’Ukraine. En effet, il affirmait qu’en faisant tourner nos machines à laver la nuit nous contribuerions au salut de l’Ukraine. Il est vrai que depuis deux ans, ces sophismes, disons-le ces messages de propagande nous ont été servis jusqu’à l’écoeurement. “Sauvez des vies, restez chez vous”, “Grâce au pass sanitaire, l’économie va reprendre”, “Grâce au vaccin, la vie normale va reprendre”, “Mettez un masque, protégez les autres”… Vide absolu, syncrétisme simplificateur, médiocrité de la pensée, voilà où en sont nos élites politiques auto-proclamées.
    François Asselineau, souverainiste historique, président de l’UPR, toujours visionnaire dans ses analyses, annonce depuis longtemps l’implosion de l’Union Européenne de l’intérieur, à la manière de ce que fut l’effondrement de l’Union Soviétique. Je pense qu’il a raison et que nous assistons au début de ce processus.

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