[PAYANT] Que faire de votre assurance-vie à l’approche de la super-crise de l’euro ? par Eric Verhaeghe

Mécaniquement, une super-crise de l'euro devrait survenir dans les mois qui viennent, notamment parce que la BCE continue de dévaloriser la monnaie commune avec une politique de taux plus faibles que ceux de la Réserve Fédérale américaine. Cette asymétrie de taux pousse l'épargnant à déserter le marché européen au profit du marché américain, ce qui devrait durcir la crise économique en Europe dans les prochaines semaines. Pour votre contrat d'assurance-vie, la menace est importante. Je vous propose quelques conseils de prudence immédiate dans un environnement extrêmement incertain.

Si vous avez un contrat d’assurance-vie, surtout s’il est “petit”, vous avez tout intérêt à réfléchir à son utilisation dans les semaines à venir. Et vous pouvez même partir du principe qu’il vaut faire des choix dès ce mois d’août pour éviter de très désagréables surprises à la rentrée. 

Bien penser à la loi Sapin 2 sur l’assurance-vie

Pour commencer, n’oubliez surtout que, au sortir de la crise grecque, la loi Sapin 2 a pris des dispositions essentielles concernant votre épargne. En l’espèce, votre assureur peut refuser de “liquider” votre contrat quand vous le demandez, et peut retarder de six mois le moment où il vous rend votre argent. 

Cette mesure peut intervenir si le Haut Conseil de Stabilité Financière déclare une sorte d’état d’urgence financière. Autant dire que, désormais, entre l’inflation galopante, l’endettement grandissant des Etats-membres de l’Union et les conséquences de la guerre bientôt mondiales, n’importe quel crâne d’oeuf ne sera pas à la peine pour justifier la mise en place de ce dispositif qui consiste à geler vos avoirs pendant six mois. 

Les plus astucieux m’ont compris : si vous avez un contrat d’assurance-vie, votre intérêt est d’agir avant que le rouleur compresseur ne se mette en route. C’est-à-dire, probablement dès le mois d’août, parce que la rentrée risque d’être très chahutée, surtout en cas d’invasion de Taïwan par la Chine. 

Le problème majeur de l’assurance-vie

Pour faire simple, et sans entrer ici dans les détails techniques de l’assurance-vie, on retiendra que la rémunération moyenne d’un bon contrat d’assurance-vie tourne désormais autour de 1,5%. les taux directeurs de la FED sont supérieurs à 2,25%. Le livret A rémunère désormais l’argent à 2%. 

Ces quelques chiffres résument l’absurdité qu’il y a à conserver un contrat d’assurance-vie, si ce n’est pour les avantages fiscaux. Mais si votre contrat est inférieur à 150.000€, il n’est vraiment pas sûr que vous ayez un intérêt même fiscal à le conserver. 

Le mécanisme de l’assurance fait que la rémunération des contrats n’est pas prête de remonter, car les portefeuilles des assureurs sont composés d’obligation acquise dans des conditions relativement défavorables. Il faudra plusieurs mois, et même plusieurs années, pour que les rendements remontent de façon significative. 

Pendant ce temps, votre assureur-vie a deux ennemis déclarés : l’inflation, qui diminue la valeur de l’argent épargné, et le rachat de contrat (c’est-à-dire la liquidation du contrat par l’épargnant) qui l’oblige à sortir des liquidités en vendant précipitamment des titres, parfois à perte. 

Inévitable crise de l’euro

Dans ce mikado très compliqué qu’est le marché de l’épargne, on comprend intuitivement que la relative frilosité de la BCE sur la remontée de ces taux donne un avantage financier fort au marché américain (tiens ? les Européens se retiendraient pour faire plaisir aux Etats-Unis ?), et surtout laisse l’inflation courir, ce qui est mauvais pour l’épargnant. En maintenant les taux d’emprunt bas, la BCE encourage en effet les consommateurs, mais aussi les Etats et les entreprises à s’endetter, donc à faire tourner la planche à billets, à un moment où il faudrait rendre l’argent rare pour apprécier sa valeur. 

La raison de cette stratégie est bien connue : si les taux d’emprunt remontaient trop vite, la France et l’Italie ne pourraient plus financer leur Etat obèse et une crise politique surviendrait, qui serait aussi une crise de l’euro.

La BCE se trouve donc face à un dilemme compliqué : soit elle maintient des taux bas, et elle déprécie méthodiquement la valeur de l’euro en favorisant l’inflation, et elle sait que cette affaire se terminera par une crise de la zone euro elle-même. Soit elle relève fortement ses taux pour s’aligner sur les Etats-Unis, et elle sait qu’elle organise une très rapide crise de la zone euro, puisque les pays du Sud seront immédiatement soupçonnés de ne pouvoir rembourser. 

Dans les deux cas, la crise de l’euro est programmée. Simplement, ne pas relever les taux trop vite trop fort permet de la retarder un peu. 

Pourquoi la BCE a intérêt à une crise de l’euro

Beaucoup de lecteurs ont sans doute la conviction que la BCE a tout intérêt à éviter une crise de la monnaie unique. En fait, cette donnée n’est pas tout à fait sûre. 

En effet, l’Union s’est dotée, ou plutôt a doté la BCE, d’un dispositif dit anti-fragmentation, ou IPT (instrumentation de protection de la transmission !!!) dont le principe est assez simple : la BCE achètera directement les emprunts des Etats qui ne parviennent plus à se financer. C’est ce qu’on appelle devenir prêteur en dernier ressort. 

Il faut avoir cet élément à l’esprit parce que, dans l’hypothèse où les “fédéralistes” voudraient créer les conditions d’une disparition de fait des Etats-membres au profit d’une entité supranationale omnipotente,  une crise de l’euro donnerait l’occasion inespérée à la BCE “d’absorber” la dette des Etats, et donc de supranationaliser un peu plus la conduite des affaires économiques et budgétaires. De là à dire que la BCE s’opposera mollement à la survenue de cette crise, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement !

La crise de l’euro serait même la meilleure façon de justifier le franchissement définitif d’une étape que les traités interdisaient jusque-là. Elle ouvrirait par ailleurs la voie au jubilé de la dette, et au remplacement de l’euro fiduciaire par un euro numérique. 

Pour en arriver là, il faudrait effectivement que les épargnants européens se savent mis en danger par la crise. Voilà une perspective qui explique pour quelle raison aucun membre de la caste ne se précipite pour éteindre l’incendie qui couve. 

Que devez-vous faire pour limiter vos risques ?

D’une manière générale, il faut retenir que l’euro sous sa forme actuelle vit probablement ses derniers mois, notamment parce que le plan B des autorités européennes est prêt et attend avec impatience d’être mis en place. Toute épargne libellée en euro ou peu ou prou indexée sur l’euro est donc condamnée à souffrir. 

Nous vous proposons sur ce point trois manoeuvres d’urgence à actionner si vous disposez d’un contrat d’assurance-vie, qu’il soit libellé en euro ou en unités de compte (les marchés financiers étant appelés à entrer dans la tourmente) :

  1. la première manoeuvre est de saturer autant que possible les livrets réglementés comme le livret A, en attendant d’avoir opéré vos arbitrages définitifs. C’est particulièrement vrai si votre contrat d’assurance-vie est inférieur au plafond du livret A…
  2. misez sur les valeurs-refuges, comme l’or ou les métaux précieux. Sur ce point, n’hésitez pas on consulter les guides de Florent Machabert sur la sécession patrimoniale. Ils vous renseigneront sur les gestes à faire maintenant pour sauver votre épargne et votre patrimoine. 
  3. intéressez-vous à l’immobilier de valeur dans des villes secondaires à l’abri des tourments. Autrement dit, évitez d’acheter à Villeurbanne ou à Marseille, et ciblez des préfectures (Auch ? Laon ? Angoulême ?) ou des sous-préfectures agréables à vivre et bien situées, avec un secteur historique de valeur. 

Dans tous les cas, retenez que le crise est en partie orchestrée politiquement et qu’elle est programmée pour durer. Faites donc des choix durables…

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2 commentaires
  1. On parle souvent des contrats d’assurance-vie investis sur les fonds euros et je m’interroge sur les positions alarmistes qui ne discernent pas les fonds euros des UC
    Je comprend parfaitement le problème sur les fonds euros, obligations diverses, actions généralistes mais qu’en est il pour les contrats d’assurance-vie en unité de compte investies dans les valeurs minières aurifères et matières premières, précisément parce que je pense que ces secteurs vont exploser à la hausse dans les mois/ années à venir (nous sommes à la veille d’un supercycle des matières premières et de l’or/argent selon moi) . Faudrait il que je liquide aussi ? (Y a t’il un risque de contre partie de la compagnie d’assurance sur les UC ? ou bien les fonds sont ils protégés ou cantonnés ?)
    Merci de vos avis

    Répondre moderated
  2. Avec l inflation à 6 & tu pert de l argent en le placent assurance est moins bien que le LEP retiré ton argent de la banque te prise plus de vivre et regarde pinnoccio le banquier mourir tu n à pas besoin de lui

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