Exclu : le manuel de contre-propagande sur Internet rédigé par les services britanniques, par Eric Verhaeghe

Exclu : le manuel de contre-propagande sur Internet rédigé par les services britanniques, par Eric Verhaeghe


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La contre-propagande sur Internet en Occident est beaucoup plus structurée et harmonisée qu'on ne peut le penser. Nous avons évoqué hier les techniques utilisées par les services britanniques pour endiguer les discours "anti-vax", expression générale qui visait tous les opposants à la folie covidienne. Nous publions aujourd'hui le manuel officiel de ces services pour harmoniser les bonnes pratiques en matière de contre-influence. Un document en anglais extrêmement précieux, qui fait référence en Occident, même s'il ne répond pas à toutes les questions.

Le manuel britannique de contre-désinformation Resist 2 fait référence dans tous les services occidentaux, comme une oeuvre structurante pour organiser les campagne de contre-influence sur Internet. Il est notamment cité en référence absolue par le rapport des RRM canadiens au G7 sur les actions de contre-influence. Mais la directrice du Global Engagement Centrer (GEC) américain le citait au Sénat en mars 2020 comme un exemple à suivre et un document couramment utilisé dans ses services.

On peut même dire que la contre-influence sur Internet en Occident a largement été théorisée par les services secrets britanniques, dont les pratiques se généralisent dans nos démocraties de moins en moins démocratiques.

Un effort de théorisation

On notera en particulier que ce document vise à documenter et structurer des campagnes politiques globales sur Internet, en proposant des grilles d’analyse permettant d’évaluer chaque situation et en proposant une sorte d’arbre de décision adapté à chaque cas. Les services font-ils face à une campagne massive de « désinformation », dont on sait désormais qu’elle se confond avec une simple résistance exprimée sur Internet vis-à-vis des « narratifs » officiels ? ou bien cette campagne est-elle sporadique, limitée à quelques commentaires sur les réseaux sociaux ?

Cette simple question montre que, sous le prétexte fallacieux de lutter contre l’influence russe sur Internet, les services occidentaux sont désormais équipés pour lutter contre n’importe quel opposant, sans lien avec la Russie.

Dans tous ces cas, Resist 2 propose des scénarios de réponse, avec une évaluation des résultats selon des méthodes qui se prétendent scientifiques.

Bien entendu, tout ceci fleure bon le travail de consultant, avec son jargon obscur et ses expressions pédantes. Mais l’ensemble prouve bien que l’Occident a militarisé son information, et qu’il s’organise pour tenir la ligne de façon collective.

Ce que le manuel britannique élude

Reste, dans cet ensemble, une question que nous continuons à poser : la contre-influence sur Internet va-t-elle jusqu’à proposer des « narratifs » sur mesure pour discréditer les narratifs « complotistes » ?

Autrement dit, les services secrets ont-ils monté de toutes pièces des documents de propagande favorables au vaccin ? Sont-ils les inventeurs du passe sanitaire et des attaques virulentes sur l’irresponsabilité prétendue des non-vaccinés ? Ont-ils orchestré la campagne de haine contre les non-vaccinés qui a fleuri sur les réseaux sociaux sous la plume de certains influenceurs ?

Rien ne permet aujourd’hui de leur en attribuer la paternité. Mais rien ne permet de les en exonérer. Le manuel se contente simplement de suggérer qu’une bonne technique de contre-influence consiste à imposer des narratifs efficaces…

Contre-influence et presse mainstream

On notera qu’une des techniques privilégiées par le manuel britannique consiste en tout cas à s’appuyer sur des journalistes de confiance pour diffuser la parole officielle. Cette technique est même la ficelle la plus fréquente et la plus préconisée dans la guide.

Un message à faire passer ? Vous réunissez quelques journalistes « identifiés » et vous leur expliquez ce qui doit être dit dans les colonnes du lendemain. Là encore, peu de détails sont donnés sur les limites de l’exercice (les éléments de langage sont-ils distribués aux journalistes pour qu’ils soient bâtonnés comme une dépêche d’agence ?). Mais l’indication est claire : on sait désormais à quoi servent les subventions à la presse, et pour le compte de qui travaillent les fact-checkers.


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