[PAYANT] Comment protéger ses actifs financiers d’une chute des marchés boursiers ? par Dimitri de Vismes

Faut-il fuir les marchés boursiers touchés par le début du typhon qui s'annonce ? ou faut-il tenter de saisir quelques opportunités ? Cette mise à jour fait suite à l’article publié le 23 Aout 2022 : comment protéger ses actifs financiers d’une chute des marchés boursiers. Avertissement : les informations données ou les opinions formulées dans cet article ne constituent pas une incitation à investir, acheter ou réaliser des transactions. Tout investissement est risqué par nature et il est possible de perdre la totalité de son investissement.

Conformément à nos attentes, le scénario de chute des marchés boursiers s’est précisé. Le CAC a perdu 10% depuis la publication de notre article. Ceux qui se sont positionnés sur des trackers baissiers ont pu réaliser une belle plus-value.

Voici l’indice Dow Jones en échelle logarithmique avec sa droite de régression en orange. La droite de régression marque la tendance long terme de l’indice, qui est croissante. Les cours évoluent autour de cette droite de régression dans un intervalle généralement compris entre +1 et -1 écart type (droites en pointillé, juste en dessous et au-dessus de la droite de régression) suivant une loi dite normale. En moyenne, sur le long terme, la probabilité que le cours de l’indice se trouve entre +1 et -1 écart-type est de 68% (loi normale). Il arrive cependant que le cours excède +2 écarts types (comme à la fin des années 90) ou -2 écarts types comme en 2008 à la suite du krach boursier. Ces situations sont rares.

Quand le cours est au niveau de sa droite de régression, cela veut dire que l’indice est évalué à sa « juste valeur » (ni trop cher, ni pas assez). A ce jour, le cours du CAC 40 est revenu au niveau de sa droite de régression, comme celui le Dow Jones. Ces deux indices sont donc « correctement » évalués. Le S&P 500 est, lui, légèrement au-dessus de sa droite de régression donc un peu sur évalué.

Le marché a corrigé les excès haussiers de 2021 en revenant à un juste niveau de valorisation. La chute des cours récente n’a rien d’exceptionnel… pour l’instant.

Si l’on se réfère aux niveaux de prix atteints lors des précédents « krachs » (2002, 2008, 2020), on remarque que le cours a systématiquement chuté en deçà d’un écart-type et a même atteint 3 écarts-types en 2008.

On peut donc raisonnablement imaginer que l’indice Dow Jones poursuivra sa chute jusqu’au seuil des 8630 points (soit -1 écart-type par rapport à la droite de régression, ou 15% de baisse par rapport au niveau actuel), ou des 7272 points (soit -2 écart-types par rapport à la droite de régression, ou environ 30% de baisse).

La baisse en cours est peut-être loin d’être terminée !

 

Une situation différente de celle de 2008

 

Comme en 2007, le contexte macroéconomique est très mauvais. Il existe toutefois une différence importante entre le marché baissier de 2007-2008 et celui-ci. C’est que, à cette époque, il y avait une véritable bulle mondiale sur les actifs financiers. Ça n’est pas le cas aujourd’hui. Si certains marchés (comme les USA) sont toujours un peu surévalués, d’autres restent en revanche très décotés.

Sur le graphique ci-dessus, on peut voir la valorisation des entreprises exprimée en PE (Price to Earnings) et moyennée sur 10 ans pour gommer les effets de cycle. En noir : les USA ; en rouge : les pays émergents ; et en bleu : les pays développés hors USA. On constate que la bulle de 2007 concernait tous les pays. Ça n’est plus le cas aujourd’hui. Des pays comme le Brésil, ou plus généralement l’Amérique Latine, affichent des valorisations historiquement peu chères comme en attestent les prévisions de PE :

 

Plusieurs pays émergents ont des perspectives économique prometteuses et pourront occuper une place de choix dans le portefeuille de « l’après-crise » via l’achat d’ETFs ou directement d’actions : on pense notamment au Vietnam. Attention cependant à prendre en compte les effets de change lorsqu’on décide d’investir à l’étranger : la Turquie présente un niveau de PE prévisionnel très faible mais l’inflation annuelle y est de 80%. De quoi y laisser des plumes…

Quoi qu’il en soit, il faudra attendre la fin du marché baissier avant de se positionner sur de nouvelles opportunités.

 

Que faire dans l’immédiat?

 

Pour ceux qui souhaitent malgré tout être exposés aux marchés financiers, on rappelle que l’investissement ne doit concerner que :

  • L’épargne non nécessaire (=> autre que : dépenses courantes, épargne de sécurité, etc.)
  • Dans des proportions raisonnables: un petit pourcentage du patrimoine
  • De préférence, dans une visée long terme

Comme nous l’avons vu plus haut : la probabilité de baisse des marchés est toujours très élevée. Il est opportun de se couvrir « à la baisse » via l’achat de trackers baissiers comme proposé le 23 août dernier aux investisseurs confirmés.

Ce 30 Septembre 2022, les indicateurs de sentiment (qui permettent d’évaluer la probabilité d’un changement de direction des indices boursiers) montrent un fort excès de pessimisme. Par exemple, l’AAII Investor Sentiment Survey (AAII Investor Sentiment Survey | AAII) affiche un niveau de pessimisme historiquement élevé. Ceci milite en faveur d’un potentiel rebond technique de court terme (hausse temporaire des indices).

Pour ceux qui sont plutôt réticents à la prise de risque, c’est un bon moment pour revendre les trackers baissiers – ou a minima la moitié de la ligne – quitte à les reprendre plus tard si la baisse des indices reprend. Une bonne option consiste à remonter les ordres stops de protection pour assurer un gain si le tracker baisse prochainement et le garder s’il continue de monter.

Pour ceux qui sont capables d’encaisser une forte volatilité (donc des variations de prix importantes), on peut garder les trackers baissiers en portefeuille mais dans des proportions raisonnables. Il est là aussi recommandé de placer un ordre stop, cette fois ci beaucoup plus loin du cours du jour.

Pour ceux qui ne veulent pas passer de temps à surveiller les indices mais qui souhaitent profiter du marché baissier en cours avec une prise de risque moindre, on peut mettre en portefeuille (de préférence une fois le pic de pessimisme passé) un tracker inverse à effet de levier -1 (voir réf. ci-dessous) sans se préoccuper des rebonds techniques de court ou moyen terme. Puis revendre le tracker dans quelques semaines / mois quand le marché baissier sera terminé.

Pour ceux qui ne veulent pas de risque : ces investissements sont à éviter !

Cet article fera l’objet de mises à jour en cas d’alertes particulières.

 

Liste des trackers à levier -1 et -2

 

  • Références du trackerinverse a levier x2 sur le CAC 40 (éligible au PEA): tracker BX4, code ISIN FR0010411884
  • Références du trackerinverse a levier x2 sur le S&P 500 Américain (éligible au PEA): tracker DSP5, code ISIN LU1327051279
  • Références du trackerinverse a levier x1 sur le CAC 40 (éligible au PEA) : tracker C4S, Amundi ETF Short CAC 40 Daily UCITS, code ISIN FR0010717124

 

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8 Shares:
3 commentaires
  1. Bonjour
    Merci pour toutes ces informations.
    Mais quelles seraient les conséquences d’un faillite de l”établissement bancaire ou du courtier sur des “trackers” BX4, C4S et autre DSP5 – Etablissement auprés duquel ces actifs auraient été achetés ou déposés?
    Ces actifs seraient ils vus comme propriété de l”établissement financier teneur du compte ou du titulaire du compte?
    Une liste, un palmarés de la solidité des banques en France ou/et en Europe des établissements financiers est il accessible?
    En vous remerciant

  2. Bonjour,
    Les trackers, OPVCM, Sicav, actions, etc sont des titres de proprietes. La banque les detient donc en votre nom et doit (en theorie) vous les restituer en cas de faillite. Ca n’est pas le cas de vos depots en especes (incluant celles du PEA) qui peuvent etre utilises pour renflouer la banque qui fait faillite (au dessus de 100,000eur, la encore la limite etant theorique). Le risque principal n’est pas tant que la banque fasse faillite et que vos titres ne vous soient jamais rendus, mais plutot que l’emetteur du produit fasse faillite. On peut eventuellement chercher a limiter ce risque, la encore, en se diversifiant (fonds Lyxor, Proshares, etc).
    Dans le cas d’une faillite dite “systemique” (grande banque, grand fonds d’investissement) il est plausible que l’Etat intervienne car la situation sociale serait alors tres compliquee.
    Pas de palmares des banques mais le sujet est a creuser.
    Cordialement,

    Répondre moderated
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