Le MEDEF se ridiculise dans l’affaire Marion Maréchal-Le Pen

Le MEDEF s’offre un beau ridicule qui risque de laisser de nombreuses traces dans la présidence de Geoffroy Roux de Bézieux. L’organisation patronale, après avoir laissé fuiter qu’elle invitait Marion Maréchal à ses universités d’été, vient d’effectuer un remarquable rétropédalage par crainte de susciter la polémique. Par un tweet, le président du MEDEF a décommandé son invitée et renoncer à la tenue du débat sur le populisme qui devait aussi inclure des Gilets Jaunes. La veille, Laurence Parisot avait jugé ces invitations inacceptables. La grande bourgeoisie patronale parisienne se rebiffe contre le risque populiste.

Qui préside le MEDEF aujourd’hui? Beaucoup affirment depuis plusieurs mois que les présences de Geoffroy Roux de Bézieux sont plutôt rares avenue Bosquet et que la maison est tenue de façon parfois un peu… rigide par Patrick Martin, qui n’appartient pas à cette bourgeoisie patronale pour que le MEDEF est, avec l’AFEP, un bras armé naturel. Cette circonstance explique sans doute le quiproquo malheureux qui vient de se produire sur l’invitation lancée à Marion Maréchal d’intervenir aux universités d’été sur la question du populisme. À Marion Maréchal et à quelques autres, notamment à Jacline Mouraud, la Bretonne qui fut l’une des figures des Gilets Jaunes. Quelques heures après avoir révélé cette invitation, le MEDEF l’a en effet annulée sous la pression d’une contestation qui ressemble en tous points à une réaction thermidorienne.

Dans cet épisode, on relèvera donc trois indices d’une crise majeure dans le patronat français.

D’abord, l’empressement que Geoffroy Roux de Bézieux a mis à décommander cette opération laisse supputer des divergences d’appréciation quand au rôle que l’organisation doit jouer dans le débat public français. Roux de Bézieux, qui passe relativement inaperçu dans les médias, ne paraît guère convaincu que la maison qu’il préside doive bousculer le champ des idées.

Ensuite, le MEDEF semble fermer toute porte à un dialogue ouvert avec la “plèbe”, avec ces “populistes” qui ont battu le pavé pendant plusieurs semaines. On retrouve ici la tétanie de la Grande Peur bourgeoise face aux partageux et au désordre qui paralyse le pays aujourd’hui.

Enfin, preuve est faite que si certains adhérents du MEDEF sont de petits patrons qui ont pu se montrer sensibles aux aspirations fiscales et libérales des Gilets Jaunes, ils n’ont guère voix au chapitre dans leur organisation. Celle-ci continue à être tenue par les bien-pensants parisiens. Dont acte.

En attendant, la communication du MEDEF est désastreuse et peu glorieuse pour son Président, qui donne le sentiment d’avoir peur de son ombre.

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