Pénurie de masques et fautes de l’administration : un point de situation

L’administration a-t-elle ou non fait toutes ses diligences pour garantir un équipement maximal des Français, et tout particulièrement des soignants face à l’épidémie. Cette question qui revient régulièrement, et que les relais de la pensée officielle tentent tout aussi régulièrement d’étouffer, pourrait bien appeler à des règlements de compte très cruels à après la crise et la pandémie. 

31 médecins morts depuis le début de l’épidémie

Ce chiffre devrait évidemment beaucoup fâcher l’opinion et les pouvoirs publics. Ce chiffre semble toutefois partiel, dans la mesure où toutes les remontées statistiques ne sont pas encore connues. 

Selon la CARMF, la caisse d’assurance retraite des médecins de France, on compte à ce stade 21 médecins libéraux morts, dont 11 retraités, 9 médecins en activité, et 1 médecin en cumul emploi retraite. En outre, dix médecins hospitaliers sont également morts. 

On notera que ces décès ne signifient que tous sont morts en contractant la maladie du fait de leur activité. L’imputabilité de la maladie n’est pas tranchée à ce stade. 

En revanche, une série de procédures est annoncée. Selon CARMF, près de 4.000 médecins libéraux ont formulé une demande d’indemnité journalière pour être couvert durant la maladie qu’ils auraient contracté dans le cadre de leurs missions. Si ce chiffre se confirmait il donnerait une bonne illustration de la menace qui pèse sur le gouvernement : beaucoup pourraient reprocher à la direction de la Santé Publique de ne pas les avoir équipés de masques pour faire face au risque de contagion. 

Les palinodies sur l’utilité du masque pourraient coûter cher à Jérôme Salomon

Au premier rang des critiques des médecins (et de bien d’autres professionnels), on pourrait trouver Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, dont il n’est pas sûr qu’il ait forcément mesuré l’impact de tous ses propos publics. Sont visés en particulier ses changements de version sur l’utilité du masque FFP2, qui risques de lui valoir quelques déboires lorsque le cours normal des affaires reprendra (on comprend ce faisant que les “scientifiques” soient debout sur le frein en matière de déconfinement). 

Le site 20 Minutes s’est ainsi amusé à reprendre les propos de Jérôme Salomon depuis plusieurs semaines lors de ses points presse. Or le directeur général de la Santé déclarait le 4 mars que “les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public.” Le 29 mars, il signait finalement une note reconnaissant deux nouvelles catégories de masques pour usage non sanitaires. 

Cette réticence à équiper la population de masques de la part du directeur général de la Santé risque bien d’être le fil d’une terrible pelote pour lui.

Le rapport qui pourrait fortement embarrasser Jérôme Salomon

Il se trouve que la question du masque est loin d’être nouvelle dans le parcours de Jérôme Salomon à la tête de la direction générale de la Santé. Comme l’a révélé Challenges, le directeur général de la Santé avait été alerté à plusieurs reprises avant l’épidémie de coronavirus sur l’insuffisance des stocks de masques. Voilà une révélation bien fâcheuse, car elle mettrait en avant la responsabilité directe de ce haut fonctionnaire dans la pénurie de masques qui a frappé le pays, et a contraint de nombreux médecins à s’exposer sans défense face au virus. 

Cet avis qui alertait sur le stock de masques…

En particulier, on relèvera que, dès le mois de mai 2019, un comité d’experts réunis par Santé Publique France alertait sur le stock de masques, descendu à 100 millions seulement quand le comité jugeait qu’il était nécessaire d’en avoir un milliard à disposition pour équiper la population française en cas d’épidémie. 

Cette annonce, totalement publique et publiée sur le site de Santé Publique France soulève évidemment de dangereuses questions pour les autorités sanitaires. Celles-ci ne peuvent en effet invoquer l’ignorance pour expliquer que des masques en suffisance ne soient toujours pas distribués aux Français. L’alerte et les recommandations des “experts” ont été lancées il y a près d’un an!

En l’état des connaissances sur cette affaire, il semblerait donc que la direction générale de la santé ne se soit pas spécialement préoccupé dans les temps de constituer un stock d’un milliard de masques, comme le recommandaient les experts….

Le rôle de la technostructure au coeur des débats du monde d’après

Beaucoup ont, depuis plusieurs semaines, le sentiment d’une incapacité de la technostructure bureaucratique à réagir face à la crise. Le soupçon dure, lancinant, sur un retard majeur de la haute administration face à la crise. Les différents éléments qui apparaissent au cours du temps donnent une réalité grandissante à cette conviction que la couche bureaucratique qui enserre et étouffe le pays n’est décidément pas à la hauteur des événements et a besoin profond d’être renouvelée. 

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5 commentaires
  1. Cet état omniscient, omnipotent, obèse continue son délire avec la création de deux catégories de masques supplémentaires :
    • Catégorie 1. Pour les gens qui rencontrent du monde,
    • Catégorie 2. Pour les vulgum pecus
    Qui s’ajoutent aux masques :
    • Chirurgicaux Pour le personnel de santé de base
    • FFP2 Pour les personnels de santé très exposés
    Donc 4 catégories de masques, avec des consignes de distribution différentes, une tarification plus ou moins imposée, un port obligatoire ou pas etc.
    Ce pays est foutu
    https://www.entreprises.gouv.fr/covid-19/liste-des-tests-masques-de-protection

    1. La décision n’a pas été prise par le ministère de la Santé mais par le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (en 2013) qui décide d’abandonner le principe du stock de précaution et d’abandonner la gestion de l’existant à leurs détenteurs. A charge pour eux de procéder aux achats selon leurs besoins. La raison était que le renouvellement et la gestion du stock aurait coûté 500 millions d’euros par an et qu’il était plus simple et plus économique de les commander le moment venu. Grave erreur.

      1. Le chiffre de 500 millions d’euros par an est bidon. Il a été lâché comme une fake new par un haut fonctionnaire afin de laisser croire que ça aurait coûté 4 milliards de renouveler chaque année les masques depuis 2012 et donc que ça aurait paru dispendieux. Or d’une part, il n’y a pas besoin de les renouveler chaque année, loin de là. D’autre part, les masques chirurgicaux ont un coût dérisoire (quelques centimes). Donc c’est plutôt 100 millions qu’il aurait fallu, et même pas chaque année. Ca change.

  2. Il faudra également voir dans les négociations pour le budget de la santé, quelle était la position du ministère des finances sur cette question. Car le fond du problème est souvent l’incapacité de l’administration à aborder une question dans son entièreté. Pour décider s’il faut dépenser ou non 500 millions par an pour des masques, il faut d’abord savoir pourquoi la gestion du stock est si coûteuse ? est ce que une déconcentration n’allégerait pas les coûts ? ensuite, a-t-on fait des projections en cas d’épidémie de la capacité à se réapprovisionner ? ensuite a-t-on quand on a décidé qu’on en achèterait au cas par cas, testé les fournisseurs et leur capacité à produire rapidement les masques commandés ? et a-t-on fait le coût de l’épidémie ? et donc du manque de masques ? La négociation budgétaire en France n’apprécie jamais les situations à long terme, mais toujours dans l’annualité budgétaire. Ceci n’est plus possible aujourd’hui !

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