ūüéĖBayrou et Macron veulent faire payer la crise aux petits entrepreneurs

Faire payer la crise aux petits entrepreneurs ? Voil√† une bonne id√©e qui occupe l’esprit d’Emmanuel Macron et de Fran√ßois Bayrou, et qui devrait voir le jour lors de la prochaine loi de finances. Le pr√©sident du groupe MODEM en a dessin√© les contours dans une interview √† la presse. Et en le lisant, on se dit qu’il est temps pour les entrepreneurs de prendre la poudre d’escampette.¬†

Faire payer les petits entrepreneurs pour sortir de la crise ? Mais oui ! quelle bonne id√©e ! Rajoutez-leur une couche de r√©glementation, et une grosse dose d’obligations financi√®res nouvelles. C’est la meilleure fa√ßon de les aider √† relancer leur activit√©. Cette id√©e toute droit sortie du cerveau du MODEM devrait guider la pr√©paration de la loi de finances pour 2021.¬†

Les petits entrepreneurs au menu du MODEM

Il faut lire la brillante interview de Patrick Mignola, le d√©put√© de Chamb√©ry anciennement r√©publicain, pass√© au MODEM, o√Ļ il pr√©side d√©sormais le groupe parlementaire des amis de Fran√ßois BAYROU, depuis l’entr√©e de Marc Fesneau au gouvernement. Cette √©num√©ration d’illustres inconnus donne une bonne id√©e de ce qui se pr√©pare : d’obscurs politiciens ont d√©cid√© de prendre leur revanche sur l’histoire par des mesures autoritaires, √† peine discut√©es, sorties de quelques cerveaux mais qui concerneront tous les entrepreneurs.¬†

Parmi les id√©es de Patrick Mignola, dont la coh√©rence nous a √©chapp√© √† ce stade, il faut, pour sortir de la crise, imposer dans toutes les entreprises, c’est-√†-dire aussi dans les moins de 50 salari√©s, la participation et l’int√©ressement. Pour simplifier les choses, ce serait Bercy qui calculerait directement la participation des salari√©s des petites et tr√®s petites entreprises aux b√©n√©fices. De cette fa√ßon, les salaires augmenteraient… et tout irait pour le mieux dans le meilleurs des mondes.¬†

En quoi cette mesure constitue-t-elle une utilisation intelligente des “100 milliards” du plan de relance, dont 40 apport√©s par les pays du Nord de l’Europe ? Personne ne le sait √©videmment, √† commencer par Patrick Mignola lui-m√™me. Mais dans le bordel ambiant, tout le monde comprend qu’il est plus facile de se faire mousser en r√©pondant √† de fausses questions, qu’√† des vraies.¬†

Le serpent de mer du forfait social revient

Alors que le forfait social sur ces produits d’√©pargne est supprim√© depuis le 1er janvier 2019, Patrick Mignola, qui semble s’emm√™ler les pinceaux sur cette question, √©voque sa prochaine suppression. Allez comprendre ! Toujours est-il que, c’est un fait, la gauche prit pour premi√®re mesure, en arrivant au pouvoir en 2012, de r√©tablir le forfait social sur l’int√©ressement et la participation.

Pour m√©moire, le forfait social est une cotisation sociale √©quivalente aux autres, mais appel√© “forfait social” parce qu’il s’applique √† des produits non socialis√©s… en principe. Bref, c’est la cotisation qui s’applique aux produits qui ne sont pas assujettis aux cotisations.¬†

On est heureux d’apprendre de la bouche de Patrick Mignola que le forfait social sera d√©sormais “financ√©” par l’argent des Europ√©ens et ne sera pas r√©instaur√©. En contrepartie, la participation et l’int√©ressement deviendront obligatoires. M√™me dans les tr√®s petites entreprises.¬†

Une mesure directement appliquée par le fisc

Visiblement en verve, le pr√©sident du groupe MODEM √† l’Assembl√©e a trouv√© une id√©e g√©niale pour ne pas alourdir la t√Ęche des petits entrepreneurs dans la mise en place de ces mesures. “L’administration”, c’est-√†-dire le fisc, d√©terminerait directement le taux de participation applicable d’apr√®s le b√©n√©fice de l’entreprise. Mon dieu ! quelle bonne id√©e ! ne plus demander au patron combien il veut distribuer en dividendes, mais confier aux services fiscaux la t√Ęche de le faire √† sa place.¬†

Voil√† incontestablement une mesure de “participation” qui implique directement les entrepreneurs dans la r√©mun√©ration de leurs salari√©s. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas demander au fisc de fixer directement les salaires ? On √©pargnerait l√† aussi une peine inutile aux patrons.¬†

L’entreprise familiale Mignola mise en liquidation

Patrick Mignola n’est pas seulement d√©put√© MODEM (il a quitt√© les R√©publicains parce qu’il soutenait le mariage gay contre Laurent Wauquiez), c’est aussi un ancien chef d’entreprise. Ancien… car l’entreprise familiale cr√©√©e dans les ann√©es 60 dont il a h√©rit√© a √©t√© mise en liquidation judiciaire en d√©cembre 2019. Un pr√©c√©dent f√Ęcheux qui annonce peut-√™tre le pire.¬†

Tout le monde participe… sauf les patrons qui paient !

Au demeurant, Mignola commet une phrase tout √† fait significative sur ses vis√©es et ses intentions dans son interview : “Si on veut r√©ussir, il faut engager l‚Äôensemble des Fran√ßais dans la relance. Les 22 millions d‚Äôactifs dont nous avons parl√©, mais aussi les retrait√©s, qui sont souvent des √©pargnants.”

Autrement dit, la “relance” (terme qui m√©riterait d’√™tre expliqu√©, car il n’est pas tr√®s clair), va consister √† demander √† “22 millions d’actifs” (c’est-√†-dire aux salari√©s et aux fonctionnaires, qui sont effectivement 22 millions) quelle utilisation faire de l’argent des entrepreneurs.

Voil√† une id√©e particuli√®rement pertinente, et qui a le m√©rite d’expliquer clairement comment va fonctionner la “relance” : l’argent des uns sera utilis√© par les autres. Depuis Fran√ßois Mitterrand et ses nationalisations (et peut-√™tre Martine Aubry et ses 35 heures) personne n’avait eu d’id√©e aussi “participative” en France.¬†¬†

Pour les entrepreneurs, c’est le moment de partir

On voit clairement ce qui se dessine. Les entrepreneurs qui n’ont pas acc√®s aux all√©es du pouvoir (c’est-√†-dire les petits entrepreneurs qui assument pleinement le risque du march√©) seront les grands perdants des arbitrages. Ils h√©riteront, d’ici √† la fin de l’ann√©e, d’une couche d’obligations nouvelles, dont celle de voir leurs b√©n√©fices directement distribu√©s aux salari√©s par Bercy, et leur capital rebattu selon des r√®gles qui leur √©chapperont.¬†

C’est le moment o√Ļ jamais de partir. En l’√©tat, nul ne sait en effet quels seront les effets juridiques d’une redistribution du capital. Celle-ci peut notamment conduire √† une impossibilit√© de c√©der ses parts sans l’accord des salari√©s.¬†

Le MODEM agite le chiffon rouge. Il faut désormais partir. 

57 Shares:
3 commentaires
  1. Il semble venu le temps de partir, de vendre ou de licencier un maximum de salari√©s en faisant le dos rond, et en esp√©rant qu’apr√®s une bonne branl√©e √©lectorale, nous puissions enfin avoir une politique √©conomique coh√©rente et lib√©rale. Les entreprises de z√©ro salari√© devraient pouvoir passer sous les fourches caudines (pour cette fois). Je trouve particuli√®rement r√©v√©lateur qu’un chef d’entreprise rat√© se sente l√©gitime √† essayer de faire couler ce qui reste de profit dans ce pays. Par dessus tout, c’est l’inculture √©conomique qui est choquante. N’existe t’il en France aucun politicien capable de comprendre comment fonctionne l’√©conomie d’un pays ?

    1. Il existe dans notre pays de bons politiciens, de bons √©conomistes, d’excellents √©rudits et de bons managers, mais… Ils ne font pas parti des clients des politiques id√©ologues en poste. C’est ainsi que la France est devenue la fosse √† purin apr√®s avoir repr√©sent√© l’id√©al de l’Europe pour sa langue, sa culture, son rayonnement dans le monde est FEU. Quand allons nous voter en coh√©rence? Pas avec les racailles analphab√®tes emplies de violences.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer