🎖À pas de loup, Castex prĂ©pare une brutale rĂ©forme des retraites

On le sait depuis plusieurs mois : la rĂ©forme des retraites, mais paramĂ©trique, pas systĂ©mique, est inĂ©vitable dans des dĂ©lais rapides. L’effondrement des recettes de sĂ©curitĂ© sociale devrait en effet produire un violent sĂ©isme sur le financement des rĂ©gimes, et imposer des mesures d’autant plus drastiques que la France a beaucoup demandĂ© Ă  ses partenaires europĂ©ens, pour sortir de la crise. Et ces partenaires, on le sait aussi, ont un rĂ©gime de retraite beaucoup moins gĂ©nĂ©reux. 

Une rĂ©forme des retraites interviendra en dĂ©but d’annĂ©e 2021, et elle sera drastique. Selon toute vraisemblance, elle relĂšvera rapidement l’Ăąge de dĂ©part Ă  la retraite et inclura peut-ĂȘtre d’autres dispositions dĂ©sagrĂ©ables sur le montant des pensions. C’est Ă  cette rĂ©forme qu’Ă  pas de loup Jean Castex s’attaque, aprĂšs avoir imaginĂ© passer en force dĂšs cet Ă©tĂ©. Il multiplie dĂ©sormais les actes “prĂ©paratoires” pour imposer des mesures que l’Union EuropĂ©enne exigera de lui. 

Inévitable réforme des retraites

La situation financiĂšre des rĂ©gimes est sans appel : avec un dĂ©ficit minimum de 30 milliards € en fin d’annĂ©e, soit une somme proche de ce que la France “emprunte” avec la caution europĂ©enne, l’Union ne tolĂ©rera pas longtemps le laxisme budgĂ©taire français. Nous l’avons dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© cet Ă©tĂ©. Peu de temps avant le sommet europĂ©en qui a validĂ© la “solidaritĂ©” par des coronabonds, Castex a dĂ©jĂ  mis un coup de pression sur les partenaires sociaux pour aboutir vite sur cette question. 

Comme l’emprunt europĂ©en ne tombera pas avant la mi-2021, le gouvernement a donc disposĂ© d’un peu de temps supplĂ©mentaire pour s’attaquer Ă  la question. Mais ne nous leurrons pas : la contrepartie Ă  l’aide europĂ©enne (bien inutile au demeurant) s’appellera le retour Ă  l’Ă©quilibre des rĂ©gime de retraites. 

Jean Castex fourbit donc ses armes pour se préparer à cette  bataille explosive qui devra juguler un déficit galopant. 

Le diagnostic du COR dans les tuyaux

Commande est donc passĂ©e au Conseil d’Orientation des Retraites (COR) pour la mi-octobre, de calculer le dĂ©ficit prĂ©vu pour 2020 et 2021, en isolant ce qui relĂšve de la crise du coronavirus et ce qui relĂšve du “dĂ©ficit structurel”. 

On comprend incidemment que le Premier Ministre a l’intention (mais il n’a pas le choix, la raison europĂ©enne l’impose) de s’attaquer sans dĂ©lai (et probablement en abandonnant la rĂ©forme systĂ©mique adoptĂ©e en fĂ©vrier, dont nous avons toujours dit qu’elle ne serait jamais appliquĂ©e) Ă  ce dĂ©ficit structurel qui irrite tant nos partenaires. Tout le monde a dĂ©sormais les yeux rivĂ©s sur le compteur du dĂ©ficit structurel pour savoir quelle sera l’ampleur de l’effort demandĂ©. La rĂ©ponse tombera dĂ©but octobre, et dĂ©bouchera sans doute sur une concertation fulgurante avec les partenaires sociaux, dont on connait Ă  peu prĂšs l’issue : un relĂšvement de l’Ăąge de dĂ©part Ă  la retraite. 

Les scénarios sont déjà connus

L’avantage, sur le dossier des retraites, c’est qu’il est sans surprise ! On connaĂźt par avance (puisqu’elles ont Ă©tĂ© calculĂ©es des dizaines de fois) les diffĂ©rentes hypothĂšses qui permettent de “dĂ©gonfler” la baudruche du dĂ©ficit : soit on relĂšve les cotisations, soit on diminue les pensions, soit on fait partir les salariĂ©s plus tard Ă  la retraite.

FinanciĂšrement, cette derniĂšre hypothĂšse est la plus rapide, la plus efficace, la plus simple Ă  mettre en oeuvre. Il est Ă  peu prĂšs acquis que l’Ăąge de dĂ©part sera relevĂ© Ă  65 ans en 2021, la France continuant Ă  pratiquer un Ăąge de dĂ©part trĂšs bas par rapport aux voisins qui lui prĂȘtent de l’argent. Toute la question est de savoir si cette mesure suffira Ă  l’Union EuropĂ©enne. Nous rĂ©pĂ©tons que nous avons un doute majeur sur cette question. 

Les syndicats sur le pied de guerre

Il n’en fallait en tout cas pas plus pour allumer la mĂšche de la contestation. Les syndicats, qui connaissent par coeur ce dossier, sont d’ores et dĂ©jĂ  sur les charbons ardents. MĂȘme la CFDT a annoncĂ© qu’elle “s’opposerait vivement” Ă  un relĂšvement de l’Ăąge de dĂ©part ou Ă  un allongement de la durĂ©e de cotisations : “Nous ne voulons pas d’une mesure d’économie, fondĂ©e sur un changement de paramĂštre du systĂšme, dans le projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale 2021 : si une disposition de cette nature Ă©tait prise, nous la contesterions vivement.”

L’ambiance sociale en France devrait donc se tendre autour du 8 octobre. Si l’on ajoute Ă  ce contexte la forte probabilitĂ© d’un coup de tabac financier Ă  l’horizon du mois d’octobre, les ingrĂ©dients sont donc dĂ©sormais rĂ©unis pour que l’automne en France soit trĂšs agitĂ©. Le choix du calendrier pour les retraites, dĂ©sormais sous contrainte sauf d’avoir pris des mesures rĂ©alistes plus tĂŽt, constitue mĂȘme une faute politique. Ainsi va la classe politique française, Ă  force de ne pas rĂ©former dans les temps, elle se place toute seule dans un corner. 

Le risque rĂ©el d’une baisse des retraites

Pour le reste, la question Ă©ternelle de l’ampleur de la rĂ©forme continuera Ă  se poser. Suffira-t-il de faire partir les Français Ă  65, 66 ou 67 ans, ou de leur imposer 43 annĂ©es de cotisation pour rĂ©tablir les Ă©quilibres des rĂ©gimes ? Les syndicats en sont convaincus, mais nous continuons Ă  ĂȘtre parcouru d’un doute. Au minimum, il est probable que les retraites soient gelĂ©es pour quelques mois ou pour quelques annĂ©es en complĂ©ment des mesures d’Ăąge ou de durĂ©e de cotisations qui seront prises. Mais rien n’exclut que le gouvernement ne soit tentĂ© d’aller au-delĂ  en changeant les rĂšgles de calcul des retraites elles-mĂȘmes (par exemple en passant des 25 meilleures annĂ©es Ă  la totalitĂ© de la carriĂšre). 

Wait and see.  

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8 commentaires
  1. Si l’Ăąge lĂ©gal Ă©tait portĂ© Ă  65 ans, ça serait une bonne nouvelle, mais j’en doute. Pour que les retraitĂ©s actuels qui sont partis Ă  60 ans (ou mĂȘme avant) “participent” un peu Ă  une plus juste rĂ©partition des revenus, il faudrait aussi que les pensions soient gelĂ©es ou baissent pendant au moins 5 ans car elles sont trop Ă©levĂ©es par rapport aux salaires des actifs et Ă  ce que ces actifs pourront un jour percevoir comme pension.

    1. Laissons nos anciens qui ont construit ce pays crever de faim…
      Commençons par baisser les retraites de nos Ă©lus, hauts fonctionnaires et PDG qui touchent des millions de retraite chapeau mĂȘme quand ils ont coulĂ© la boĂźte dont ils Ă©taient salariĂ©s et on en reparle aprĂšs.

      1. il faut baisser drastiquement la retraite de tous nos inutiles : politiques, ponctionnaires et autres syndicalistes qui tous ont détruit la France.
        Les riches ce sont les ponctionnaires, les politiques et les syndicalistes qui se gavent depuis 80 ans sur la France depuis De Gaulle !!

  2. Certains sont partis plus tard, mais ont commencĂ© plus tĂŽt. Il ne faut pas cracher dans la soupe des autres en croyant amĂ©liorer le goĂ»t de la sienne. À force de tout tirer vers le bas il n’y aura plus de droit dans le monde du travail.

  3. Qu il commence pas faire une gestion de l immigration invasion, expulsé les clandestins, supprime les naturalisation, et faire la chasse à la fraude sociale, de l argent il vont en récupérer mais ces tellement plus facile de tapé sur le citoyen français qui travaillent

    1. en dehors des commerçants, artisans ou des industriels et des agriculteurs, qui travaille ??? : en réalité personne !!!!!!! les ponctionnaires ponctionnent, les politiques escroquent et tout cela sur le dos des agriculteurs et autres artisans qui crÚvent !!!

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