🎖Crise bancaire : combien faut-il laisser sur son livret A ?

Le livret A est-il un placement d’avenir ? Est-il menacĂ© par une Ă©ventuelle crise bancaire ? Combien faut-il laisser sur ce compte en attendant mieux ? Voici nos convictions sur le sujet. Mais souvenez-vous toujours de ce prĂ©cepte : vous ĂȘtes les meilleurs artisans de votre avenir, et vous ĂȘtes les mieux placĂ©s pour choisir. 

Le livret A est une sorte de fĂ©tiche dans la mentalitĂ© française. Il est le bas de laine qu’on aime bien remplir de billets au cas oĂč la tempĂȘte arriverait et qu’il faudrait un peu d’argent pour y faire face en urgence. Mais avec les risques de crise bancaire qui s’accumulent, vous ĂȘtes nombreux Ă  vous demander s’il faut le conserver, et quelle somme il faut y laisser. Voici nos pistes pour rĂ©flĂ©chir Ă  une rĂ©ponse Ă  cette question dĂ©licate.  

Le livret A au coeur des convoitises

Si les “en-cours” (c’est-Ă -dire l’ensemble des sommes placĂ©es sur ce type de livret) reste cinq fois infĂ©rieur Ă  ceux de l’assurance-vie (320 milliards sur les livrets A contre 1.600 milliards pour l’assurance-vie), le livret A reste un placement important dans la vie des Français. Il possĂšde plusieurs vertus, dont celui d’ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ© Ă  0,5% sans fiscalitĂ©, et d’ĂȘtre immĂ©diatement liquide. On peut donc aller retirer son argent Ă  tout moment. 

NĂ©anmoins, il prĂ©sente un certain nombre d’expositions Ă  des risques, totalement anecdotiques en temps de prospĂ©ritĂ©, mais qui prennent un peu de consistance par temps de crise. C’est pourquoi vous ĂȘtes nombreux Ă  demander s’il s’agit encore d’un placement sĂ»r. 

L’État mobilise l’argent du livret A pour la relance

Le livret A constitue un tel matelas de sĂ©curitĂ© pour le pays, que le gouvernement a pris l’habitude de s’en servir comme d’un rĂ©servoir (remboursable, rassurez-vous) pour ses bonnes oeuvres. DerniĂšres idĂ©es en date : mobiliser 1 entre 5 et 10% des en-cours pour financer la relance. En l’espĂšce, il s’agit d’utiliser bon an mal an 25 milliards pour financer des investissements dits d’avenir, supposĂ©s rapporter un jour de l’argent. 

Dans la pratique, la rĂ©alitĂ© est souvent un peu annexe : l’État a besoin de quelques milliards par-ci par-lĂ  pour financer des projets d’investissement, et il mobilise sans recourir Ă  l’emprunt de l’argent qui dort sur des comptes pour les financer. C’est dire si la confiance du gouvernement est grande vis-Ă -vis des bas de laine des Français. 

Le livret A, c’est un avoir bancaire !

Dans tous les cas, il faut se souvenir que le livret A est un avoir bancaire. Pour ceux qui s’angoissent sur l’impact d’Ă©ventuelles dĂ©faillances bancaires sur leur Ă©pargne, il ne faut donc pas se voiler la face : dans l’hypothĂšse (peu probable, disons-le et redisons-le) d’un scĂ©nario catastrophe oĂč tout serait balayĂ© d’un coup, l’argent de votre livret A serait donc vraisemblablement perdu, au moins en partie, pour des raisons techniques que nous avons dĂ©jĂ  expliquĂ©es. 

Mais il faut ici se montrer raisonnable : pour qu’un scĂ©nario-catastrophe de ce genre se rĂ©alise, il faudrait que la BCE prenne l’eau, et que la crise atteigne des banques françaises sans que l’État ne puisse garantir les sommes placĂ©es, etc. VoilĂ  beaucoup de conditions pour une seule crise qui nous amĂšne Ă  affirmer que la probabilitĂ© pour qu’un tel scĂ©nario ne se rĂ©alise est infĂ©rieure Ă  10%, et mĂȘme Ă  5%.

Livret A et rendement

Le vrai problĂšme du livret A tient Ă  la modestie de son plafond : 22.950€. Dans la limite de cette somme, vous percevez vos 0,50% annuels d’intĂ©rĂȘt, soit Ă  peine plus de 100 € par an, qui ne risquent pas de vous nourrir. Avec un taux d’intĂ©rĂȘt minimaliste, vous ĂȘtes certes au-dessus des taux directeurs de la Banque Centrale, mais vous pouvez d’emblĂ©e renoncer Ă  tous vos rĂȘves de prospĂ©ritĂ© ou de rente. 

Pour dĂ©gager un SMIC mensuel avec les intĂ©rĂȘts de votre livret A, il vous faudrait Ă  la louche une bonne centaine de livrets A dissĂ©minĂ©s dans cent banques diffĂ©rentes. Autant dire que nous sommes loin du compte…

L’enjeu sur votre livret A est donc d’arbitrer entre la juste mesure d’une faible Ă©pargne de prĂ©caution (Ă©gale Ă  quelques mois de salaires) qui sert en cas de coup dur inattendu, et l’ambition d’amĂ©liorer son sort, qui semble trĂšs loin de l’objet mĂȘme du livret. Si votre objectif est d’arrĂȘter de travailler pour vivre des revenus de votre Ă©pargne, le livret A n’est pas le bon placement. Si vous faites Ă  lui, c’est vraiment pour parer au plus pressĂ© en cas de difficultĂ©. 

Pour l’instant, pas de crainte majeure

Comme le livret A est largement un placement de prĂ©caution, on peut penser qu’en cas de difficultĂ© systĂ©mique, le gouvernement hĂ©sitera beaucoup avant de faire payer les Ă©pargnants qui ont misĂ© sur ce produit. Politiquement, en effet, il paierait le prix fort en s’attaquant Ă  ce dispositif connu comme le loup blanc, et dans lequel les Français ont confiance. On peut mĂȘme penser que le livret A sera le dernier outil mis Ă  contribution en cas de crise bancaire gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Cette rĂ©ticence tient Ă  la conviction (juste) qu’en privant les Français de leur Ă©pargne de prĂ©caution, la France entrerait dans une aventure politique oĂč plus personne n’aurait rien Ă  perdre. 

Le moment ne semble donc pas venu de sacrifier son livret A, mais il faut toujours penser à diversifier son patrimoine. 

Ne manquez pas notre prochain rendez-vous sur les autres livrets bancaires. 

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