Le pass sanitaire, ce flash totalitaire entre novlangue de Big Brother et Great Reset

La mise en place du pass sanitaire donne lieu à un magnifique flash totalitaire provoqué par Emmanuel Macron. Dans ces moments où la démocratie cède brièvement la place à des mesures autoritaires illibérales, la propagande d'Etat donne dans la novlangue à la Big Brother de 1984. Ce qui est liberticide devient libérateur, et ce qui est libérateur est dénoncé comme une menace. Toute la question (non résolue à ce stade) est de savoir quel emprunt Macron et la Commission Européenne font au Great Reset de Davos pour se rallier à cette mesure fondamentale du capitalisme de surveillance prôné par Schwab.

Le pass sanitaire illustre à merveille ces moments de la démocratie qu’on peut appeler des flashs totalitaires: sans modifier l’état général du droit, le pouvoir décide soudain de ne plus le respecter et d’imposer une mesure totalement illégale en utilisant toutes les armes dissuasives du pouvoir : la contrainte, l’intimidation, la corruption. Une petite mise en perspective des différentes étapes de ce dossier emblématique permettra de mieux le comprendre. 

Le pass sanitaire venu de nulle part

L’affaire a commencé le 29 avril dans un entretien à la presse régionale où Emmanuel Macron annonce les mesures de déconfinement qui entrent en vigueur le lundi suivant… et il ajoute, dans une impressionnante démonstration de novlangue : 

Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. Par contre, dans des lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions, il serait absurde de ne pas l’utiliser.

Traduction : on ne différencie pas les Français tout de suite, sauf dans les lieux de rassemblement. Ne pas le faire serait “absurde”. Quelle idée au juste serait absurde ? Celle de ne pas différencier les Français ? On le comprend en creux, mais dans la novlangue du “en même temps” tout et son contraire sont dits en permanence : en réalité, le Président de la République saute à pieds joints dans un monde où l’accès aux lieux publics est subordonné à l’affichage de ses données de santé. Les malades sont exclus, et seuls les bien portants sont supposés avoir une place dans le groupe. 

Et Emmanuel Macron termine son intervention par ces phrases emblématiques de la propagande totalitaire :

C’est juste et ça ne fracturera pas le pays. Ce sera un outil supplémentaire pour assurer la protection des Français. 

On retrouve ici tous les mots-clés qui ne cherchent pas à convaincre, mais qui imposent une vision du monde pré-fabriquée aux “citoyens” : le pass sanitaire est juste, il ne fracture pas le pays et il protège les Français. 

Un flash totalitaire au Parlement

Aussitôt dit, aussitôt fait, ou presque. L’interview est publiée le 29 avril, c’est-à-dire un jeudi et, dès le lundi suivant, le gouvernement intègre la proposition d’un pass sanitaire dans le projet de loi mis en discussion à l’Assemblée Nationale sur la “sortie de crise”. Les esprits lucides noteront que, là encore, lorsque le gouvernement évoque la “sortie de crise”, il faut comprendre le sens de la novlangue qui désigne en réalité le maintien des mesures liberticides au-delà de la crise. 

Voici la description de l’enchaînement des événements donnée par le député républicain Philippe Gosselin :

Le pass sanitaire, par exemple, nous a été présenté du jour au lendemain, deus ex machina , le 3 mai, quarante-huit heures avant l’examen du projet de loi en commission des lois et, bien sûr, sans que le Conseil d’État ou qu’aucune organisation ou autorité indépendante ne se soit prononcé.

Voilà donc une mesure légale qui restreint les libertés, parachutée dans la loi sans avis préalable du Conseil d’Etat, et finalement adoptée le 12 mai au soir. Soit un délai record pour une disposition fondamentale dans la pratique de nos libertés. C’est précisément ce qu’on appelle un flash totalitaire, un passage en force en dehors de nos libertés. 

La justification sanitaire ne tient pas

Officiellement, il s’agit de protéger notre santé. C’est le propre de la novlangue totalitaire, on ne viole pas les libertés pour abuser du pouvoir, mais pour protéger ceux qu’on enferme ou qu’on exclut. Rhétorique bien connue. 

Sauf que, consulté en urgence, le Conseil Scientifique ne va guère apporter de l’eau au moulin du gouvernement. Voici ce qu’il écrit, dans un avis rendu le 3 mai sur la question du pass sanitaire :

Le Conseil scientifique estime que le pass sanitaire, utilisé de manière temporaire et
exceptionnelle, peut permettre à la population une forme de retour à la vie normale en
minimisant les risques de contamination par le virus SARS-CoV-2. Son usage peut s’inscrire
dans une démarche citoyenne de renforcement des capacités et du pouvoir d’agir des
individus (empowerment) face à l’épidémie tout en prenant en compte la protection de
l’usage des données personnelles.

On s’amusera de l’obsession de la novlangue à tous les étages du pouvoir. Ainsi, instaurer un pass sanitaire serait un “renforcement du pouvoir d’agir des individus”… Il fallait l’oser celle-là. 

Mais, même en versant dans la novlangue, le conseil scientifique montre ses réserves sur les mesures, puisqu’il prétend que le pass “peut permettre” une forme de retour à la vie normale, à condition qu’il soit “temporaire et exceptionnel”. On ne pouvait pas faire plus prudent, et mieux marquer sa défiance vis-à-vis d’une mesure imposée par un Président à qui l’on ne peut manifestement plus dire non explicitement. 

Problème : le pass sanitaire prévu par la loi, et présenté par Olivier Véran à la commission des lois, n’est ni temporaire, ni exceptionnel : il devrait être gravé dans le marbre, même une fois la pandémie vaincue. Nouveau signal totalitaire, donc : on consulte un “corps intermédiaire” en urgence, et on outrepasse son avis. 

Le passage en force au Parlement

Nous avons largement relaté dans nos colonnes les péripéties d’un texte désormais très polémique où Olivier Véran a ouvertement méprisé le Parlement, jusqu’à mettre le texte en minorité. Finalement adopté après un marchandage serré avec le MODEM, dont toutes les contreparties ne sont pas connues, là encore, le flash totalitaire a donné sa mesure. 

Le groupe LREM ne dispose en effet plus d’une majorité absolue, et le gouvernement a dû céder à un marchandage pour faire passer un texte minoritaire. Là encore, on voit comment les mécanismes démocratiques sont tordus dans tous les sens pour faire adopter cette mesure liberticide. 

Un avis de la CNIL qui nourrit la défiance

Nouvelle étape mercredi, lendemain de l’adoption du texte en première lecture par l’Assemblée Nationale : la CNIL se prononce en urgence. Et elle manifeste les mêmes réticences que le Conseil Scientifique vis-à-vis d’une aventure imposée au forceps. 

Là encore, le flash totalitaire fait son oeuvre. Cet avis essentiel, qui souligne les difficultés du pass sanitaire au regard de la démocratie et des libertés, est rendu le lendemain de l’adoption du texte par l’Assemblée… Et l’avis comporte des phrases comme celles-ci :

La CNIL met en avant, dans son avis, l’importance d’assurer l’inclusion de l’ensemble de la population dans le dispositif afin d’éviter tout risque de discrimination, en raison de l’état de santé mais également en raison de la capacité d’accès et d’usage des outils numériques telle que l’application TousAntiCovid.

Il y aurait donc un risque de discrimination ? Mais on se souvient que, le 29 avril, le Président avait affirmé le contraire sans mollir. Il aurait donc menti ?

Macron met en place le Great Reset en France

Pour quelle raison Emmanuel Macron se risque-t-il à un tel flash totalitaire à un an de sa possible réélection, sur un dossier aussi sensible ? Pour l’instant, peu de Français ont compris l’impact que cette mesure aura sur leur vie quotidienne cet été, ce qui explique le calme relatif de leur agacement. Mais l’obligation de montrer des données de santé à un vigile venu d’on ne sait où cet été dans les grands rassemblements risque de susciter pas mal de controverses. 

Pourquoi prendre autant de risques, à l’unisson de ce que fait (ou essaie de faire) la Commission Européenne sur ce sujet ?

Quand c’est flou, on le sait, c’est qu’il y a un loup… Et le loup, nous savons tous quel il est. Il est exposé dans le Great Reset de Klaus Schwab, le fondateur du Forum de Davos. Les technostructures européennes sont bien décidées à utiliser la pandémie pour imposer des mesures durables de surveillance généralisée des populations, en violation de la démocratie, au nom de la protection sanitaire. C’est ce qu’on appelle le capitalisme de surveillance, qui passe par un traçage des populations au moyen des technologies nouvelles. 

Face à ce projet public, conscient et organisé, les mécanismes libéraux de protection comme la CNIL semblent bien faibles.  

Abonnez-vous à notre newsletter Rester libre !

La quotidienne gratuite

Rester libre !

Pour échapper à la dictature sanitaire, une newsletter énergisante chaque matin dans votre boîte mail

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

310 Shares:
5 commentaires
  1. Je suis embêté par votre expression “flash totalitaire”. Elle me paraît particulièrement inadaptée à ce que nous vivons depuis un an.

    Il ne s’agit pas de flashs mais plutôt d’un stroboscope ou d’un projecteur de DCA qui brille nuit et jour. Quelque chose comme ça :

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/54/Bundesarchiv_Bild_183-1982-1130-502%2C_N%C3%BCrnberg%2C_Reichsparteitag%2C_Lichtdom.jpg

    Un “grignotage totalitaire” serait plus adapté.

    Bon, vous faites bien comme vous voulez 🙂

  2. Ceux qui ne comprennent pas comprendront lorsqu’on leur demandera de se refaire vacciner tous les 6 mois (durée prévue de chaque injection par bigPharma) et que cela mettra le boxon dans leurs prévisions de week-ends/vacances. Mais il sera trop tard. Reste à voir jusqu’où ils iront pour l’usage de ce pass, type l’accès aux denrées alimentaires ou l’usage des routes. Mais c’est sûr, la discrimination est en route ainsi que l’ostracisme. La fracture de la société entre de souche et allogènes, puis super riches et le reste, puis fonctionnaires et les autres se poursuit par la séparation à venir entre vax et novax. ils sont forts je dois dire. Jusqu’à quand?

  3. Eric vous écrivez:
    “Pour quelle raison Emmanuel Macron se risque-t-il à un tel flash totalitaire à un an de sa possible réélection, sur un dossier aussi sensible ?
    Mais Eric, la question elle est vite répondue !
    Parce que MICRONCESCU sait très bien (analyse des comportements) que les Français, comme vous dites, s’ils n’ont pas bougé en 2020, ni dans ces premiers mois de 2021, c’est qu’ils (la masse) ne bougeront jamais !

    Et vous êtes bien gentil avec les Français quand vous écrivez “Pour l’instant, peu de Français ont compris l’impact que cette mesure aura sur leur vie quotidienne cet été…”. Car vous pensez qu’une population lobotomisée, merdiatisée à outrance, intellectuellement faignante, est capable de réfléchir, d’avoir son libre-arbitre et donc de comprendre ? Surtout quand sa seule obsession est de consommer, consommer et de partir en vacances en “all inclusive” et ensuite de s’en vanter au retour lors des “soirées ambassadeur” où la principale question qui tourne en boucle est “Et vous, où êtes-vous parti(s) cet été ?”

    Quant à “…ce qui explique le calme relatif de leur agacement”, il faut citer je pense le Général De Gaulle “les français sont des veaux !” Et les veaux ne sont pas des lions et se soumettent généralement sans peine. Ensuite quand ils deviennent adultes ils ruminent.
    Et en général ils finissent tous à l’abattoir !

  4. L’escroquerie aux libertés était très visible dès le départ et de plus, dans le projet original, le quota avant obligation d’arborer l’étoile jaune vaccinale était prévu à 5,000 personnes et ne devait passer à 1,000 que fin juin, voire en fin d’été.
     
    Reste à voir sa réception, car s’il est certain que, comme le dit l’article, les gens ne réalisent pas vraiment ce qui les attend actuellement, leurs réactions seront déterminantes quand ça sera (enfin) le cas – la meilleure des choses serait qu’il soit complètement ignoré par tout le monde (difficile, vu la densité de délateurs dans ce pays), l’une des moins mauvaises serait que les gens refusent de se rendre à tout évènement le nécessitant, ce qui n’est pas impossible (esprit Gaulois ou comme on dit maintenant, r/maliciouscompliance) – l’intéressant dans cette seconde solution, c’est que s’il y a assez de délateurs et de petits kapos pour porter le pet dès que quelqu’un osera déroger à cette loi débile (pléonasme made in france), il ne seront jamais assez pour remplir efficacement les caisses.
     
    Reste LE problème principal, qui n’a pas été abordé dans l’article, pourquoi les autres pourritures n’étaient-elles pas présentes dans l’hémicycle au moment des votes, bien qu’aillant piaillé comme des harpies et jacassé comme des pies à ce sujet, si ce n’est pour avaliser silencieusement ce qu’elles savent pertinemment être une mesure totalement liberticide !?!
     
    Comme toujours, l’Histoire jugera et il y a fort à parier qu’elle ne sera pas plus tendre avec ceux-ci qu’avec les autres margoulins corrompus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer