Macron répond par le mépris au malaise de l’abstention

Alors que l'abstention a atteint des niveaux proches d'une crise politique majeure, Emmanuel Macron semble ne pas prendre la mesure du phénomène et oppose un mépris souverain au désaveu profond dont les institutions et son propre parti font l'objet. Pour l'instant, seuls quelques membres de la majorité ont laissé percer leur inquiétude. Le Président, quant à lui, utilise la méthode Coué pour se convaincre que la situation n'est pas si grave et que l'avenir lui appartient encore.

L’abstention record et les résultats calamiteux de LREM dimanche ont provoqué, chez Emmanuel Macron, une impressionnante réaction de mépris et une recherche du divertissement qui laissent perplexe sur la crise que le pays traverse. Si l’abstention n’a jamais pris de telles proportions dans un scrutin “institutionnel”, jamais aucun président de la République ne s’est montré aussi incapable de réagir de façon appropriée à un tel phénomène. 

Macron dans le déni face à l’abstention

L’agenda d’Emmanuel Macron ce lundi est déjà un terrible aveu d’une impuissance à réagir face à la crise. Le matin, le Président de la République s’est rendu à la Samaritaine pour inaugurer de façon inattendue les travaux financés par Bernard Arnault depuis 16 ans. Cet apport aux bonnes oeuvres du richissime industriel partait peut-être d’un bon sentiment. Mais on peut imaginer que beaucoup de Français, témoins de cette attention pour l’un des grands de ce pays, en prennent ombrage quand, le même jour, le Président n’a pas un mot d’empathie pour les Français qui viennent d’exprimer leur malaise. 

L’après-midi, Emmanuel Macron a continué dans la provocation en recevant le chanteur pour adolescents Justin Bieber pendant une heure à l’Elysée. Cette rencontre avec épouses a permis de parler écologie, parait-il. 

Et toujours pas un mot pour le petit peuple qui a fait sécession.

Grondements dans la majorité

Dans ses propres troupes, le Président de la République entend sans doute des grondements. Selon le Canard, Clément Beaune, le ministre propre sur lui des Affaires Européennes a reproché au délégué général d’En Marche, Stanislas Guérini, de ne pas prendre la mesure du rejet dont les marcheurs sont l’objet. On peut donc être un Macron’s boy et lucide sur (une partie au moins de) l’opinion et de son état. 

Il est vrai que, dans le rejet global de la caste politique qui s’est exprimé dimanche, le parti présidentiel occupe une place de choix. 

Il semblerait que Richard Ferrand ait lui-même tendance à alerter sur la situation, constatant, dixit Politico, que l’absence de notables au sein du parti lui joue désormais un vilain tour. Absence de notables ? ou présence excessive de cyniques, comme celle de Thierry Solère, présentée comme le briseur de droite ?

Dupont-Moretti appelle à voter Xavier Bertrand

Encore tout ce petit monde n’a-t-il pas engrangé les effets des spectaculaires appels à voter Xavier Bertrand qui vont fleurir au sein de la majorité LREM. Car, pour faire barrage au Rassemblement National, ceux qui avaient pour mission de barrer la route à Bertrand doivent désormais appeler à voter pour lui. 

C’est le cas de Dupont-Moretti, qui a commencé la séance d’humiliation publique des marcheurs, en compagnie de la tête de liste Pietraszewski. Ce retournement digne de l’opéra-bouffe risque de montrer à Emmanuel Macron n’est pas arrivé dimanche dernier. Il peut arriver dimanche prochain. 

Mais le Président est-il capable de l’entendre ? ou méprise-t-il trop la réalité ?

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16 commentaires
  1. « Dieu est parmi nous » réagit ainsi car il espère proroger son essence politique « firmamentesque » au-delà des institutions françaises et des élections qui les organisent. « Élections, piège à cons ! » et « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient » sont un aphorisme bien connu dans ces hhautes sphères technocratiques… Il se rêve en Reine d’Angleterre gérant ses mignons à l’hymne du « never complain never explain ». Il rêve à ce règne dynastique millénaire qu’il tente d’organiser car il a, croit-il, 40 années de vie politique devant lui. Voyant ses homologues internationaux – Chine, Russie, Allemagne – organiser la constitution de leur pays autour de leur auj=guste personne, il se dit « Pourquoi pas moi ? «

    « Après tout, hein Brizit, les snippers, c’est moi qui les ai, hein ! »

    Sauf que le Bas Peuple, lui, la base gilet jaunie quoi ! il tient absolument à ses institutions qui sont garantes de ses droits et de ses devoirs lui garantissant – il se battra pour cela jusqu’à la mort – l’égalité devant la loi avec les puissants. Et quand bien même un violeur sofitelien de la haute s’en sort avec les dizaines de millions de $ de l’héritière du collectionneur des Picasso, son abjecte réputation emplâtre désormais son visage de mort-vivant. Et ce n’est que justice, divine celle-là ! Et qu’il faudra lui passer dessus, le Peuple, si le mignon sommital se pensant emmanché comme Saint Michel au sommet du Mont veut s’en passer, du Peuple…

    D’ailleurs, la photo de cette inauguration parisienne emblématique est révélatrice du malaise d’époque.
    Bras dessus bras dessous au milieu de plantes plastifiées de maison de retraite et d’un public godillot muselé sur étalage, un locataire hors sol du 55 n’ayant pas payé ses derniers loyers au peuple propriétaire, soliloque silencieusement dans le désert de leur commune solitude avec à ses côtés un milliardaire récemment satellisé en orbite, croyant être l’homme le plus riche de la planète alors que 90% de sa fortune est une bulle spatiale qui n’attend plus que le coup de canif de la conjoncture ou la rencontre d’un débris de fusée pour exploser.

    Beau spectacle pyrotechnique en perspective.
    Le 14 ? Je ne lis pas dans le marc de café.
    Comme disait Chichi, « tout cela va faire pshiiiittt ! »
    Et tant mieux.

    Ils ont des brioches, mais nous en province, on a la bouffe, on la contrôle, on la possède, on la cultive. On a tout, il ont rien. Ils sont rien, ils ne sont pas, les blablateurs de prompteurs, des « activités essentielles », spa ! Pas certain que l’approvisionnent des temps de disette qui s’annoncent dépassent cette fois-ci le Mur des Fermiers Généraux… Pas certain que les réfugiés sur les routes soient cette fois-ci reçus comme des princes avec leur monnaie de singe ! Le Bitcoin, ça se mange pas, ça ne s’échange pas contre un pot de rillettes.

    Au moins, la Reine elle, avec la perspective du temps laissée par son ascendante homonyme sur le trône, a acquis l’intelligence agricole de Balmoral et son approvisionnement dantesque. N’est pas Prince de Sang qui veut.

    Nous vivons une époque formidable où des « grenouilles veulent se croire plus grosses que le bœuf. »

    1. Je ne pense pas, tout simplement parce qu’il a dit la vérité en expliquant qu’avant, il ne faisait pas de poliotique et qu’après, il n’en ferait plus – il brûle donc le terrain sous son piédestal ses pieds sans absolument aucune con-sidération pour ce qu’il adviendra du pays après son règne (et déjà pas beaucoup pendant.)
       
      Ceci explique également pourquoi la “réforme” des retraites re-pointe son nez dans l’encoignure de la porte, il n’en a strictement rien a foutre et, ne serait-ce que par orgueil, tentera d’imposer les pires choses aux autres jusqu’à la dernière minute d’avant son éviction du trône.
       
      De plus, lui comme sa clique sont tellement pressés de laisser ce qu’ils considèrent comme leur empreinte dans l’histoire que tout est systématiquement fait à l’arrache, comme la “réforme” des assurances chômage, qui vient d’être stoppée net par le conseil d’état ou l’étoile jaune sanitaire, qui se voit attaquée par la quadrature du net en référé-liberté, puisque le barcode ne contient _que_ des informations privées EN CLAIR, qui sont de plus soumises au RGPD (nom, prénom, date de naissance, dates d’injections, nombre d’injections, molécule injectée, nom du vaccin, date de délivrance de l’étoile jaune, etc – à cet égard, visionnez cette excellente vidéo de 22′ qui vous explique tout d’une façon limpide : https://www.youtube.com/watch?v=0qNf71I2_UY )
       
      Arrivé à ce point et vu la merde dans laquelle nous nous trouvons, la seule chose qui puisse encore avoir une chance de sauver ce pays et ses habitants, c’est qu’un homme couillu, ayant la tête sur les épaules, une volonté sans faille et par dessus tout, l’amour de son pays, se dresse sous peu (oui oui, l’Homme providentiel !), sinon, dans moins de 48 mois, la france entrera dans un dépeçage en règle auprès duquel celui de la Grèce fera figure de petit test – la seule autre solution étant qu’une sanglante guerre civile éclate.

      1. Un faisceau de moult hypothèses proposent en permanence les arcanes du futur. Il se réalisera à la conjonction de celles-ci.

        Comment peut-on savoir dans quelle direction et sous quelle forme va finir ce magnifique nuage ? Vision à 3 minutes (certitude), 3 heures (quasi certitude), 3 jours (doute raisonnable), 3 semaines (incertitude tempérée), 3 mois (incertitude totale), 3 ans(cartomancie), 30 ans(écologistes), 300 ans(Nostradamus).

  2. Il ne peut pas faire autrement que de mépriser la France et les Français, c’est dans sa nature.

    Il est l’élu des gens qui méprisent la paternité, la patrie, l’héritage, la culture, en résumé, la France. Et c’est profondément conforme à son être.

    1. Exact, et en plus la photo et le choix de ses invités en disent plus long qu’un grand discours, ce sale type est franchement imbuvable .

  3. Le « gamin » s’amuse !
    En bon narcissique qu’il est, il ne peut se montrer inquiet du « triste pépin de la réalité ».
    La photo est marrante : on dirait que seules les femmes ont conscience du désastre annoncé ! 😊

  4. Je suis surpris de voir tant de commentateurs surpris. La campagne électorale a été confisquée par des joutes nationales entre partis qui n’ont rien à voir avec les enjeux des scrutins. Donc comme prévu, personne n’ayant compris les projets qui se présentaient aux votes des citoyens, ils ne sont pas allés voter. Pas plus de mépris que de révolte, juste des citoyens cohérents qui n’éprouvent aucun intérêt pour des marques politiques qui sont comme d’habitude hors sujet pour gérer les prérogatives des régions et des départements selon des règles dictées par l’Etat.
    D’un point de vue pratique, Bertrand et Wauquiez ont l’image de bons présidents de région. C’est suffisant en soi et on se moque de leur marque politique.
    Il est donc inutile de se lamenter pour LREM ou le FN ou de pérorer pour LR ou le PS. Cela ne préjuge en rien des échéances nationales qui sont d’une nature toute différente.
    Dans une contexte où les présidents de région donnent plutôt satisfaction, personne n’a vraiment envie de changer. La principale erreur des marques politiques et non la moindre, est d’avoir voulu bêtement politiser ce scrutin. Si on est content du job de Wauquiez ou de Delga, on se moque de l’appréciation qu’on a sur la politique de Castex.
    Pour conclure et envisager les vacances qui approchent sous de meilleurs auspices, j’ai apprécié la démarche de Luc Bronner dans le média subventionné qu’on appelle Le Monde. Je crois qu’il est important de parler aussi de la France heureuse, la majorité heureuse, qui travaille avec envie, qui vit dans un cadre sympa, qui envisage la planète avec confiance et comme son terrain de jeu naturel. En France, il n’y a pas que des cités pourries, des gilets jaunes braillards, des black blocks déjà aigris à 25 ans, des bolchéviques à poil dur qui rêvent d’un passé révolu, des écolos punitifs verts pastèque, des vieux cons pisse vinaigre, …

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/06/08/la-france-heureuse-la-france-qui-va-bien-et-si-c-etait-elle-la-majorite-silencieuse_6083277_823448.html

    1. On ne peut que partager votre avis. Il y a bien une France heureuse, mais celle que vous décrivez n’est pas majoritaire. Et à minima elle fait partie de celle que définissait si bien le marquis de Sade : « L’univers est plein de statues organisées, qui vont, qui viennent, qui agissent, qui mangent, qui digèrent, sans jamais se rendre compte de rien. »

      1. J’ai hésité à mettre un point d’interrogation après majorité. Finalement, non ! Même si nous sommes des éternels insatisfaits, quand on fait le bilan, que voudrions nous concrètement de plus ? Qui envions nous vraiment ? Nous vivons librement et confortablement et si nous nous voulons tous changer nous le pouvons si nous en avons le courage. En fin de compte, l’objet de notre courroux apparait bien futile et byzantin.
        Pour couronner le tout, les indépendantistes catalans, condamnés à 13 ans de prison pour avoir organisé un vote sont libérés. La vie est belle. Visca Catalunyà lliure.

    2. Oui mais le journaliste, et l’article du journal local parisien affublé du titre usurpé « Le Monde » que vous citez, parle d’un département que je connais bien, c’est celui du berceau de ma famille et de ma naissance, la Mayenne.

      Il est étonnant que ce journal ex du Bd des Italiens, qui a légué sous Hollande l’occupation de son immeuble cadre historique au Parquet National Financier des amis magistrats de l’ex du 55, intimité médiatico-politico-juidiciaire qui lui a permis de torpiller la campagne 2017 de François Fillon (sarthois taiseux mâtiné mayennais) sous les meilleurs auspices du Cabinet Noir de l’Elysée dirigé par Jean-Pierrre Jouyet et leurs amis énarques de Bercy au bénéfice du poulain Macron, il est étonnant donc que ce journal dit « de gauche » vante une France provinciale « qui va bien » alors que les valeurs traditionnelles de cette France provinciale montrée en exemple sont aux antipodes du discours classique de ce journal parisien représentant d’une minorité de la population Française, les bobos du cru.

      Il n’y a pas si longtemps, cette Mayenne, cette Sarthe, ce Maine où l’on travaille traditionnellement beaucoup depuis toujours, était montré du doigt comme « la France profonde » qu’on hait par suffisance corporatiste des beaux quartiers capitaux, la France des ploucs, la France des poulets et des volailles, la France des cochons et des vaches, c’est à dire pour Paris, la France du fumier et du lisier. C’est aussi une France de la technologie de pointe, mais qui travaille au lieu de l’ouvrir pour un oui ou pour un non.

      Car qu’est-ce qu’il y a de plus éloigné de la culture bobo que le département de la Mayenne, que la Sarthe, que le Maine ? Certes on est ici à 55 minutes de TGV de Montparnasse. La presque banlieue, mais verte. Sans les Verts parisiens !

      Pourquoi est-on heureux en Mayenne ?
      – le grand air, l’absence de stress, pas 2-3 heures de transports quotidiens pour aller travailler !
      – on travaille traditionnellement beaucoup de père en fils, de mère en fille ;
      – la Mayenne est e premier département de France pour le paiement de l’impôt qui avoisine les 98% (de mémoire) ;
      – c’est un département où l’on triche peu, dont les structures départementales ne sont pas ou peu déficitaires, où l’on paie beaucoup d’impôts, un revenu moyen par habitant assez élevé (logique du travail) ;
      – département où l’on respecte les traditions familiales et les codes familiaux ;
      – département très attaché à la propriété foncière, à la liberté, au bon sens hérité de la paysannerie (départements chouans) ;
      – département où la divortialité est faible ;
      – département à très faible taux de syndicalisation car le premier facteur culturel est le travail, la qualité du travail ;

      Vous comprendrez alors pourquoi beaucoup d’usines et d’artisans mayennais sont très recherchés sur le marché national voire mondial ! Travail bien fait, conscience professionnelle très au-dessous de la moyenne nationale ; la triche, le vol et le mensonge ne sont pas dans l’ADN des habitants du Maine. Les 35 heures, connais pas !

      Tout le contraire du logiciel socialiste solférinien qu’a toujours défendu le journal local parisien dit « Le Monde » !

      Le bonheur est dans le pré…

      Le journal local parisien dit « Le Monde » m’a déçu dans cette histoire, ils auraient pu titrer : « Vivent les ploucs ! » Et que savent-ils des Gilets Jaunes, ces plumitifs qui n’outrepassent jamais les frontières de leur arrondissement ?

      1. “La verte Mayenne” et pour cause il y pleut tout le temps. A tout prendre dans les départements bosseurs je préfère le Doubs, le paysage est plus varié.
        On ne dit pas le Monde, journal local parisien,on dit “le quotidien de référence”

  5. Que dire à cela, à part que c’est le propre des malades mentaux en général et des pervers narcissiques en particulier que de ne jamais prendre en compte les avertissements qui leurs sont adressés – les bobos ont cru qu’ils élisaient leur président, alors qu’ils ne faisaient que sauver un pov’type de l’asile qui, mis mal à l’aise par ce changement, a décidé de transformer son propre pays en gigantesque… asile et ceci, dans tous les sens du terme.

  6. Je pense que ce type n’a rien à foutre de la France et a des visées bien au dessus..Nous le retrouverons à l’Europe avec les mondialistes. La petite France est trop inférieure pour ce personnage…Il vaut mieux qu’il parte, avant qu’il ne soit trop tard il a fait assez de dégâts. Le peuple n’a jamais voté pour lui.

    1. Même l’Europe est un objectif minable pour un tel CV voué à la panthéonisation ! Il avait d’emblée mis la barre céleste avec son positionnement planétoïde. Le Roi Soleil lui fait désormais de l’ombre…

      Les hôpitaux psychiatriques sont remplis de Napoléon et de De Gaulle. La famille est responsable de ne pas l’avoir mis en consultation plus tôt. S’il n’y avait eu que des Lego cassés après les crises de démence, mais il y a des dizaines de milliers de morts, et des morts assassinés pour cause d’interdiction d’exercer la médecine…

      Les précédents cas, c’était à Auschwitz, au Goulag, au Laogaï.

  7. Après moi le déluge. Maxime reprise à l’envie par Louis XV. Il va falloir d’abord savoir, et ensuite nager avec résistance et s’occuper à survivre avant de peut-être pouvoir revivre.

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