Pénurie de main d’œuvre et hausse des bas salaires, réflexions après une petite enquête

Par Bertrand Nouel (IRDEME EPLF) La période électorale fait fleurir de tous côtés les propositions politiques de hausse des bas salaires. Propositions censées aussi remédier à la question très actuelle de la pénurie de main d’œuvre rencontrée par les entreprises. Et comme le politique ne sait qu’établir des règles uniformes et universelles, ces propositions se résument à la hausse du smic. C’est pour nous une erreur démagogique, opinion dans laquelle nous sommes confortés par la petite enquête à laquelle nous nous sommes livrés.

1.Une enquête, petite mais probablement significative

Nous sommes dans le bassin d’emploi de Saint Malo (agglomération de 84.000 habitants), lieu touristique et aussi très fourni en résidences secondaires de Rennais et Parisiens.

–   Il y a cinq ans, le tenancier du café d’une commune mitoyenne, couple âgé sur le point de prendre sa retraite : « veulent rien foutre, les jeunes…il faut tenir à 2, ma femme et moi, 6/7 jours sur 7 ». Ils ont réussi à vendre leur fonds à un couple jeune, mais toujours pas d’employé. Vivent sur le tabac, le bar et la télé qui diffuse les courses…
–   Il y a 3 ans, un restaurant très bien placé, excellent rapport qualité-prix, lui aux fourneaux, elle en salle, qui se plaint amèrement de ne trouver aucun employé saisonnier malgré des annonces passées partout, et ajoute que c’est le même problème pour tous les restaurateurs de la région. En cause les horaires de travail : « il faut travailler le dimanche ? Désolé, suis pas intéressé ».
–   En ce moment, le jardinier. Solide gaillard de 35 ans, a repris l’affaire de son père, croule sous le travail (comme ses autres collègues), 2 employés. Mais pourquoi n’embauchez-vous pas, lui dis-je ? Ne m’en parlez pas, ils ne veulent pas travailler, le font mal, trouvent que c’est trop dur, je suis obligé de leur apprendre le travail et après ils partent…
–   Il y a quelques jours, un modeste restaurant, excellent rapport qualité-prix mais assez mal placé. Encore une fois le patron aux fourneaux, une employée en CDI, qui explique que la pandémie a été évidemment très néfaste, mais que depuis ils cherchent du personnel. Mais vous ne payez pas assez ? lui dis-je. Ce n’est pas le problème, répond-il, c’est la même chose partout et dans tous les métiers. Vrai ?
–   Le grand hôtel-restaurant chic de la station balnéaire d’à côté, ouvert l’année dernière, filiale d’un très grand groupe. Pour Parisiens, assez cher (mais ce n’est pas Saint-Trop !). Obligé de fermer plusieurs jours cet été faute de personnel. Paye-t-il mal ? J’en doute cette fois…
–   Il y a quelques jours aussi, petit restaurant pour locaux très modeste mais très bien coté qualité-prix, qui sont effectivement très bas. Lui aux fourneaux, elle en salle, plein de monde au déjeuner (les gens du coin), ne parviennent pas à trouver de personnel. Pas de CDD, lui dis-je ? Mais je cherche des apprentis, parce que les autres, c’est trop cher et cela m’obligerait à augmenter mes prix et je perdrais mes clients ! Voilà qui est intéressant : l’ apprentissage vu comme moyen de diminuer les charges (c’est l’Etat qui paye la différence), et la tyrannie des prix.
–   Christine (prénom changé) est mère famille, fille de paysans n’ayant pas pu faire d’études. Elle travaille depuis 25 ans, au bas de l’échelle des salaires, dans une maison de retraite et côtoie un très grand nombre de jeunes en travail intermittent. Je lui pose la question : le chômage est-il une préoccupation dans la région ? Non, répond-elle. Un bref silence, puis, sur un ton de colère froide, « ils ne veulent pas travailler », sont en CDD pour quelques jours, semaines ou mois, puis disparaissent. Ils se plaignent d’un travail trop dur, avec des horaires qui ne leur conviennent pas (Christine travaille jusqu’à 12 heures par jour). Une d’elles, moins de trente ans, un enfant, un « compagnon » ajoute-t-elle ( !), lui demande depuis combien de temps elle travaille dans l’établissement : « 25 ans ! je ne pourrais jamais »…Je fais remarquer qu’il faut bien qu’ils trouvent de l’argent pour vivre : « On leur donne tout », éclate-t-elle, « ils connaissent les lois, jouent avec, les dons aux ménages monoparentaux, le RSA, le chômage, les restos du cœur etc…Christine est manifestement écoeurée. Sans aucun doute, son ascendance paysanne y est pour beaucoup.
–   Nous sommes cette fois dans un restaurant à Auxerre (Yonne). Sur la carte, le menu est effacé avec la mention suivante : « pas de menu, manque de personnel ». Le service est encore assuré par un couple. Elle me dit qu’elle a pris la semaine dernière une jeune fille pour un CDD d’une semaine, week-end compris. « Elle est venue les quatre premiers jours, et a ensuite disparu sans prévenir, et n’a pas réapparu depuis, même pour prendre sa paye ! ».

2.Données sur le chômage

Selon les données INSEE du premier trimestre 2021, la performance du bassin d’emploi de Saint Malo est jugée « très bonne », dans le premier tiers des bassins français, avec un taux de chômage de 6,90%, en baisse constante depuis 2015. L’Ille et Vilaine dans son ensemble est très bien classée, le taux de chômage du bassin de Rennes étant de 6,3%, et le bassin de Vitré se situant au huitième rang national avec un taux de 4,4%. Rappelons qu’au sens de l’OIT le taux de chômage frictionnel incompressible est de 5%, donc assez proche de celui de l’Ille et Vilaine.

3.Que conclure ?

Cette petite enquête n’a évidemment aucune prétention statistique, elle est le résultat de questions posées au hasard. Elle n’en est pas moins frappante, d’autant plus qu’elle est le fruit du hasard et de la spontanéité des personnes interrogées. Cette question de la pénurie de main d’œuvre est actuellement l’objet de discours sans fin, avec des réponses totalement biaisées par des prises de position politiciennes. Essayons d’y voir plus clair.
Bien sûr il y a le problème de la formation pour les emplois qualifiés. Mais, comme on a pu le remarquer, nous sommes dans ces huit exemples, à l’exception à la limite de celui du jardinage, dans le domaine du travail non qualifié et nous nous en tenons à la question de savoir comment amener au travail les jeunes non qualifiés et ceux appelés NEET par les anglo-saxons (ni en emploi, ni en éducation, ni en formation). Plus précisément, puisque le sujet revient sur le dessus de la pile dans cette période électorale, le défaut d’attractivité du travail, une des causes du phénomène, est-il susceptible d’être notablement réduit par une hausse des bas salaires, à laquelle appellent de façon générale les candidats de tous bords politiques, Valérie Pécresse incluse (partisane du smic à 1.800 euros bruts, comme le candidat communiste) ?
Remarque préliminaire, le problème n’est pas nouveau, les deux premiers exemples datant de 5 et 3 ans. Il n’est pas non plus seulement français, nos voisins immédiats (Royaume-Uni, Allemagne, Finlande, Suisse, Etats-Unis…) connaissant le même phénomène de pénurie. Reste à savoir s’il touche autant qu’en France la main d’œuvre non qualifiée. Le phénomène a été exacerbé à l’évidence par la pandémie et la « nationalisation » des salaires, quoique dans les tableaux du chômage, l’INSEE fasse remarquer que nombre de bassins d’emploi aient déjà retrouvé le taux de 2019, antérieur à la pandémie. Il faut cependant s’inquiéter de la montée exagérée du télétravail, et, pour la question qui nous occupe, se demander si le vieux slogan du « métro boulot dodo » ne resurgit pas inopinément…

3a.Augmenter le smic serait une erreur économique : les bas salaires français sont déjà élevés, tant en comparaison internationale que par rapport à l’échelle française des salaires.

Note préliminaire :
Nous évoquons ici la hausse uniforme et générale, décidée par le pouvoir politique, du smic, et non pas les augmentations négociées au sein des entreprises ou des branches, et ne discutons pas ici la question générale du pouvoir d’achat, laquelle est affectée par de nombreux facteurs, notamment locaux ou relatifs à l’inflation, au logement etc.

Le smic français est un smic horaire. Lorsque les politiques évoquent la hauteur du smic, ils se gardent bien de parler du smic horaire, mais évoquent le smic mensuel, lequel n’est moyen que parce qu’il est calculé sur 35 heures (encore elles) ! Si le smic brut mensuel était monté à 1.800 euros, le smic horaire serait égal à 11,87 euros, ce qui en ferait le smic européen le plus élevé (Luxembourg excepté).

De plus, au- delà de 35 heures, les heures supplémentaires sont payées 25% ou 50% plus cher, ce qui n’est pas le cas dans les autres pays européens. Enfin, même s’il ne s’agit pas d’une augmentation de salaire à proprement parler, il faut tenir compte de la prime d’activité qui constitue une hausse de rémunération.

Enfin, s’agissant cette fois du salaire net, tous prélèvements compris, si les charges patronales sont très élevées en France, pénalisant ainsi les employeurs, les charges salariales sont quant à elles moyennes. Avec 22%, elles sont comparables à celles de l’Allemagne, bien plus hautes que les charges britanniques mais bien plus basses que les charges néerlandaises par exemple. Et bien entendu, les bénéfices de la protection sociale française sont remarquables, les charges sociales représentant du salaire reporté, ou différé dans le cas de la retraite. Le dernier facteur tient enfin à la fiscalité, où l’avantage français est considérable au niveau des bas salaires. Alors que 56% des ménages sont exonérés de l’impôt sur le revenu, dans les autres pays presque toutes les personnes bénéficiant d’un emploi à plein temps sont imposables.

Augmenter les bas salaires au-delà de la hausse automatique légale ne se justifie donc pas, ni du point de vue de la compétitivité de l’économie française, ni même de celui de la justice sociale, si l’on tient compte de l’échelle des salaires et des revenus nets. Un smic de 1.800 euros écraserait encore davantage les barreaux de cette échelle, alors que la France est déjà championne dans ce domaine[1]. De plus, cette hausse du smic aurait pour effet de coûter cher aux régimes sociaux car le smic rattraperait inévitablement les salaires plus élevés qui bénéficieraient dès lors des mêmes exonérations de charges patronales – sauf à mettre les entreprises dans une situation intenable.

3b.Augmenter les bas salaires permettrait-il de remédier à la pénurie de main d’œuvre ?

On peut douter fortement de l’effet qu’aurait cette augmentation sur la pénurie de main d’œuvre. Les réactions que nous avons récoltées semblent bien montrer que là n’est pas la question. Il y a un refus tangible, parmi une partie de la population jeune, de travailler, et le phénomène n’est pas très récent, même s’il peut être accentué depuis la pandémie. Pour ce qui concerne le travail non ou peu qualifié, l’absence d’attractivité des emplois proposés est une cause certaine. Quant aux offres d’emplois qualifiés, elles souffrent d’un défaut de compétence et d’appariement avec les demandes d’emploi, et c’est donc un problème absolument essentiel de formation et d’apprentissage que connaît la France. Mais, comme nous l’a signalé un restaurateur, il n’est pas non plus facile de trouver des apprentis.

Le gouvernement est bien conscient du chômage des jeunes. Prime d’activité, ainsi que le futur revenu d’engagement (versé sous condition de suivi d’un parcours d’insertion), ou encore la réforme de la formation et de l’apprentissage en sont la preuve. Mais tout cela est inefficace pour régler la question du refus de travail, ou tout au moins de refus de travail constant qui nous a été signalé. Et là, il faut évidemment mettre en cause la couverture chômage du travail intermittent, auquel le gouvernement s’attaque en mettant fin à la disposition la plus anormale tenant au salaire journalier de référence. Cela ne suffira cependant pas à régler la question de fond de l’attractivité du travail non qualifié, qui est véritablement un phénomène essentiel de nos sociétés modernes lorsqu’elles sont riches.

Pour en revenir aux augmentations des bas salaires, on peut penser qu’il faudrait vraiment qu’elles soient considérables, donc intenables pour les entreprises, pour avoir un effet notable sur la réduction de la pénurie de main d’œuvre.

Notes :

[1] Les rapports français smic sur salaire médian et smic sur salaire moyen (indices de Kaitz) sont les plus élevés de l’Europe (respectivement 62% et 50%, contre par exemple 46% et 40% en Allemagne et en Belgique). Rappelons que le seuil de pauvreté est fixé à 60% du salaire médian, la France étant donc le seul pays avec le Portugal où le smic est supérieur au seuil de pauvreté.

Article republié avec l’aimable autorisation de l’ IRDEME EPLF

Lien de l’article original: Pénurie de main d’œuvre et hausse des bas salaires, réflexions après une petite enquête (irdeme.org)

Auteur: Bertrand Nouel

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7 commentaires
  1. Pas vraiment d’accord avec votre article : Peut-être que ce sont les salaires medians français qui sont bas . Quant aux charges patronales sur un vrai smic elles sont de 10% max en raison de l’allègement “Fillon”, et ça personne ne le dit (j’ai une boîte de traitement des paies 😉 ). En 1996 je vivais correctement avec un SMIC seul, maintenant si t’as pas 2000€ par mois t es obligé de compter surtout dans une grande ville…travailler pour être pauvre dans des conditions minables, avec des employeurs parfois insupportables, et bien le choix est vite fait…si vous voulez du personnel compétent et motivé, il faut le payer, la loi de l offre et de la demande s’applique dans tous les dommaines ! Bien à vous

    1. Je suis assez d’accord, me rappelant que l’employé permanent du père de mon meilleur copain (charcutier) avait un peu plus que le SMIC et avec ça, pouvait vivre très correctement (à la campagne, hein, pas à paname), y inclus le paiement de vacances correctes.
       
      D’ailleurs, lorsque l’on décortique les fumeux indices de l’insee, on s’aperçoit vite qu’ils sont artificiellement minorés, donnant l’illusion que le prix augmentent que peu, ce qui est évidemment archi-faux, mais comme c’est la référence absolue, les français perdent du pouvoir d’achat depuis maintenant plus de 45 ans.
       
      Maintenant, le remède que vous donnez n’est pas entièrement satisfaisant (avez-vous déjà eu à virer quelqu’un de mauvaise foi connaissant bien les lois ‽), parce que nous sommes loin de pouvoir faire ce qui se passe aux USA, embaucher avec confiance, sachant que l’on peut virer aussi en confiance, sans risquer les différentes foudres administratives qui s’abattent alors sur la tête du chef d’entreprise français – MAIS, ça part d’une constatation que tout le monde a pu faire et c’est et ça reste un bon début (et un argument de poids si les choses devaient mal se passer.)
       
      De fait, lorsque l’on pouvait facilement embaucher et virer dans ce pays (retour vers le milieu des années 70), l’ascenseur social fonctionnait farpaitement bien, les employeurs se défaisaient des employés qui ne leur convenaient pas, qui retrouvaient facilement un emploi, et les employés qui n’étaient pas contents de leur boîte claquaient la porte et avaient retrouvé un meilleur salaire et un job plus intéressant en général dans le mois qui suivait – de là à dire que les contraintes, réglements (433,000 ici, une paille…), lois et le reste sont non-seulement grattés par des débiles qui n’ont jamais travaillé de leur vie, mais qu’en plus ils sont fait en dépit du bon sens, il n’y a qu’un pas, que j’ai d’ailleurs allègrement sauté.
       
      Les poliotiques ont la con-viction que s’ils n’étaient pas là pour mettre leur nez dans les affaires des entreprises, le soleil s’arrêterait de tourner autour de la terre… Vendredi 16/9, dans un face à face chez sud-radio avec A.Bercoff, G.Kuzmanovic et J.Aubert, on a encore entendu de genre de billevesée (d’Aubert) : ” si j’étais président, je m’attacherai à faire un pôle majeur de (sèpukoi) en rapprochant les entreprises”, mais c’est justement l’exact contraire qui se passe dans la vraie vie, avec de vraies entreprises, de vrais salariés et de vrais chefs d’entreprise, à chaque fois qu’un politocard plonge ses mains dans le cambouis, la voiture est bonne pour la casse (ou quand ça marche, comme orange, ça ne marche que sur 3 pattes et rien n’a jamais été créé par un énarque aux manettes, tout au plus (mal) maintenu).
      La preuve, c’est que les entreprises ne se sont jamais aussi bien portées en Belgique que durant le temps où le pays n’avait plus de parlement (ce qui explique peut-être pourquoi les politocards Belges ont tendance à marcher sur des œufs depuis…;)

  2. TÉMOIGNAGE
    En 2019, les couvreurs, avec qualifications (CAP charpente et couverture/BP couverture zinguerie et 5 ans d’expérience se voyaient proposer 1300 €/mensuel en Auvergne. Sans commentaires…..
    En 2020/2021, un ouvrier polyvalent CDD 10 mois sur la base du SMIC :
    Incohérence de la caisse des congés payés : coût entreprise 322 € / mois pour obtenir 15 jours pour le salarié sur sa base horaire qu’il devra exiger s’il quitte le bâtiment sinon il attendra qu’on le paye en avril 2022
    Sur 3220 €, il y aura les 2/3 que la caisse gardera.
    Je rajouterai que l’Etat ne paie pas les primes d’embauche pour salarié de moins de 26 ans comme promis en 2020.

    A cela s’ajoute désormais le délire du passe sanitaire, les organisations professionnelles telles la CAPEB envoie à ses adhérents ceci :
    “Les entreprises du bâtiment doivent appliquer le passe sanitaire si elles travaillent dans des lieux soumis aux passes sanitaires” avec une forte incitation pour la vaxx.
    Or, lu sur le site du Sénat au 12 septembre : ” il n’y a pas lieu d’avoir un passe sanitaire pour toute intervention ponctuelle dans les lieux soumis au passe sanitaire”

    Voilà encore un frein considérable pour pouvoir travailler ainsi les TPE ET PME vont perdre des marchés privés et publics si elles ne se soumettent pas, si les salariés quittent l’entreprise car ne veulent pas de vaxx. De plus, l’employeur doit garantir la sécurité sur le lieu de travail.
    Question : Pourquoi un salarié non vax doit prouver qu’il est négatif alors que le salarié vaxx, potentiellement contaminant et contagieux n’a pas à le faire ?

    Bon, les marchés se réduisent grâce au passe sanitaire, la discorde apparaît dans les entreprises, les pénuries de matériaux sont impressionnantes et les prix flambent. Ce n’est pas 30% pour le bois, c’est même 200% avec une qualité médiocre. Délai d’attente de 4 mois pour des tuiles si on a de la chance.
    Délire administratif de leur système primes rénov, ANAH et CEE qui fonctionnent très mal, dans la presse, ce n’est que du baratin, la réalité est toute autre.
    Comment travailler dans de bonnes conditions ?
    Impossible
    Donc des entreprises qualifiées arrêtent leur activité et laissera place aux multinationales avec travailleurs détachés : migrants/demandeurs d’asile qui n’ont pas besoin de passe selon la LOI et seront payés à coup de lance pierre.
    A ce titre, j’ai reçu jusqu’en 2018 des messages de boîtes de placements étrangères où je pouvais choisir des ouvriers avec photos, CV en me demandant de les loger éventuellement, qu’ils étaient propres et bien élevés : le nouveau marché aux esclaves!
    GREAT RESEAT! qui peut encore en douter?
    Nous allons vivre des moments historiques en janvier/février 2022 dans ce pays

  3. Je crois en effet beaucoup plus à l’absence de volontarisme d’une certaine jeunesse.

    Je me souviens de la merveilleuse institutrice de mes enfants : la mère d’un de ses anciens élèves était venue la voir pour lui demander de l’aider à trouver un emploi pour son fils. Quelques jours plus tard, elle proposait au jeune garçon un poste dans une banque. Elle lui exposa les conditions, les horaires, etc.. et il lui demanda alors où était cette banque. Elle se situait au centre ville (Bastia) et il habitait Pietranera, 2 kms environ avec réseau autocar. Il lui dit alors que c’était trop loin pour lui !!! Elle lui répondit qu’elle comprenait très bien mais qu’elle lui laissait désormais le soin de trouver un travail juste en face de sa porte !

    Nous avons des enfants trop gâtés et l’éducation actuelle – celle des parents comme celle des écoles – prône le bien-être de nos chers petits plutôt que leur apprendre que rien n’est acquis sans effort.

  4. Votre petite enquête est complètement biaisée. La seule conclusion qu’on peut en tirer est que travailler comme femme de chambre ou comme serveur de choucroute ne fait envie à personne. Mamie Yvonne avait quitté l’école à douze ans pour entrer comme bonne à tout faire au service d’une famille de notaire de la Sarthe. Elle fut emportée vers la région parisienne avec les bagages. C’est ça que l’on aimerait que les jeunes acceptent? Elle n’a eu une vraie vie que quand elle a connu papy qui était infirmier et l’a “coachée” pour qu’elle entre,elle aussi dans cette profession.
    Le mode de fonctionnement de la restauration est que les propriétaires se fatiguent pendant quelques années et vendent leur affaire à un autre qui se fatiguera… Normalement, ils ne sont pas dans la misère et on les félicite de leur réussite. Les vilains jeunes qui ne veulent pas travailler ont ils quoi que ce soit à espérer de ces sous métiers? le servage qui les considère comme des meubles? Tant que nous trouverons normal que notre pays se targue de son économie de service, nous n’offrons aux jeunes que des avenirs de larbins ou de manutentionnaires ou de livreur à vélo…. Eh bien oui, ils préféreront être dealer dans leur quartier ou youtubeur à succès.
    La seule enquête qui vaudrait serait, non pas celle des vieux qui gémissent, mais celle auprès des jeunes pour savoir quels sont leurs rêves de travail, pour savoir si ils sont réalistes, si ils ont des opinions, des désirs d’avenir…. J’ai 70 ans, je le précise, et beaucoup d’admiration pour le courage de notre jeunesse face au monde de merde que nous leur laissons.

    1. Bizarre, mais je connais des chefs d’entreprise d’jeuns (-40 ans) qui disent la même chose ; beaucoup ont d’ailleurs réduit la voilure et certains sont même restés seuls à cause de ça.
       
      À l’inverse, je connais des BAC+8 qui, ne trouvant pas de boulot, se sont reconvertis dans le travail manuel (couvreur, plâtrier, architecte, etc) et qui gagnent très bien leur vie maintenant – d’ailleurs, certains font partie de la première catégorie.

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