Etats-Unis : le FBI attaque les auteurs du Projet Veritas

Etats-Unis : le FBI attaque les auteurs du Projet Veritas


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Par JULIEN G. - Le fondateur de Project Veritas, James O’Keefe, et certains de ses collaborateurs ont fait l’objet d’une perquisition musclée, par le FBI le 6 novembre 2021. Ces derniers auraient prétendument volé le journal intime de la fille du président Joe Biden, Ashley. Depuis quand le FBI fait-il des descentes de police pour des journaux intimes disparus ? James O’Keefe, s’est interrogé sur la façon dont le New York Times a reçu l’information moins d’une heure après la première perquisition, ainsi que sur la légalité de la saisie de documents internes.

1.Dix agents du FBI avec un bélier

Une curieuse histoire est parue ce samedi 6 novembre sur les descentes du FBI chez les rédacteurs ou associés de Project Veritas, l’organisation conservatrice de journalisme d’investigation.

Le FBI a effectué une perquisition ordonnée par le tribunal dans l’appartement de M. O’Keefe à Mamaroneck, N.Y., tôt le 6 novembre matin, après avoir perquisitionné les domiciles de deux associés de M. O’Keefe le jeudi précédent dans le cadre de l’enquête.

Un porte-parole du FBI a déclaré samedi 6 novembre 2021, que les agents avaient « effectué des opérations de maintien de l’ordre » dans l’immeuble, mais n’a pas voulu parler de l’enquête.

Dans ses premières déclarations publiques sur cette affaire, M. O’Keefe a confirmé la descente du FBI à son domicile du comté de Westchester, dans l’État de New York. Des agents ont également perquisitionné les domiciles des associés de Project Veritas la veille, a confirmé M. O’Keefe dans une vidéo publiée sur la chaîne YouTube de Veritas.

Le fondateur du projet Véritas a déclaré : « Je me suis réveillé en plein milieu d’une descente avant l’aube. » « Quelqu’un a frappé à ma porte, je suis allé ouvrir. Il y avait 10 agents du FBI avec un bélier, des lumières blanches aveuglantes, ils m’ont retourné, menotté, et jeté contre le mur du couloir. J’étais à moitié nu sous les yeux de mes voisins. Ils ont confisqué mon téléphone. Ils ont fait une descente dans mon appartement. » « Il semble que le district sud de New York ait maintenant des journalistes dans sa ligne de mire pour le crime supposé de faire leur travail légalement et honnêtement, ou du moins ce journaliste. »

2.A la recherche du journal de la fille Biden

La raison de cette perquisition est des plus troublantes, retrouver le journal intime disparu de la fille du président Biden, Ashley.

Le FBI prétend qu’O’Keefe et ses collaborateurs auraient « volé » le journal intime de la fille du président Joe Biden, Ashley. « Le projet Veritas a remis le journal aux forces de l’ordre pour s’assurer qu’il puisse être rendu à son propriétaire légitime. Nous ne l’avons jamais publié », a déclaré James O’Keefe pour sa part, en précisant que le journal avait été oublié dans un hôtel.

Le journal en question contenait, selon l’informateur l’ayant remis au journaliste, des allégations explosives sur les rapports que le président Joe Biden entretenait avec sa fille.

L’avocat de James O’Keefe, Paul Calli, présent aux côtés du fondateur de Project Veritas lors d’une interview, a déclaré que Project Veritas avait payé les prétendus informateurs pour le journal intime en échange du « droit de publier le contenu ». Le groupe a préféré le remettre aux forces de l’ordre locale et de ne pas publier le contenu parce qu’il ne pouvait pas vérifier son authenticité de manière indépendante et donc qu’il appartenait à Ashley Biden.

O’Keefe a également déclaré : « Aujourd’hui, le ministère de la Justice du père de Mme Biden, plus précisément le bureau du procureur des États-Unis pour le district sud de New York, semble enquêter sur la situation, affirmant que le journal a été volé. » « Nous ne savons pas si c’est le cas, mais cela soulève la question : Dans quel monde le vol présumé d’un journal intime fait-il l’objet d’une enquête par le FBI et le ministère de la Justice du président ? Un journal intime ? »

Le recours au FBI n’est pas sans rappeler celui, toujours inexpliqué, de Joe Biden lorsqu’il était vice-président, à la recherche d’une arme appartenant à Hunter Biden qui avait été abandonnée derrière un restaurant.

Les organisations de journalistes reçoivent régulièrement des documents retirés sans autorisation d’entreprises, d’agences ou de propriétaires privés par des sources confidentielles. S’il s’agit d’un crime fédéral passible de descentes du FBI, qu’est-il advenu de la politique des nouveaux médias de l’administration Biden après la controverse Tucker Carlson ?

3.Soupçon de connivence au plus haut sommet.

Dans sa déclaration de vendredi, M. O’Keefe a déclaré que l’acte d’accusation d’un grand jury lui ordonnait de ne pas discuter des perquisitions effectuées par le FBI. Mais il a décidé de s’exprimer lorsque des journalistes du New York Times ont contacté les journalistes de Project Veritas pour obtenir des informations dans l’heure qui a suivi les perquisitions.

En effet, le New York Times avait rapporté que le FBI a fouillé deux endroits à New York à la recherche du journal intime volé, qui a disparu quelques jours avant l’élection présidentielle de 2020.

Le fondateur du projet, James O’Keefe, s’est, donc, interrogé sur la façon dont le Times a reçu l’information moins d’une heure après la première perquisition.

Comment le NY Times s’est retrouvé au courant des perquisitions et ce sur quoi elles portaient reste pour un parfait mystère pour James O’Keefe.

Par ailleurs, les agents du FBI ont passé environ deux heures à fouiller l’appartement de James O’Keefe et ont confisqué deux téléphones, qui contenaient des notes rédigées par des journalistes et provenant de sources sans aucun rapport avec le journal d’Ashley Biden, ainsi que des informations confidentielles sur des donateurs.

« C’est une attaque contre le premier amendement par le ministère de la Justice », a déclaré le fondateur du projet Véritas. « J’ai entendu : ‘Ce traitement c’est ta punition !’ Je n’ai pas vraiment compris ce que cela signifiait avant ce week-end. Je ne souhaiterai ce genre de situation à aucun journaliste », a-t-il poursuivi. Et de conclure « S’ils peuvent me faire ça, s’ils peuvent faire ça à ce journaliste, faire une descente chez moi et prendre mes notes de journaliste, ils le feront aussi à tout journaliste ». « Il s’agit de quelque chose de fondamental dans ce pays. Je ne sais pas dans quelle direction va ce pays. Mais les journalistes du monde entier doivent se lever parce que nous n’avons enfreint aucune loi ici. S’ils peuvent me faire ça à moi, ils le feront à n’importe qui. »

L’avocate d’O’Keefe explique dans une interview que le Département of Justice (DOJ) a bafoué les lois fédérales, la constitution et les droits civils.

Elle parle même de de corruption au plus haut niveau entre le gouvernement et le New-York Times. Enfin, elle annonce que par son concours, un juge fédéral a fait stopper l’analyse des téléphones et autres documents liés aux donateurs.


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