COVID-19 : le leurre de l’immunité collective

Selon une étude, publiée en décembre 2020, la population de la ville de Manaus (Brésil) aurait atteint l’immunité collective. Laurent AVENTIN, PhD – Consultant en santé publique, fait le point pour Le Courrier des Stratèges…

Peu se souviennent. Nous sommes en mai 2020, la 1ere vague de Covid frappe durement une ville du Brésil de 2,2 millions d’habitants située dans la forêt amazonienne : Manaus. Images d’hôpitaux saturés et de fosses communes creusées en urgence, le sars-Cov 2 a fait 2462 décès en quelques semaines.

Selon une étude scientifique en preprint, 66% de la population de cette ville aurait développé des anticorps et donc une immunité naturelle qui la protègerait[1] pour une durée qui n’est pas déterminée par les auteurs. Un groupe de 34 spécialistes brésiliens et internationaux s’accordaient pour annoncer que ce taux était suffisant pour que « la maladie ne puisse plus se propager efficacement[2] ».

 

L’étude est publiée le 8 décembre 2020 indiquant une immunité collective avec un taux de 76% pour la population de cette ville[3].

 

Selon l’OMS, « On désigne par immunité collective la protection indirecte contre une maladie infectieuse qui s’obtient lorsqu’une population est immunisée soit par la vaccination soit par une infection antérieure[4] ».

 

Lorsque la seconde vague a touché la ville de Manaus fin décembre 2020, soit quelques mois à peine après la 1ère épidémie, la ville n’a pas été épargnée et l’espoir d’une immunité collective s’est envolé. Si les explications sont multifactorielles, c’est l’apparition des variants en circulation dans cette seconde vague qui justifie un échappement immunitaire[5]. Dès le mois de janvier 2021, soit un mois après le début des premières campagnes de vaccination, « les chercheurs soulignent la nécessité de déterminer l’efficacité des vaccins anti-Covid-19 actuels vis-à-vis du variant brésilien P.1 et d’autres potentiellement préoccupants en termes d’échappement immunitaire[6] ».

 

La réponse à cette question est donnée très rapidement puisque les vaccins actuels ciblent la souche originelle du Sars-Cov 2, ils sont moins efficaces contre les variants qui apparaissent après la mise en circulation des vaccins. Comme le vaccin de la grippe, ils nécessiteraient d’être régulièrement adaptés au variant dominant en circulation.

 

Mais cette adaptation ne peut pas répondre à la question de l’immunité collective au regard de la cartographie de la pandémie mondiale actuelle, et ce pour plusieurs raisons :

  • L’apparition et la circulation des variants surviennent dans des délais trop rapides face aux délais de production et de vaccination de 7 milliards d’individus (si l’on cible un taux de vaccination de 90% de la population mondiale).
  • La vaccination elle-même favorise le développement et l’apparition de nouveaux variants, obligeant le virus à muter pour survivre lorsqu’il ne peut se multiplier sur un hôte vacciné (phénomène d’échappement immunitaire)
  • La contagiosité et la rapidité de circulation du virus dans une population sont des facteurs déterminants de sa propagation. La circulation est favorisée par les modes de vie moderne (vie urbaine et concentration de populations, utilisation des transports en commun, vie sociale et économique…) que l’on ne peut éradiquer ou même contenir sans créer des dégâts importants sur la vie sociale et économique des personnes et des sociétés. C’est le constat de l’expérience des confinements ces 18 derniers mois.
  • La multitude des foyers épidémiques dans le monde et leur simultanéité offrent trop de possibilités de mutation et de circulation au sars-cov 2 alors que la contagiosité des variants dominants ne cesse d’augmenter. Plus un virus est contagieux, plus il faut un taux élevé de personnes immunisées (proche de 100%).

 

Si l’on cite régulièrement la variole comme exemple d’éradication grâce aux vaccins en justifiant que cette pathologie est très contagieuse comme la COVID, qu’elle requiert un taux de vaccination de 95% de la population[7] ; il est toujours hasardeux de faire de telles comparaisons. La peste – autre maladie à haut potentiel épidémique et particulièrement létale – a par exemple été contrôlée avec des traitements adaptés et non par la vaccination.

 

Dans les circonstances actuelles, et contrairement à ce qui a été annoncé par les autorités sanitaires des pays occidentaux, la vaccination de masse :

  • N’offre qu’une protection sur les complications de la maladie alors que le rapport risque-bénéfice est en réalité inconnu faute de recul sur les effets indésirables des vaccins géniques.
  • N’empêche aucunement la transmission du virus à une autre personne bien que ce soit encore l’argument principal pour inciter à la vaccination.

 

 

Maintenant, regardons la définition de « l’immunité collective » d’après l’Institut Pasteur : « L’immunité collective correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population va transmettre le pathogène à moins d’une personne en moyenne, amenant de fait l’épidémie à l’extinction, car le pathogène rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination[8] ».

 

Les vaccins actuels – qu’ils soient à adénovirus ou à ADNm – n’empêchent pas la transmission du variant delta mais la limite à court terme[9]. Les personnes vaccinées continuent donc de transmettre le virus qui peut ainsi être toujours amené à muter d’après une récente étude publiée dans Science sur l’efficacité des vaccins Jansen, Moderna et Pfizer-BioNtech[10]. Ce constat écarte toute possibilité d’atteindre une immunité collective sur laquelle les autorités sanitaires françaises et européennes continuent de communiquer pour justifier une vaccination de masse.

 

En août 2021, l’intervention alarmante, devant les députés anglais, du Pr Andrew Pollard, directeur de l’Oxford Vaccine Groupe, n’a pas remis en question la politique sanitaire britannique :

« L’immunité collective n’est pas possible avec le variant Delta […]. Le problème avec ce virus (COVID-19), c’est que ce n’est pas la rougeole. Si 95% des personnes ont été vaccinées contre la rougeole, le virus ne peut pas se transmettre dans la population […] Le variant Delta, lui, infectera toujours les personnes vaccinées […] Et nous n’avons rien qui arrêtera complètement cette transmission[11] ». Même si la vaccination réduit à court terme la transmission par rapport à une personne non immunisée, sans l’empêcher, le Pr Pollard précise : « Nous avons besoin de temps pour voir s’il y a des preuves d’une hausse des hospitalisations – voire des morts – chez les personnes vaccinées. Mais actuellement, ce n’est pas quelque chose que nous voyons[12] ».

 

Alors pourquoi continue-t-on en occident à contraindre les citoyens à se faire vacciner en utilisant des arguments contraires à la vérité ?  Plus l’efficacité et l’innocuité des vaccins sont remis en cause par la communauté scientifique, plus les autorités sanitaires prennent des mesures coercitives pour obliger les personnes à se faire vacciner comme l’Italie qui conditionne l’accès à l’emploi par la vaccination contre COVID[13]. Depuis Janvier 2021 et l’expérience de Manaus, la communauté scientifique sait que les vaccins ne sont pas efficaces dans la transmission du variant Delta.

 

Le consentement libre et éclairé des personnes candidates au vaccin contre COVID est systématiquement bafoué, elles ne sont pas informées sur ce sujet. Pas davantage sur les effets indésirables de ces vaccins géniques ; les plaintes en justice sont déboutées alors que ces effets indésirables se révèlent de plus en plus nombreux. Bien qu’ils soient sous-notifiés (plus de 2 millions notifiés en Europe en octobre 2021 sur le site EudraVigilance[14]), ils sont graves pour la plupart. Les candidats à la vaccination ne sont pas informés des risques qu’ils prennent – y compris celui de décéder à court ou moyen terme.

 

NOTES

[1] Buss LF, Prete Jr2 CA, Abrahim CMM et al. COVID-19 herd immunity in the Brazilian Amazon. En preprint sur MedRxiv en septembre 2020 https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.09.16.20194787v1

[2] Dantasa M. Coronavirus au Brésil. La ville de Manaus aurait atteint le seuil d’immunité collective. https://www.ouest-france.fr, le 24 septembre 2020

[3] Référence 1 publiée dans Science et intitulée « Three-quarters attack rate of SARS-CoV-2 in the Brazilian Amazon during a largely unmitigated epidemic », Science, vol 371, n° 6526 (15 janvier 2021), doi: 10.1126/science.abe9728

[4] OMS. Immunité collective, confinement et COVID-19. 31 décembre 2020, https://www.who.int/fr/news-room/q-a-detail/herd-immunity-lockdowns-and-covid-19

[5] Gozlan M. Manaus, Brésil : de nouveaux variants du SARS-CoV-2 se jouent-ils de l’immunité collective ? 28 janvier 2021, www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2021/01/28/manaus-bresil-de-nouveaux-variants-du-sars-cov-2-se-jouent-ils-de-limmunite-collective/

[6] Ibid.

[7] Anonyme. Coronavirus: des scientifiques critiquent l’immunité collective dans une lettre publiée dans The Lancet – Santé. www.nouvelles-du-monde.com, le 15 octobre 2020.

[8] Institut Pasteur. Qu’est-ce que l’immunité collective ? www.pasteur.fr ,Flash presse : 28 mai 2021.

[9] Eyre DW, Taylor D, Purver M et al. The impact of SARS-CoV-2 vaccination on Alpha & Delta variant transmission. En preprint sur medRxiv, 15 octobre 2021, https://doi.org/10.1101/2021.09.28.21264260

Mallapaty M. COVID vaccines cut the risk of transmitting Delta — but not for long. www.nature.com, 5 octobre 2021.

[10] Cohn BA, Cirillo PM, Murphy CC et al. SARS-CoV-2 vaccine protection and deaths among US veterans during 2021. Science, 4 novembre 2021, DOI: 10.1126/science.abm0620

[11] Grover N. Delta variant renders herd immunity from Covid ‘mythical’. The Guardian, 10 août 2021.

[12] Ibid.

[13] AFP. Covid-19 : l’Italie rend obligatoire le passe sanitaire pour tous les salariés du public et du privé. www.france24.com, 16 septembre 2021.

[14] EudraVigilance est le réseau européen de traitement des données et le système de gestion pour la notification et l’évaluation des effets indésirables notifiés sur les produits médicaux, dont les vaccins. Accès des données sur : www.adrreports.eu/fr/index.html

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6 commentaires
  1. Je sais ce que je pense du vaccin…
    Mais, très sincèrement, je ne crois pas que l’opposition à celui-ci soit la bonne réponse.
    Pourquoi en effet se voir soumis à une forme de harcèlement, voire d’ostracisme, pour prouver sa liberté de penser ?
    J’ai accepté de passer à la 3ème piquouse non par esprit de soumission mais pour avoir la paix. Si tout le monde est vacciné, deux solutions : soit la dite immunité est enfin acquise ( ??? ) et on nous fout la paix, soit il n’en est rien (variants, patati, patata…) et l’on pourra alors proclamer haut et fort que ce vaccin est de la foutaise et que mieux vaudrait tenter l’hydroxychloroquine ou tout autre moyen de SOIGNER !

    1. Lamentable d’entendre de tels arguments…
      Pour avoir la paix… Ça revient au même… De la soumission pure et simple…
      Tout cela ne s’arrêtera JAMAIS, quand bien même il y aurait 100 % de vaccinés et grâce à des personnes comme vous hélas…
      Seul un génocide peut-être…

    2. si vous voulez vous vacciner, c’est votre droit, vous êtes responsable de votre corps et de votre santé; perso, j’ai assez de connaissance en biologie et médecine pour faire un choix different; je ne veux pas mettre ma santé future en danger pour avoir la paix dans le présent; je me passerai de restos, concerts etc. et j’attends Valneva 2001; un vrai vaccin classique; il sera pas non plus efficace à 100% , impossible avec un virus qui mute rapidement, mais au moins je prends pas risque pour ma santé;

    3. Armez vous de patience.
      L’union Européenne a commandé 4,6 milliards de doses.
      De quoi assurer 10 rappels pour tous. C’est commandé ferme, sans annulation possible. En grande majorité chez Pfizer. Les concurrents ont été écartés ou marginalisés.
      Tout va bien.

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