[PAYANT] Les grands scandales Mc Kinsey et la corruption des Etats

Depuis une vingtaine d'années, le cabinet Mc Kinsey s'est illustré par une série de scandales retentissants que le grand public méconnaît en France. Les auditions actuellement en cours au Sénat donnent l'occasion de les "ressortir" du placard, pour mieux comprendre que ce cabinet est un habitué des relations interlopes et des méthodes contestables.

Durant ces vingt dernières années, les scandales ont fleuri dans la vie de Mc Kinsey. 

En voici un petit récapitulatif de quelques affaires emblématiques (nous insistons sur le fait que nous n’évoquons pas tous les sujets où Mc Kinsey est mis en cause, mais certains seulement) pour nos lecteurs les plus curieux. Il montre que les doutes sur l’influence actuelle de Mc Kinsey qui se font jour en France s’intègrent dans une suite qui n’est pas complètement nouvelle…

Enron : le scandale du pas vu pas pris

Si c’est le cabinet comptable Andersen qui est le plus visé dans le scandale Enron, les initiés ont retenu que le directeur général de cette entreprise, Jeffrey Skilling, était un ancien de Mc Kinsey. Il était aux manettes durant les dix années folles où Enron a décuplé son chiffre d’affaires grâce à des maquillages comptables et des montages financiers trompeurs. 

Pour faire simple, le scandale Enron réunit, de façon quasi-prémonitoire, les ingrédients de la crise de 2008 : un soutien politique (le fondateur d’Enron faisait partie de l’équipe Reagan) et financier (Goldman Sachs affirmait que le placement Enron était le meilleur qui soit) artificiel, une croissance ultra-rapide avec une diversification mal maîtrisée (Enron est passé en quelques années de la distribution de gaz au courtage en télécommunications…). 

Cette stratégie fondée sur la conviction absurde et arrogante que tous les métiers se résument à des calculs financiers incarne bien la philosophie Mc Kinsey. 

Jeffrey Skilling soutiendra par la suite n’avoir jamais eu connaissance des montages complexes et fallacieux imaginés et mis en oeuvre par le directeur financier d’Enron. 

On notera que Jeffrey Skilling est désormais un multirécidiviste du genre, puisqu’il a récemment recruté des anciens de Mc Kinsey pour relancer une entreprise dans le domaine de l’énergie

Le scandale Rajat Gupta et la Chine

Rajat Gupta fut le directeur général de Mc Kinsey entre 1994 et 2003. Il est devenu, par la suite, un conseiller éminent de la Fondation Bill Gates, mais aussi un administrateur de Goldman Sachs, et l’un des fondateurs des Nouvelles Routes de la Soie. 

Surtout, Rajat Gupta est connu pour avoir passé deux années en prison, après sa condamnation pour délit d’initié dans l’affaire Galleon. Galleon était un fonds d’investissement créé par un ami de Gupta. Les deux compères semblent s’être échangés des secrets d’affaires acquis chacun de leur côté sous le sceau du secret professionnel. En particulier, Gupta aurait renseigné le patron de Galleon sur un investissement de 5 milliards $ de Warren Buffett chez Goldman Sachs. 

Ces secrets auraient aussi concerné les Nouvelles Routes de la Soie, une activité qui ramène aux relations entre Mc Kinsey et la Chine, que nous avons évoquées par ailleurs

Le scandale des opioïdes et de l’OxyContin

Dans ce scandale sanitaire, nous retrouvons curieusement certains des ingrédients à l’oeuvre dans les pratiques utilisées en France pour diffuser le vaccin. 

Pour résumer ce scandale, on peut dire que Mc Kinsey a fourni de nombreuses idées “marketing” pour stimuler le marché des opioïdes et des antalgiques aux Etats-Unis. L’une de ces idées consistait à rémunérer des personnels soignants ciblés pour pousser à la surconsommation d’opioïdes. Ceux-ci étaient rémunérés pour toute overdose ou toute nouvelle dépendance créée chez les consommateurs. 

On retrouve ici le principe de la rémunération des médecins pour chaque nouvelle vaccination, adopté en France. 

Finalement, le… 4 février 2021, Mc Kinsey a annoncé avoir trouvé un accord avec les procureurs américains qui menaçaient de sanctionner durement l’entreprise. 

Pour régler l’affaire, Mc Kinsey s’est engagé à payer 574 millions $ aux différents Etats américains engagés dans les poursuites. Une somme colossale, équivalente à 5% de son chiffre d’affaires de 2018.

Assez curieusement, ce scandale sanitaire où Mc Kinsey a joué avec la santé des Américains pour gagner de l’argent est passé totalement sous silence en France. 

Gupta et le scandale sud-africain

Le nom de Gupta et de Mc Kinsey, cité plus haut, revient là encore dans un dossier dit de “capture de l’Etat” qui ressemble au dossier français. Mais, cette fois, il s’agit de l’Afrique du Sud. 

La Commission Zondo y enquête sur la corruption sous la présidence de Jacob Zuma. Et l’on y découvre que des cabinets de conseil comme… Mc Kinsey ou encore Bain ont mis le pays en coupe réglée, avec l’intermédiation très active, semble-t-il, des frères Gupta. 

‘Les preuves montrent que les biens et services ont souvent été achetés alors qu’ils n’étaient pas nécessaires, et souvent en double du travail qui avait déjà été fait’, a déclaré Zondo.

Les exemples incluent le SA Revenue Service, Transnet et Eskom payant de grosses sommes d’argent pour des services de conseil de Bain et McKinsey, alors qu’ils pourraient faire le même travail en interne.

Mais le problème est allé plus loin : des conseils ont été achetés sur des projets sans que les responsables ultimes du projet le sachent, ou le travail qui avait déjà été fait en interne a de nouveau été externalisé.

De tels contrats, a déclaré Zondo, ont été ‘impulsés par certains cadres de haut niveau décidant de donner des affaires à ces entreprises’.

La commission Zondo a mis au jour un système de corruption destiné à passer sous les radars : le saucissonnage des contrats, qui rappelle étrangement ce qui se pratique en France sous Macron. 

Ce système a par exemple été pratiqué par la société sud-africaine Transnet au bénéfice de Mc Kinsey. 

‘Transnet a effectivement attribué un ensemble de projets à McKinsey d’une valeur de 619[millions de rands]’, a déclaré Zondo, mais les a séparés pour éviter ses propres règles d’approvisionnement.

Diviser une mission en une multiplicité de missions pour passer inaperçu ?

Non, sans blague, pourrait-on imaginer une même solution en France ?

On notera précieusement que la Commission Zondo s’occupe à identifier tous les travers et toutes les astuces utilisées par les cabinets de conseils pour corrompre l’Etat en Afrique du Sud. Un sujet à suivre de près. 

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6 commentaires
  1. Non, sans blague, pourrait-on imaginer une même solution en France ? “saucissonnage” . La Ministre est fière d’annoncer que ce gouvernement est le premier à instaurer un accord-cadre interministériel avec la Direction Interministérielle de la Transformation Publique (DITP) comme guichet unique sur les sujets de transformation, fonctionnant avec le système dudit « tourniquet ». Juste un changement de mot. Il convient de rappeler que la plupart des cabinets de conseil “à succès” embauchent principalement des consultants qui ont le potentiel de devenir de futurs clients un fois installés à des postes de responsabilité, dans le secteur public ou privé ou mixte. Une sorte de clientèle rendue captive. Les règles sont claires.

  2. C’est une continuité , MC Kinsey n’est pas inconnu de ceux qui ont perdu leur emploi sur le site des cokeries de carling/ Drocourt ,1995/2000 .Ce cabinet a fait un audit pour améliorer la performance juste avant la fermeture et le démantèlement vers 2005 ,tout cela semble t il payé par charbonnage de France donc l’état Français mais qui s’en souvient ?

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