Soignante suspendue en arrêt maladie, l’hôpital devra lui verser tous ses salaires non perçus

Illustration tribunal administratif de Melun.

Suspendue depuis le 15 septembre 2021, pour non vaccination contre le Covid-19, une aide-soignante, en arrêt maladie, ne touchait plus aucun salaire. Le 16 mars 2022, le Tribunal Administratif de Melun a condamné le Grand Hôpital de l’Est Francilien (GHEF) lui verser ses 6 mois de salaire de manière rétroactive. Alors que le système de soins manque cruellement de personnel qualifié, des soignants sont interdits, non seulement d’exercer, mais aussi de gagner leur vie. Ils vivent un drame humain qui ne semble pas faire honte à la société ni aux politiques, responsables de cette mesure.

L’hôpital condamné à rembourser les salaires non perçus

Depuis le 15 septembre 2021, date de l’entrée en vigueur de l’obligation (abjecte) vaccinale pour les soignants, une aide-soignante, non vaccinée, du Grand Hôpital de l’Est Francilien était suspendue sans salaire. Cette dernière a, donc, saisi le Tribunal Administratif (TA) de Melun. Depuis sa suspension, cette soignante, par ailleurs mère de trois enfants, ne percevait plus aucun revenu, ce qui l’a plongé dans des problèmes financiers conséquents. 

Le TA de Melun a donné raison à cette aide-soignante et a « enjoint au Grand Hôpital de l’est francilien de rétablir la requérante à titre provisoire (…) et à lui verser la rémunération à laquelle elle a droit, correspondant au congé maladie dans lequel elle se trouve ». Elle va donc percevoir ses 6 mois de salaire de manière rétroactiveL’hôpital devra, en plus, lui verser 1200 €. 

Pour Me Tarek Koraitem, avocat, « cette mesure et la suspension du traitement qui lui est associée ne peuvent entrer en vigueur qu’à compter de la date à laquelle prend fin le congés maladie de l’agent »

« C’est une victoire importante, une lueur d’espoir pour toutes ces infirmières qui ont été suspendues » a-t-il commenté.

Ce jugement fait suite à la décision du 2 mars dernier, où le Conseil d’Etat avait fixé la jurisprudence, en faisant prévaloir le régime protecteur du congé de maladie sur celui de la suspension dans l’intérêt du service.

Une société qui méprise ses soignants est une société malade

Il y a deux ans, le Covid-19 faisait une apparition fracassante en France et submergeait brutalement les hôpitaux. Face à la peur panique de nos dirigeants, les personnels soignants ont fait preuve d’une abnégation et d’une réactivité sans faille, enchaînant sans compter les gardes. Certains ont même renoncé à leurs congés.

Notre monarque, autoproclamé, les a, d’ailleurs, envoyé à la « guerre » en sacs poubelles, sans masques, sans gants, etc … Nos gouvernants les ont même envoyé travailler alors qu’ils étaient, eux-mêmes, positifs au Covid.

Seul récompense pour ce dévouement sans faille à la collectivité et au bien commun … des applaudissements quotidiens à 20h.

Et puis changement de ton de la caste, instauration de la loi du 5 août 2021 qui a enjoint l’ensemble des soignants à se faire vacciner, faute de quoi ils seraient suspendus sans revenus, hors de tout cadre constitutionnel.

Ce jour-là,  des milliers de héros déchus ont plongé dans la plus grande précarité.

Aujourd’hui, beaucoup vivent des moments difficiles, faute de pouvoir subvenir à leurs besoins de première nécessité et/ou mener une reconversion satisfaisante. Personne ne s’intéresse à leur sort, à commencer par les syndicats dont c’était pourtant la vocation.

« Le système vous a banni sans comprendre qu’il avait besoin de vous pour fonctionner. Il vous a traité comme des chiens. Au fond, vous n’avez rien dit, vous avez pratiqué une belle et silencieuse sécession. Vous êtes partis sans rien dire, vous les avez abandonnés à leur mépris de caste, mais en résistant jusqu’au bout. » E.Verhaeghe.

Aujourd’hui, le pass vaccinal est suspendu mais contre toute logique sanitaire, les soignants restent dans l’obligation d’apporter une preuve de schéma vaccinal complet pour pouvoir travailler.

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1 commentaire
  1. Attention aux inter-titres, comment peut on devoir rembourser un salaire non paye et non percu?
    C´est de l´economie a la Lemaire, de l´ordre de la magie pour anniversaire de bambins en cour elementaire…mais bon, par les temps actuels, il se peut que l´economie patriarcale repressive se voit elle aussi deconstruite..oups, on me souffle que c´est le cas depuis longtemps…bon weekend !

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