Au fait, de Gaulle ou un président gaullien, ils diraient quoi de la Guerre d’Ukraine?

Je partage avec les lecteurs du Courrier un THREAD que j'ai publié sur Twitter après avoir lu beaucoup de contresens, ces dernières semaines concernant la vision européenne et stratégique du Général de Gaulle. Il y a des jours où l'on en a assez d'entendre raconter des inepties. Personne n'est obligé de se réclamer de Charles de Gaulle; mais si on le fait, il vaudrait mieux respecter la pensée et l'action du chef de la France Libre et fondateur de la Vè République

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Les droites de Husson

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14 commentaires
  1. Merci pour cette vision véritablement gaullienne de la France qui est devenue complètement hors de portée depuis que la France commence à s’effondrer économiquement et scientifiquement en 1981, notamment depuis que l’Etat bureaucratique contrôle strictement et totalement l’éducation des jeunes et institue l’égalité des chances, par le nivellement par le bas et l’abandon de la discipline. Merci Savary. et suivants.

  2. Merci, monsieur Husson, de préciser ces choses. Fils de Compagnon, le décès de mon père m’en ayant fait son “porteur de croix”, j’ai pu cotoyer d’autres compagnons qui ont bien voulu me consacrer du temps afin de me donner leur vision du Général
    Pierre Clostermann fut de ceux-là etj’ai pu l’écouter pratique jusqu’à son décès en 2005.
    Avant tout, de Gaulle était pragmatique et il ancrait sa politique sur des réalités.
    Le bouleversement profond du monde que nous vivons ne lui aurait pas échappé, et il est hautement probable qu’il n’aurait pas entraîné notre pays dans cette aventure qui risque de compromettre tout l’avenir de l’Europe. La Russie fait partie intégrante de cette Europe et elle a besoin de nous autant que nous avons besoin d’elle. Evidemment, ce n’est pas l’intérêt de l’Etat profond américain qui combat ce projet européen depuis toujours. Pourquoi les dirigeants européens agissent-ils de la sorte?

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  3. Tout est dit, merci Mr Husson.
    Mais, depuis la 2eme guerre mondiale, la politique americaine vis-a-vis de l’Europe n’est-elle pas: “Americans always in, German down and the rest of Europe countries does not matter” ? Ainsi les US protegent leurs interets economiques et evitent une union economique Europe Russie qui les mettraient de cote sur le plan international.

  4. Je suis en train de relire le “C’était de Gaulle” de Peyrefitte, histoire de prendre un peu hauteur à l’égard de la médiocrité ambiante. Je ne peux que confirmer que M. Husson ne trahit pas le Général avec sa succession de tweets. De Gaulle a toujours répété qu’il voulait une France indépendante et souveraine. Exactement ce qui faisait le plus peur à Mitterrand et ses successeurs, car l’indépendance et la souveraineté exigent qu’il y ait un État et donc un homme d’État à sa tête. Exactement ce que ces triste sires n’étaient pas, de Mitterrand à Macron, vulgaires politiciens arrivistes aimant le prestige du pouvoir mais non sa responsabilité et ses risques.
    Pour qui a lu de Gaulle, il est évident que nous n’aurions jamais réintégré le commandement intégré de l’Otan mais il est même probable qu’il nous aurait totalement désengagé de l’Otan à la chute du mur de Berlin, voire retiré de l’UE devant la tournure que prenait cette assemblage. Nous aurions été superbement seuls, ce qui nous éviterait d’être, comme aujourd’hui, en si mauvaise compagnie. Car il n’y a pas de quoi être fiers d’être les laquais des Américains et, à ce titre, de soutenir le régime néo-nazi ukrainien. Que les Allemands retournent à Nuremberg, c’est leur problème ; que nous retournions à Vichy, c’est honteux.

      1. J’ai épargné Pompidou et VGE car comme la Renaissance avec le Moyen Âge, j’ai considéré qu’ils ont profité de l’élan donné par de Gaulle pour faire moins de c… Cela étant, je dois avouer qu’excepté Charles de Gaulle, je considère que la République n’a donné aucun homme d’Etat à la France.

        1. Nous sommes d’accord. Je crois que ça vient surtout du fait que CDG plaçait la nation, sa Nation, au-dessus de tout et qu’il avait évidemment une vision à long terme dans laquelle il faisait abstraction de lui-même, avec les résultats que nous connaissons. Et puis, il fallait un sacré aplomb pour tenir tête aux anglo-saxons, aller se faire voir l’otan, parier sur le nucléaire (civil comme militaire) ainsi qu’une immense projection dans le futur pour pousser l’industrie dans le bon sens comme il l’a fait. Dire que tout ça est en train de finir d’être dépecé par un malade mental entouré uniquement de trous du cul doublés d’incapables, ça me rend malade.
           
          Aujourd’hui, les petites frappes qui ont décroché la queue du Mickey sont incapables de voir plus loin que le terme de leur mandat et pire, ils sont tous corrompus jusqu’à la moëlle, et tant que que quelqu’un de plus intelligent et de plus fort qu’eux ne leur mettra pas le nez dans leurs merdes, ils seront de plus en plus arrogants et fascisants :/

  5. Les choses sont bien plus compliquées que la façon dont elles sont expliquées ici. A commencer par cette fameuse citation “l’Europe de l’Atlantique à l’Oural”.
    Pour De Gaulle, les idéologies et les régimes passent alors que les nations demeurent, et c’est à la condition d’une URSS libérée de la dictature communiste que De Gaulle envisageait à terme cette possibilité, condition qui n’est toujours pas remplie puisqu’une dictature a succédé à une autre sans quasiment aucune solution de continuité.
    A l’époque, les dirigeants soviétiques avaient même demandé à la France une clarification, car pour eux cette ambition consistait en la conquête de la partie européenne d’une l’URSS
    rejetée à l’est de l’Oural…
    D’autre part, dans cette conférence de presse que vous citez, on trouve aussi cette considération très claire concernant l’OTAN, où il affirme la nécessité de son existence et de la participation de la France:
    ” La France pourrait chercher à se distraire de l’actuel conflit et éventuellement de la guerre. Pour la France, cela reviendrait à perdre les raisons de vivre pour tâcher de garder la vie. Et puis, ce serait anéantir l’alliance atlantique qui n’existe que parce que la France en fait partie. Dès lors que l’alliance atlantique n’existerait pas, rien ne pourrait empêcher la dictature soviétique, la domination soviétique de s’étendre sur toute l’Europe et sur toute l’Afrique, et à partir de là, de couvrir le monde entier. Rien excepté, bien sûr, la guerre atomique générale. Et bien, la France préfère maintenir l’alliance atlantique
    jusqu’au jour où l’avenir de la paix serait réellement assurée.”

    Si quelques années plus tard, le même décide de sortir la France de l’OTAN, c’est moins pour redonner à la France, devenue entre-temps puissance nucléaire, son indépendance stratégique, que parce qu’il a échoué à réformer l’OTAN de l’intérieur dans le sens des intérêts de la France, tels qu’il les avait développés dans le memorandum du 17 septembre 1958 adressé à Eisenhower: :
    “L’alliance atlantique a été conçue et sa mise en oeuvre est préparée en vue d’une zone d’action éventuelle qui ne répond plus aux réalités politiques et stratégiques.Le monde étant ce qu’il est, on ne peut considérer comme adaptée à son objet une organisation telle que l’O.T.A.N., qui se limite à la sécurité de l’Atlantique Nord, comme si ce qui se passe, par exemple, au Moyen-Orient ou en Afrique, n’intéressait pas immédiatement et directement l’Europe, et comme si les responsabilités indivisibles de la France ne s’étendaient pas à l’Afrique, à l’océan Indien et au Pacifique.
    […]
    La France ne saurait donc considérer que l’O.T.A.N., sous sa forme actuelle, satisfasse aux conditions de la sécurité du monde libre et, notamment, de la sienne propre. Il lui paraît nécessaire qu’à l’échelon politique et stratégique mondial soit instituée une organisation dont elle fasse directement partie. Cette organisation aurait, d’une part, à prendre les décisions communes dans les questions politiques touchant à la sécurité mondiale, d’autre part à établir et, le cas échéant, à mettre en application les plans d’action stratégique, notamment en ce qui concerne l’emploi des armes nucléaires. Il serait alors possible de prévoir et d’organiser des théâtres éventuels d’opérations subordonnés à l’organisation générale…”

    On voit clairement que De Gaulle ne s’opposait pas à l’OTAN par principe, mais au contraire formulait ici d’une part l’idée d’un élargissement de sa compétence géographique, qu’une partie du monde a pourtant tant critiquée lors des interventions de Bosnie, d’Irak et d’Afghanistan (et s’il fallait faire parler De Gaulle comme vous le faites, il n’est pas sûr au vu de cet extrait qu’il ait été opposé à ces interventions) et d’autre part exigeait l’association de la France à la direction du monde libre dans un OTAN mondialisé plutôt qu’une intégration strictement nord-atlantique sous contrôle américain. N’oublions pas que la France avait entre temps perdu ses colonies et que cette nouvelle “OTAN” pourrait aussi pallier cette perte d’influence. C’est donc un membre déçu qui décide de sortir de l’organisation.

    Répondre moderated
    1. Le concept d’un Otan mondialisé est totalement étranger à la conception du monde de De Gaulle. De Gaulle n’a jamais été un membre déçu de l’Otan mais au contraire, il a toujours été opposé à ce que les armées françaises soient placées sous commandant américain. Au vu de tout ce que j’ai lu du général de Gaulle et sur le général de Gaulle, il me semble peu probable qu’il eut approuvé les interventions de l’Otan. Comme je doute aussi qu’il eut vu en Poutine un dictateur infréquentable. Pour mémoire, Poutine a toujours été élu plus démocratiquement que ne le furent J.F. Kennedy ou G. W Bush, pour ne citer qu’eux.

      1. Poutine a été élu de manière plus démocratique? Non mais quelle blague. Ses rares adversaires ont été emprisonnés ou sont morts mystérieusement. En fait il n’a jamais eu d’adversaire, il en a de la chance. Cela fait 22 ans qu’il s’accroche au pouvoir comme une moule sur son rocher.

  6. Oui mais voilà, les présidents français depuis Giscard n’ont qu’une obsession : l’Europe, l’Europe, l’Europe ! (en sautant comme des cabris)
    Dès lors, la France, l’intérêt des Français, qu’est-ce que c’est que ça ?

  7. EXTRAIT DE C’ÉTAIT DE GAULLE D’ALAIN PEYREFITTE (T.2 , pp. 15 -16)
    Salon doré [de l’Élysée ]- 4 janvier 1963
    « Nous avons procédé à la première décolonisation jusqu’à l’an dernier. Nous allons passer maintenant à la seconde. Après avoir donné l’indépendance à nos colonies, nous allons prendre la nôtre………… L’Europe occidentale est devenue, sans même s’en apercevoir, un protectorat des Américains. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de leur domination. Mais la difficulté, dans ce cas, c’est que les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper. Depuis la fin de la guerre, les Américains nous ont assujettis sans douleur et sans guère de résistance….
    Les décisions se prennent de plus en plus aux États-Unis. Il y a un véritable transfert de souveraineté. ….« Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business américain sur l’économie mondiale nous sont imposées.
    « Bien des Européens y sont favorables…… Les nations d’Europe reçoivent des capitaux, certes mais elles ne veulent pas se rendre compte que ces capitaux, c’est la planche à dollars qui les crée ; et qu’en même temps, elles reçoivent aussi des ordres. Elles veulent être aveugles. Pourtant, à la fin des fins, la dignité des hommes se révoltera. »
    Charles de Gaulle
    4 janvier 1963

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