Cet obscur chemin que le rejet de la caste trace vers la démocratie liquide

Nous le sentons bien tous : nos institutions sont au bout de quelque chose. Maintenues artificiellement en vie faute d'un consensus évident pour leur redonner une belle jeunesse, la question se pose de savoir par quoi les remplacer. En réponse à mon ami François M. qui proposait de revenir à la version originelle du septennat gaulliste, je voudrais ici faire une synthèse de ce qui me semble une alternative incontournable : l'adoption d'une démocratie liquide adaptée aux temps à venir.

Je sais que, face à la crise institutionnelle rampante, certains (y compris parmi les contributeurs du Courrier) préconisent un retour à la Vè République à l’état pur, c’est-à-dire à une fonction présidentielle au-dessus des partis. C’était le principe d’un septennat avec des législatures de 5 ans, qui déconnectait le temps présidentiel du temps gouvernemental. 

Je voudrais dire ici, en synthèse (on me pardonnera, j’espère, d’ouvrir des débats sans les approfondir… mais une exhaustivité nuirait à la clarté du propos), quelle alternative me paraît préférable à cette remise en l’état. Et je voudrais dire brièvement pour quelle raison cette remise en l’état me paraît une mauvaise idée. 

Comprendre la crise institutionnelle en cours

Bien sûr, il y a (comme toujours dans la compréhension de l’Histoire), des facteurs circonstanciels auxquels il est tentant de réduire la crise institutionnelle que nous traversons. Pour certains, c’est une histoire de septennat. Pour d’autres, c’est la personnalité de Macron qui aurait phagocyté la politique traditionnelle. 

Tout cela est vrai, à des degrés divers. Mais il ne s’agit là que d’étincelles qui n’expliquent pas le long feu de l’allumette. 

Sur le fond, il me semble que nous traversons, bien plus largement que ces accidents ponctuels, une crise de la démocratie représentative. Celle-ci s’explique par son obsolescence technologique et intellectuelle. 

Aux origines de la crise qui frappe la démocratie représentative

Lorsque la démocratie représentative (moderne) est née, le niveau moyen de culture de la population était pour ainsi dire inexistant, l’analphabétisme était dominant, et les humains ne connaissaient même pas l’électricité. Ces contraintes sociales et techniques expliquent que la seule façon d’associer le peuple aux décisions dans un Etat centralisé reposait sur l’attribution d’un mandat électif. 

Aujourd’hui, l’analphabétisme est quasiment vaincu, et n’importe quel réseau social permet de faire voter en quelques minutes des dizaines de milliers de personnes sur n’importe quelle proposition, avec une proclamation immédiate des résultats. En outre, la diffusion de l’instruction fait qu’un député compte parmi ses électeurs au moins dix citoyens ordinaires qui connaissent mieux les dossiers techniques que lui. 

Comment peut-on croire que des institutions qui ne prennent pas en compte ces changements radicaux dans le contexte où le pouvoir s’exerce puissent satisfaire durablement les électeurs ? 

Je veux marteler ici que les conditions dans lesquelles la démocratie représentative est née ont radicalement changé. L’objectif d’associer le peuple aux décisions collectives qui le concernent ne peut plus passer par des mandats représentatifs tels qu’ils sont conçus aujourd’hui, sauf à créer des frustrations durables, et le sentiment permanent de choix absurdes opérés en perdant la compétence des citoyens. 

Il est temps de reconnaître l’initiative citoyenne

J’ai bien compris que la caste qui capte le pouvoir à son profit ne veut pas remettre en cause ses privilèges et défend mordicus le principe de la démocratie représentative dont elle a fait sa chose. 

Mais cette option de conservation, qui n’est pas propre à la France (on se souviendra des étranges élections présidentielles américaines qui ont placé un débile au pouvoir il y a deux ans), n’est pas réaliste. La pression naturelle des peuples en faveur d’une gouvernance mieux partagée est inévitable. 

On pourrait résumer le devenir historique de la démocratie par la nécessaire reconnaissance de l’initiative citoyenne. On ne peut pas développer l’éducation, l’instruction, les technologies d’interconnexion immédiate, tout en maintenant ceux qui bénéficient de ces progrès dans une docilité humiliante, comme s’ils pouvaient s’asseoir à la table des adultes tout au long de la journée : dans leur entreprise, dans leur famille, dans leur club de sport, mais que, dès qu’il s’agit de pouvoir et de partage de la gouvernance, ils devraient rester à la table des enfants. 

L’initiative citoyenne dans l’ordre politique est inévitable. 

RIC et hyper-citoyenneté

Le Referendum d’Initiative Citoyenne (le RIC) est évidemment une étape essentielle dans le tâtonnement obscur qui guide les citoyens coincés dans la caverne de la démocratie représentative vers la lumière d’une gouvernance heureuse. 

Toute la question est de savoir par quelle conception de l’Etat assortir cette réforme inévitable. 

Je sais que beaucoup de défenseurs du RIC préconisent de généraliser l’intervention de l’Etat à tous les domaines de la société pour opérer une sorte de collectivisation permanente des destins individuels. C’est ce que j’appelle le projet d’hyper-citoyenneté. 

Dans ce projet, nous devrions siéger du matin au soir dans une assemblée permanente pour discuter de tout et décider de tout. 

Cette hyper-citoyenneté me paraît d’essence totalitaire, car elle autorise l’Etat à décider de tout, sous prétexte que l’Etat opère par referendum permanent. Nous savons tous l’imposture de gauche que cette option dissimule : elle repose sur l’idée que chaque citoyen doit se transformer en militant constant, qui donnerait sa vie au débat public, au détriment du reste, notamment de sa vie professionnelle ou de sa vie de famille. 

Je suis partisan d’un autre modèle : celui où ceux qui veulent jouir de la vie peuvent le faire sans que certains dogmatiques ou sectaires n’en profitent pour décider à leur place. 

RIC et réforme de l’Etat

Par rejet de l’hyper-citoyenneté qui est, selon moi, la première étape de la confiscation du pouvoir par une élite aussi dangereuse que la caste actuelle, je crois donc que le RIC est indissociable d’une profonde réforme de l’Etat. 

Le temps est venu de recentrer l’Etat sur ses missions régaliennes : la monnaie, l’impôt, la justice, l’ordre, la guerre. Pour le reste, toute intervention de l’Etat doit être interprétée comme le début du totalitarisme et combattue comme telle. 

Cette réduction de l’Etat à sa mission d’intérêt général es tla meilleure garantie donnée aux citoyens pour que le RIC ne donne pas naissance à un régime soviétique où des commissaires politiques prennent le pouvoir au nom du peuple. Et, dans certains projets que je vous fleurir sur le RIC, je crains que cette tentation soviétique ne soit très avancée. 

Transitivité des mandats

De mon point de vue, le RIC n’est au fond qu’un élément secondaire de la révolution institutionnelle dont nous avons besoin. Certes, le RIC est indispensable, mais il n’est qu’un début, une première étape, sur le long cheminement qui doit mener à l’émergence d’une démocratie d’un  nouveau genre. 

De mon point de vue, le plus important est de remettre en cause le principe du mandat représentatif, pour le remplacer par le mandat transitoire. Sur chaque sujet, sur chaque dossier, la décision publique doit associer les experts dont la société civile regorge, non pour leur abandonner le pouvoir, mais pour enrichir la vision politique avec leurs compétences techniques. 

La solution pour mettre en place ce système consiste, secteur par secteur, à délivrer un droit de délibération spécifique et transitoire, au besoin au moyen d’élections “techniques”, à ceux qui connaissent particulièrement tel ou tel dossier. 

Bien entendu, leurs options doivent être soumises à la validation populaire, mais il me semble que les lois seraient plus intelligentes et mieux écrites si elles étaient préparées avec des sachants validés par l’opinion. 

Scrutin préférentiel

Enfin, dans cette énumération succincte (et imparfaite, je le répète) des points fondamentaux de ce qu’est ou serait une démocratie liquide, il me paraît indispensable de réformer le mode de désignation des élus, et tout particulièrement du Président, si nous devons en garder un. 

Le scrutin majoritaire présente les limites bien connues qui nous épuisent : il nous oblige plus souvent à voter pour le candidat que nous détestons le moins que pour le candidat que nous préférons. La technique du scrutin préférentiel, utilisée par la primaire de gauche, et accessoirement utilisée dans certains pays, me semble devoir être longuement méditée et ruminée, pour être adaptée dans des conditions qui satisferaient le plus grand nombre. 

Si l’on garde à l’esprit qu’il ne s’agira plus d’élire un hyper-président intervenant sur tout, mais seulement le chef d’un exécutif compétent sur les seules fonctions régaliennes, cette réforme du mode de scrutin pourrait avoir un sens. 

L’implosion avant la construction

Ces quelques lignes, j’insiste, sont évidemment succinctes, et je demande au lecteur de ne pas les juger sur leurs lacunes, mais sur leur inspiration. Elles méritent forcément de longs débats contradictoires. 

Mais elles ont une utilité : rappeler qu’une crise institutionnelle n’est pas une fin funeste pour un Etat démocratique, mais au contraire, dans le cas qui nous occupe, le commencement d’une nouvelle destinée heureuse. Laissons-nous embarquer par l’Histoire !

Adapter nos institutions à leur époque est de toute façon inévitable. 

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21 commentaires
  1. Comme vous le dites, je pense que recentrer et limiter l’intervention de l’Etat sur ses strictes fonctions régaliennes est le premier objectif.
    Définir explicitement les fonctions régaliennes , la première étape.

  2. Eric produit un article qui avance tout en douceur, à pas de loup. Je commente quelques expressions sympathiques.
    « Nos institutions sont au bout de quelque chose. » Oui elles sont à bout de bras. Mais sont-ce les institutions qui sont malades, affaiblies ? Et si c’était la composition interne du peuple et des citoyens qui posait problème ? Les citoyens sont matérialistes et las, hélas ! Ils veulent du pain et des jeux, des retraites et des vacances, du pouvoir d’achat et une bonne santé gratuitement reçue. Nos peuples sont dépourvus de ressources spirituelles.
    « Aujourd’hui, l’analphabétisme est quasiment vaincu. » Taratata, des doigts sur un smartphone de surf n’est pas une preuve d’alphabétisme ou de bon sens partagé. Je préfère un analphabète qui distingue un homme d’une femme à un sachant de l’ENS qui brigue les postes dans la république wokiste.
    Ensuite, il y a tout un développement sur les risques du RIC mais aussi un appel aux experts de la technostructure, vous savez ces gars bardés de diplômes mais aliénés dans les idéologies en vogue. Un expert n’est pas vierge d’endoctrinement. La vertu de conseil est un don du Saint Esprit ou du bon sens commun lié aux mains dans l’argile.
    « Le commencement d’une nouvelle destinée heureuse. » ! Eric il faut arrêter avec les lignes de krack ou de coca. Revoilà « l’avenir radieux » ! Réhabilitons la souffrance, la valeur de la souffrance supportée, l’aguerrissement, la patience dans la douleur parcourue dans la vallée de larmes. Réindustrialisons la France et produisons des voitures à moteur diesel et de nombreuses centrales nucléaires et des missiles hypersoniques. Dévoilons les femmes couvertes de fichus ou de contraceptifs chimiques. La démocratie liquide est horizontalement plate et couverte de feuilles mortes qui suivent le vent du moment. Quel est ce rêve technocratique incompatible avec un chef de guerre éloigné de ‘petit ours brun’ ou des ‘bisounours assis devant un clavier’ ?

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    1. Voilà du solide!
      La prose de Monsieur Verhaeghe était délicate et légère… Le connaissant, impossible de lui en vouloir, même sur la question des fameux experts-aliénés, ni sur celle du contrôle des contrôleurs de la VERITE des consultations du type RIC… Comment le dire? Le RIC suppose une confiance préalable à toute épreuve…! Trop risqué, vraiment…

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    2. A vos remarques pertinentes, j’ajouterai l’effet de la corruption due au pouvoir oligarchique qui contrôle tous les médias privés et d’État. A quoi sert un RIC si la grande majorité de la population est abreuvée d’informations du style BFM ? Spengler dénonçait, il y a cent ans déjà, cette mainmise qui a probablement empiré depuis.
      Le fond du problème, le plus difficile à résoudre, est à mon avis la perte de sens et de valeurs qui engendre une subversion de tous nos idéaux démocratiques.

  3. Effectivement, la mention des experts m’a fait tiquer aussi. On a eu assez d’experts par-ci et d’experts par-là depuis deux ans. Missions régaliennes pour l’Etat avec des garde-fous stricts pour qu’il n’outrepasse PLUS JAMAIS ses droits, pour le reste, qu’il nous foute la paix !

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  4. Tout ça semble beau et, au même temps, utopique.
    C’est vrai que le niveau des alphabètes s’est réduit considérablement mais ça ne fait pas un peuple éveillé, cultivé et instruit! Je penses même le contraire!
    Il suffit de regarder comme la plupart ont réagi ces derniers deux ans et demi pour se rendre compte que le discernement et l’envie d’apprendre/s’informer n’est pas donnée à tout le monde nonobstant le fait que beaucoup d’infos soient facilement accessibles.
    Que soit le covid, l’opération russe en Ukraine et bientôt la variole, la plupart des gens ont oublié les notions basiques de science (apprises à l’école) ainsi que les grandes lignes géopolitiques/historiques du dernier siècle (le niveau collège/lycée suffit amplement).
    Donner le pouvoir à un peuple qui ne veut plus s’informer, s’instruire et, surtout, s’impliquer au quotidien à la vie de son Pays (et pas que) c’est un suicide.
    Pour que le RIC et d’autres initiatives citoyennes soient mises en place, il faudra déjà que le 80% du peuple ait des connaissances basiques du fonctionnement de la société actuelle (même si raté!), un minimum de culture générale (la vraie!) et qu’il soit prêt à écouter un autre opinion/enlever ses œillères.
    On constate beaucoup de gens encore masqués avec leur visière de débroussailleur, les profils sur les réseau sociaux avec les drapeau jeune et bleu, les gens qu’ils croient encore que les vaccins sauverons la planète du maudit virus, qu’on a choisit d’élire E.M. car il est jeune et dynamique en acceptant aussi sa caste de “sinistres” (dont il y en a pas un qui se sauve intellectuellement, professionnellement, fiscalement, moralement et civiquement).
    Les carburants dépassent les 2€/l et je ne vois personne manifester (contrairement à il y a plus de trois ans où des émeutes ont été constatées juste pour une “petite” augmentation).
    On devrait donner le pouvoir à ce gens? Je trouve que c’est très risqué… voir pire encore de ce qu’on connaît!
    Si on écoute le “peuple” on serait déjà entrés en guerre contre la Russie! Putin c’est un méchant, Biden c’est un gentil, Bill Gates “le philanthrope” (!!) et big pharma nous sauveront encore des méchants virus que les maudits pangolins, chauve souris et maintenant singes nous transmettent….
    Je ne suis pas un conservateur et je suis ouvert à tout type de changement, hélas je constate juste la triste réalité en observant les gens dans leur quotidien avec les mêmes affirmations d’un enfant de maternelle…
    On est au bord d’un crack financier sans précédent, on sera confronté à des pénuries d’aliments de première nécessité, on est confronté à une mortalité/effets secondaires des vaccins jamais vue auparavant, (la liste serait trop longue) mais tout va bien: l’important est que la “masse” ait la fibre pour pouvoir regarder netflix sans coupures et partager la photo du repas sur les réseaux sociaux…. Peu importe si le carburant est à 2.5€ le litre, de toute façon, une fois à la pompe, ils font toujours 20€ à la fois!!
    Donné du pouvoir à des personnes que n’ont pas envie de s’informer, d’apprendre, de comprendre, d’analyser et, en plus, leur demander de choisir pour quelque chose que ne comprennent pas ou que ne veulent pas comprendre/apprendre??

    L’idée de base est bonne (voir excellente) reste à savoir si le dégrée d’intellect, de discernement et la volonté des citoyens est à hauteur de ce projet ambitieux et plébiscite.

    Merci en tous cas de votre article que j’ai lu avec plaisir et intérêt.

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    1. @ Le rebelle: Qu’ajouter à ça? tout est dit et résumé admirablement. Permettez-moi de faire un copier/coller de votre texte et de le partager? Je donnerai bien sûr la source et l’auteur bien évidemment.

      Laurent

      1. Aucun problème Laurent mais d’abord corrigez les fautes par ci et par là que je n’ai pas vu même en me relisant une dizaine de fois avant de valider!
        Si vous pensez que le partage de mon humble texte peut réveiller des esprits ou mettre le moindre doute aux plus endormis, alors faites-le sans modération 😉
        Merci de l’attention que vous avez porté à mes paroles.
        Le Rebelle du 83

        Répondre moderated
      2. Bonjour Laurent, faite ce que vous voulez avec mon texte mais pensez à corriger les fautes que j’ai fait!
        Bonne continuation, force et courage!
        Le Rebelle du 83

        Répondre moderated
  5. Ma dernière intervention sur « Le Courrier » indiquait qu’il fallait bien que cela arrive un jour, mais je ne partageais pas le point de vue de Eric VERHAEGHE s’agissant d’unifier les différentes sources d’opposition au pouvoir ou pas, (traduit grossièrement).
    Cela ne pouvait guère durer et je suis grandement satisfait aujourd’hui de lire que Eric a une vision du devenir de la politique semblable si ce n’est identique à la mienne.
    Tant il est vrai que ses fidèles lecteurs que vous êtes pourront, si cela m’est permis et s’ils le souhaitent, découvrir les convergences entre sa position et la mienne.
    Notre vision, nos idées sur le sujet, vous les retrouverez sur le site d’une association que je préside.
    Le cas échéant, je demande à chaque visiteur en se rendant sur ce site de ne retenir que l’idée maitresse ; idée qui renforce la position de Eric VERHAEGHE et sur laquelle, bien évidemment, je ne manquerai pas de revenir infra.
    Notez que la dénomination tant du site que de l’association n’a pas la moindre importance. De même, les membres du Bureau à commencer par son Président se s’opposent absolument à être remplacés. Tout le monde n’a pas un égo démesuré, fort heureusement. Enfin, l’aspect et la structure de ce site sont et restent à la discrétion d’un noyau de « Français utiles » suffisamment important et pouvant justifier d’une réelle volonté de respecter l’esprit de la lettre de cette proposition et d’être en capacité de la faire connaître. Cette vision est en tout état de cause commune sur le fond à l’exposé de Eric et à ce que tout un chacun pourra découvrir sur notre site.
    Pour notre part, nous ne sommes jamais parvenus à « médiatiser » le site. C’est pourquoi si « Le Courrier » qui a sans nul doute notre préférence ou toute autre organisation souhaite agir dans l’intérêt de la Nation, voire à terme de toutes les nations, il n’y a qu’à.
    Ce qu’il conviendra de retenir à la lecture de ce site, c’est l’idée maîtresse sur laquelle je reviens ici et quelque part Eric y fait allusion dans son exposé.
    Aujourd’hui, par le truchement de l’informatique, tout citoyen (j’ai envie de dire : forcément connecté) est en capacité de participer, en temps réel, à la vie de la Nation.
    Plus qu’un postulat, c’est un axiome qu’il conviendra d’avoir définitivement à l’esprit.
    Partant, toute représentativité politique est sans fondement.
    Convenons que si nous sommes capables de choisir la personne à élire parmi d’autres, cela signifie que nos capacités intellectuelles et tout particulièrement nos capacités cognitives nous permettent de faire un tel choix.
    Dès lors, rien ne peut s’opposer à ce que, plutôt que choisir, nous puissions définir et établir.
    Quant au choix l’informatique est faite pour s’en charger.
    Les élites auto-proclamées ont nettement moins de compétences que la somme des Français que nous sommes.
    Une dernière précision quand même, le nom du site : http://www.actes-vrais.fr
    Pensez à vous inscrire, étant entendu que l’adhésion n’est pas une obligation pour vous forger une opinion.
    Quant à vos commentaires, je laisse Eric nous indiquer s’il souhaite qu’ils soient adressés au Courrier ; cela ne vous ferait pas trop changer vos habitudes.
    Bonne lecture.

  6. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt cette synthèse pour une démocratie liquide, d’autant plus que les deux termes juxtaposés ne m’évoquaient rien.
    Je trouve toutes ces suggestions très intéressantes, le RIC est une idée dans l’air du temps mais il me semble qu’elle ne prend pas en compte un problème de base : le nombre. Dans nos démocraties peuplées de dizaines de millions d’habitants, je crains fort que le RIC ne tournent à la cacophonie. Cela peut être aussi aggravé par la tendance à la communautarisation de la société française, puisque nous arrivons de moins en moins à demeurer un peuple, pas tant à cause de l’absence d’homogénéité “ethnique” qu’au renoncement à une civilisation française.
    Cela m’amène à contester l’optimisme de M. Verhaeghe, optimisme que je comprends car si l’on veut faire avancer les choses, il est bon de n’avoir pas peur de l’obstacle, encore faut-il que cet optimisme ne fausse pas le jugement.
    Certes, notre démocratie représentative s’est peut-être mise en place en des temps où l’instruction publique n’existait pas, mais il y avait probablement plus de bon sens chez nos aïeux de 1788 qu’il y en a chez nos Normaliens depuis les années 60 – BHL est normalien, c”est tout dire ! Et puis, 80% de bacheliers ne fait pas 80% de chevaux de course quand ce résultat a été acquis par une chute désolante des connaissances demandées mais aussi des capacités de rédaction, d’analyse et de synthèse. Souvenez-vous ce que disait Ivan Illich sur l’éducation « qui est en décadence parce que nous sommes passés du verbe actif “savoir” qui suppose une action volontaire et consciente de l’individu au substantif “Le Savoir” qui constitue un stock » – typiquement, de nos jours Internet – « dans lequel nous venons passivement puiser. » Et regardons de nos jours qui prolifèrent sur les réseaux prétendus sociaux : des “influenceurs”, terme déjà ridicule, dont le QI doit être inférieur à celui d’un bigorneau. Donc, le RIC me semble devoir être à manier avec des pincettes et ne se justifie en rien par un élèvement du niveau intellectuel des électeurs.
    En revanche, je vous suis absolument derrière l’impératif qu’il y a ce que l’Etat se recentre sur ses devoirs exclusivement régaliens. Il est d’ailleurs paradoxal de noter que c’est quand l’Etat décide de laisser faire le marché qu’il se prend à se mêler de tout ce qui ne le regarde pas. Puisque vous avez affiché le Général de Gaulle en haut de votre article, je rappelle qu’il était contre le laisser-faire du marché et pour le Plan, qui ne se mêlait pas de la vie privée des gens. Quand il a fallu légiférer sur la pilule contraceptive, de Gaulle en a accepté la libéralisation mais en disant qu’elle ne serait pas remboursée car « ce n’est pas à l’Etat de payer la bagatelle ». En avance sur Christopher Lasch, le Général était contre l’Etat thérapeutique, dérive de l’Etat encouragé par la démagogie de la Gauche dès les années 60 (c’est-à-dire quand elle était dans l’opposition), induite dans le mouvement de mai 68 et mise en œuvre dès l’arrivée au pouvoir de Mitterrand. Et je redoute donc que cette dérive ne soit accentuée par le RIC. Je vous donne un exemple : la légalisation de l’euthanasie. Croyez-vous vraiment que la démocratie “liquide” va permettre d’avoir un débat honnête sur le sujet ? Je redoute que non et je redoute que le recours au RIC entraîne au final une plus grande intervention de l’Etat dans les affaires privées. Si on reprend la proposition effarante de la pseudo-écolo Rousseau qui voulait pénaliser le non-partage des tâches ménagères, imaginer qu’elle réussisse à la proposer via un RIC, le pire est à craindre.
    Que faire ? Vous avez le mérite de proposer des pistes et en cela, vous êtes plus positif que moi. Je constate que depuis qu’elle s’est emparée de la destinée de notre pays, la démocratie représentative a lentement mais sûrement démoli, en moins de deux siècles, ce que patiemment la monarchie française avait édifié en 8 siècles et qui s’appelait une civilisation ; qu’elle n’a donné à la France qu’un seul homme d’Etat digne de ce nom et, hélas, à la faveur du plus grand désastre de son histoire. Et que les 40 dernières années ont vu nos dirigeants renonçer à l’indépendance et à la souveraineté de la France, et, à la suite d’un Mitterrand, s’est mis en place une classe politique à son image : médiocre, malhonnête, refusant d’assumer ses actes et soumise aux Etats-Unis.
    Votre démocratie liquide serait-elle en mesure de faire éclore une génération de personnalités publiques aptes à endosser le costume d’homme d’Etat et à assumer la France?

  7. La monnaie est une création spontanée de la société civile dont les prédateurs de l’Etat se sont emparés. La notion de souveraineté monétaire fait partie du lavage de cerveau dont nous sommes victimes des notre scolarisation.

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  8. Laisser la création monétaire entre les mains des hommes de l’Etat équivaut à confier sa fille à un violeur multirécidiviste.
    On lira avec profit l’ouvrage d’Hayek ‘Pour une vraie concurrence entre les monnaies ‘ ainsi que celui de Pascal Salin ‘La vérité sur la monnaie ‘

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  9. Ce commentaire n’est pas un doublon.

    Laisser la création monétaire entre les mains des hommes de l’Etat équivaut à confier sa fille à un violeur multirécidiviste.
    On lira avec profit l’ouvrage d’Hayek ‘Pour une vraie concurrence entre les monnaies ‘ ainsi que celui de Pascal Salin ‘La vérité sur la monnaie ‘

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  10. Je partage en grande partie ce que dit l’auteur dans ce très bon article.Pour résumer, une démocratie directe ou participative avec un Etat minimaliste qui se concentre essentiellement sur le régalien. C’est exactement tout le contraire de la 5ème république, et de la république française en général depuis la révolution. Ceci dit, je mettrai un petit bémol. Une bonne partie de nos concitoyens ont tout de même un niveau de culture politique très faible. Par exemple j’ai entendu sur Sud Radio l’ex-députée Martine Wonner, qui s’est battue courageusement contre la dictature sanitaire, expliquait que certains français ne savent pas quel est le rôle d’un député!!! Il y a du boulot. Et puis il faut que les citoyens éprouvent de la curiosité et s’intéressent vraiment à la chose publique. Bref, les citoyens doivent se responsabiliser et c’est finalement l’objectif du type de démocratie défendue par Eric.

  11. Merci beaucoup Eric d’avoir eu le courage d’ouvrir le débat! Nombreux sont ceux qui réduise le gaullisme aux institutions de la 5 République! Il n’en est rien, le gaullisme c’est un état d’esprit, c’est un idéal de souveraineté et d’indépendance, d’identité aussi, qu’il faut effectivement réinventer selon les époques. Vous avez raison de parler du RIC et du mandat limité et transitoire, tout en pointant les limites de l’hypercitoyenneté. Selon moi, si on sort un peu du capitalisme néolibéral mortifère ou nous travaillons 60 euros par semaines pour survivre et mettre de côté pour notre survie future (et donc nous nous limitons à la survie matérielle..) on peut partager le travail à 4 jours par semaine et consacrer le temps dégagé à la citoyenneté (les calculs ont déjà été fait par Pierre Larrouturou en 2003!). Puis revenons un peu aux idée du gaullisme de 1944 et on s’apercevra que ce qu’on voulait inventer n’était pas les soviétisme mais une forme de démocratie locale capital-travail encadré par l”Etat. Regardez la Sécurité Sociale: l’ordonnance de 1944 montre bien qu’elle ne devait pas devenir un moloch étatique, mais des organisations locales dans lesquels le pouvoir était élus et géré par les travailleurs et les entrepreneurs. Avec seulement une aide à la gestion par l’Etat. Et le but n’était pas de payer les labos et les médecins, mais d’organiser le partage de ressources et de richesses. Inspirons nous de cela, car ce qui n’a pas été fait à l’époque est peut être possible aujourd’hui!
    “Ordonnance n° 45-2250 du 4 octobre 1945 portant organisation de la sécurité sociale – Légifrance” https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000698857/

  12. Merci beaucoup Eric d’avoir eu le courage d’ouvrir le débat! Nombreux sont ceux qui réduisent le gaullisme aux institutions de la 5 République! Il n’en est rien, le gaullisme c’est un état d’esprit, c’est un idéal de souveraineté et d’indépendance, d’identité aussi, qu’il faut effectivement réinventer selon les époques. Vous avez raison de parler du RIC et du mandat limité et transitoire, tout en pointant les limites de l’hypercitoyenneté. Selon moi, si on sort un peu du capitalisme néolibéral mortifère ou nous travaillons 60 heures par semaines pour survivre et mettre de côté pour notre survie future (et donc nous nous limitons à la survie matérielle..) on peut partager le travail à 4 jours par semaine et consacrer le temps dégagé à la citoyenneté (les calculs ont déjà été fait par Pierre Larrouturou en 2003!). Puis revenons un peu aux idée du gaullisme de 1944 et on s’apercevra que ce qu’on voulait inventer n’était pas les soviétisme mais une forme de démocratie locale capital-travail encadré par l”Etat. Regardez la Sécurité Sociale: l’ordonnance de 1944 montre bien qu’elle ne devait pas devenir un moloch étatique, mais des organisations locales dans lesquels le pouvoir était élus et géré par les travailleurs et les entrepreneurs. Avec seulement une aide à la gestion par l’Etat. Et le but n’était pas de payer les labos et les médecins, mais d’organiser le partage de ressources et de richesses. Inspirons nous de cela, car ce qui n’a pas été fait à l’époque est peut être possible aujourd’hui!
    “Ordonnance n° 45-2250 du 4 octobre 1945 portant organisation de la sécurité sociale – Légifrance” https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000698857/

  13. Citation: “Lorsque la démocratie représentative (moderne) est née, le niveau moyen de culture de la population était pour ainsi dire inexistant,(…)”
    Je ne suis pas allé plus loin. Un quidam qui postule que nos ancêtres, presque tous nos ancêtres avaient un “niveau de culture pour ainsi dire inexistant”, est un fieffé raciste et un inculte insondable.
    TOUS les peuples sont, par définition, “culturés”, sinon, on n’aurait pas affaire à des humains. Au cours des XIX° & XX° siècles la bourgeoisie s’est acharnée contre TOUTES les langues cultures orales pour la raison très simple qu’elles étaient porteuses de structures mentales qui lui échappaient. L’existence d’une capacité à élaborer sa propre culture, c’est l’autonomie de pensée.
    Lorsque l’effondrement de l’état français en 1940 a stoppé net l’industrialisation de l’agriculture, totalement dépendante d’u pétrole réquisitionné par l’occupant nazi, il y eu un retour partiel à la terre. Là où les savoir-faire traditionnels s’étaient maintenus, la production agricole également. Les réquisitions allemandes ont privé les populations des villes, mais ceux qui habitaient dans les pays réputés arriérés (que des chevaux, pas de tracteur ou presque) ont eu à manger. La caste possédante s’en est bien rendu compte et s’est empressée après la guerre d’éliminer ce qui restait de ces économies capables de se passer d’intrants. L’organisation sociale était au fondement de ce type d’économie. Le remembrement autoritaire désintégra ce qui restait des communautés paysannes en favorisant les uns tout en spoliant les autres; côté média c’était l’omerta.
    Suggestion à l’ultra-raciste qui crache son mépris du peuple: lisez attentivement les travaux des ethnologues. Mais ça m’étonnerait que ça vous parle!

  14. Oui mais une démocratie représentative non dévoyée c’est aussi ce qui permet à certains de faire pleinement autre chose de tout aussi utile à la société que de la politique (de la recherche pour le cancer, tenir de une boutique en ville de 8h à 19h même le samedi, se lever à 4 h du matin pour faire du pain, aller aux champs même quand il pleut….). Celui là qui ne sait plus déléguer et qui ne sait (ou ne peut plus) faire confiance devient souvent quelqu’un incapable de faire quoi que ce soit. Et je me demande si ce modèle de “démocratie liquide” ou chacun serait constamment sommé de se prononcer sur tout et rien n’a pas comme comme prototype les chaînes d’information en continue. Alors la bfmdémocratie ou la lcidémocratie ? Enfin la leçon de l’histoire: rappelez vos que dans la mythique démocratie athénienne il fallait finalement payer les citoyens pour qu’il viennent siéger à l’Agora. Je pense qu’il faut rappeler que le vrai moteur d’une vie harmonieuse de la citée est d’abord la vertu. Elle doit être partagée (= la “common decency”) et exemplaire chez ceux qui veulent accéder à des responsabilités politiques. Et si la France est en crise c’est justement que cela n’est plus: vous mettez en illustration une photo de De Gaulle oui mais, lui, locataire de l’Élysée il mettait aussi un point d’honneur à y payer ses factures d’électricité et parmi les français qui braillent aujourd’hui combien le ferait ?

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