Avortement : que dit vraiment l’arrêt de la Cour Suprême aux USA ?

La Cour Suprême des Etats-Unis vient de rendre un arrêt qui suscite une véritable hystérie collective, selon lequel l'avortement n'est pas un droit inscrit dans la Constitution américaine. La Cour conclut donc que chaque Etat est désormais libre de l'autoriser ou non. Les attendus du jugement ne manquent pas d'intérêt. Ils sont malheureusement passé sous un silence de plomb par les "progressistes" de tous poils. Nous publions ici le contenu de l'arrêt.

Que la décision de la Cour Suprême aux Etats-Unis de ne plus considérer l’avortement comme un droit constitutionnel soulève une tempête de haine hystérique et de désinformation officielle, il suffit de lire ce tweet de l’AFP pour s’en convaincre :

L’AFP diffuse une fake news (qui nous fait sourire quand on songe au nombre de révélations sur le COVID que l’AFP a qualifiées comme telles sous l’étiquette de “complotiste”), puisque la Cour Suprême n’a certainement pas la faculté de révoquer le droit à l’avortement. Elle a simplement considéré qu’il ne s’agissait pas d’un droit constitutionnel, et qu’il appartenait donc à chaque Etat de le garantir. 

Voilà une nuance de taille qu’une presse rigoureuse devrait mentionner. Mais l’AFP ne considère pas que la rigueur fait partie de ses missions. Elle se contente de diviser le monde en deux catégories binaires : les complotistes, qui sont tous des menteurs, et les progressistes mondialisés, qui ont forcément raison. 

Ce qu’a vraiment dit la Cour Suprême

On lira dans l’arrêt que nous publions les considérants pour lesquels la Cour Suprême a décidé de ne plus considérer l’avortement comme un droit constitutionnel, et de renvoyer à chaque Etat le soin de légiférer sur cette question 

Contrairement aux fausses informations propagées en France, il ne s’agit certainement pas d’interdire l’avortement, mais simplement de considérer que la Constitution américaine n’en garantit pas le droit, ce qui est l’équivalent de la situation française. Tout particulièrement, la Cour a considéré que le 14è amendement ne couvrait pas le droit à l’avortement. 

Donc, comme le dit la Cour :

the authority to regulate abortion is returned to the people and their elected representatives (l’autorité pour réglementer l’avortement est rendue au peuple et à ses représentants élus).

Il faut souligner cette phrase : l’avortement n’est pas interdit par la Cour Suprême, ni remis en cause en bloc, contrairement à ce que le cartel de la presse subventionnée affirme en France. Le droit à l’avortement est “rendu au peuple” dans les mêmes conditions qu’en France, où une loi simple et révocable l’autorise. 

L’argumentation éclairante de la Cour Suprême

Pour justifier ce revirement de jurisprudence, la Cour Suprême utilise un argument qui est la véritable cause de la panique qui s’est emparée des mondialistes, non seulement aux USA, mais aussi chez leurs affidés européens. La Cour affirme en effet :

the Court examines whether the right to obtain an abortion is rooted in the Nation’s history and tradition and whether it is an essential component of “ordered liberty.” The Court finds that the right to abortion is not deeply rooted in the Nation’s history and tradition.

(la Cour examine si le droit de pratiquer un avortement est enraciné dans l’histoire et la tradition de la Nation et s’il est une composante essentielle de “la liberté ordonnée”. La Cour conclut que le droit à l’avortement n’est pas profondément enraciné dans l’histoire et la tradition de la Nation). 

Nous ne détaillerons pas ici la question la liberté ordonnée (ordered liberty), qui n’est pas éloignée de la doctrine de l’ordre public en France. Nous nnous concentrerons plutôt sur la question de “l’histoire et la tradition de la Nation”, au nom de laquelle la Cour a considéré que l’avortement n’était plus un droit garanti par la constitution. 

Cette technique de “l’histoire et la tradition” n’est pas nouvelle. Elle fut beaucoup critiquée dès les années 90 pour son conservatisme. C’est pourtant en son nom que la Cour Suprême cherche à identifier ce qui relève des droits constitutionnels et ce qui n’en relève pas. 

La Cour Suprême ou la terreur des mondialistes

On comprend ce que cette technique qui consiste à juger d’après la tradition de la Nation a de terrorisant pour l’idéologie mondialiste, et plus encore pour la caste qui en porte l’idéologie. Par principe, il s’agit d’une approche conservatrice assez peu favorable aux délires scientistes, voire transhumanistes, désormais à la mode. 

Plus profondément, les amateurs de pensée mondialiste se souviennent que Karl Popper, le maître de George Soros, avait dénoncé dans son livre “La société ouverte”, le poids des valeurs traditionnelles en Occident. Elles étaient, selon lui, un frein aux libertés. 

La décision de la Cour Suprême ne dit pas autre chose, et c’est pour cette raison qu’elle résonne comme un signal d’alarme pour la caste mondialiste. Désormais, la jurisprudence constitutionnelle américaine pourrait tout à fait devenir un rempart contre l’ordre scientiste mondialisé. On relèvera la véhémence avec laquelle les Européens s’emparent de ce combat : leurs commanditaires ont flairé le danger et resserrent les rangs pour faire barrage à ces fissures dans l’ordre juridique qui pourraient paralyser durablement l’expansion de l’idéologie mondialiste. 

 

 

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14 commentaires
  1. Les révolutionnaires mondiaux, ces progressistes qui érigent la régression en progrès, veulent abattre les grands principes qui fondent une société civilisée (que ces principes soient toujours respectés est une autre affaire…): l’interdit de l’inceste et du meurtre, l’affirmation de la différence entre les sexes et entre les générations.
    C’est à ce niveau que se situe le combat quand il s’agit de modifier la Constitution comme veut le faire une dinde sans tête.
    Les Américains peuvent davantage compter sur leur Cour Suprême que nous sur le Conseil Constitutionnel…

  2. Bonne réflexion paisible d’Eric V. . J’ajoute que cette simple décision est un révélateur de la deshumanisation visible des journalistes et autres politiciens vauriens qui ont pignon sur rue et qui crient comme des hyènes en ce moment. Notamment les journalistes octogénaires, indécrottables, indébrancheables, inamovibles fanatiques du fascisme gris en marche vers l’abîme nihiliste de la déconstruction de l’homme debout. Voir crier ces hyènes à bout de souffle est émouvant pour un ami du souverain Christ en Croix expiatrice. Ces gens proches de l’agonie sont déjà morts spirituellement depuis des lustres. Irrécupérables ? Probablement. Ces savants autoproclamés, ces trissotins de l’écran total ne savent pas que la foi en l’homme rené est un chemin de foi, un chemin de vie, un chemin de vérité, un dynamisme vers la beauté glorieuse souveraine. Je n’hésite à mettre dans le lot des ‘deshumanisés en marche nihiliste’ le trop respectable philosophe du système et pseudo juge de paix à paroles d’or : Alain Finkielkraut.

  3. Merci M Verhaeghe !
    Enfin une lecture raisonnée et factuelle de l’arrêt rendu vendredi.
    Même chez les “complotistes”, à force de vouloir être à la fois statisticiens, toubibs, juristes ou experte en relations internationales, il y a des interprétations erronées qui circulent.

    Ensuite, la question c’est pourquoi, au-delà de l’aspect “traditionnel” ou “national”, les mondialistes paniquent autant ?
    La réponse est peut-être à trouver dans les méandres de ce qui est par endroits devenu une quasi-industrie, avec toutes les promesses sur la manipulation des cellules souches, le commerce d’organes etc …. Aux US, Planned Parenthood n’est sans doute pas si sain et bienveillant que ça …

    Quant aux réactions ici-bas, on retiendra le tweet grotesque (et un brin menaçant) d’un Jean-Luc Mélenchon dont on se dit qu’il renchérissait moins sur le mantra woke “mon corps mon choix” lorsqu’il s’agissait d’injections expérimentales. N’est-ce pas Mme Aubry ?

    C’est fascinant de regarder tous ces pseudo-loups sortir du bois.

  4. Le droit à l’avortement est un simple permis de tuer un être humain en instance de naître. Traditionnellement l’enfant non désiré devenait un sous homme par la mauvaise éducation de l’abandon mais il lui restait la possibilité de se libérer par le combat. On considère aujourd’hui qu’un être humain est un simple amas matériel de cellules organisées. L’expérimentation scientifique ou progressiste peut en toute légalité créer des virus afin de modifier les lois de l’organisation cellulaires (ADN) de tout être vivant ou perturber son organisation cellulaire par des messages (ARN) artificiels.
    La constitution républicaine n’a pas pour objet de protéger la vie des individus, mais seulement le contrat social explicite ou implicite qui les lie.

    1. Bonne phrase : “Le droit à l’avortement est un simple permis de tuer un être humain en instance de naître.” Par contre je ne comprends pas l’expression ‘Traditionnellement l’enfant non désiré devenait’. Y aurait-il des enfants ‘désirés’ et des enfants ‘non désirés’ ? Des mensch et des untermensch ? Ma fille n’aime pas aller à l’école obligatoire, serait-ce une ‘école non désirée’ ? Je n’aime pas mon job, serait-ce un ‘travail non désiré’ qui plaît tant à mon collègue de travail rempli aux as ? Un enfant qui veut se faire une place au soleil contrarie-t-il ‘le projet’ de la mère ou des parents ? Oui/non et alors ? Un enfant est et se développe pour lui-même, comme nous l’avons tous fait sur ce blog. Tout le reste n’est que tortillement du cul. Etudiez la venue au monde de Beethoven ! Hippocrate, mort en 377 av. J. – C., et les pessaires abortifs !

  5. Moi, je crois que la véritable raison de la cour suprême vient du fait que la jurisprudence se basait sur l’arrêt Roe v. Wade or c’est un avortement autour 28 semaines ce qui dégoutte les juges conservateurs car nous avons affaire a un foetus bien formé. Le prétexte dans les années 70 était la viabilité du foetus or l’argument est fondamentalement inique car un bébé n’est pas plus viable à un an par ses propres moyens si vous le déposez dans une grotte, ni a deux ans, ni à trois ans….
    A 28 semaines, on a affaire à un fœtus bien formé et pas à un embryon or que dit la jurisprudence du 29 juillet 1945 :

    “L’âme n’est pas une brute, Plautina. L’embryon, oui. C’est si vrai que l’âme n’est donnée que quand le fœtus est déjà formé.’
    http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2003/03-065.htm#Formation%C3%82me

    Autrement dit, avorter d’un fœtus relève du meurtre et pas l’avortement d’un embryon donc l’avortement ne doit concerner que l’embryon, le foetus a des droits humains comme pour un bébé. Reste un dernier point, la révélation de MariaValtorta est-elle crédible ? Faites vous votre jugement en lisant ceci : https://www.fabricegagnant.com/maria-valtorta/

    Répondre moderated
    1. Si Maria Valtorta dit cela alors il est évident que cette femme ne pense ni comme Dieu, ni comme l’Eglise, – ce Tout. L’infusion de l’âme immortelle est un acte de création de Dieu, il n’est pas de notre ressort de le dater. Est humain celui qui le deviendra. L’ovule fécondé est mon frère, il mène son chemin de vie, tout comme je l’ai moi-même parcouru et continue à le parcourir en ce moment où j’écris, confiant. Je considère Maria Valtorta ‘comme une personne’, je considère l’ovule fécondé qui se développe pour lui-même ‘comme une personne’. La réalité sous-jacente est l’Amour que je porte à Dieu-Amour, à mon prochain, à moi-même, à l’engendrement du Ciel glorieux ; et non pas à la taille, au nombre de cellules, au coeur battant ou la viabilité d’une structure dissipative dans le système entropique Terre-Soleil. Je suis un être de relation, lui aussi l’est. Et son corps qui se développe pour lui-même vers une forme adulte bipédique est indisponible. C’est tellement évident et raisonnable, pour un non-démiurge.

  6. Pour autant que le célèbre slogan féministe “Mon corps m’appartient” soit un tant soit peu réfléchi et intelligent, il n’en est pas moins très difficile que tous les fœtus avortés manifestent sous la banderole “Ma vie m’appartient”

    Selon la philosophie (concept différent de religion, mais proche de spiritualité ) de chacun, à supposer qu’il en ait une de réfléchie, à partir de combien de semaines le fœtus est “animé” (anima = âme en latin) ?

    Quand il y a “vie consciente”, s’il y a avortement (quelle que soit la raison) , il y a crime.

    1. Quand une fusée décolle, on ne se pose pas la question de savoir quel étage est ou n’est pas la fusée. La vie humaine, votre vie humaine, c’est un dynamisme de croissance d’un oeuf fécondé. Cela n’a aucun sens philosophique de segmenter arbitrairement ce cheminement afin de nier des supposées étapes. Je pense que ‘la vie consciente’ commence à l’âge de raison, soit 7 ans et neuf mois. Un type dans le coma accidentel ou artificiel a-t-il une ‘vie consciente’ avant et après en être sorti ?

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