Artemisia annua : cette plante peut-elle réellement sauver des vies ?

L’Artemisia suscite depuis quelques années un regain d’intérêt de la part des scientifiques, mais aussi du grand public. Parmi les 400 espèces existantes, l’artemisia annua fait partie des variétés les plus courantes dont l’extrait a de multiples usages thérapeutiques.

L’histoire commence bien avant J-C…

L’Artemisia annua, communément appelée absinthe douce,  est une plante annuelle de la famille des Astéracées. Originaire de Chine, elle pousse désormais dans de nombreux pays, y compris des régions dispersées d’Amérique du Nord et d’Europe. Utilisée depuis plusieurs siècles en Médecine Traditionnelle chinoise (MTC) pour traiter la fièvre et autres symptômes liés au paludisme, cette plante herbacée contribuerait au traitement de diverses maladies telles que le paludisme, mais aussi le diabète, les maladies cardiaques et l’arthrite selon plusieurs études récentes.

L’histoire commence dans les années 1960, pendant la guerre du Vietnam et la révolution culturelle chinoise sous le président du parti communiste Mao Zedong. Le paludisme sévissait en Asie alors que les parasites qui causent cette maladie transmise par les moustiques devenaient résistants aux médicaments disponibles. Le Nord du Vietnam, à l’époque en guerre avec les États-Unis, a demandé à la Chine de l’aider pour développer de nouveaux antipaludéens destinés à ses troupes.

La Chine a alors lancé un programme secret enquêtant à la fois sur les produits chimiques connus et la médecine traditionnelle chinoise. Les scientifiques qui étudiaient les médecines traditionnelles ont finalement produit la puissante artémisinine botanique, plusieurs dérivés et d’autres médicaments qui peuvent être combinés entre eux.

L’artémisinine est dérivée de la plante commune Qing hao, le nom chinois de l’ Artemisia annua L.. Il était utilisé en Chine depuis plus de 2 000 ans. Le premier document, datant de 168 av. J.-C., a été écrit sur un morceau de soie déterré d’une tombe et recommandait l’herbe comme traitement contre les hémorroïdes. Un manuscrit du quatrième siècle le notait comme un traitement contre le paludisme et conseillait de prendre une poignée de Qing hao, de faire tremper dans 2 litres d’eau, de filtrer le jus et de boire. (Source).

D’autres bienfaits supposés de l’artemisia annua

La recherche moderne indique que l’artemisia annua possèderait d’autres propriétés au-delà de traiter et prévenir le paludisme : antimicrobiennes, antioxydantes et anti-inflammatoires.

Des propriétés antioxydantes

Cette étude publiée en février 2013 a révélé que l’huile essentielle d’armoise était un antioxydant. En étudiant des plantes d’Artemisia annua d’hybrides riches en artémisinine et cultivées dans l’archipel de Madère, les chercheurs indiquent que l’huile essentielle d’Artemisia annua est référencée comme ayant une activité antifongique et antimicrobienne (Juteau et al., 2002, Verma et al., 2011). Cette capacité antioxydante est associée à la teneur élevée en flavonoïdes et divers types de composés. De plus, l’activité antipaludique et anticancéreuse in vitro de l’artémisinine et de ses dérivés est renforcée par la présence de certains flavonoïdes.

Une autre étude publiée en mai 2012 dévoile que l’artemisia annua présente un certain nombre de caractéristiques prometteuses. Cette plante herbacée à tige unique de 2 à 3 m de hauteur renferme de nombreux composés bioactifs. Parmi eux, l’artémisinine est un principe actif antipaludéen bien connu. Des dérivés semi-synthétiques de l’artémisinine ont rapporté avoir de bonnes performances pharmacologiques contre les agents pathogènes opportunistes qui causent la pneumonie dans le SIDA et chez d’autres patients ayant un système immunitaire affaibli. Cette plante est également connue pour avoir des propriétés antipyrétiques, antiparasitaires, antiulcérogènes et anti-inflammatoires.

Des propriétés anti-inflammatoires / analgésiques

L’artemisia annua  aurait un potentiel en tant qu’anti-inflammatoire/analgésique pour traiter l’arthrose selon une étude publiée dans la revue médicale Clinical Rheumatology en 2016. Elle a révélé que l’extrait d’absinthe douce était efficace pour améliorer la mobilité articulaire et réduire la raideur articulaire ainsi que les douleurs. Les chercheurs ont testé des doses de 150 mg deux fois par jour et de 300 mg deux fois par jour. Le traitement par 150 mg en particulier est associé à des réductions cliniquement pertinentes de la douleur sur 12 semaines.

Des propriétés anticancéreuses

Outre son activité antipaludique, depuis une vingtaine d’années, des études ont été menées pour évaluer le potentiel de l’artémisinine et de ses dérivés à inhiber la croissance et la prolifération des cellules cancéreuses. Il a été démontré qu’ils tuent sélectivement les cellules tumorales. Cette spécificité est due à certaines caractéristiques des cellules tumorales, telles qu’un métabolisme accru, une concentration élevée de fer et de transferrine et une sensibilité aux espèces réactives de l’oxygène (ROS). De plus, en raison d’une toxicité et d’effets indésirables minimes, les études actuelles évaluent la possibilité d’utiliser l’artémisinine ou ses dérivés comme médicaments antinéoplasiques.

Un article publié en mars 2018 a passé en revue et résumé l’histoire et les événements qui ont conduit à la découverte du médicament et de ses dérivés, ainsi que la façon dont ces composés ont été découverts comme possédant des capacités antinéoplasiques. Cet article résume également certaines preuves ainsi que des essais cliniques dans lesquels ce remède naturel a été utilisé pour traiter efficacement le cancer.

L’artemisia annua, un traitement anti-covid ? 

La pandémie de Covid-19 a remis l’armoise annuelle sous le feu des projecteurs, notamment dans plusieurs pays africains, là où le paludisme sévit énormément. Actuellement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande la polythérapie à base d’artémisinine comme traitement de première ligne contre le paludisme multirésistant. En raison des diverses études sur l’utilisation des médicaments antipaludiques pour traiter le coronavirus, une question se pose : l’armoise annuelle et ses composés seraient-ils un remède contre le SARS-CoV-2 ?

À Madagascar par exemple, l’Institut malgache de recherches appliquées (IMRA) a mis au point une tisane appelée Covid-Organic composée à 62 % d’artemisia annua et de plusieurs autres plantes médicinales dont les proportions ont été gardées secrètes, principalement des mucolytiques. Ces dernières sont destinées à fluidifier les glaires et faciliter l’expectoration. Elle est également disponible sous forme injectable destinée aux personnes atteintes de la forme grave de l’infection. Néanmoins, ce traitement n’est pas reconnu en France, mais a été inclus par le directeur général de l’OMS dans le protocole d’essais cliniques dans le cadre du programme « Solidarity Trial ». 

Depuis 2020, de nombreuses recherches ont également été menées sur les vertus des plantes médicinales traditionnelles pour lutter contre le Covid-19. Un article publié en septembre 2021 dans le Journal de Médecine intégrative, par exemple, a examiné 20 études de laboratoire menées entre 2020 et 2021. Les chercheurs ont constaté que les différents constituants de la plante auraient plusieurs actions.

Collectivement, ses constituants de la plante peuvent :

  • Entraver l’attachement du SRAS-CoV-2, la fusion membranaire, l’internalisation dans les cellules hôtes ;
  • Entraver le processus de réplication et de transcription virales.

Cette étude est le premier aperçu complet de l’application des composés d’A. annua contre le SRAS-CoV-2 décrivant toutes les protéines cibles. La combinaison des propriétés biologiques de la plante et une approche de thérapie combinée multi-médicaments peut inhiber de manière synergique le SRAS-CoV-2 et aider au traitement du COVID-19. En outre, elle peut moduler la réponse immunitaire de l’hôte pour mieux combattre l’infection.

Le mode de préparation

La méthode de préparation influe sur la quantité d’artémisinine et d’autres composés chimiques qui seront administrés et absorbés selon un document publié par l’OMS intitulé Utilisation des formes non pharmaceutiques d’Artemisia. L’A. annua est par exemple utilisée en médecine traditionnelle depuis de nombreuses années en Asie et en Afrique, à partir de l’ensemble de la plante à l’état frais ou la préparation d’une tisane à partir des feuilles séchées pour le traitement du paludisme et de la fièvre.

Le jus

Dans le texte ancien de la Materia Medica chinoise, la méthode pour extraire le jus consistait à faire macérer la plante, incluant la tige et les feuilles à l’état frais dans de l’eau, puis à l’essorer. Plus tard, certaines références chinoises préconisaient de broyer la plante à l’état frais ou à faire macérer la plante dans de l’urine à la place de l’eau, toujours pour en obtenir du jus.

La tisane

Pour ceux qui préféraient la tisane, La Maison de l’artemisia conseille de mélanger 5 g de feuilles séchées à 1 L d’eau bouillante et de laisser le mélange refroidir pendant 15 minutes avant de le filtrer. Il est ensuite recommandé de boire 1 L de cette tisane en l’espace de 24 heures, pendant 7 jours d’affilée.

D’autres méthodes recommandent de :

  • Ajouter 9 g au lieu de 5 g de feuilles séchées par litre d’eau ;
  • Laisser les feuilles macérer pendant plus ou moins 15 minutes
  • Filtrer le mélange et agiter la tisane de manière répétée pendant qu’elle refroidit ;
  • Ou extraire l’eau des feuilles après la filtration.

La pharmacopée actuelle de la République populaire de Chine, quant à elle, répertorie officiellement l’herbe séchée comme remède contre la fièvre et le paludisme, à une dose quotidienne de 4,5 à 9 g d’herbe séchée préparée en infusion.

Les gélules et comprimés

Récemment, des chercheurs ont suggéré de remplacer la tisane par l’ingestion de poudre faite à partir de feuilles sèches pour une utilisation thérapeutique. Les feuilles en poudre sont soit intégrées dans des gélules de cellulose ou de gélatine, soit compressées pour former des comprimés.

(Source : Utilisation des formes non pharmaceutiques d’Artemisia, OMS)

Comment faire pousser l’artemisia annua ?

L’artemisia annua ou artemisia chamomilla, de la famille des astéracées, celle qui comprend le plus grand nombre d’espèces. C’est une plante qui se reproduit de manière sexuée, à partir de ses rhizomes. Ces derniers ont la capacité de rechercher les meilleures conditions pour pousser, en se rapprochant des sources d’eau ou de la lumière. Cette dernière est d’ailleurs indispensable à l’artemisia autant pour sa germination que pour sa croissance.

Cette plante annuelle comme son nom l’indique a besoin d’être exposée à la lumière pour bien se développer. Elle pousse aussi bien à l’état sauvage dans la nature que dans vos jardins. Sa taille est généralement comprise entre 50 et 150 cm, mais certains plants peuvent atteindre les 3 mètres en culture. Si certains types d’artemisia ont besoin d’un sol au pH neutre pour pousser, l’artemisia annua peut pousser sur tous les types de terrain, à condition que les semis ou la bouture soient tous bien exposés au soleil.

Quant aux semis, semez-les en clayettes, sous abri lumineux et ne couvrez pas les graines qui germent à la lumière. Maintenez ensuite le semis humide à l’aide d’un vaporisateur, puis lorsque les plants possèdent 5 à 6 feuilles, repiquez les godets individuels puis en pleine terre lorsque cela est possible. La distance idéale entre les plants devra faire entre 60 cm et 1 mètre.

L’artemisia annua commence à germer à la fin de l’hiver. Ses fleurs apparaissent vers le milieu de l’année et fructifient en automne. Les inflorescences se présentent sous forme de capitules ronds qui donnent l’impression de n’en faire qu’une seule. Les feuilles sont, quant à elles, de couleurs vertes. Elles sont finement ciselées et peuvent être légèrement duveteuses lorsqu’elles sont juvéniles.

Les précautions à prendre pour utiliser l’artemisia annua

Cette plante requiert quelques précautions d’emploi, car elle possède des risques pour les personnes épileptiques dans la mesure où elle présente un risque de neurotoxicité plus ou moins élevé. Elle possède en outre des propriétés abortives pouvant provoquer l’avortement chez les femmes enceintes.

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4 commentaires
  1. J’ajoute également que prit en trop grande quantité ou trop longtemps que l’artémisia annua est toxique pour les reins. J’en prends une semaine sur deux pour laisser les reins se reposer et je ne dépasse pas 15 à 20 centilitre par jour. J’en prends depuis deux ans et n’ai jamais eut de problème, il suffit de respecter la posologie.

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