Notes libertariennes sur le recyclage intellectuel d’Adolf Hitler – par Nicolas Bonnal

La société néototalitaire qui se présente comme démocratie-marché a toujours tendance à accuser d’hitlérisme celui qui n’est pas d’accord avec son ombrageuse doxa. Cela ne signifie pas qu’elle haïsse forcément Hitler, mais qu’elle s’en inspire, y compris dans sa construction d’une Europe privée de libertés, russophobe et bourreau-cratique. Et comme on va le voir, Hitler lui a tout inspiré, de l’écologie au végétarisme en passant par les contrôles de vitesse et les lois sur le harcèlement sexuel. Deux livres peuvent vous l’expliquer, la biographie médicale du très savant Bernard Plouvier (lisez aussi le rose et le brun de Philippe Simonnot) et les magiciens d’Ozymandia, non traduit, du regretté philosophe libertarien Shaffer Butler.

Dans son livre, Shaffer racontait ceci :

« Au cours des années précédentes, dès le premier jour de cours, j’ai donné à mes nouveaux étudiants un bulletin de vote, indiquant que «il est temps d’élire le leader d’une grande nation» et en leur offrant deux candidats, A et B.

Le candidat A est identifié comme «un critique bien connu du gouvernement ; cet homme a été impliqué dans des mouvements de protestation fiscale et a ouvertement préconisé la sécession, la rébellion armée contre le gouvernement national existant et même le renversement de ce gouvernement. Membre d’un groupe de miliciens qui a participé à une fusillade avec les autorités chargées de l’application de la loi, il s’oppose aux efforts de contrôle des armes à feu du gouvernement national actuel, ainsi qu’aux restrictions à l’immigration dans ce pays. C’est un homme d’affaires qui a gagné sa fortune dans des entreprises telles que l’alcool, le tabac, la vente au détail et la contrebande. »

Après cet horrible candidat semi-sauvage, un candidat socialiste de bon aloi :

« Le candidat B a soutenu des restrictions accrues à la fois sur l’utilisation et la publicité des produits du tabac… Cet homme est un champion des programmes environnementaux et conservateurs et croit en l’importance d’envoyer des troupes dans des pays étrangers afin de maintenir l’ordre à cet égard ».

Les étudiants adorent bien sûr le deuxième candidat écolo, véganien, russophobe et surtout militaro-humanitaire !

Après on donne les résultats et ils ne sont pas piqués des vers :

« Les étudiants sont invités à voter, anonymement, pour l’un de ces deux candidats. Je n’emploie cet exercice que tous les deux ans, tout au plus, de sorte que les étudiants n’auront pas été invités à s’y attendre. Au fil des ans, les résultats du vote ont donné au candidat B environ 75% des voix, tandis que le candidat A obtient les 25% restants. Après avoir terminé l’exercice et tabulé les résultats, j’informe les étudiants que le candidat A est un composite des «pères fondateurs» américains (p. Ex., Sam Adams, John Hancock, Thomas Jefferson, George Washington, etc.). Le candidat B, d’autre part, est Adolf Hitler. »

75% pour Hitler donc. CQFD.

Et Butler rappelle à ses étudiants ignares et PC :

« J’ai ensuite appris à ma classe comment Winston Churchill avait, en 1938, fait l’éloge d’Hitler, qui avait pour lui des personnalités telles que Gandhi, Gertrude Stein (qui l’a proposé pour le prix Nobel de la paix) et Henry Ford (qui a été ravi de travailler avec le leader allemand). Un de mes étudiants ne pouvait plus le supporter. « Comment pouvez-vous dire que tant de personnes pourraient soutenir un homme aussi méchant que Adolf Hitler? », a-t-elle plaidé. « Vous me le dites, » j’ai répondu, « il y a deux semaines, 78% d’entre vous dans cette classe ont voté pour lui! »  Une vingtaine de secondes de silence se sont installées dans la salle de classe avant de passer au prochain cas. »

Vingt secondes ce n’est pas assez pour une telle révélation. Mais à l’époque du zapping et de leur télé en bandeau… Un coup de nazisme, un coup de Lady Gaga (un milliard de vues en moyenne sur You Tube, que voulez-vous, nous ne sommes pas à la hauteur !)

Nous sommes mués en troupeau d’agneaux saignés par le fisc et les flics de la pensée. Les causes profondes ? Hayek évoquait le pauvre Bismarck. Butler, qui soulignait la désintégration morale de nos Etats-nations, rappelait que le nazisme contrôlait la santé, désirait les interventions humanitaires en Europe ; qu’il avait initié le recyclage des ordures, le contrôle de vitesse, l’interdiction de fumer ; et qu’il interdisait la détention des armes à feu tout en finançant culture et cinéma. Le docteur Plouvier note que les nazis inventèrent les premières lois sur le harcèlement sexuel. Sous Hitler, on était passé à 48% de part de prélèvement de l’Etat sur le PNB. Rappelons  enfin qu’Eisenhower s’inspira de l’Allemagne pour son réseau d’Interstates aux Etats-Unis, qui devait profondément altérer (lisez les Américains de John Boorstyn) la psychologie du pays.

Shaffer est plus optimiste à la fin :

« Une preuve supplémentaire d’un enthousiasme décroissant pour le Léviathan. Les voix lobotomisées qui insistent sur la soumission passive à l’autorité, peuvent se heurter à un public qui s’épuise rapidement.

Ayant eu un bref aperçu de la culture brune de l’administration actuelle, peut-être que les Américains redécouvrent l’importance de leur propre histoire. Il se peut que l’«esprit de 76», avec son amour de la liberté et de la méfiance envers les gouvernements, soit encore suffisamment ancré dans le tissu de notre société. »

Ajoutons un élément sur la « question juive » ; Carl Schmitt (tellement à la mode) voulait que l’on déclarât juif tout livre écrit par un juif, fût-ce un livre sur la dentisterie ou le yoga. On en est arrivé au même point, car tout ce qui a été écrit par un mâle blanc sera exterminé par la culture de l’annulation. On s’est d’ailleurs remis à brûler les livres écrits par des russes, fussent-ils ceux de Tolstoï ou Dostoïevski. Comme dit Jonah Goldberg dans son génial livre sur le fascisme libéral (évidemment non traduit) « l’homme blanc est le juif du vingt-et-unième siècle. » Sur le nazisme et la cause LGBTQ vous saurez tout ce qu’il faudra dans le livre  documenté du renommé Philippe Simonnot.

A transmettre à vos maîtres  Leyen, Schwab et Scholz.

Bibliographie :

Nicolas Bonnal – Amazon.fr

Jonah Goldberg – Liberal fascism

Shaffer Butler –The wizards of Ozymandia

Bernard Plouvier – Hitler (Dualpha)

Philippe Simonnot – Le rose et le brun (Dualpha)

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2 commentaires
  1. Salutations,
    Ne serait-il pas intéressant de conseiller de lire “Mein Kampf” pour mieux connaître la pensée d’Adolf Hitler puisqu’il a pris la peine de la coucher par écrit ?
    Ceci permettrait au lecteur de comprendre mieux les événements de cette époque (si besoin lui fait sentir) et, peut-être, de qui s’inspirent réellement les “oligarques”.

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