[PAYANT] Les droites de Husson n°52 – Le moment conservateur est passé – préparons le moment révolutionnaire qui vient!

30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Cette semaine, dans "Les Droites de Husson" - (1) Le macronisme anticipé dès 2013 par un parlementaire suisse - (2) Le moment conservateur (2002-2022) - (3) Vers un moment révolutionnaire

Le macronisme anticipé en 2013 par un parlementaire suisse

 

Un ami m’a fait parvenir ce matin le croustillant récit d’une visite de sénateurs français à Berne en avril 2013. Voici comment le journal Le Temps l’annonçait: 

Le groupe France-Suisse du Sénat français, emmené par son président Pierre Hérisson (UMP/Haute-Savoie), sera en visite en Suisse lundi et mardi. Il sera reçu à Berne par la Délégation pour les relations avec le Parlement français, présidée par le conseiller national André Bugnon (UDC/VD) (…).

Les discussions porteront principalement sur les questions de fiscalité et sur la politique de la recherche et de l’innovation en Suisse, ont indiqué jeudi les services du Parlement dans un communiqué. La politique d’intégration européenne de la Suisse et la coopération transfrontalière feront également l’objet d’un échange de vues entre les deux délégations.
Avant de visiter l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), les deux délégations doivent être reçues par l’ambassadeur de France en Suisse, Michel Duclos.
Outre André Bugnon, la délégation suisse compte les conseillers nationaux Céline Amaudruz (UDC/GE), Christophe Darbellay (PDC/VS), Fathi Derder (PLR/VD), Pierre-Alain Fridez (PS/JU) et Manuel Tornare (PS/GE) ainsi que les conseillers aux Etats Raphaël Comte (PLR/NE), Liliane Maury Pasquier (PS/GE), Thomas Minder (indépendant/SH) et Anne Seydoux-Christe (PDC/JU)“.

Une visite qui s’annonçait sous les meilleurs auspices….Las, il eut ensuite quelques sarcasmes. L’un des conseillers nationaux suisses, Fathi Derder, publia un récit désopilant sur l’incapacité des Français à reconnaître les maux de leurs pays et leur tendance à se poser d’autant plus en donneurs de leçons que leur pays va mal. 

Lisez et savourez! 

Pourquoi commencer notre réflexion d’aujourd’hui par ce récit vieux de neuf ans? 

Précisément, parce qu’il est vieux d’une petite décennie. François Hollande présidait depuis un an à peine aux destinées du pays. C’était avant l’ère Macron. Mais ce papier fait saisir l’essence du macronisme: 

+ “Ce ton, ce style inimitable: ne jamais parler, toujours expliquer”.

+ “Au repas déjà, chez l’ambassadeur, une sénatrice “explique” à ma table que la France est un pays ultralibéral” – la startup nation! 

+ “pour un élu français en tournée en province, si on n’est pas d’accord, c’est qu’on ne l’a pas compris”.  Toute l’attitude face aux Gilets Jaunes…jusqu’au “Grand Débat” d’Emmanuel Macron, succession de monologues devant des auditoires triés. 

+ La capacité à faire des “dépenses publiques” une vertu après s’être présenté comme “ultralibéral”; 

Il faut ajouter une dizaine mais le texte touche toujours aussi juste: “Désarmante France. CINQUANTE ans de déficit, une dette abyssale, mais elle fait la leçon”. Que fait d’autre Emmanuel Macron au sein de l’Union Européenne, sinon “donner un cours de gestion de faillite au pays le plus riche du monde”. 

Comment ne pas reprendre ce jugement, aussi dur soit-il: “La France ne souffre ni de son chômage, ni de sa dette…”. J’ajoute “ni de son immigration, ni de son insécurité, ni de son manque d’investissement, ni de la désindustrialisation…”. Non: comme le dit très justement Fathi Derder, “elle est malade de son aveuglement”.  Surtout l’aveuglement de ses élites. Et plus généralement du tiers de la population qui dispose d’un diplôme de l’enseignement supérieur. 

Maudissez-vous ces 28% de votants qui ont choisi Macron au premier tour en avril 2022? Et ceci malgré les fiascos accumulés; Gilets Jaunes, réforme des retraites, politique sanitaire, diplomatie ukrainienne? Mais l’aveuglement n’est pas seulement celui d’Emmanuel Macron. Il est partagé par une grande partie de la classe politique. 

Les mots peuvent-être différents mais tant d’élus NUPES sont bardés de certitudes qui les aveuglent, par exemple sur le fait que la pays serait malade de “l’ultralibéralisme”. Et puis pensez à ces maires écologistes, élus à la faveur d’une abstention importante en 2020, qui sont en train de saccager leur ville. 

Et nous, à droite, que de regrets nous pouvons accumuler en repensant à la présidentielle de 2022. Aucun des candidats ne méritera notre indulgence. Ni Eric Zemmour, enfermé dans la certitude qu’il ne devait parler, au fond, que d’un seul sujet. Ni Marine Le Pen, qui a oscillé, jusqu’à maintenant, entre le besoin d’un gourou, à ses côtés, et la détestation de tous ceux qui lui amènent des idées nouvelles.  Ni Valérie Pécresse, dont même les témoins les plus bienveillants disent qu’elle n’écoutait personne pendant sa campagne. 

C’est important d’identifier, en commençant, le mélange d’aveuglement et d’immobilisme qui caractérise notre classe politique, médiatique et qui explique même le comportement de “rentiers de la mondialisation” de nos dirigeants de grandes entreprises. 

C’est important parce que, même si cet aveuglement est partout, à gauche comme à droite, il a été particulièrement préjudiciable au “moment conservateur”. 

Le moment conservateur (2002-2022)

Sarkozy – triomphe et chute

On se rappelle le 21 avril 2002, l’énorme déconvenue du candidat du PS, le rétablissement miraculeux d’un Jacques Chirac qui venait de passer cinq ans en cohabitation. Un homme était pour beaucoup dans le rétablissement de Jacques Chirac: Nicolas Sarkozy, qui avait, en particulier, mis le thème de la sécurité au coeur de la campagne.

Fort de ses 80% au second tour, Jacques Chirac ne fit pas grand chose de son deuxième mandat – à part le bref sursaut de politique étrangère, cette opposition un peu gaullienne à la guerre en Irak. En général, si l’on ose dire, il resta cependant le radical-socialiste qu’il avait toujours été. 

Cela n’en rend que plus intéressante la campagne de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle de 2007. Une campagne qui s’affirma vraiment de droite! Rappelons-nous le “travailler plus pour gagner plus!” mais aussi le magnifique discours du candidat sur la fin de 1968. ( sur le ien vidéo, regarde à partir d’1h30 – Ce discours a été pour beaucoup dans ma décision d’aider à la réforme de l’université du président élu). Une campagne conservatrice, aussi, parce qu’elle combinait la référence à la continuité française et la conscience du besoin d’adapter le pays – pour que l’essentiel perdure. C’est ce qui distingue le conservateur du réactionnaire. Le conservateur aime trop son pays pour le voir s’étioler en se contentant de déplorer son déclin. 

Sur le papier, Nicolas Sarkozy avait tout pour réussir. Il avait à la fois su parler aux couches populaires (sa campagne avait même des accents trumpiens avant la lettre) et rassembler autour de lui une part importante du monde dirigeant. La pierre de touche de la réussite, en 2007, ce furent les 800 000 électeurs du Front National qui votèrent pour lui au premier tour

Ce fut aussi la pierre de touche de sa défaite. Il est faux de dire que Nicolas Sarkozy n’entreprit rien contre l’immigration. Mais il s’aperçut trop tard qu’il n’avait pas été obéi sur le sujet par ses services et sa majorité. L’effort lancé en 2010 ne pouvait pas porter ses fruits à temps. Surtout, le président fraîchement élu s’était nui d’emblée à lui-même: alors qu’il aurait fallu faire “l’ouverture à droite”, pour cimenter la victoire, il la fit à gauche. Selon la formule d’Eric Zemmour: “On attendait le kärcher et on a eu Kouchner”. Et les 800 000 électeurs concernés ne revinrent pas. Ils s’abstinrent ou ils votèrent Marine Le Pen en 2012. 

2012-2022 : la décennie maudite des droites

Il faut se rendre compte de ce que signifie les 27% de Nicolas Sarkozy plus les 17% de Marine Le Pen en 2012: 44%, de quoi constituer une union des droites irrésistible. Et pourtant on eut la désunion permanente et trois défaites présidentielles d’affilée. 

Je ne reviendrai pas ici dans le détail sur la désastreuse décennie 2012-2022:

– défaite de Nicolas Sarkozy, sabordage par le même Nicolas Sarkozy, de la campagne de François Fillon en 2017; puis, carrément, son ralliement à Emmanuel Macron en 2022. 

– incapacité de Marine Le Pen à réaliser un rassemblement des droites, qui passait, entre autres, par une entente avec une partie du monde dirigeant. 

-fiasco du Congrès LR de la fin 2021, avec en particulier le non aboutissement de la candidature de Michel Barnier. 

-échec de la candidature d’Eric Zemmour, à propos de qui on aura – malheureusement – résumé la campagne qu’il mena en constatant qu’il ne donna son premier entretien à la presse régionale que quelques jours avant le premier tour

On apprend bien sûr des échecs mais, en l’occurrence, nous sommes devant quelque chose de beaucoup plus profond, une crise structurelle. 

En effet, il est absolument incroyable – mais vrai – que la droite n’ait pas réussi à saisir le “moment conservateur”.

Le “moment conservateur”…

+ effondrement du modèle économique de la mondialisation à l’américaine en 2007-2008

+ basculement des élites dites “néolibérales” dans un modèle “néo-autoritaire” – ce que j’ai appelé, à propos d’Angela Merkel, “ordo-progressisme”. La “Quatrième Révolution Industrielle” inventée par Klaus Schwab (on est toujours dans la troisième, commencée vers 1970 – depuis 1770, les révolutions industrielles suivent des cycles séculaires) a mené au Great Reset, avec sa politique sanitaire coercitive, son écologisme autoritaire, son artificialisme sexuel imposé, son immigrationnisme remplaciste etc….

Face à ces dérives, les réactions ont été nombreuses, dans la société française et dans le reste du monde: 

+ la Manif pour Tous

+politique de contrôle de l’immigration par Viktor Orban

+ Brexit

+ élection de Donald Trump 

+ mouvement des “Gilets Jaunes”

+ opposition à la coercition sanitaire

Les conditions étaient favorables, pour créer un mouvement de droite puissant, uni, et victorieux électoralement. 

… a manqué d’un relais dans le monde dirigeant

Cependant, il ne faut pas sous-estimer un problème majeur qu’ont pu rencontrer tous ceux qui ont travaillé à une union de toutes les droites autour d’un programme de réunion entre la France prospère et la France périphérique; entre la droite de gouvernement et la droite “hors les murs” ou la droite populiste. C’est l’absence d’un véritable noyau conservateur dans le monde des grands décideurs et des grands notables qui peuvent – ou non – structurer l’effort national. 

+ ni Marion Maréchal ni Eric Zemmour n’ont réussi à faire sortir les grands responsables LR de leur “peur de l’extrême droite”.  C’est une histoire dont j’aurai l’occasion de raconter le détail dans une prochaine édition de cette lettre. 

+ l’effort de Vincent Bolloré pour mettre en orbite Eric Zemmour ne s’est pas accompagné de la constitution d’un réseau conservateur dans le monde des grands dirigeants économiques. Tout au long de la pré-campagne présidentielle, j’ai fait état aux lecteurs de cette lettre de l’absence de volonté du monde patronal français pour remplacer Emmanuel Macron – malgré les nombreuses critiques à son égard. 

+ pensons aussi à la grande faiblesse du personnel épiscopal catholique, pourtant héritiers, théoriquement, du “N’ayez pas peur!” de Jean-Paul II mais qui ont capitulé sur à peu près tout: soutien mou à la “Manif pour Tous”; abandon de Vincent Lambert (on avait besoin d’actes, non de déclarations); complaisance vis-à-vis d’Emmanuel Macron reçu en grande pompe au Collège des Bernardins alors qu’il était venu dire aux catholiques qu’ils pouvaient dialoguer mais qu’on ne tiendrait aucun compte de leur point de vue; absence de défense des Gilets Jaunes (un seul évêque leur a rendu visite dans son diocèse); absence de combativité pour réclamer une enquête sérieuse sur l’incendie de Notre-Dame de Paris; adhésion zélée à la politique sanitaire; aveuglement vis-à-vis de l’islam au nom du “vivre-ensemble” etc….

On ne peut pas habiter un “moment conservateur”, construire une grande politique, une sorte de nouveau gaullisme, si l’on ne dispose pas d’un noyau d’élites suffisamment structurées intellectuellement et moralement pour aider à organiser le mouvement. 

Au fond, il faut aller plus loin que la thèse de l’aveuglement. On n’a vu aucune tentative sérieuse d’organiser la réussite d’un candidat alternatif à Emmanuel Macron parce que la formulation d’une alternative n’a jamais été réalisée dans le monde des grands dirigeants d’entreprise; parce que la démission de Benoît XVI a déboussolé nombre d’évêques; parce que le recul de la pensée conservatrice à l’université est dramatique (le phénomène n’est pas seulement français); parce qu’il ne suffit pas d’une C-News pour faire un printemps conservateur; parce que l’armée, seul corps, sans doute, où l’on continue à réfléchir et où l’on a une vision exacte des menaces qui pèse sur la nation et sa cohésion, est malgré tout anesthésiée par notre retour dans le commandement intégré de l’OTAN. 

Vers un moment révolutionnaire

Changer d’état d’esprit

 

2002-2022, le moment conservateur a réellement existé en France. mais aucune force politique, au bout du compte, n’a su l’exploiter. La deuxième décennie a largement défait le peu qui avait été réussi dans la première. 

Si le “moment conservateur” est passé, qu’est-ce qui va lui succéder? 

Tout d’abord, qu’une chose soit claire: que le “moment conservateur” soit passé ne signifie pas que nous n’ayons plus besoin des conservateurs. Au contraire, le formidable mouvement qui s’est levé à la Manif Pour Tous; les jeunes que l’on a vu à la Convention de la Droite en septembre 2019 ou dans les meetings d’Eric Zemmour en campagne présidentielle sont indispensables pour construire le moment qui va venir.

Mais il faut changer d’état d’esprit. Par exemple, le temps de la déférence vis-à-vis des évêques est passé: il a fallu déposer des recours, en juin 2020, pour faire rouvrir les églises au public ou en novembre 2020, pour faire sauter les limites de personnes accueillies dans les églises; et ce sont des associations de laïcs, dont Civitas, qui ont forcé la main à une hiérarchie au fond très déférente vis-à-vis des pouvoirs publics. Ce sont de jeunes chrétiens qui ont empêché les concerts blasphématoires d’Anna von Hauswolff et non les évêques ou les curés des églises concernées. 

 

Former les futurs organisateurs d’un mouvement 

Nous avons parlé du manque d’élites pour le “moment conservateur”.  Bien entendu, une relève est en train d’être formée. Pensons au travail de fond effectué depuis des années par l’Institut de Formation Politique fondé et dirigé par Alexandre Pesey, à Paris; pensons à l’ICES en Vendée et – plus récemment – par l’ISSEP  qu’a créée Marion Maréchal à Lyon. Les cadres d’un gouvernement rénové de la France sont progressivement formés. Mais il ne s’agit pas seulement de formation académique. Un des problèmes de la France d’aujourd’hui est précisément l’inadéquation entre le diplôme et la capacité à être dans le réel – rappelons-nous ces jeunes énarques qui se faisaient balader, au début du mouvement des Gilets Jaunes, dans les débats télévisés, par des gens bien moins diplômés qu’eux mais qui parlaient de la France telle qu’elle est. 

Et puis, il se peut, désormais, que les événements aillent très vite: que se passera-t-il à l’automne ou à l’hjiver, devant le renchérissement de l’énergie? Nous avons besoin de gens capables d’être sur le terrain, d’associations, de réseaux. Ce qui s’est passé pour le mouvement anti-pass est une très bonne…école

 

Résistance, sécession, organisation

Pour mener les combats politiques de demain: 

+ Nous avons à imaginer beaucoup plus sérieusement que ne l’a fait Eric Zemmour, le chemin qui mène de la “métapolitique” à la politique. 

+ nous allons devoir travailler avec d’autres, que nous soyons conservateurs, libertariens, souverainistes etc…. 

Plus haut nous parlions de l’échec de Nicolas Sarkozy. Mais remarquons que la France n’est pas le seul pays où un élan conservateur a échoué. Aux Etats-Unis, Donald Trump a été volé de sa réélection par manque de combativité du parti républicain, qui n’a pas empêché la manipulation d’un certain nombre de bureaux de votes. En Grande-Bretagne, l’échec de Boris Johnson, c’est celui d’un homme qui avait bien joué la partition conservatrice mais s’est ensuite éloigné des catégories populaires qui l’avaient porté au pouvoir

Aux Etats-Unis, les partisans de Donald Trump ont été, après le coup monté du 6 janvier 2021, poursuivis, traqués, au moins les plus visibles d’entre eux. En Grande-Bretagne, le parti conservateur semble devoir faire émerger une “néoconservatrice”, Liz Truss, soutien acharné de la guerre contre la Russie. On ne voit pas qui, au parti conservateur, sera capable de faire face aux tensions sociales de l’hiver prochain, quand le coût de la vie sera devenu insupportable pour les catégories populaires et les classes moyennes qui ont fait le Brexit. Faudra-t-il que Nigel Farage , le vrai combattant du Brexit, reprenne du service? 

Etats-Unis, Grande-Bretagne, France. On voit se profiler le nouveau type de combat: il relève de la Résistance. D’un côté, nous avons ce qu’Eric Verhaeghe appelle le “macrono-mélenchonisme”, l’alliance, objective ou réalisée, du “Great Reset” et du “wokisme” (cela fait longtemps que Jean-Luc Mélenchon a oublié ses amours républicaines souverainistes) . En face, on a une coalition éclatée. 

Le centre-droit n’est plus que l’ombre de lui-même. La fraction du bloc bourgeois rassemblée par Eric Zemmour – et c’est un énorme acquis ! – flotte  en apesanteur. Quant à Marine Le Pen, elle va devoir traiter le paradoxe qui veut qu’elle se soit établie au moment où il s’agit d’entrer en résistance contre les tendances de plus en plus autoritaires du progressisme occidental. 

Résistance! tel est le premier mot dont les droites doivent s’emparer. Le réflexe fondamental des Frexiteurs Asselineau, Philippot, Gallois, c’est de résister à l’Union Européenne. Les Gilets Jaunes ont échoué car ils n’ont eu personne pour organiser leur résistance – mais il ont donné de belles initiatives comme Le Gouv. Le mouvement anti-pass a su organiser une première résistance face au Great Reset.

Lorsque vous vous opposez au wokisme dans votre entreprise ou dans la vie publique; lorsque vous refusez la vaccination anti-Covid; lorsque vous dites ce que vous pensez, quelles que soient les menaces de censure sur les réseaux sociaux, vous faites acte de résistance. Ajoutons que cette résistance transcende les clivages purement politiques. Si le “moment conservateur” est passé, c’est aussi parce que les résistants qui organiseront la reconstruction de la France demain – comme on reconstruit Notre-Dame de Paris après l’incendie – viendront certainement de la gauche autant que de la droite. 

La première conséquence de la résistance, si l’on veut qu”elle aboutisse, c’est la disposition à faire sécession. Eric Verhaeghe en parle souvent dans ces colonnes. Il faut s’organiser de manière autonome, faire en sorte de ne plus dépendre des injonctions de l’Etat. Il est très important, en effet, que les cellules de la résistance ne soient pas étouffées d’emblée. L’erreur des Gilets Jaunes, avec le recul, est d’avoir cru que la décision se ferait à Paris. La force du mouvement anti-pass de l’été 2021, c’est sa décentralisation, son indifférence aux injonctions parisiennes. La sécession, c’est être libertarien en économie. La sécession, c’est aussi la multiplication des initiatives éducatives, pour tous les âges. C’est la capacité de se “déconnecter” et/ou de communiquer autrement que par internet pour échapper à la surveillance digitale. La sécession, c’est aussi un état d’esprit, celui de Diogène le philosophe, vivant dans un tonneau et qui dit à Alexandre le Grand venu se poster devant lui: “Ôte-toi de mon soleil!”. 

 

Vers une révolution

La sécession, cependant, n’est pas le dernier mot. Elle est nécessaire pour s’organiser et pour apprendre à durer. Mais toute résistance et toute sécession doivent déboucher sur une révolution. Il faudra bien,  un jour – et nous le souhaitons le plus proche possible – réorganiser la France. 

Nous revenons toujours à ce constat: nos dirigeants sont dépassés. Ils s’accrochent au monde ancien et ils sont quelquefois prêts à exercer une grande violence pour cela (matraquage des Gilets Jaunes, vaccination forcée…). Mais ils ont déjà perdu la bataille. Ils sont devenus incapables de débattre entre eux. Ils n’ont même pas eu la force d’imaginer un élément d’alternative à Macron, pour revigorer le système! Les élites rigidifiées sont bonnes pour subir une révolution. 

La révolution que nous avons en tête, n’est pas celle des bourgeois de 1789 avec leur “Grand Reset” de l’époque; ni celle des Jacobins de 1793 avec leur Terreur.  Ce n’est pas plus celle des bolcheviques. Non, notre référence est bien plutôt la vague des révolutions qui ont mis fin au communisme. Des révolutions pacifiques et démocratiques.

Ces révolutions sont filles de la dissidence (forme qu’a pris la sécession dans le monde totalitaire soviétique); elles firent advenir des états de droit, de nouvelles constitutions. Elles furent aussi déployées dans le cadre des nations. Il s’agissait de reprendre la conduite des affaires de la nation à une élite épuisée et corrompue. On ne comprend pas la force de Viktor Orban, si on ne voit pas qu’il a été, à l’origine, ce jeune homme osant demander publiquement, sur la Place des Héros de Budapest, un jour de juin 1989, le départ des troupes soviétiques

Combien de temps durera le “moment révolutionnaire” qui commence? Résistance, sécession, organisation, révolution, gouvernement: ce sera sans doute le travail d’une génération. Mais ne tardons pas trop à répondre aux exigences de l’heure. Ne manquons pas le “moment révolutionnaire” après avoir manqué le “moment conservateur”. 

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4 commentaires
  1. Excellente lucidité helvétique…
    Aujourd’hui, les premières fabriques de fake news sont à l’Élysée et au 1600, quand les lanceurs d’alerte comme Ed Snowden doivent demander l’asile politique dans la capitale de l’ex URSS. Pire qu’orwellien, un monde à l’envers ! Les pervers et les bonimenteurs du Far West ont pris le pouvoir. Quand le peule va se réveiller, le goudron et les plumes seront le minimum syndical.

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  2. Peut-être de bonnes idées dans ce livre de SRDJA POPOVIC
    publié aux Editions Payot (petite biblio Payot)
    “Comment faire tomber un dictateur quand on est seul , tout petit,et sans armes”

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  3. Moui… moment révolutionnaire, ah oui? Je ne crois pas non. Les révolutions arrivent quand tout va bien. Les révolutions sont faites par des bourgeois qui sentent l’odeur de l’argent et du pouvoir pour en croquer, pas par des bourgeois affolés de tout perdre. Aucune chance. Un peu comme cette vieille scie de la guerre civile. Quelle guerre civile? Les petits bourgeois socialo sonnent le tocsin comme ils sonnent les domestiques. Personne ne la fera pour eux leur guerre civile. Nulle part n’existe dans le pays le petit personnel pour une guerre civile. Que des grandes bouches nevrosées, l’épisode du Covid l’a amplement démontré. Les 7% de Zemmour une deuxième fois. En fait de révolution c’est plutôt la tiers mondisation qui advient. La ripoublique bannière s’installe durablement souhaitée par: l’ue allemande, l’otan des marchands de mort, maqueron au service de la bande du Davos. La France africaine à la Paul Pogba. Ça oui, tous les jours.

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  4. “je vous expliquer”, n’est-ce pas la parole du prof à l’école des crétins. Cette phrase est particulièrement manipulatrice et dévalorisante pour l’élève qui l’écoute : s’il n’est pas d’accord, ou s’il ne comprend pas, ou si l’explication est totalement triviale, il est placé dans la position du bon à rien. Parfaite dissuasion de développer son propre sens critique, son autonomie de jugement, son imagination créatrice, sa recherche de la vérité et son autonomie.
    On comprend pourquoi notre président a refusé le traitement par rapide par l’Ivermectine : cela fonctionne ailleurs, mais il n’y a pas de démonstration explicative. Non à l’ivermectine, mais oui à l’effet de serre inexpliqué du gaz carbonique.

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