Pourquoi Poutine va (quoi qu’en disent les Occidentaux) gagner la guerre – par François Martin

Malgré ce que beaucoup de gens pensent, Poutine devrait logiquement finir vainqueur de cette guerre, d'abord, parce que nous lui avons donné les armes dont il se sert aujourd'hui, ensuite parce qu'il en a bien d'autres en réserve, qu'il n'utilise pas encore, enfin parce que la Russie ne peut pas se permettre de perdre cette guerre.

Essayons de justifier ce titre un peu provocateur. ! Nous avons trop tendance, propagande américaine oblige, à ne pas regarder cette guerre avec les yeux froids du géopoliticien, mais à y plaquer nos souhaits occidentaux.

 

Le président russe joue du fait que nous le méprisons

Poutine le sait, qui se sert de ce biais, consistant de notre part à le minimiser en permanence, comme un moyen de masquer ses forces et ses intentions. C’est la première des armes que nous avons mises (et nous continuons à le faire) à sa disposition : le prendre pour un imbécile, et prendre les russes pour des incompétents (1).

Ceci est vrai sur le plan économique, par exemple. Chacun a compris, aujourd’hui, que nous avons donné nous-mêmes à Poutine l’arme des sanctions qui s’est retournée contre nous. En effet, l’un de ses objectifs, et non des moindres, était de trouver un levier sur nos populations occidentales, pour nous monter contre nos propres gouvernements. Pour faire fonctionner ce levier, il n’a même pas eu besoin d’activer une menace de coupure d’énergie, ni de la mettre en oeuvre. Nous l’avons fait nous-mêmes !

De même, sur le plan diplomatique, il savait, comme tous les chefs d’Etat, que la multipolarisation du monde était en marche depuis longtemps (2). Il a fallu que nous mettions, à l’ONU, l’ensemble des pays de la planète au pied du mur, en exigeant d’eux qu’ils votent les sanctions, pour les obliger à choisir leur camp. Ils n’ont pas choisi le nôtre (3). Funeste décision de notre part. En effet, au lieu de les forcer à se positionner contre nous, et alors qu’ils ne peuvent plus, maintenant, revenir en arrière, il aurait fallu les « travailler au corps » discrètement, et chacun à leur tour, pour isoler les Russes patiemment. Nous avons fait le contraire, et avec quelle maladresse !

 

Nous avons enfermé l’Ukraine dans une doctrine défensive

Sur le plan militaire, nous (4) avons, depuis 2014, enfermé l’Ukraine dans une doctrine défensive (5), les empêchant ainsi de manoeuvrer. C’est bien à cette doctrine que l’on doit le fait que les russes aient conquis, avec une armée bien inférieure en nombre (ce qui est un comble !) 25% d’un pays plus grand que la France en quelques mois. Depuis la bataille d’Izioum, la doctrine occidentale a changé. Elle est devenue manoeuvrante et offensive, mais c’est évidemment trop tard. La « raspoutitsa » va venir, puis les grands froids, gelant les choses pendant l’hiver. Si les troupes otaniennes (6) profitent de ces derniers moments pour engranger le plus de terrain possible (7), ces pertes, pour les russes, ne sont pas considérés comme stratégiques. Au contraire, si elles permettent de fixer des troupes ennemies hors du front principal, elles servent au final leurs objectifs. Pour eux, c’est le cœur du Donbass (Bakmout, puis Slaviansk et Kramatorsk) qui doit tomber. Ils pensent sans doute que dès qu’ils auront intégré leurs nouvelles troupes (300.000 soldats au minimum), ils reprendront facilement, au cœur de l’hiver, ce qu’ils ont perdu.

Mais le « Graal », le plus beau cadeau que nous avons pu faire à Poutine, c’est ce que nous considérons, avec beaucoup de fierté, comme notre principale victoire : notre « carpet bombing » (8) médiatique qui, pensons-nous, noie Poutine et les siens sous un tombereau de sarcasmes, de mépris, de honte et de haine. Une idée « magique » (qui doit marcher essentiellement parce que nous y croyons), et en réalité une hystérie. Car il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de l’erreur commise . En effet, en faisant cela, nos politiques, analystes et journalistes zélés ne se sont pas rendus compte qu’ils ne convainquaient, parmi les opinions occidentales, que ceux qui étaient déjà convaincus, mais surtout, qu’ils donnaient à Poutine l’arme dont il avait le plus besoin : la possibilité de faire comprendre à sa propre opinion que sa guerre n’était pas une guerre de conquête étrangère, de la Russie contre l’Ukraine, mais bien une guerre existentielle, de défense intérieure contre un camp occidental qui veut la ruine définitive de son pays et de ses habitants. Ainsi, il était fondamental que les russes ne se considèrent pas comme des américains au Sud Vietnam, mais bien comme le Nord Vietnam.

 

“Il était fondamental que les Russes se considèrent non pas comme des Américains au Sud-Vietnam mais comme le Nord-Vietnam”

On sait à quel point la mobilisation générale d’un pays pour la guerre est toujours une tâche extrêmement délicate (9). Poutine le savait mieux que personne, raison pour laquelle il n’avait mobilisé, pour la première partie de cette opération, aux côtés des forces du Donbass, que l’armée professionnelle, les tchétchènes et les « privés » de Wagner. En mobilisant trop tôt ses conscrits ou même sa réserve, alors que son opinion n’était pas suffisamment préparée et « polarisée », il aurait risqué un retour social et politique très dangereux. Pour nous, il eût été  absolument fondamental, là encore, de ménager les russes, et même Poutine, afin de ne pas créer ou renforcer ce « lien patriotique » entre lui et son peuple. Pour convaincre les russes de « ne pas y aller », nous devions surtout « faire profil bas », afin de les assurer du fait a) qu’ils n’avaient rien à craindre de nous et que nous n’étions pas leurs ennemis, b) que Poutine s’était fourvoyé dans une guerre inutile contre un occident pacifique. Or nous avons fait exactement le contraire. Nous en avons fait tellement (10) que nous avons définitivement convaincu les russes de notre projet génocidaire à leur égard. De ce fait, la populatité de Poutine n’a jamais été aussi forte. Au départ, il était surtout suivi par les géopoliticiens de son entourage, une partie de son armée et la frange la plus nationaliste de l’opinion. Aujourd’hui, il a derrière lui, mis à part certains des oligarques qui resteront toujours atlantistes, un pays entier de 144 Millions d’habitants. Bien joué de notre part. Pour donner de la force à notre adversaire, rien ne pouvait être pire !

Maintenant que le mal est fait, Poutine tient (enfin !) la justification principale dont il avait besoin (11). Il a pu, fort logiquement, russifier les territoires de la future Novorossia (12), et appeler, dans un premier temps, les réservistes, avant de mobiliser demain, si nécessaire, la conscription. Avec les 24 millions de soldats mobilisables, il dispose d’une puissance colossale, dans une guerre où ce ne sera pas, en finale, la technique qui règlera la chose, mais la capacité à engager ses hommes, ce que l’occident ne fera jamais tant que la guerre militaire restera circonscrite à l’Ukraine. Et Poutine fera tout pour que ce soit le cas.

 

Et puis, il y a tout ce dont la Russie ne s’est pas encore servi

Mais il a encore à sa disposition bien d’autres armes, dont il ne s’est pas encore servi :

Il vient d’en donner un aperçu en détruisant, en quelques jours, à peu près 50 % du potentiel électrique de l’Ukraine. Pourquoi a-t-il fait cela, et pourquoi maintenant ? Nous avons oublié, là aussi, que nous nous trouvions face à l’une des plus importantes armées du monde, et nous avons pris pour de la faiblesse ou de l’impuissance le fait qu’il reste à ce point « en-deçà de la main », comme s’il ne pouvait pas être plus destructeur qu’il n’était. Nous avons fait, de façon ridicule, des navettes à Kiev pour discuter avec le dirigeant ukrainien de la meilleure manière de l’aider à combattre, sans penser que Poutine aurait pu détruire toute la ville de Kiev en une seule journée. Pourquoi donc nous laissait-il faire ? C’est un peu comme si, pendant la 2ème guerre mondiale, les allemands avaient laissé Churchill et de Gaulle aller rencontrer le gouvernement de Vichy pour discuter ensemble de la résistance… Et nous ne nous sommes posés aucune question ?

A l’évidence, Poutine attendait un signe, celui d’une velléité de négociation, qui n’est jamais venue. En refusant sans cesse de parler (13), en refermant nous-même la porte qu’il laissait ouverte depuis 6 mois, nous lui avons donné, là aussi, un autre feu vert, celui de choisir lui-même les termes de l’escalade, de détruire le reste de l’Ukraine, qu’il avait jusqu’ici épargnée, et d’achever son œuvre de construction de la Novorossia. Dans cette nouvelle phase, avant même d’utiliser, comme on tente de le faire croire, des bombes nucléaires tactiques ou des gaz toxiques, ou bien d’aller détruire, en Pologne, les bases otaniennes où sont formées les troupes ukrainiennes pour le printemps (14), une large palette est à sa disposition pour paralyser entièrement le pays (15) : couper systématiquement les routes, les voies ferrées et les ponts dans les parties ouest et nord, ou à Kiev même, détruire les installations du port d’Odessa, ou même couper le gazoduc russo-ukrainien (16). Comment se fait-il que nous ne nous soyons posé aucune de ces questions ?

Une autre arme dont Poutine ne s’est pas encore servi est l’hiver. Depuis Napoléon et Hitler, cette période de l’année est celle des plus grandes gloires militaires russes, et ceci va les transcender. Le froid va arriver au moment exact de la « bascule », celui où les armées otaniennes ont épuisé, au moins momentanément, avec de nombreuses attaques infructueuses, leur capital en hommes et en armes, et où la Russie reconstitue le sien avec les 300.000 hommes de sa réserve. De plus, il va affecter très fortement non seulement les soldats de Kiev, mais aussi ses populations, privées d’électricité et d’eau, les mêmes que Poutine avait pris soin d’épargner jusqu’ici, espérant que cette « réserve » serait interprétée comme une porte laissée ouverte pour une négociation, une occasion qui n’a jamais été saisie.

Enfin, on ne peut oublier le souvenir spécifique de Stalingrad, l’une des plus grandes et décisives de l’histoire humaine, et qui plus est contre l’ennemi nazi dont les bataillons ukrainiens admirateurs de Bandera sont, d’une certaine façon, les descendants. Mêmes adversaires, même période, comment ne pas imaginer que les russes auraient bien envie de refaire à leurs ennemis, maintenant americano-ukro-nazis, le « coup de Stalingrad », en les attirant à nouveau dans un traquenard, pour les y enfermer, les affamer et les liquider au cœur de l’hiver ? Et comment ne pas se dire que Kherson serait le lieu parfait pour cela ? Et comment ne pas penser qu’américains et ukrainiens seraient fortement tentés de prendre ce risque, comme la souris devant le piège à fromage, alors qu’ils ont, surtout les premiers, désespérément besoin d’une victoire qu’ils puissent présenter comme « décisive » pour atténuer la défaite attendue des midterms ?  

 

Les Russes mènent désormais un combat existentiel

Mais il existe encore un autre aspect, qui joue fortement en faveur des russes : ils ne peuvent pas perdre !

En effet, en traitant ce conflit de façon « classique », une configuration où il faut frapper l’adversaire pour lui infliger des pertes et le pousser à négocier, nous faisons une erreur majeure : celle de ne pas voir que nous ne sommes pas, justement, dans un univers « classique », mais dans un univers nucléaire, qui est totalement différent. Dans un tel contexte, toute concession est, sur le plan géopolitique, potentiellement fatale. En effet, les russes savent que s’ils négocient en position de faiblesse militaire, ils n’obtiendront jamais ce qu’ils veulent par-dessus tout : la démilitarisation de l’Ukraine. Ils se retrouveront donc, dans ce cas, à l’inverse, comme si les USA avaient été contraints d’accepter des missiles russes à Cuba en 62. Impossible de l’envisager. L’escalade nucléaire, dans ce cas, est la seule sortie possible. Les russes peuvent donc gagner sur le plan militaire, et imposer leurs conditions. Ils ne peuvent pas perdre, sauf à entraîner le monde entier dans le maelström.

Dans son livre « Leaders », Richard Nixon raconte que les meilleurs négociateurs qu’il ait eus à affronter étaient ceux qui se montraient capables de se mettre eux-mêmes au bord du précipice, pour montrer qu’il leur était impossible de reculer. Il disait même que de tous, le plus fort était Afez El-Assad, le père de Bachar, qui osait sauter lui-même dans le vide, pour obliger à ce qu’on l’en sorte et qu’on lui donne ce qu’il voulait. Les russes sont, d’une certaine façon, dans cette situation : le fait de perdre cette guerre serait un « précipice politique » impossible à envisager. Comme le dit John Mearsheimer, la question, pour eux, est existentielle (17). C’est pour cette raison, parce qu’ils n’intègrent pas (à dessein) cette notion fondamentale, que nos analystes qui répètent sans cesse « il faut frapper les russes pour qu’ils négocient » se trompent. Plus encore, ils nous mentent, et nous poussent vers la catastrophe.

Heureusement, on peut penser que les américains (qui n’ont pour le moment, répétons-le, rien à perdre à continuer), après avoir « poussé le bouchon » jusqu’à la limite pour tester leur adversaire, seront obligés, à un moment, de s’arrêter et de négocier. Cela se fera d’autant mieux, paradoxalement, que la Russie sera parvenue, auparavant, à ses objectifs militaires, ce qui est plus que probable, comme le montre l’excellente interview sur TVL du journaliste Sylvain Ferreira (18) . Espérons qu’à cette occasion, on se mettra d’accord, enfin, sur un statut démilitarisé pour l’Ukraine, ce que la Russie demande depuis 20 ans. C’est ainsi, et seulement ainsi, que nous retrouverons la paix.

Montesquieu disait « Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les font, mais ceux qui les ont rendues inévitables ». Une remarque de grand bon sens. Dans le cas présent, il est facile de répondre.

 

 

Sources

Les Etats-Unis et l’OTAN commettent l’erreur capitale dans une guerre: sous-estimer leur ennemi – par François Martin – Le Courrier des Stratèges (lecourrierdesstrateges.fr)

  • En 1970, l’occident représentait 25% de la population mondiale et 70% des richesses. Aujourd’hui, nous ne disposons plus que de 12% de la population mondiale, et de 40% de la richesse, et la tendance continue. Tout est dit.
  • Cf le camouflet récemment infligé par l’Arabie Saoudite aux américains, à propos du pétrole. Aujourd’hui, le « Pacte du Quincy », base de la politique américaine au Moyen-Orient, est bien mort. Un moment historique, provoqué par notre impatience diplomatique à propos de l’Ukraine. Pacte du Quincy — Wikipédia (wikipedia.org)
  • Ce « nous » se rapporte globalement au camp occidental
  • Conformément à l’instruction donnée en 2014 par Victoria Nuland, N°3 du Département d’Etat en charge de l’Ukraine, pour la composition du futur gouvernement ukrainien post-Maïdan : « pousser les russes au conflit armé ». De là, 1) une politique de provocation permanente (dérussification, martyre du Donbass, otanisation, laboratoires bactériologiques, vente d’armes et formation, etc…), 2) une stratégie purement défensive, type 1ère guerre mondiale, avec a) la construction, le long de la ligne de feu du Donbass, d’une ligne de défense type « Ligne Maginot » sur laquelle les russes devaient venir s’empaler (ce qu’ils n’ont pas fait), et b) un système de défense urbaine à l’intérieur des agglomérations, si possible dans les hôpitaux, les écoles, les maternités ou même les monastères, pour obliger les russes à répondre, afin de pouvoir les accuser.
  • Il ne faut plus parler, maintenant, des troupes ukrainiennes. La guerre a changé de dimension. La Guerre d’Ukraine est-elle en train de devenir une guerre mondiale? par François Martin – Le Courrier des Stratèges (lecourrierdesstrateges.fr)
  • Pour essayer, également, « d’embellir la mariée », autant que possible, de la politique étrangère des démocrates américains avant les midterms. Une tentative désespérée !
  • Tapis de bombes
  • Cf les hésitations de Roosevelt, lors de la 2ème guerre mondiale, avant sa rentrée dans le conflit en Décembre 41, soit 2 ans après le début de celui-ci. Il fallait absolument préparer les opinions.
  • Jusqu’à priver les sportifs russes de compétitions internationales, débaptiser les collèges Dostoïevski ou Soljenitsyne, ou tenter d’empêcher les touristes russes de visiter l’Europe. Il fallait faire exactement le contraire : les accueillir à bras ouverts !
  • Et c’est d’autant plus stupide de notre part que le peuple russe a une propension naturelle au sacrifice et au martyre. A partir du moment où ils pensent que c’est, à travers l’occident, Satan qui les combat, et à mort, il sera impossible de leur faire lâcher prise. Et si Poutine disparaît, ce sentiment sera encore plus fort, et le gouvernement qui le remplacera sera encore plus dur. Comment ne le comprenons-nous pas ?
  • Qui incluera obligatoirement Odessa.
  • Alors que c’est précisément ce que nous aurions dû faire, ne serait-ce que pour rassurer les populations russes sur nos intentions !
  • Et pense-t-on que, s’il le fait (sous le prétexte, fondé, que nous sommes entièrement co-belligérants, et depuis longtemps), nous enverrons nos soldats se faire tuer pour les américains ?
  • Le fleuron de ses armes pour cet « Armageddon » qui vient à peine de commencer est le drone Shaed 136, un engin iranien amélioré par les russes. Très bon marché (20.000 USD!), presque inarrêtable et très précis, car connecté maintenant au système GPS russe, il pourra être utilisé presque sans limites. Il n’est pas le fruit d’un bricolage récent, mais d’un programme technique longuement mûri. Evidemment, les services occidentaux, et les gouvernants, étaient au courant de cette possibilité. Et ils ont fait comme si les russes n’allaient pas s’en servir ? Sommes-nous gouvernés par des fous ? HESA Shahed 136 — Wikipédia (wikipedia.org)
  • Ce qu’il pourrait fort bien faire une fois qu’il aura installé en Turquie le terminal gazier tout récemment négocié. On ne peut pas ne pas y penser !
  • Par contre, elle ne l’est guère pour les américains. Pour cette raison, on ne peut s’empêcher de penser que, pour eux, la composante économique (monopole de la vente d’armes, d’énergie et de matières premières à toute l’Europe, Ukraine comprise, et pour un bon moment) et le gain politique (contrôle total de l’Europe) sont des raisons prioritaires.

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26 commentaires
  1. Excellente analyse, si je puis me permettre.
    Devant tant d’erreurs et tant d’incompétences de la part des étasuniens on en vient à se demander si tout cela n’est pas voulu car il est certain qu’il y a de gros cerveaux outre-atlantique.

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    1. Je partage votre avis, les Américains n’ont rien perdu en Ukraine si ce n’est d’aller plus loin dans leur conquête de l’Est. Leurs cerveaux sont programmés pour suivre une trajectoire impérialiste depuis toujours, l’odeur de l’argent — peut être moins finement avec obama &son Joe bidet je vous l’accorde; vivement le 8 novembre qu’on sache si ces pourris peuvent être éliminés. Que le monde ouvre les yeux est déjà une victoire acquise par VVP.

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    2. Pata Pop
      Vous oubliez une chose (et je suis Americain): Les decisions prises par Washington ne le sont pas par des “gros cerveaux”, pour reprendre votre expression, mais par les business marchands de canon etc… qui payent les dirigeants du CIA et du FBI, qui ont dans leurs poches le parlement et le sénat. Pourquoi selon vous une Tulsi Gabbard a quitté non seulement le parti démocrate mais également dénoncé le WEF et Karl Schwab?
      https://www.planet-today.com/2022/06/former-wef-young-global-leader-tulsi.html
      Eisenhower avait prévenu le peuple américain des dangers du “military industrial complex” dans son “farewell address” de 1961.
      https://www.archives.gov/milestone-documents/president-dwight-d-eisenhowers-farewell-address
      Sachez également que désormais Blackrock et Vanguard sont les 2 plus grands fonds internationaux et qu’ils peuvent a volonté détruire une personne ou un pays par manipulation.

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      1. Effectivement très peu de gens “cultivés” connaissent cette très instructive lettre d’adieu d’Eisenhower

        Bonsoir, mes compatriotes américains…
        Dans trois jours, après un demi-siècle au service de notre pays, je décrirai les responsabilités de la fonction car, dans une cérémonie traditionnelle et solennelle, l’autorité de la présidence est dévolue à mon successeur. Ce soir, je viens à vous avec un message de départ et d’adieu, et pour partager quelques dernières réflexions avec vous, mes compatriotes…
        Nous avons maintenant dix ans après le milieu d’un siècle qui a été témoin de quatre grandes guerres entre de grandes nations. Trois d’entre eux concernaient notre propre pays. Malgré ces holocaustes, l’Amérique est aujourd’hui la nation la plus forte, la plus influente et la plus productive du monde. Naturellement fiers de cette prééminence, nous réalisons pourtant que le leadership et le prestige de l’Amérique dépendent, non seulement de notre progrès matériel, de nos richesses et de notre force militaire inégalés, mais de la manière dont nous utilisons notre pouvoir dans l’intérêt de la paix mondiale et de l’amélioration humaine.
        Tout au long de l’aventure américaine de gouvernement libre, nos objectifs fondamentaux ont été de maintenir la paix, de favoriser le progrès dans la réalisation humaine et de renforcer la liberté, la dignité et l’intégrité entre les peuples et entre les nations. Vouloir moins serait indigne d’un peuple libre et religieux. Tout échec lié à l’arrogance, ou notre manque de compréhension, ou notre volonté de sacrifier nous infligerait de graves blessures, à la fois chez nous et à l’étranger …
        Des menaces, nouvelles en nature ou en degré, apparaissent constamment. Parmi ceux-ci, j’en mentionne deux seulement.
        Notre structure militaire est un élément vital pour le maintien de la paix. Nos armes doivent être puissantes, prêtes pour une action immédiate, afin qu’aucun agresseur potentiel ne puisse être tenté de risquer sa propre destruction. Notre organisation militaire a aujourd’hui peu de relations avec celle de mes prédécesseurs connus en temps de paix, voire des combattants de la Seconde Guerre mondiale ou de la Corée.
        Jusqu’au dernier conflit mondial, les États-Unis n’avaient pas d’industrie de l’armement. Les fabricants américains de charrues pourraient, avec le temps et au besoin, fabriquer des épées. Mais nous ne pouvons plus risquer une improvisation d’urgence de la défense nationale. Nous avons été obligés de créer une industrie d’armement permanente de vastes proportions. En plus de cela, trois millions et demi d’hommes et de femmes sont directement engagés dans l’établissement de la défense. Nous consacrons chaque année plus que le revenu net de toutes les sociétés américaines à la sécurité militaire.
        Or, cette conjonction d’un immense établissement militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. L’influence totale – économique, politique, voire spirituelle – se fait sentir dans chaque ville, chaque Statehouse, chaque bureau du gouvernement fédéral. Nous reconnaissons la nécessité impérative de ce développement. Pourtant, nous ne devons pas manquer de comprendre ses graves implications. Notre travail, nos ressources et nos moyens de subsistance sont tous impliqués. Il en va de même pour la structure même de notre société.
        Dans les conseils de gouvernement, nous devons nous prémunir contre l’acquisition d’une influence injustifiée, recherchée ou non, par le complexe militaro-industriel. Le potentiel d’une montée désastreuse d’une puissance mal placée existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés ou nos processus démocratiques. Nous ne devrions rien prendre pour acquis. Seule une population alerte et bien informée peut contraindre le maillage approprié de l’énorme machine industrielle et militaire de défense à nos méthodes et objectifs pacifiques, afin que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble …
        Le désarmement, avec honneur et confiance mutuels, est un impératif permanent. Ensemble, nous devons apprendre à composer les différences, non pas avec des armes, mais avec un esprit et un but décent. Étant donné que ce besoin est si criant et manifeste, j’avoue que j’ai assumé mes responsabilités officielles dans ce domaine avec un sentiment de déception certain. En tant que témoin de l’horreur et de la tristesse persistante de la guerre, sachant qu’une autre guerre pourrait complètement détruire cette civilisation construite de manière si lente et si pénible pendant des milliers d’années, j’aimerais pouvoir dire ce soir qu’une paix durable est garantie. en vue.
        Heureusement, je peux dire que la guerre a été évitée. Des progrès constants vers notre objectif ultime ont été réalisés. Mais il reste tant à faire. En tant que simple citoyen, je ne cesserai jamais de faire tout ce que je peux pour aider le monde à avancer sur cette voie …
        Maintenant, vendredi midi, je dois devenir un simple citoyen. Je suis fier de le faire. J’attends cela avec impatience. Merci et bonne nuit.”

        Répondre moderated
  2. Bonjour.
    Les Pinocchios qui gouvernent en américanie auraient dù se rendre compte que Poutine n’agit qu’à coup assuré, quand il a les moyens , quand il est assuré de la victoire.
    Il suffisait pour cela de revoir ses actions depuis 1998 et comprendre qu’il est le prince du pragmatisme et de la raison , au contraire de ces fous qui n’agissent que par affect et dogmatisme.

    Répondre moderated
  3. C’est une formidable analyse.
    François Martin aurait dû rajouter que c’est l’Orient qui a inventé le Jeu des Échecs (Inde, Arabie, les Grands Maîtres contemporains sont des Russes) et le Jeu de Go (Chine).

    Quand vous parlez à un joueur d’échec, que vous raconte-t-il ? Que le minimum syndical pour accéder à un niveau national est d’avoir une vingtaine – trentaine de coups d’avance, quand l’international réclame de connaître un nombre très important de parties d’échec par cœur sans aller jusqu’au nombre de Shannon (les 10 puissance 123 parties calculées possibles).

    Quand on voit Manu se démener, on a l’impression que « le Mozart de la finance que le monde entier nous envie » est baladé par tout le monde, les USA, la Chine, l’Arabie, la Russie, et même l’Algérie, bientôt la Guinée Bissau puisque les chefs d’États africains en rigolent déjà !

    Nous sommes dirigés par un fabuleux joueur d’échecs, champion d’échec de la Providence, Amiens (capitale de la Somme), un mec assommant ! prétentieux, arrogant et nul, recalé aux concours départementaux de théâtre et autres occupations patronales…

    Voilà ce qu’il ressort d’une observation basique, pas besoin de creuser bien loin.
    Qui a dit que ce mec était un génie ?

    Répondre moderated
    1. Qui plus est, il est de plus en plus évident depuis l’Affaire de l’Arabelle (l’hélice Alstom de nos turbines nucléaires vendue à General Electric par le secrétaire général adjoint de l’Élysée en charge de l’Économie devenu Ministre de l’Economie entre 2012 et 2015 contre le soutien médiatique et financier pour l’élection présidentielle de 2017) que les Américains, la CIA (McKinsey) l’ont casté pour cette qualité : il suffisait de lui mettre un gros chèque (déposé dans le paradis fiscal Delaware du Sénateur Biden) devant le nez (l’âne avec une carotte au bout d’un fil devant les yeux) pour l’emmener dans la direction que ceux-ci avaient choisi pour leur géopolitique. Un âne avec une carotte devant le nez.

      Remarquez, avec Sarko et Pedalo, ça fait trois ânes de concours que les Amerloques ont choyés pour diriger l’attelage branquignole qu’est devenu la France “en cessation de paiement”.

      Répondre moderated
  4. Poutine est un joueur d’échecs et un judoka. Il a toujours des coups d’avance et utilise la force de l’adversaire pour le mettre au tapis.

    Il a un autre atout stratégique. Outre l’Ukraine, il peut ouvrir un front en Sibérie directement contre les USA.

    Répondre moderated
    1. Mais Vivement qu’il le fasse : qu’il envahisse l’Alaska ! Il n’aura plus qu’à re-transferer les Bouriates de l’autre côté (ça va être long)… Vous devez pas être bien calé en géostratégie pour sortir des âneries pareilles !

      Et vivement que Kasparov, qui lui est un grand joueur d’échecs (mais il ne doit pas être judoka ni pêcheur à la ligne) arrive à la tête de la Russie

      Répondre moderated
  5. En Russie, vous avez M. Poutine, M.Medvedev, M. Lavrov…, Nous avons Macron, Darmanin, Attal, les Allemands ont Olaf et la Hyiene nous rassemble, les amerloc ont Bien, les ukro Zelensky, tout est dit.

    Répondre moderated
    1. Euh.. tout est dit quoi? Les russes ont aussi Kadyrov qui veut envahir toute l’Ukraine au nom d’Allah et qui considère cette terre comme la sienne.. ils ont Prigogjine, ancien repris de justice…
      Mais putain si c’est mieux ailleurs mais barrez vous, foutez le camp et laissez la France aux vrais patriotes… Allez rependre votre fiel ailleurs qu’en démocratie !

  6. Dernière raison qui va faire que Poutine va gagner: pour gagner une guerre, il faut avoir une économie capable de la mener et de fabriquer les armes qu’il faut quand il le faut… Pour cela, il faut des matières premières, de l’énergie… et accessoirement, une population motivée.
    Le monde bisounours auquel croit la majorité des Occidentaux ne prépare pas vraiment à la guerre, ni le dénigrement systématique de l’esprit patriotique…

    Répondre moderated
  7. Les Russes considèrent que l’Ukraine est historiquement russe, alors pourquoi supposer que le général Hiver leur sera plus favorable ? L’Ukraine était un des grands pôle industriel de l’URSS et notamment pour l’armement. Ils “profiteront” de l’hiver au même titre que les Russes, non ?

    Répondre moderated
    1. Cher Monsieur,
      Je ne pense pas. La logistique russe va fonctionner dans les nouveaux territoires : électricité, eau, téléphone, routes, etc… Ce ne sera pas le cas en zone ukrainienne, une fois que les russes auront terminé de détruire le reste des infrastructures. C’est là, je pense, que la différence va jouer, De plus, les moyens et soldats russes vont considérablement augmenter. Ça va jouer aussi. Enfin, si les ukrainiens s’enfoncent jusqu’à Kherson, ils vont beaucoup augmenter leurs lignes logistiques, avec le risque qu’ils soient coupés et enfermés. Dans tout ça, le froid va à mon avis favoriser les russes beaucoup plus que les ukrainiens.
      Cordialement,
      L’auteur

  8. Coupés et enfermés dans Kherson ? Il y a le fleuve entre les deux. Si les ukrainiens reprennent Kherson, ce qui n’est pas gagné pour l’instant, et boutent (et butent par la même occasion) les nazis russes, comment voulez-vous que ces derniers reprennent pied sur l’autre rive ? L’hiver sera le même pour tous sur le front. Là où la population peut souffrir c’est dans les arrières. Sur le front c’est pareil pour tous si la ligne de front est de quelques kms voire à terme de centaines de mètres.

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