Strohl : “Raoult n’était plus en odeur de sainteté depuis plusieurs années à Paris”

File photo dated March 2, 2020 of Prof. Didier Raoult during a press visit of the Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection, in Marseille, France. Renowned research professor Raoult has reported successful results from a new treatment for Covid-19, with early tests suggesting it can stop the virus from being contagious in just six days. Professor Didier Raoult from infection hospital l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) Mediterranee Infection in Marseille, published a video explaining the trials on Monday March 16. While the data have not yet been published, and should therefore be interpreted with caution, this non-randomised, unblinded study showed a strong reduction in viral load with hydroxychloroquine. Photo by Moura/ANDBZ/Abaca/Sipa USA(Sipa via AP Images)

Hélène Strohl a été Inspectrice Générale des Affaires Sociales (IGAS) pendant une trentaine d'années. Ce poste a constitué un point d'observation irremplaçable sur l'évolution de la haute fonction publique, et singulièrement sur la dégradation des rapports entre les énarques et l'intérêt général. A cette occasion, Hélène Strohl a par exemple connu la lente montée du conflit entre Didier Raoult et la technostructure sanitaire, qui lui reproche de ne pas être assez conformiste ni assez subordonné aux codes ambiants. Elle revient aussi sur les conflits d'intérêt, dont celui que nous avons pointé concernant le M. Vaccin d'Emmanuel Macron, Louis-Charles Viossat, et brocarde la dérive du service public qui est désormais politisé et à son propre service, bien avant d'être au service du citoyen.

Le point de vue d’Hélène Strohl est irremplaçable, car il est celui d’une “insider” lucide, qui témoigne d’une dégradation spectaculaire des relations entre la haute administration et l’intérêt général. Progressivement, les hauts fonctionnaires ont constitué une caste politisée, soucieuse de ne pas “faire de vague”, attachée à son impunité, et habituée à progresser par un système de courte échelle où les conflits d’intérêt fleurissent comme les coquelicots au printemps. 

Politisation de la haute fonction publique

Hélène Strohl évoque la politisation grandissante de la haute fonction publique depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. En particulier, le passage en cabinet ministériel, où les intérêts de la technostructure et des élus se mêlent et se confondent, est devenu un moment essentiel d'une carrière réussie, indépendamment de l'efficacité ou de la compétence managériale.

Incompétence des ministres

Hélène Strohl nous raconte ses souvenirs de ministres efficaces (Philippe Séguin, notamment) et déplore le manque d'implications de la majorité des ministres dans les dossiers.

Culture du "pas de vague" et immobilisme administratif

Hélène Strohl fait l'anatomie d'un cas exemplaire où la haute administration a refusé de "faire le ménage" sur des dysfonctionnements graves et choquants du service public. La culture du "pas de vague" s'est imposée, qui consiste à ménager l'intérêt du plus fort ou des services au détriment de la mission confiée à l'administration.

Didier Raoult depuis longtemps dans le collimateur

Hélène Strohl fait des révélations fracassantes sur la disgrâce dont Didier Raoult était victime depuis plusieurs années, bien avant l'affaire de l'hydroxychloroquine. Elle rappelle combien le soutien dont il bénéficiait de la part de Nicolas Sarkozy l'a desservi de longue date.

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6 commentaires
  1. L’intelligence, la rigueur et l’honnêteté au sein de la haute fonction publique on y croit quand on écoute Hélène Strohl
    En prime, une bonne dose de franche bonne humeur
    Merci pour cet entretien, je n’ai pas vu le temps passer

  2. En fait, on n’a rien compris à la France d’aujourd’hui si on n’a pas la clé de décryptage qui est: Sarkoziste ou anti ?
    Le mari d’Hélène STROHL, Michel MAFFESOLI a publié …. “Sarkologies. Pourquoi tant de haines ?”
    Une imposture pour un sociologue, les sciences sociales étant une photocopie de l’ENA concernant le parti-pris progressiste.
    Alors je me dis que Sarko étant de plus en plus une évidence pour 2022, la dernière affaire résiduelle, Azibert qui rebondit sur la première, Bettencourt, risque de traîner quelque peu…

    1. Il faut lire les livres et non pas imaginer ce qu’ils sont d’après leur titre ! Sarkologies est un décryptage de ce qu’est Sarkozy et quelles réactions il suscite et non pas un ouvrage politique. Mais si vous voulez en savoir plus lisez Etre postmoderne, dans lequel j’ai écrit une postface Emmanuel Macron, icone ou fake de la postmodernité. Mais très franchement, la lecture politicienne de la réalité est très peu pertinente dans une France où le gagnant des élections, toutes les élections est l’abstention !!

  3. Merci infiniment pour cet éclairage qui ne surprendra pas vraiment, tant il est maintenant de notoriété commune que l’alliance de l’état profond avec la chienlit politicienne a donné naissance à une caste de parasites bien accrochés. Mais cela fait du bien de l’entendre d’un esprit bien fait…

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