Les entrepreneurs doivent se préparer à une longue saison de pression fiscale accrue

Les entrepreneurs doivent se préparer à une longue saison de pression fiscale accrue


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Pour l’instant, l’Etat colmate les brèches ouvertes dans l’activité des entreprises par le COVID, avec une sincérité plus ou moins discutable. Mais la saison du rêve va s’achever, et le pire s’annonce désormais. Sur les prêts garantis par l’Etat, sur le chômage partiel, sur la fermeture des commerces non-essentiels, la ligne suivie relève de l’injonction paradoxale : personne ne sait où l’on va. Cette navigation à vue est signalée et mise en accusation par le Sénat. Les prochains mois devraient donner lieu à des désillusions, avec une probable remontée de la pression fiscale.

https://youtu.be/1g40NW-XJc8

Pour l’instant, les entrepreneurs peuvent se féliciter des mesures récemment prises par le gouvernement : prorogation de deux mois pour le chômage partiel, prorogation du prêt garanti par l’Etat jusqu’à la fin de l’année, et quelques autres.

Mais on peut s’interroger sur la signification ambiguë de ces choix : d’un côté, il s’agit bien de porter à bout de bras des entreprises (qui sont parfois « zombifiées » par les aides), de l’autre, l’Etat ne manque aucune mesure qui casse la dynamique de reprise et d’emploi dans les petites entreprises les plus dynamiques. L’incertitude qui plane sur la réouverture des petits commerces en constitue la meilleure preuve : pendant que les grandes surfaces vendent des petites culottes, les petites boutiques dont c’est la vocation sont fermées

Sur le fond, il existe une véritable incertitude sur la situation économique des prochaines semaines et des prochains mois.

La pression fiscale sur les entrepreneurs devrait s’accroître

Surtout, la tendance globale par les temps qui courent est de durcir la pression fiscale sur les entrepreneurs. L’exemple est donné par Joe Biden lui-même, qui a déjà acté un fort relèvement de l’impôt sur les sociétés, et qui annonce un relèvement de l’impôt sur les plus-values. Cette tendance américaine conforte déjà les appels lancés de toutes parts en France à la taxation des « riches », catégorie fourre-tout qui désigne tout ce qui sort de l’ordinaire.

Si l’on peut penser que, d’ici à mai 2022, Emmanuel Macron évitera de remettre en cause sa promesse d’augmentation de la pression fiscale, au-delà de cette échéance, en revanche…


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