Macron candidat anti-sytème : l’ultime provocation du Président Mc Kinsey

Macron candidat anti-sytème : l’ultime provocation du Président Mc Kinsey


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Macron sera-t-il le candidat anti-système ? C’est ce que laisse entendre le « pitch » de son site Internet de campagne, « Avec vous 2022 », dont nous reproduisons ci-dessous la présentation telle qu’elle apparaît sur Google. On y découvre que le « positionnement » marketing du produit Macron est celui de l’anti-système : il s’adresse à ceux qui ne se reconnaissent pas dans la campagne présidentielle, et propose, comme un candidat de la société civile, aux Français de faire entendre leur voix. On reconnaît ici la patte sans vergogne de Mc Kinsey et consors, qui suivent des lignes marketing en dépit du bon sens et des meilleures évidences.

Il faut un sacré culot, et même un sens de la provocation sans limite pour présenter Emmanuel Macron comme un candidat anti-système. Et pourtant ils osent. C’est probablement à ça qu’on les reconnaît.

Macron candidat anti-système ?

AvecVous2022.fr est le site officiel de campagne lancé par la République En Marche en janvier. Il propose des exemples de « paroles » de Français. Il s’adresse à ceux « qui ne se reconnaissent pas dans la campagne présidentielle ».

Le seul nom de « Avec Vous » évoque cette volonté de proximité et même d’horizontalité d’un candidat qui ne serait pas au-dessus des autres, jupitérien avait-il dit en son temps, mais avec les autres, à l’écoute, au milieu du groupe.

On comprend ici l’emballage marketing du produit Macron qui est proposé.

Loin de la dérive mégalomaniaque de 2017 où le candidat Macron se projetait comme jupitérien par opposition au candidat normal François Hollande, il s’agit désormais de nous vendre l’inverse : une forme d’accessibilité du candidat à qui l’on pourrait presque parler comme à un pote ou à un voisin de quartier, une forme d’empathie, de localisme, de circuit court pour ainsi dire.

Bref, Macron serait le candidat de l’anti-système, comme Jean-Marie Le Pen a pu l’être à une époque ou, mieux, comme Coluche ambitionnait de l’être.

Un calcul hors-sol à la Mc Kinsey

Intuitivement, on comprend comment cette « stratégie de positionnement » est née.

Des consultants de Mc Kinsey (nous avons déjà montré la proximité entre ce cabinet mondialisé et le Président Macron) ont dû commander un discret sondage d’opinion qui a montré les « opportunités de marché ». L’opinion, ont-ils compris, ne se reconnaît pas dans le débat de la présidentielle, et attend un candidat hors-système, un candidat issu de la société civile, capable de bouger les lignes bloquées et sclérosées de la politique française.

Le sondage a dû montrer que celui qui parviendrait à incarner la proximité du candidat anti-système gagnerait à coup sûr.

Mc Kinsey a fait tourner ses mystérieuses matrices et hop ! voilà le positionnement de la campagne choisi en un tour de main.

Encore une provocation hasardeuse

Nous avons récemment soutenu que la phrase désormais légendaire d’Emmanuel Macron exprimant son désir « d’emmerder » les non-vaccinés était une « idée Mc Kinsey » au sens large, c’est-à-dire l’une de ces suggestions soufflées par les armées de consultants bardés de diplômes qui rassurent Macron dans la conviction qu’on fait de la politique comme on vend des pots de yaourt.

Selon ces gens-là, dotés d’un fort esprit de géométrie, mais d’une absence totale d’esprit de finesse, il est possible de vendre un réfrigérateur à un Esquimau par la seule force du « marketing ».

Donc on peut vendre le produit Macron à ces boeufs de Français hypnotisés en le présentant comme un « primus inter pares », un porte-parole des petites gens oubliés de la croissance, de la mondialisation et du « système ». Cela ne pose pas de problème : il suffit de déployer les bons éléments de langage.

Le consultant Mc Kinsey moyen n’imagine pas que l’électeur ne soit pas une brute épaisse dépourvue de mémoire. Il ne peut pas envisager que, après une élection de 2017 où Emmanuel Macron avait gagné avec seulement 8,6 millions de voix au premier tour (Hollande en avait fait 10,2 millions en 2012, et Sarkozy 11,5 millions…), et avait bénéficié du soutien massif des grands intérêts privés, Bernard Arnault en tête, et de l’appareil d’Etat, qui avait torpillé la candidature Fillon, il ne peut pas envisager, donc, que ce candidat qui est comme une caricature de la confiscation de la vie politique par le système, n’ait aucune chance d’apparaître comme le candidat de l’anti-système.

Il faut en tout cas beaucoup d’esprit de géométrie et une absence totale d’esprit de finesse pour croire que l’on puisse transformer le mondialiste caricatural Macron en chantre de la proximité électorale.

Une posture pour un sortant isolé et impécunieux ?

Nous avons montré dans notre long article consacré à l’organisation et au financement de la campagne d’Emmanuel Macron combien le sortant se méfiait des soutiens politiques, sauf pour financer une campagne pour laquelle il n’a guère trouvé les moyens de financer son second tour.

Il est un fait que cette sorte de relation directe qu’Emmanuel Macron entend nouer avec le peuple (au sein duquel il fait pourtant l’objet d’un rejet viscéral) répond aussi à l’isolement profond dans lequel le Président se trouve sur la scène politique. En dehors de Richard Ferrand et de Christophe Castaner, qui soutient sincèrement et loyalement Emmanuel Macron aujourd’hui parmi les ténors de la majorité ?

Et plus largement, de quels relais le Président bénéficie-t-il aujourd’hui au sein des grands intérêts du pays ?

Si, facialement, ceux-ci approuvent la politique présidentielle comme un seul homme, ils tardent curieusement à cracher au bassinet pour aider leur porte-voix.

Une chose est sûre désormais : quelque chose est cassé au royaume de la Macronie, et les écarts de conduite du Président, qui apparaît régulièrement plus comme un sociopathe que comme un homme d’Etat ont rompu la lune de miel entre le jeune prodige et la caste qui pariait sur lui.

« Avec Vous 2022 » ne devrait pas améliorer la situation.

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