Du Général de Gaulle à Vladimir Poutine: la lutte contre la volonté d’hégémonie américaine

En 1963, le Général de Gaulle tirait les conclusions de l'échec du Traité de l'Elysée avec la République Fédérale d'Allemagne. Il commençait à esquisser une politique étrangère d'envergure mondiale: reconnaissance de la Chine populaire, dénonciation du dollar tout puissant, refus de la Guerre du Vietnam, sortie du commandement intégré de l'OTAN, appel au réveil des Français d'Amérique....De Gaulle esquissa ce que Vladimir Poutine est en train de réaliser un demi-siècle plus tard. Une telle affirmation choquera et pourtant le parallèle entre la politique étrangère des deux présidents saute aux yeux. Entre leurs deux époques, les Etats-Unis ont établi une hégémonie implacable, ils ont déclenché plusieurs guerres, intimidé les autres pays avec l'exterritorialité du droit américain . Cette époque est en train de finir parce que pour la première fois un chef d'Etat a eu le courage mais surtout la puissance pour résister à la menace, aux manipulations et à la corruption mises en oeuvres par Washington. On entend d'ici les bonnes âmes hurler au scandale face à une telle comparaison entre le fondateur de la Vè République et le refondateur de la Fédération de Russie après dix ans de chaos: pourtant, tous les amis de la liberté devraient se réjouir de ce que les relations internationales vont enfin être fondées, à nouveau sur l'équilibre des puissances et non plus sur la tentative d'hégémonie d'une puissance dont la politique étrangère impériale détruit au passage ses propres libertés civiques et sa prospérité, en même temps que celle' de ses alliés, dont la France.

Je coupe l’herbe sous le pied immédiatement aux grincheux et aux idéologues: je ne connais rien de plus grand dans l’histoire humaine que la liberté de religion et de conscience, l’habeas corpus, la démocratie (ou, plutôt, pour parler comme mon ami et co-auteur Norman Palma, l’isocratie, le gouvernement des égaux) et l’économie de marché.  Cependant un régime équilibré à l’intérieur n’est possible que s’il s’appuie sur la souveraineté des nations et l’équilibre des puissances. 

C’est ce qu’avait compris le Général de Gaulle. Chez lui, la refondation de la République, la régionalisation et la participation (ces deux dernières lui furent refusées par une grande bourgeoisie écervelée) sont inséparables de l’indépendance de la France et de la lutte pour la souveraineté des peuples. Raison pour laquelle il lutta contre l’impérialisme américain et en appela au réveil des peuples qui se trouvaient sous le joug communiste.  

Le discours occidental sur la Russie est biaisé d’emblée: non seulement parce qu’il établit fréquemment  d’emblée une équivalence ou une continuité entre URSS et Fédération de Russie (quelle banalisation du communisme!); mais aussi parce qu’il fait comme si un peuple pouvait être libre sans avoir au préalable garanti son indépendance nationale. Les Russes d’aujourd’hui savent gré à Poutine de les avoir sortis des horribles années 1990 où la richesse nationale était pillée par des oligarques alliés à l’Occident. En fait, ils savent gré au président russe….de ne pas ressembler à l’Ukraine des vingt dernières années où des oligarques sans scrupules, encouragées par l’Occident ont pillé la richesse du pays, tandis que les classes moyennes cherchaient à émigrer dès qu’elles le pouvaient et le reste de la population s’enfonçait dans la pauvreté – ou la violence des milices. 

Nos gouvernants et commentateurs français ont la décence de ne pas se réclamer du Général de Gaulle, en ce moment: et pour cause, ils doivent sentir malgré eux que le Général aurait jugé très sévèrement l’actuelle politique de soutien aux Etats-Unis prêts “à se battre jusqu’au dernier ukrainien” pourvu que chute la Russie indépendante. 

La politique étrangère du Général de Gaulle de 1963 à 1969

En 1962, après avoir mis fin à la guerre d’Algérie, le Général de Gaulle avait tenté de transformer la Communauté européenne et la relation franco-allemande pour poser les fondations d’une “Europe européenne”. Mais ses partenaires du Marché Commun refusèrent le Plan Fouchet de confédération européenne. Et, après la signature du Traité de l’Elysée, Jean Monnet intrigua pour que fût ajouté un Préambule qui réaffirmait la primauté de l’OTAN sur tout accord particulier signé par la France et la République Fédérale d’Allemagne. 

On pourra suivre par exemple dans la belle étude exhaustive de Maurice Vaïsse, La Grandeur, comment le Général en tira les conclusions et déploya alors une politique étrangère où la France devait montrer l’exemple et inciter les autres nations à se comporter de manière libre et responsable dans l’ordre international. Indépendance vis-à-vis des blocs et souveraineté. 

Ce fut un feu d’artifice: 

+ reconnaissance de la Chine, le 31 janvier 1964 et visite à Mexico en mars de la même année. 

+ dénonciation des désordres monétaires créés par le dollar, le 5 février 1965. 

+ sortie du commandement intégré de l’OTAN, le 21 février 1966; suivi du voyage en URSS de juin 1966; et du discours de Phnom Penh pour dénoncer la Guerre du Vietnam. 

+ déclaration sur le “Québec libre” du 24 juillet 1967. 

Ce que de Gaulle avait en tête, de la décolonisation au voyage en Roumanie de mai 1968, c’était de susciter, partout, une fierté nationale et l’envie de construire un régime légitime, c’est-à-dire dont la souveraineté eût une assise populaire large. Or, ne cessait-il d’expliquer, cela n’était possible que dans un monde où de plus en plus de nations s’émanciperaient des empires. L’empire soviétique, certes; mais, surtout, celui qui lui apparaissait le plus dangereux pour l’indépendance française, quelle que fût l’histoire partagée des deux pays, l’empire américain. 

Vladimir Poutine, héritier du Général de Gaulle?

En décembre 2021, alors qu’il essayait de négocier avec l’OTAN, Vladimir Poutine a eu un geste significatif: il a envoyé un message de félicitation à l’Amiral Philippe de Gaulle, le fils du Général, pour son centième anniversaire. Comment mieux signifier ce qu’il attendait de notre pays? Que nous haussions à nouveau bien haut les couleurs de l’indépendance nationale! 

Le zozo de l’Elysée n’en a tiré qu’une leçon: il lui fallait aussi envoyer un message à l’Amiral. Alors qu’il lui était proposé par son homologue russe, de renouer le fil du dialogue franco-russe dont avait rêvé le Général. 

Et quand on observe bien, le parallèle entre les politiques étrangères de Charles de Gaulle et de Vladimir Poutine sont frappants. 

+Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir pour mettre fin à la guerre de Tchétchénie comme Charles de Gaulle pour mettre fin à la guerre d’Algérie. La différence? A la fin des années cinquante, les Américains soutenaient un mouvement national algérien laïc. Tandis que Vladimir Poutine doit, comme le reste du monde, faire face à l’islamisme désormais allié des Etats-Unis. Ce qui l’a amené à intervenir aussi en Syrie, pour contribuer à l’élimination de Daech. 

+Comme de Gaulle lorsqu’il proposa un directoire à trois de l’OTAN à Washington et à Londres, Vladimir Poutine a d’abord recherché un  partenariat avec les présidents américains; il a même proposé de faire entrer son pays dans l’OTAN au début des années 2000

+ Et puis, devant le refus américain et ouest-européen de traiter la Russie en égale, Vladimir Poutine s’est naturellement tourné vers la Chine. 

+ Exactement comme Charles de Gaulle l’a expliqué dans ses conférences de presse et ses discours de politique internationale, Vladimir Poutine n’a cessé de répéter que la question des libertés russes était inséparables de l’indépendance du pays. Le Général de Gaulle avait tout fait, en 1945, pour éviter le régime d’occupation que les Etats-Unis avaient imaginé pour la France. De même, Vladimir Poutine ne cesse de lutter contre les tentatives de prise d’influence occidentales, américaines en particulier. Tous ceux qui s’offusquent d’éventuelles atteintes à l’état de droit dans la Russie contemporaine devraient faire pression de toutes leurs forces pour que cessent les tentatives d’ingérence américaines dans la vie des autres nations. Et même, on peut dire dans le cas russe que le rêve washingtonien est de reprendre la mise sous tutelle politique de la Russie et le pillage de ses ressources naturelles amorcés dans les années 1990. 

+ Vladimir Poutine a forgé une arme de dissuasion unique, l’arme hypersonique comme le Général avait fondé la puissance de la France sur sa dissuasion nucléaire. 

A vrai dire, deux caractéristiques apparaissent qui différencient Vladimir Poutine et la Russie de Charles de Gaulle et la France de son époque. Premièrement, la Russie dispose d’une puissance militaire sans commune mesure avec l’outil dont disposait le Général. Deuxièmement, la part des élites françaises qui se faisaient complices de la puissance américaine dans les années 1960 était proportionnellement bien plus importante que celle des élites russes qui seraient prêtes aujourd’hui à servir les intérêts occidentaux. 

La Russie et la fin de l'Empire américain

Les Américains respectaient le Général de Gaulle. Mais ils considéraient que le fondateur de la Vè République n’était pas suivi par le monde dirigeant français. De fait, Georges Pompidou céda à l’arbitraire monétaire de Richard Nixon coupant tout lien entre le dollar et l’or. Valéry  Giscard d’Estaing fit entrer les Etats-Unis dans la CSCE, l’accord sur la sécurité européenne réclamé par les Soviétiques. François Mitterrand avait son rond de serviette à l’ambassade américaine dans les années 1960 et il laissa l’Allemagne réunifiée rentrer dans l’OTAN. Le Traité de Maastricht a mis l’OTAN au coeur de la Politique étrangère et de sécurité commune. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont fait rentrer la France dans le commandement intégré de l’OTAN. 

Bien entendu le comportement du monde dirigeant français, son atlantisme, sont abjects et anachroniques, après 1990: l’OTAN ne servait plus à rien sinon à légitimer l’impérialisme américain. On remarquera aussi que la pression américaine, depuis cinquante ans n’a laissé aux groupes dirigeants des pays ciblés par Washington que le choix entre se soumettre en rentrant dans l’oligarchie “globale”; ou bien développer des régimes autoritaires pour mettre fin à l’alliance américaine.  

Les uns se sont soumis, les autres ont défié les Etats-Unis avant d’être écrasés ou de manquer l’être, au nom de la démocratie: Irak, Afghanistan, Libye. Le raidissement de la Chine sous Xi Jingping confirme bien cette quasi-inéluctabilité du durcissement politique interne pour résister à la pression américaine. Je déteste le néo-totalitarisme de Xi Jingping; mais comment ne pas voir que ses prédécesseurs ont largement compromis leur pays avec les élites “globalisées”?  

Cela devrait d’ailleurs amener à nuancer le discours sur le manque de libertés en Russie. Vladimir Poutine est le premier chef d’Etat, à ma connaissance, qui réussit à affronter directement les Etats-Unis sans provoquer un durcissement intérieur. Même si vous trouvez sa politique intérieure plus proche d’un Napoléon III qu’un d’un de Gaulle, elle n’est en aucun cas comparable aux régimes dictatoriaux ou néo-totalitaires que Washington aime combattre pour refonder sa légitimité.  

La Russie avait cru mourir dans les années 1980, livrée à la rapacité de ses oligarques et des intérêts financiers américains. Aujourd’hui, dotée d’un outil militaire puissant, elle est en mesure de tenir tête aux Etats-Unis. 

Déjà, en Syrie, avec peu d’hommes, la Russie a empêché les Etats-Unis de rayer de la carte la souyeraineté du pays. En intervenant en Ukraine, le président russe fait quelque chose que jamais la Chine n’a osé faire: il affronte de face la puissance américaine. 

Là où Saddam Hussein, Milosevic Kadhafi ont été balayés,Vladimir Poutine révèle au contraire  les failles de l’appareil de sécurité américain. Là où le Général de Gaulle avait certes été compris de la population française mais avait dû dompter des élites bien conformistes qui s’empressèrent de ramener le gouvernement dans leurs ornières à peine le Général parti, Vladimir Poutine, lui, a bénéficié de la confiance de la plus grande partie de l’appareil d’Etat et du ralliement de la plus grande partie des classes moyennes supérieures. 

Il faut dire que la dérive impériale américaine ne faisait que commencer, lorsque le Général de Gaulle, très lucidement, la dénonçait. Aujourd’hui, le règne arbitraire du dollar, l’exterritorialité du droit américain, les sales guerres du Moyen-Orient, la déstabilisation permanente des gouvernements qui défendent les intérêts de leur pays (y compris le gouvernement américain lui-même avec le coup d’Etat, fin 2020, contre Donald Trump pourtant largement réélu par le peuple américain), les sanctions économiques jamais annulées une fois installées (Iran, Cuba, Russie) sont des réalités bien tangibles pour la plupart des peuples du monde. C’est ce qui explique qu’à part l’Union Européenne et le Japon, le reste du monde ne se soit pas joint aux sanctions contre la Russie. Aujourd’hui, la Russie de Vladimir Poutine peut compter, dans un nouvel équilibre des puissances, sur le soutien à peine dissimulé de la Chine néototalitaire mais aussi la neutralité bienveillante de l’Inde démocratique. 

 

L’équilibre des puissances est un préalable au développement des libertés

Si nous n’avions pas eu le cerveau lavé par des années de propagande “droit-de-l’-hommiste”, nous devrions, au vu de ce qu’avait recommandé le Général de Gaulle, identifier en la personne de Vladimir Poutine celui qui, en rétablissant un lien entre le rouble et l’or, accomplit la conférence de presse gaullienne du 5 février 1965. Nous aurions dû rester neutre dans le conflit ukrainien, de manière à saisir une occasion inespérée de réamorcer la marche vers une ‘Europe européenne” telle que la voulait le Général de Gaulle. 

Surtout, il faut se souvenir de ce qui a été magistralement démontré par John Laughland dans son livre sur La Liberté des nations : pour que triomphe une société de liberté, il faut que soient réunies une série de conditions: souveraineté nationale, contrôle de la technocratie, régime monétaire fondé sur des réalités tangibles, sont inséparables d’un équilibre des puissances. L’Europe a inventé en même temps le concert des nations et le capitalisme, le parlementarisme et la souveraineté nationale. L’histoire contemporaine, dui coup d’Etat contre Mossadegh (en 1953 en Iran)  à la guerre d’Ukraine, est celle d’une conspiration permanente des Etats-Unis contre une paix d’équilibre pour lui substituer une pax americana. Le Général de Gaulle l’avait dit en son temps et Vladimir Poutine apporte la preuve qu’il n’y aura pas de retour de notre planète à la prospérité et à la paix sans mettre fin à l’aventure impériale américaine. 

Le duc de Richelieu (1766-1822), gouverneur de la Nouvelle Russie de 1803 à 1814, a sa statue à Odessa face au port

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34 commentaires
  1. Magnifique article, merci!
    La reconquête de nos libertés peut-elle se faire autrement que par le peuple, au vu de la domination infernale des élites sous contrôle américano-mondialiste?
    Les descendants d’Adam Weishaupt et de la Fabian Society ont parfaitement réussi dans leur stratégie de subversion des élites… et de l’indispensable contrôle de la presse.
    Ceux qui ont été ostracisés depuis des décennies – sous des prétextes fallacieux – sont précidément ceux qui avaient compris cette stratégie et ont voulu s’y opposer… Combien de tentatives d’assassinat contre De Gaulle?

    1. “Combien de tentatives d’assassinat contre De Gaulle?” J’hallucine quand je lis ça. Juste une, celle organisée par l’OAS pour avoir trahit les partisans de l’Algérie française. Juste un petit détail de l’histoire gaulliste!!! C’était l’attentat du Petit-Clamart.

        1. JE veux bien vous donner raison sur les 4 autres tentatives d’attentats qui relèvent plus de l’amateurisme qu’autre chose. D’ailleurs elles ont été en grande partie oubliées des mémoires. Mais celle du Petit-Clamart était d’un niveau largement au-dessus et nous pouvons vraiment parler d’attentat dans ce cas.
          Pour ce qui est de Mai 68, je suis désolé, mais c’est un point de vue très subjectif. Et Mai 68 est une des conséquences de la complaisance gaulliste envers la gauche en général.

          1. Mai 68 ? Très vraisemblablement une des premières révolutions de couleurs, comme les brigades rouges italiennes infantes non reconnues du réseau Gladio.
            Réalité historique qui ajoute encore à l’analogie De Gaule/Poutine.

  2. C’est vrai que De Gaulle luttait beaucoup contre l’hégémonie américaine, mais bizarrement il était profondément incompris de nos partenaires européens. C’est vrai qu’à cette époque on pouvait se permettre de se passer des US, dans le contexte de la guerre froide. En revanche, il était beaucoup mois doué pour lutter contre l’hégémonie soviétique ou communiste en Europe.

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  3. Merci et bravo pour cette vision géopolitique, qui montre le lien profond entre la liberté intèrieure dont peut jouir un peuple, et la souveraineté qu’il affirme à l’extérieur par des actes réels accompagnés d’un discours diplomatique cohérent.
    Alors que la France s’enferme dans la soumission à l’impérialisme américain et s’apprête à installer deux clercs caricaturaux, qui s’autoproclament au-dessus des humbles et se permettent de les humilier dès qu’ils s’opposent, qui s’accordent entre eux et avec leurs oligarques pour mettre à profit les pouvoirs acquis par leur imposture.

    1. En accord avec vous. Merci. Oui, cinéma oligarque de postdémocratie en marche ‘progressive’ vers le nihilisme et notre esclavage. E. Husson conserve l’avenir par son travail remarquable de ‘démarqué’ de la Bête.

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  4. Oaouh ! Une bouffée d’oxygène que ce remarquable article du professeur E. Husson non vacciné et peu ou pas QR codé. Ce travail émane d’une âme marquée par le baptême qui libère la liberté de l’auteur en marche vers la Vérité. Elle conduit une cause seconde, ce cerveau catholicisé qui dirige une noble main de première classe sur un clavier. Le point terminal est dû aux sept dons du Saint Esprit : Sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété, crainte de Dieu. C’est bien la même source qui anime De Gaulle, père d’Anne et ennemi de l’Amgot, et maintenant Vladimir Poutine, le croyant en Dieu-Jésus. Nous avons affaire à deux ‘pratiquants’. Je rajouterais sur la guerre d’Algérie une similitude des parcours. De Gaulle a fini cette guerre départementale car elle coûtait cher, les américains ne nous finançaient plus depuis notre retrait d’Indochine. De Gaulle voulait économiser de l’argent pour faire la bombe atomique française, source d’indépendance souveraine. Poutine a fait le gros dos devant l’avancée otanienne et a fait son arme hypersonique qui fossilise en ce moment la geste américaine. Les élections de midterm vont être savoureuses à observer dans le camp démoncrate des belliqueux impériaux. Prions pour que le nasdaq remonte car je morfle un peu ! Vous souriez, c’est bon signe, foi de non QR codé.

  5. Le magnifique de votre démonstration historique, Edouard Husson, c’est que notre époque dirigée par des minables à qui l’Étrange Défaite ne fait même pas honte puisqu’ils la portent en étendard, va jusqu’à reproduire la condamnation à mort par contumace – électorale et médiatique – des hérétiques à l’Ordre Mondial mafieux et crapuleux qui installe ses médiocres au pouvoir… A cet effet, Trump, Poutine, Orban, Zemmour chez nous, sont intrinsèquement dans la lignée philosophique et historique du Général. Mais l’on sent bien que le fruit pourri est proche de tomber…

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    1. Trump dans la lignée “philosophique” de De Gaulle, là je tousse. Le problème de Trump, c’est qu’il est totalement incohérent. Son mérite est de n’avoir déclenché aucune guerre durant son mandat. Ce qui pour un président américain est un exploit. Pour cela, il n’a pas eu le prix Nobel de la Paix contrairement aux criminels de guerre Clinton et Obama.

        1. J’avoue que la conquête spatiale ne m’intéresse guère et le doigt de Trump pas plus. Peut-être était-il effectivement cohérent, mais assurément il n’avait absolument rien de gaullien.

          1. Blague à part, Trump cohérent ? Il disait qu’il fallait dialoguer avec la Russie mais prenait des mesures violemment anti-russes.

  6. Les dites élites qui ont le pouvoir en France actuellement et qui insidieusement sapent nos libertés individuelles, sont viscéralement pour beaucoup anti Poutine si ce n’est anti Russie. Et je constate au vu des articles édités par Le Courrier des stratèges, que le seul mouvement patriote et lucide, le RN et surtout Marine Le Pen, sont sinon vilipendés par certains, du moins largement ignorés, mais que Zemmour et Reconquête bénéficiaient d’une excellente couverture médiatique de votre part. Certains LR également d’ailleurs . On a vu le résultat. « La bête ou l’idiote » a minima selon Zemmour et quelques autres a donc rassemblé derrière elle, contre tous, une quantité de bêtes et idiots. Elle à toujours été fidèle à ses convictions, à son amour de la France et à son identité, et en cela et en bien d’autres points, pas tous, elle ressemble à Poutine, la patrie indépendante avant tout. Et je remarque que Zemmour, grand patriote devant l’éternel selon lui, n’a pas appelé à voter RN laissant le choix à ses électeurs, mais appelant à voter pour 2 LR. La France s’enfonce . Mais Poutine gagne et gagnera au final en Ukraine, et comme je le dis depuis avril, négociera après avoir conquis Karkiv et Odessa. Et la Russie assoira sa grandeur retrouvée, quand la France se délitera. Mais le peuple de France en sera le premier responsable.

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    1. Cher lecteur, nous avons couvert l’ensemble des droites. Ensuite, Marine Le Pen a gâché l’occasion qu’elle avait de rassembler tous les patriotes pour les législatives. Bien à vous. EH

  7. Edouard Husson, il y a 20 ans, je discutais avec un américanophobe d’extrême gauche de votre conclusion. J’étais américanophile par conviction et par Normand de naissance, car je connaissais le sacrifice des GI sur nos plages… Et je lui répondais que si la Pax Americana disparaissait, ne serions-nous pas confrontés à un temps barbare comme après la Chute de l’Empire Romain… Aujourd’hui, je partage cette détestation de l’Amérique des Démocrates qui sont intrinsèquement idéologues, bellicistes, malhonnêtes, enfin dictatoriaux et anti démocrates après le coup d’État contre Trump C’est Truman, vice président de Roosevelt à son décès, qui donne l’ordre de Nagasaki et d’Hiroshima.

    Je déteste cette Amérique-là, qui a confirmé ses horribles manipulations dans la crise du Covid-19 et les vaccins Pfizer : des Crimes contre l’Humanité qui s’ajoutent à la longue liste où l’impunité américaine est assurée par sa non reconnaissance du Tribunal de La Haye.

    Concernant la fin de l’Empire Américain et ses conséquence sur le monde, je n’ai pas la réponse. Car l’Europe du Moyen-Âge aura tout entièrement été convulsée par cette chute du Vème siècle.

    1. Il me semblait que les Normands n’avaient surtout pas oublié les infâmes bombardements anglo-saxons qui ravageaient leurs villes et pour lesquels le général de Gaulle était intervenu pour demander au commandement américain plus de modération.

    2. Ouf ! Vous ne connaissez pas ses conséquences sur le monde. C’est rassurant. Pour moi l’empire américain est lié aux wasp, et donc à la folie protestante qui génère l’individualisme nihiliste et le surf sur le contrat social à la Rousseau, contrat doté d’un faux messianisme qui s’effondre au 21ème siècle. Or l’homme, au bon sens grec, est un animal social. Il naît et se reçoit dans une famille sans passer de contrat avec elle, idem avec son inclusion sociale. Je n’ai pas signé de contrat pour recevoir un matricule de sécurité sociale dans ma patrie. Je reçois une carte d’électeur et même une feuille d’imposition.
      Je ne vois pas le lien que vous faites, François, entre les monastères clunisiens, puis cisterciens, qui essaiment et fleurissent dans des royaumes et seigneuries situées en ‘Europe’, et la chute de l’empire romain. Ces monastères furent un fruit de la liberté libérée par une adhésion à l’homme-Dieu. La chute romaine est une simple chute d’un paganisme impérial. Les évêques assument les reliefs. Les carolingiens mènent aux capétiens. Je ne comprends pas votre phrase finale, elle me semble emprunte d’une angoisse et d’un manque d’Espérance chrétienne. Vous voulez connaître ou imaginer une conséquence très probable : La lente chute de l’empire américain amènera des gros soucis à l’intérieur de l’oumma, communauté basée elle aussi sur une forme d’individualisme mortifère (pas de communion des saints, ni d’intercession possible, Mac do compatible avec le filetO’fish). Regardez le 11 septembre, il n’empêche pas la poursuite des liens autour des pétrodollars américains et saoudiens. Nous pressentons donc qu’un château de cartes idéologiques va s’effondrer depuis l’Otan du Nord jusqu’au Yémen. Regardez où Vladimir Poutine place ses soldats ‘multifronts’ actuellement. Et pour sourire, disons : « Vive les mathématiciens russes, les musiciens et les joueurs d’échecs russes, ce sont nos amis européens chrétiens. » Les protestants sont-ils chrétiens ? Sola scriptura ou le livre coran, c’est un peu court pour vivre en vérité.

      1. La vieille thèse de Gibbon sur le christianisme comme facteur de la chute de l’empire romain a non seulement été réfutée par avance par Saint Augustin 🙂 Mais elle ne tient pas devant les travaux du sociologue Rodney Stark.

    3. J’aime et j’admire par beaucoup d’aspects l’individualisme américain, l’énergie de cette société. Mais l’empire a détruit les Etats-Unis. Trump l’avait compris.

      1. Individualisme autocentré ou personnalisme avec sa capacité de généreux dons à des associations ? L’énergie du nouveau monde à conquérir des terres, des astres est lié aux ‘récompenses protestantes’, à une certaine prédestination. Mais ce messianisme est à bout de souffle aux USA et se transforme en bellicisme débile : ‘Oh chinois, vous allez être du mauvais côté de l’histoire’. Le deep state fait dire cela à Biden ! Ils sont ridicules et les Russes, Chinois et Hommes de bon sens rient de cette sortie enfantine de moraline ‘protestante’ déclinante.

    4. @ François Servenière
      Je n’rais pas jusqu’à dire que je connais bien l’Amérique
      J’y ai vécu un certain temps et j’ai de la famille sur place, ainsi que quelques amis.
      Ils sont de plus en plus conscients que la Démocratie a été captée par cette ploutocratie appelée “deep state” dont le CFR est le centre nerveux. et grand pourvoyeur de l’administration américaine.
      Plus de 300 postes sous Reagan et j’ignore leur nombre actuel.
      La guerre menée par Trump à cet 2tat profond a été perdue mais tout n’est pas dit.
      Le peuple américain est de plus en plus divisé et personne ne sait comment tout cela va finir.
      Certains me disent qu’ils ne considèrent pas Poutine comme un ennemi et que le Mc Cartisme les a égaré dans la guerre froide.

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  8. De Gaulle était pour l’indépendance des nations et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’indépendance devant assurer la sécurité du pays et le droit des peuples à disposer à d’eux-mêmes devant garantir la paix par le dialogue entre pays souverains.
    Exactement la position de la Russie et exactement l’inverse des positions américaines et européennes version U.E.

  9. ” En 1962, après avoir mis fin à la guerre d’Algérie, De Gaule a tenté …. ”
    Ce n’est pas le sujet de l’article, evidemment, mais je trouve la formule un peu lapidaire pour ce désastre qui n’en finit pas.

  10. Extraordinaire article! Brillant! Il est très rare de lire quelque chose avec une telle hauteur de vue! C’est exceptionnel, vraiment exceptionnel! Il faut pour cela avoir l’esprit très affuté. Ce dont je ne doute pas d’ailleurs pour avoir échangé avec lui il y a une quinzaine d’années à Lausanne. J’ignore s’il s’en souvient?

    L’équilibre des puissances, principe admirablement mis en place par Metternich, lors du Congrès de Vienne en 1815 est un préalable au développement des libertés…

    Voilà un article re-fondateur!

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