[PAYANT] 10 villes moyennes à moins de 2h30 de Paris où votre femme accepterait de s’installer

Nous avons récemment évoqué les obstacles conjugaux qui pouvaient s'opposer à un exode urbain... et nous avons même proposé un argumentaire type, avec des critères à "sérier" pour contourner l'obstacle. Aujourd'hui, je passe de la théorie à la pratique en vous proposant une sélection de 10 villes moyennes (voire de petites villes, pour certaines) où vous pourriez apporter un peu de matière à votre épouse pour la convaincre de quitter Paris (je réaliserai le même exercice pour Lyon et Marseille). J'ai sélectionné les villes qui ne sont pas chef-lieu de département (c'est-à-dire préfecture) où l'on trouve un Monoprix. Je vous donne quelques arguments supplémentaires pour convaincre votre épouse de s'y installer.

Quels critères avons-nous retenu pour travailler, en application de la petite méthodologie que nous avons déjà publiée ? Toutes les villes retenues ici accueillent un Monoprix et se situent à deux heures environ d’une porte de Paris, en voiture. Nous avons expliqué ce critère dans notre précédent article. 

Pour le reste, nous indiquons si la ville en question est le siège ou non d’une sous-préfecture, si elle dispose d’un centre historique avec du “cachet”, et nous précisons la durée du trajet en train le plus court pour s’y rendre. En précisant, bien entendu, le prix moyen au mètre carré .

La plus chère : Compiègne

Avec un prix au m2 en centre ville supérieur à 3.200€, Compiègne est la ville la plus chère de notre panel. C’est aussi la ville la plus proche de Paris (ceci explique cela…) avec trois gros quarts d’heure seulement de train pour s’y rendre (arrivée à la gare du Nord).

Voilà donc une installation “à la campagne” qui n’est guère plus lointaine qu’en banlieue, d’une certaine façon. C’est même plus “chic”, ce qui permettra à votre épouse d’expliquer que Compiègne, c’est “vraiment bourgeois”. 

Les amateurs du genre apprécieront plusieurs avantages majeurs présentés par Compiègne. Avec ses 40.000 habitants, Compiègne est aussi peuplée (et même plus peuplée) que certaines préfectures. Cette ville impériale dispose de nombreux atouts : château monumental avec musée, hippodrome, superbe forêt accessible facilement depuis le centre. 

Voilà un très bel écrin pour une famille plutôt aisée mais lassée de la vie parisienne. 

La plus peuplée… et la moins chère : Saint-Quentin

Avec ses 53.000 habitants, Saint-Quentin (accessible également depuis la gare du Nord) est la ville la plus peuplée de notre sélection, et peut-être l’une des plus méprisées ou des moins bien valorisées. Ceux qui se souviennent que son maire n’est autre que l’ennuyeux et vide Xavier Bertrand ont bien tort de confondre le maire et sa ville, car contrairement à la légende, Saint-Quentin ne manque pas de charme, bien au contraire. 

En réalité, jusqu’en 1914, Saint-Quentin fut une ville prospère, ce qui explique la richesse de l’habitat que l’on trouve dans cette sous-préfecture de l’Aisne. Jusqu’à la mise en service du TGV Nord, Saint-Quentin (désormais accessible avec un peu de complication par la gare TGV Picardie) était très régulièrement desservie par le Paris-Bruxelles et le Paris-Cologne. 

Ces circonstances expliquent que vous pourrez trouver, dans le magnifique hyper-centre de la ville, de très belles maisons anciennes à étages avec beaucoup de cachet et un jardinet de charme pour moins de 1.500€/m2. Ne manquez surtout pas les opportunités en Art Nouveau. 

En l’état, la SNCF dessert cette ville en 1h30… Voilà qui se réfléchit. 

La plus proche de la mer : Dieppe

Votre épouse vous a probablement dit qu’elle ne quitterait jamais Paris, sauf… pour aller vivre au bord de la mer. Dans son esprit, il s’agissait peut-être de La Baule ou de Saint-Tropez. Proposez-lui de jeter un oeil sur Dieppe, port normand accessible en 2 heures de voiture depuis la porte de Saint-Cloud, et en 2h40 depuis la gare Saint-Lazare. 

L’intérêt de cette sous-préfecture de 28.000 habitants tient à sa situation géographique… et à ses 2.000€ du mètre carré en moyenne. En vous débrouillant bien, vous devez pouvoir y trouver une très jolie villa bien située, avec du caractère, pour le prix d’un 40m2 à Paris (dans un quartier discutable).

La plus normande : Lisieux

Toujours dans le plaidoyer en faveur de la proximité avec la mer, Lisieux, sur l’autoroute de Caen et du Calvados, ne manque pas d’attrait. Bien connue pour son patrimoine lié à Sainte-Thérèse, cette sous-préfecture vous réserve des maisons à 2.000€ le m2 à moins de deux heures de la gare Saint-Lazare en train. 

Lisieux compte 20.000 habitants, mais se trouve à un jet des plages les plus chics de Normandie. 

La plus petite : Péronne

Habitée seulement par 7.500 habitants, Péronne est une sous-préfecture qui rappelle forcément la première guerre mondiale. La ville se trouvait en tout cas très proche de la ligne de front, sur le site de la bataille de la Somme. 

Je sais : l’argument n’est pas très vendeur, sauf à avoir épousé l’une des rares nostalgiques des poilus qui se passionne pour l’histoire militaire. Ajoutons que Péronne présente un autre handicap : la SNCF ne la dessert pas facilement (le trajet le plus court dure tout de même 2h40… ce qui est bien plus qu’en voiture). 

Pourtant, Péronne à du charme. Elle abrite même un château fort ! Elle est facilement accessible par l’autoroute A1, avec un prix au mètre carré de 1.400€.

Pour celles qui cherchent une installation au calme sans être trop loin de Paris (en voiture) et à une distance acceptable en train d’Amiens et de Lille, l’endroit peut constituer un bon compromis. 

La plus parisienne : Vernon

Les habitués de la gare Saint-Lazare connaissent tous Vernon, ville de 24.000 habitants accessible par la Seine… et en 50 minutes de train. 

Cette proximité avec Paris explique que Vernon soit un refuge de travailleurs pendulaires qui viennent profiter de l’immobilier à 2.500€ le m2. Ceux qui veulent vraiment s’installer dans une petite ville qui leur permet d’être rapidement à Paris y trouveront leur bonheur. 

Mais… on ne vous y garantit pas un dépaysement total. 

La plus éloignée en train : Vendôme

Avec ses 41.000 habitants, Vendôme ne manque pas d’attrait. Mais il s’agit d’une vraie sous-préfecture de province, proche de la Loire, entre Orléans et Tours. Comptez plus de 2h30 pour vous y rendre en train régional, ce qui peut être très dissuasif. 

En dehors de cet inconvénient, vous pourrez y apprécier le climat (la fameuse douceur ligérienne), le très joli patrimoine du centre-ville, la proximité des vignobles et la modération des prix. Avec un mètre carré moyen sous les 1.800€, une installation s’y réfléchit, à condition de bien se souvenir qu’il s’agit d’un projet de vie sans possibilité de travail quotidien à Paris. 

La solognote du classement : Romorantin

Cette sous-préfecture de 18.000 habitants risque d’en rebuter certains : installée sur une plaine morne au milieu de la Sologne, Romorantin ne fait pas spontanément rêver. Ce mauvais sort est assez injuste, car le patrimoine n’y manque pas de charme et, avec un mètre carré à 1.400€, la ville cache de vraies belles occasions. Elle convient cependant aux familles qui sont à la recherche d’expérience rurale, avec force chasse, sport (surtout équestre) et promenade forestière. 

Si vous aimez les ambiances festives, vous risquez d’y rester un peu sur votre faim, encore plus si vous souhaitez prendre un verre le soir en rentrant de votre journée de travail à Paris. La desserte SNCF n’est pas optimale et se défend beaucoup plus au départ d’Orléans. 

La plus naturelle : Abbeville

Cette sous-préfecture de 23.000 habitants à 1h30 de Paris en train ne manque vraiment pas d’atout. Le mètre carré s’y négocie à moins de 1.700€, avec un hyper-centre méconnu mais doté d’un superbe patrimoine architectural civil. On y compte notamment de nombreux carmels des 18è et 19è siècles, très bien conservés, qui peuvent se transformer en appartements ou en hôtels particuliers. 

Surtout, Abbeville se trouve à 15 min de la baie de Somme, à 20 min d’une mer où l’on trouve la plus grande colonie de phoques “naturels” de toute la France, sur une autoroute où personne ne se souvient d’avoir connu d’embouteillage. De mon point de vue, cette sous-préfecture constitue l’un des meilleurs arbitrages, celui qui concilie pas mal d’exigences contradictoires : facilité d’accès, modicité des prix, beauté patrimoniale, proximité de la mer, richesse des activités proposées. 

Le coup de coeur : Noyon

Véritable joyau architectural totalement méconnu des Parisiens, Noyon se trouve à 1h10 seulement en train de Paris-Nord, ce qui en fait une véritable occasion. Avec 13.000 habitants seulement, Noyon se trouve en réalité dans une région très urbanisée où les distractions ne manquent pas. 

Si le mètre carré y dépasse à peine, en moyenne, les 1.500€, Noyon ne manque vraiment pas de charme, avec sa superbe cathédrale gothique et son quartier écclésiastique. Il s’agit en fait de l’un des plus anciens évêchés de France, où Hugues Capet a reçu sa couronne !

Je recommande chaleureusement ce choix à tous ceux qui se demandaient où emmener leur femme ce week-end pour commencer à la convaincre de quitter Paris. 

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3 commentaires
  1. Paris-Vendôme en 3H40 ! Ces estimations ont été faites apparemment avec un indicateur Chaix du temps des locomotives à vapeur… Le TGV relie cette ville à Paris en 42 minutes depuis… 1990.
    Quant aux villes où l’on trouve un Monoprix… Les parisiens ne savent-ils pas qu’il existe aussi des Intermarchés et autres Leclerc au delà du périphérique ?

  2. Cet article reflète une bien étrange vision de la femme (mais peut-être ai-je cette impression parce que je suis passionnée d’histoire militaire ?)
    L’histoire des Monoprix est également très datée, mon cher Éric, ainsi que certains arguments. Doit-on croire qu’il est calibré pour des Parisiens caricaturaux, qui rêvent de migration tout en pleurant déjà leurs “after” rituels au sein d’une foule d’urbains piquousés jusqu’aux moelles ? 😀

  3. Il me semblait avoir écrit un peu mot lors de l’apparition de l’article car effectivement chez nous c’est plutôt l’effet inverse. Je suis prête depuis des mois à quitter la ville. Je n’ai plus d’arguments pour décider mon mari…….

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