L’économie russe n’a jamais été aussi grande qu’à genoux, par Florent Machabert

L’économie russe n’a jamais été aussi grande qu’à genoux, par Florent Machabert


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Le vice-ministre des Finances de la Russie, Alexei Moiseev, a déclaré qu'il était « désormais impossible de se passer des paiements en cryptomonnaies » au vu du contexte géopolitique que l’on devine. La Russie, historiquement opposée aux cryptos, aurait finalement repensé sa stratégie monétaire, au point de se montrer favorable à l'utilisation de ce type d'actifs, notamment pour les paiements transfrontaliers.

Si la démocratisation de cet actif venait à se concrétiser rapidement en Russie, le pays connaîtrait un grand tournant compte tenu de la position actuelle de la Banque de Russie qui a jusqu’ici souhaité maintenir le monopole du rouble à Moscou. Rappelons tout de même que Vladimir Poutine a signé en juillet dernier une loi visant à interdire l’usage des cryptos comme moyen de paiement au sein du pays. Cependant, ses banquiers centraux ainsi que la plupart des autorités du pays ont été contraintes de changer de camp du fait des sanctions imposées par les gouvernements occidentaux. Comme toujours, on voit à l’œuvre la capacité des Russes à encaisser les coups pour retourner à leur avantage les efforts déployés par l’adversaire pour les mettre à genoux.

Le chiffre de la semaine

Vers 0,83$ pour 1€ comme en 2000 ?

L’euro est tombé sous la barre de 0,99$ lundi 8/09, son niveau le plus bas depuis 20 ans, après l’annonce la semaine dernière que la Russie allait couper ses livraisons de gaz à l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream 1, qui devait reprendre du service ce samedi après une maintenance mais qui sera finalement complètement arrêté jusqu’à la réparation d’une turbine. L’euro a brièvement reculé à 0,9883$, son point le plus bas depuis décembre 2002. Depuis le début de l’année, la monnaie européenne ne cesse de s’affaiblir face au dollar (-12%). Le mirage de 0,83$ pour 1€, comme en 2000, commence à se rapprocher de plus en plus…

Pour mettre en place et appliquer votre stratégie personnelle d’investissement, n’hésitez pas à consulter les précédents hebdos de l’épargnant et dossiers thématiques ou à vous abonner à notre mensuel de (ré)(in)formation Finance & Tic. Nous vous préparons un dossier dédié aux devises étrangères à mettre en portefeuille pour éviter le krach de l’euro.

La déclaration de la semaine

« Si la responsabilité collective n’est pas au rendez-vous alors on ira vers des mesures de rationnements et de sobriété contrainte. » E Macron

Emmanuel Macron, qui rêve de dupliquer à la question énergétique son brillant autoritarisme sanitaire, a demandé aux Français, ce lundi, d’« être au rendez-vous de la sobriété » afin d’éviter les rationnements de gaz et d’électricité pendant les mois à venir. « Chacun a son rôle à jouer », a-t-il affirmé, en appelant à la sobriété énergétique et estimant que, toute allusion marketing étant purement fortuite, « la meilleure énergie [était] celle qu’on ne consomm[ait] pas ». Ce n’est pas sans rappeler la sortie de Castex pendant le Covid qui nous expliquait benoîtement que pour éviter l’encombrement hospitalier, la meilleure chose était encore de… « ne pas tomber malade ».

En ce qui concerne les aides financières pour les ménages, comme le bouclier tarifaire, le chef de l’Etat a reconnu qu’elles ne pourraient pas être conservées « pendant des mois et des mois ». Voilà qui est précis. On sait pourtant qu’il a été très marqué par la colère des Français lors de la crise des Gilets jaunes, en particulier lors de son déplacement à la préfecture du Puy-en-Velay, début décembre 2018, suite auquel, semble-t-il, il aurait pris la décision de lâcher du lest. G Attal a annoncé pour sa part que le gouvernement allait maintenir un « système de bouclier » en 2023, qui a, selon l’Insee, déjà permis de réduire de moitié l’effet de la flambée des prix de l’énergie sur l’inflation. Cela sonne comme un aveu de ce qu’en incluant la part de nos impôts qui financent ces nombreux dispositifs (bouclier, chèque énergie, remise à la pompe, etc.) l’inflation réellement vécue par nos concitoyens est d’au moins 12%…

L’actif de la semaine

Vers la fin des livrets d’épargne réglementés ?

Les plans d’épargne logement (PEL) sont dans le viseur de la Cour des Comptes qui a demandé lundi 8 que leur rémunération soit réduite compte tenu de son coût pour l’État et les banques. Actuellement, le PEL n’est que peu avantageux avec un taux de 1% depuis 2016, tandis qu’un livret A rapporte désormais le double (2%) et un livret d’épargne populaire (LEP) 4,6%. Mais cela n’a pas toujours été le cas : avant 2015, l’argent placé sur un PEL rapportait plus de 2%. Son rendement était même monté à 3,27% entre 2000 et 2003. Alors pourquoi le supprimer ?

Depuis 2011, il n’est possible de l’alimenter que pendant 10 ans et de cumuler des intérêts que pendant 15. Les PEL souscrits avant 2011 continuent d’accumuler des intérêts pour une durée illimitée, au taux fixé au moment du contrat, ce qui pousse certains épargnants à les conserver plus longtemps. Les PEL coûtent donc cher à l’État en moins-value fiscale car ceux ouverts avant 2018 sont exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’à leur 13ème anniversaire et permettent, lorsqu’ils sont dépensés pour un prêt, d’obtenir une prime d’État (jusqu’à 1525€), dont le montant dépend des intérêts perçus. La Cour des Comptes estime à 411 M€ annuels les économies réalisables en envoyant définitivement le PEL aux orties. Ce qui aurait pour avantage de pousser les Français à sortir leur bas-de-laine de cette fausse solution de sécurité que constituent les livrets d’épargne réglementés où dorment quelque 400 Mds €, pour un FGDR (Fonds de garantie des dépôts et résolution) pourvu à hauteur de seulement… 5 Mds € ! Vous croyez toujours aux 100 000 € garantis par établissement bancaire ?

Retrouvez nos dossiers bimensuels dans la boutique : le N°1 consacré aux différentes classes d’actifs pour traverser la stagflation ; le N°2 sur l’or-investissement ; le N°3 sur les métaux blancs ; le N°4 sur les matières premières ; le N°5 sur l’art-investissement. Le N°6, à paraître le 25/09, portera sur l’investissement dans les PME-PMI.

Sources : Banque de France, Les Echos


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