La France a-t-elle enfin compris que son industrie nucléaire civile est menacée de mort par la Commission Européenne?

Dimanche dernier, dix pays membres de l’Union Européenne ont signé et publié une tribune qui soutient l’énergie nucléaire. Le ministre de l’Economie française Bruno Lemaire compte parmi les signataires du texte. Un sujet qui divise car des pays comme l’Allemagne y sont opposés. Mais pour la France, il y a une question de survie économique au sein de l'Union Européenne. Le Président Macron aurait-il compris, un peu tard, que les intérêts français ne peuvent être défendus que si l'on crée des coalitions au sein de l'UE?

L’énergie nucléaire comme solution pour le climat

Dimanche 10 octobre dernier, dix Etats membres de l’Union européenne ont signé une tribune qui soutient l’atome et son rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il s’agit de la France, la Roumanie, la Finlande, la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie, la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie.

Dans ce texte qui a fait l’objet d’une publication dans de nombreux journaux européens, les 10 signataires ont affirmé que « l’énergie nucléaire protège les consommateurs européens de la volatilité des prix ».

Les signataires de la tribune demandent donc l’intégration du nucléaire dans la « taxonomie verte ». Il s’agit d’une classification que la Commission européenne devrait établir avant la fin 2021. Elle mettra en avant les énergies compatibles à l’environnement et au climat.

Un sujet qui divise

Il est à noter que beaucoup de pays européens comme l’Allemagne et l’Autriche et différentes ONG ne partagent pas l’opinion des signataires de la tribune. Ils estiment que l’atome est une source d’énergie trop dangereuse.

Pour les 10 Etats ayant signé le texte, le développement de l’industrie nucléaire n’est pas uniquement bénéfique pour l’environnement, il constitue aussi un grand pilier de l’économie européenne puisqu’il peut générer la création d’un million d’emplois de qualité.

Le ministre de l’Economie Bruno Lemaire et la ministre déléguée chargée de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher pensent que cette énergie peut favoriser l’indépendance énergétique du pays.

Notons qu’en France, l’avenir de l’atome reste encore flou. Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, devrait donner des informations concernant le développement des petits réacteurs nucléaires appelés SMR (small modular reactors), lors de la présentation de son d’investissement « France 2030 » mardi 12 octobre.

Un changement dans la méthode française au sein de l'Union Européenne?

Une hirondelle ne fait pas le printemps. Néanmoins cette initiative française témoigne d’un effort du gouvernement de Jean Castex pour faire sortir la France de l’isolement où l’a mise son attachement déraisonnable au seul couple franco-allemand. Emmanuel Macron lui-même a passé la plus grande partie de son quinquennat à imaginer qu’il était possible d’arriver à un accord franco-allemand favorable à la France sur tous les sujets, sans que notre pays ne puisse arguer d’une coalition de pays défendant sa position. Concernant l’industrie nucléaire, sujet d’opposition radicale avec l’Allemagne (qui a décidé la sortie du nucléaire en 2011), la France est obligée de faire bloc avec des pays qui soutiennent sa position. C’est une petite révolution culturelle pour nos hauts fonctionnaires qui ont cru pendant longtemps qu’il suffisait qu’un point de vue français s’exprime pour qu’il soit….plébiscité. 

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4 commentaires
  1. Parler d’indépendance énergétique à propos du nucléaire me gêne toujours : il n’y a pas d’uranium en France, et le projet Astrid a été arrêté. Puis Greenpeace semble affirmer qu’on ré-exporte des déchets vers la Sibérie. Mais bon …

  2. Pour que Simplet comprenne enfin quelque chose, il n’y a aucun doute qu’il a fallu lui expliquer pendant longtemps, peut-être même plusieurs années…

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